Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains

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MessageSujet: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Dim 14 Sep - 13:20

« Si j’avais pu faire quelque chose ce jour-là et eu la possibilité de sauver une seule de mes sœurs, c’est toi que j’aurai choisie »

Des mots qui tournaient dans ma tête, encore et encore. Jayden à l’Académie. Dans le club d’athlétisme de surcroit. Je n’avais que très peu dormi, ressassant chacun de ses mots, chacun des miens, me remémorant le moindre geste, de sa part, comme de la mienne. Il disait que j’étais sa sœur, qu’il était mon frère, qu’il ne voulait plus me laisser. Il avait dit des choses… Il avait été la personne la plus importante de ma vie. Celui en qui j’avais le plus cru. Celui pour qui j’aurais tout fait et tout sacrifier. Celui qui, autrefois avait veillé sur moi. Mais aujourd’hui ? Les choses avaient changé… Cinq ans, c’était long. Cinq ans de silence, de questions sans réponses, de souffrance… Du jour au lendemain, plus rien. Plus de grand frère, plus de main dans la mienne, plus de repère, plus qu’une grande colère et un néant dans le cœur jusqu’à la destruction. Et quelqu’un d’autre m’avait sauvée. Il s’appelait Gordon. Il avait fondé cette Académie avec monsieur Weins, un lieu de sérénité, où j’avais pu me reconstruire. Plus de drogue, plus de violence, plus de mal, envers moi ou envers les autres. Un but : être championne et qu’on soit fier de moi, qu’on me pardonne mes erreurs. J’avais même pu revoir mes parents et leur demander pardon. Pardon d’avoir entrainé mes sœurs pour un simple vêtement. Pardon de leur avoir fait du mal. Pardon de leur avoir infliger tout cela. Mais pas pardon pour ne plus croire en Dieu. Ça c’était quelque chose qui ne passait pas.

Mais face à Jayden…  Pouvait-on réellement rattraper cinq ans d’absence ? Surtout quand un fossé large et profond nous séparait ? Il avait tenu des propos… intolérables, insultants envers ceux qui s’étaient occupés de moi. Ça c’était… inacceptable. Oser sous-entendre que notre Gouvernement était responsable de la mort de Jillian et Jasmine… Non…

Je n’avais pas dormi. Je n’avais pas déjeuné non plus. J’avais la tête ailleurs, et pour tout dire, je n’étais même pas allée courir. C’était bien un signe que quelque chose n’allait pas quand on me connaissait. Mais pour la première fois, je ne me sentais plus en sécurité sur la piste. Non que je craigne Jayden, mais pour la première fois en trois ans, je m’étais retrouvée… comme… perdue sur ce tracé, en position de faiblesse. Jusqu’à présent, j’y avais trouvé ce que je recherchais : un cadre, des lignes droites, une sécurité. C’était mon domaine, le mien, celui où je brillais. Maintenant j’avais une douleur au fond de moi que je devais faire taire, une réalité, un passé redevenu présent. Et mon nom allait revêtir une toute nouvelle signification. Thomas ne serait plus seulement le patronyme de l’une des Platines les plus populaires de Weins, non… il serait aussi celui d’un Plomb, tenant des propos malsains contre notre académie et notre gouvernement. Il était arrivés hier, la rumeur d’un deuxième Thomas ne mettrait qu’un jour ou deux à faire le tour de l’école… Que faire ? Quel équilibre trouver après tout cela ? Quelle place lui accorder ? Cinq ans…

Je ne parvenais même pas à me concentrer sur le présent, sur ce temps-là, maintenant, sur ses couloirs qui menaient aux salles de cours, ces vastes pièces où nos professeurs nous offraient toutes les clés pour réussir à l’avenir, dans nos vies, et pour servir au mieux la communauté. Non, je ne faisais attention à rien, toute perdue dans mes pensées que je pouvais l’être. J’avais vaguement entendu qu’on tentait de me parler, mais je n’y prêtais pas attention, complètement distraite, flottant dans le grand pull en mail dans lequel je m’étais emmitouflée, cachée derrière mes cheveux longs et noirs que j’avais laissé détachés. C’était comme une protection. Aujourd’hui, je n’arrivais pas à être la Jade de tous les jours, souriante et tournée vers les autres. Aujourd’hui, j’étais juste moi, toute seule. J’entendis mon nom, et quelqu’un essayer de prendre mon sac. Je daignai enfin lever la tête, pour découvrir Victorian, tout sourire.

« Hey Jade, tu n’as pas l’air bien, laisse-moi t’accompagner en cours. Tu veux en parler ? Ça fait un moment qu’on ne s’est pas vus…
- Victorian, je…
- Fais-moi un sourire, je n’aime pas voir un si beau visage…
- Victorian ! Laisse-moi !
- Mais qu’est-ce que… »

Il voulut glisser une de mes mèches derrière mes oreilles, mais je lui giflais les doigts, reculant d’un pas. C’était la première fois que je le repoussais réellement. D’habitude, je jouais avec lui, sachant pertinemment ce qu’il désirait… Et ce n’était pas moi, qu’il voulait, mais intégrer les Platines. Ce qui n’arriverait pas tant qu’il ne serait pas prêt et n’aurait pas changé de mentalité. Néanmoins, nous  jouions tous les deux. Je lui laissais croire que son coup marcherait, que sa cour à mon regard lui permettrait d’accéder au rang de Platine, et lui il jouait à être épris. Nous n’étions que des menteurs… tous… Et le pire, c’était que je m’enfonçais dans le mensonge avec Daniel. Jayden m’avait peut-être fait du mal, plus profondément que n’importe qui, mais il ne m’avait pas menti. Il m’avait dit sa vérité, douloureuse, dérangeante, mais vérité quand même. Et il était bien le seul.

« C’est à cause de cet autre garçon, Lassiter ? il parait que…
- Non, non, Victorian. Seulement, pas aujourd’hui… s’il te plait. »

Je tentai d’esquisser un bref sourire avant de décamper. Mon esprit et mon cœur étaient suffisamment torturés avec un homme dans ma vie – mon frère – pour en plus rajouter la donnée Daniel et un pseudo prétendant trop curieux. Je traversai la foule d’élèves sans faire attention, yeux rivés par terre, quand je percutais quelqu’un. Et je ne voulais pas encore parler, entendre des gens, devoir leur sourire, et surtout pas qu’on me demande comment j’allais, alors je ne m’arrêtai pas, je ne vis même pas de qui j’avais brutalisé l’épaule. Je voulais juste aller en cours et me concentrer sur autre chose de plus grand et de plus important que moi.

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Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

Allez sans rancune : je suis magnifique et intelligente, t'es rien face à moi !


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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Sam 4 Oct - 13:13

L'arrivée de Jayden à l'Académie n'avait pas été de tout repos pour Calypso. En effet, elle avait dû lui faire la leçon et elle s'était bêtement énervée dans le vide. Rah ce que c'était énervant ! Calypso s'énervait vite et généralement pour rien mais elle était tout simplement incapable de rester énervée lorsque la personne en face d'elle s'excusait et ne s'emportait pas. C'était un point faible quelque peu stupide mais Jayden avait su le trouver sans réfléchir. Comme quoi, l'honnêteté permettait d'éviter les emmerdes. Le Nordique avait décidé de venir « sauver sa sœur » à Weins sans tenir compte des propos pourtant très clair de Calypso à ce propos. Jade était une Platine et rien ni personne ne pourrait la faire changer d'avis. Frère ou pas frère. Sauf que Monsieur Thomas s'était dit que lui, en tant qu'envoyé divin, arriverait à la faire changer d'avis et blablabla ! Bon d'accord, ce n'était sûrement pas ce qu'il s'était dit mais bon... Le résultat était là : Jayden Thomas était à Weins et en plus, fantastique !, il faisait parti des Plombs. Excellent choix que voilà ! Rien de mieux qu'un frère Plomb pour faire changer d'avis une sœur Platine, c'est bien connu ! Rah...

« Calypso ? Il faudrait que tu amènes ces dossiers au directeur. »
« Et tu peux pas l'faire, toi ? Faut bien que tu serves à quelque chose, non ? »

La personne en face de la Reine tiqua et baissa immédiatement les yeux avant de faire remarquer à Calypso que le directeur avait demandé à ce que ce soit elle qui amène les papiers. Gros con, va ! Calypso n'aimait pas être dérangée dans ses pensées or, depuis la fusillade, elle était toujours en train de vivre ailleurs que dans l'instant présent et elle s'énervait donc rapidement pour, généralement, rien du tout. La blonde prit les deux classeurs et les quelques feuilles volantes et, pestant contre le monde entier, elle sortit de la salle pour se diriger vers le bureau du directeur. Quel boulot de merde quand même... Et dire qu'elle avait tout fait pour devenir Reine de l'Académie alors que finalement, c'était un boulot chiant et trop prenant. La Reine de l'Académie devait s'occuper de la bonne ambiance générale dans l'établissement, elle devait servir de juge en cas de conflit et surtout elle devait faire des rapports réguliers au directeur. Tout le monde pensait donc que Calypso avait déjà vu ce cher et tendre Edmund Weins... mais non. Elle n'avait vu que des enceintes et entendu une voix modifiée qui lui posait des questions et lui donnait des ordres. Et si elle démissionnait, tiens ? Au moins elle n'aurait plus à transporter des classeurs qui... Eh mais... Calypso s'arrêta brutalement dans le couloir et se mit à feuilleter dans les classeurs. Bien sûr qu'elle n'avait pas le droit de le faire mais, après tout, personne n'était censé savoir qu'elle amenait des documents au directeur, non ? Puisque ce boulot était chiant, autant le faire devenir intéressant ! Le premier classeur contenait des noms de Plombs ainsi que certaines informations dessus et Calypso pu s'apercevoir que Jayden n'était pas répertorié comme Nordique, ouf ! Il y avait également quelques Zincs comme une certaine Eun Sil Park. Calypso n'en avait jamais entendu parlé et la photo qu'elle vit d'elle ne lui rappela rien de concret : cette fille était discrète et Calypso n'avait jamais eu besoin de lui parler, visiblement. Le deuxième classeur était plus lourd et contenait des fiches d'étudiants dont Calypso n'avait jamais entendu parler. Certains dataient de plus de trois ans et pour les autres, la Reine n'avait jamais eu affaire à eux. Bizarre, étant donné que la plupart étaient Plombs, elle aurait dû en entendre parler. Calypso s'apprêtait à tourner la page et si elle l'avait fait, elle aurait découvert quelque chose d'important mais... mais elle se fit bousculer et les deux classeurs s'écrasèrent au sol tandis que les feuilles se mirent à voleter un peu partout dans le couloir. La personne qui l'avait bousculée, personne d'autre que Jade Thomas, continuait son chemin, comme si de rien n'était si bien que Calypso ne pu pas s'empêcher de pester suffisamment fort pour la faire s'arrêter :

« Putain on vous a pas appris les bonnes manières chez les Thomas ? Tel frère telle sœur, tss... »

C'était gratuit car Jayden était poli et toujours très respectueux et que Jade était connue pour être serviable et aimable mais Calypso n'en avait rien à faire : elle allait devoir ramasser toutes ces feuilles avant de se faire engueuler par des enceintes ! Raaaah !

« 'Fais chier ! »

Marmonnant milles et unes malédictions à l'encontre des feuilles qui avaient volés trop loin ou des classeurs qui étaient trop lourd, Calypso s'accroupit et commença à ramasser les feuilles. Pourquoi n'avait-elle pas séché les cours, hein ?! Tout simplement parce qu'elle n'avait pas le droit de le faire et n'avait pas spécialement envie de se retrouver en retenue. Ah oui. Et merde.

Spoiler:
 

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« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Jeu 9 Oct - 22:02

En temps normal, je me serais excusée. J’aurais même certainement rougi avant de me confondre en excuses pour aider la pauvre personne que j’avais bousculée. Mais là, je voulais… je ne savais pas ce que je voulais. Essayer d’oublier, essayer de m’abrutir l’esprit et surtout ne parler à personne. Pour la première fois de ma vie, je ne me sentais plus en sécurité dans l’Académie. Même la fusillade ne m’avait pas ébranlée. Mais Jayden… Jayden était ma plus grande faiblesse. J’allais donc fuir. Oui, je le savais que ce n’était pas glorieux, mais aujourd’hui, je n’avais pas la force d’être Jade Thomas.

Thomas…

Ce nom percuta mes oreilles. C’était la première fois qu’il était prononcé sur un ton aussi méprisant et surtout… c’était la première fois qu’on mentionnait Jayden via mon lien de parenté avec lui. Je demeurais interdite quelques secondes, ouvrant la bouche comme un poisson hors de l’eau. Alors ça y était… on y était. Jade et Jayden Thomas. La sœur Platine et le frère Zinc. Il allait falloir que je traverse cela la tête haute. Daniel m’avait dit que je ne devais pas avoir honte de mon passé, parce que si on voyait que cela m’atteignait, on s’en servirait contre moi. Mais si dans la théorie ça se tenait, dans la pratique, c’était hautement plus difficile à assumer. En plus c’était quoi cette accusation ? Nous avions été bien éduqués. On s’était perdus en route, certes, mais on avait été bien éduqués. Elle – car c’était une voix féminine – n’avait absolument pas le droit de critiquer nos parents et l’éducation qu’ils nous avaient donnée.

Je me retournai, pour découvrir Calypso. Et comme je l’avais dit, en temps normal, je me serais confondue en excuses. En temps normal, j’aurais bien gardé à l’esprit qu’elle était la Reine de Weins et que c’était certainement bien la dernière personne à se mettre à dos… mais je ne pouvais pas réfléchir. En plus elle avait osé attaquer mon nom. Elle avait osé se servir de mon frère pour m’atteindre. Alors comme en transe, d’une manière inconsciente, je marchais droit vers elle, la considéra un instant. Je ne voyais pas Calypso. Je ne voyais pas la Reine de Weins, mais une étudiante, Zinc de surcroît, qui venait d’attaquer mon nom et mes valeurs. Ok, j’étais en grande partie fautive, mais je n’étais réellement pas en état de raisonner logiquement. Je m’accroupis à mon tour, restai immobile… avant de foutre une claque sur les mains de Calypso pour faire retomber au sol les quelques documents qu’elle venait de regrouper.

« Désolée, votre majesté. Ça te va ? Et ne t’avise plus jamais de commenter mon éducation, tu ne sais pas dans quelle famille on a vécu. Tu ne sais RIEN de Jayden et moi. »

Et comme pour appuyer mes propos, telle une gamine capricieuse, je me relevai et fichus un coup de pied dans les feuilles. Au pire, elle allait m’incendier, et ensuite ? J’étais une Platine. J’étais la championne en titre d’athlétisme. Je n’avais rien à prouver, et encore moins à elle. Sauf que… en volant, une des feuilles attira mon attention. Dessus figurait le nom de mon frère. Je me penchai pour le récupérer dans un geste sec. Si ça tombe, dedans figurait toute l’histoire de Jayden. Son passé dont je ne savais toujours rien. Mais est-ce que j’avais envie de le connaitre ?

« Tu l’as lu ? Tu crois nous connaitre parce que tu l’as lu, c’est ça ? Mais laisse-moi te dire que tu ne nous connais pas ! Ni moi, ni mon frère apparemment ! Et ne nous compare pas lui et moi, parce que tu ne nous connais pas ! »

Le dossier dans ma main tremblait aussi. J’avais du mal à me maitriser. J’avais toutes les réponses aux dernières zones d’ombre qui perduraient depuis le retour de mon frère dans ma vie. Si je daignais poser les yeux dessus, je saurais. Je saurais quelle vie il avait eue pendant ces cinq dernières années, alors que je sombrais, que je me noyais dans l’alcool et les drogues pour essayer d’oublier sans jamais y parvenir ce qui était arrivé. J’avais moi-même détruit l’éducation et les valeurs que ma famille m’avait inculquées. Tout était de ma faute et je ne me le pardonnais toujours pas. Ne sachant pas quoi faire, je tournai le dos à Calypso, pour partir le plus loin possible d’elle, de ce couloir et me laisser un sursis avant de savoir si je désirais ou non en découvrir davantage de cette façon plutôt qu’en demandant directement au principal intéressé…

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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Mer 29 Oct - 15:45

Calypso était énervée. Très énervée. C'était une chose de la bousculer mais une autre de partir sans aider. Les feuilles étaient éparpillées et les classeurs étaient tombés lamentablement au sol. Puisque l'autre enflure de Thomas ne semblait pas prête à s'accroupir pour ramasser la merde qu'elle avait provoqué, eh bien Calypso ferait sans elle. La perspective de se faire engueuler par une paire d'enceintes l'empêchait de remettre la Platine à sa place mais la Reine ne se priverait pas de tout raconter au directeur, ou du moins à l'individu lui parlant via des enceintes. Elle ne laisserait pas cet accident passer dans la case « incident sans importance ». Jade, Platine, avait bousculé quelqu'un et ne s'était même pas excusé et ça, ça ne le faisait pas du tout. Les Platines devaient montrer l'exemple et si une débile pétait plus haut que son cul, ça portait préjudice à tout l'établissement. Calypso s'assurerait personnellement de faire en sorte que Jade reçoive le châtiment qu'elle devait recevoir. Platine ou pas Platine, elle avait bousculé Calypso et la blonde n'avait pas l'intention de laisser ça passer.
Calypso s'accroupit, ferma les classeurs et les posa les uns sur les autres avant de récupérer les feuilles. Elle entendit un bruit de pas mais n'y prêta aucune attention : elle était trop occupée à ranger les feuilles sur le classeur. Elle posa un bloc et commença à un assembler un autre lorsqu'un choc sur sa main fit tomber les feuilles qu'elle avait entre les doigts. Un petit « clac » retentit et Calypso sentit sa main lâcher les feuilles sous le choc. Clac... Clac ? La rage qui s'empara de Calypso lorsqu'elle entendit la voix de Jade fut telle qu'elle vit blanc. La blonde ne tremblait pas mais ses pensées étaient d'une telle violence que la réflexion de Jade passa complétement à la trappe. Ou plutôt, directement dans la case « à tuer ». La Platine se releva alors que Calypso était encore accroupie, à tenter de se contrôler. Depuis la fusillade, Calypso avait des pulsions violentes et si elle réussissait à le cacher au quotidien, dans ce genre de situation elle n'y parvenait pas. Quand elle eut la certitude que Jade avait poussé le bouchon trop loin et qu'elle ne parviendrait pas à se calmer, Calypso se releva. Au même moment, Jade s'excita sur une feuille de papier et Calypso n'écouta rien de ce qu'elle couina. La blonde marcha vers Jade, serra les poings et une fois arrivée en face de la Platine, balança son poing sur la figure de la Platine. Le choc fut violent. Très violent. Tellement violent que Calypso en eu mal aux phalanges.

« C'est bon, t'as fini de t'exciter ? »

La voix de Calypso était tranchante et glaciale. Tout l'inverse de celle qu'elle utilisait en temps normal. Sauf que la situation actuelle n'avait rien de normal. Rien du tout. Sans même laisser le temps à Jade de répliquer, physiquement comme verbalement, Calypso gifla la Platine et la claque retentit dans le couloir, vide. Les coups portés par Calypso n'avaient rien à voir avec ceux qu'aurait pu porter une hystérique en manque de sensations fortes. Calypso s'entraînait tous les jours avec Sven, Taleh et Matthew. Elle apprenait à éviter les coups, à les rendre au centuple et surtout à toujours garder un œil sur l'adversaire. Jade avait fauté, elle n'aurait jamais dû tourner le dos à Calypso après l'avoir humiliée de la sorte. Elle aurait pu voir la haine et la rage se battre en duel dans son regard et elle aurait donc pu rester sur ses gardes. Calypso ne frappait pas. Elle ne se battait pas. Elle laissait toujours les autres s'affronter pour elle. Mensonges. Mensonges et mensonges.

« Maintenant tu vas fermer ta grande gueule et m'écouter, pouffiasse. Ton passé et son passé, à ton frangin, j'en ai rien à foutre. Ton existence ne m'intéresse pas. Pour moi tu n'es qu'une espèce de bouffonne incapable de s'excuser lorsqu'elle a fait une connerie. Je m'en fous de savoir si j'ai raison ou pas. Tout ce qui m'intéresse c'est de remplir la mission qu'on m'a filé à savoir donner toutes ces feuilles au directeur. Mets-toi en travers de mon chemin et je te bute. »

Joignant le geste à la parole, Calypso récupéra la feuille des mains de Jade mais elle ne tourna pas le dos à la brune. La tension était atroce et la violence plus que palpable. Le pourquoi du comment n'intéressait plus personne : elles se jugeaient du regard et s'étudiaient afin de trouver le point faible de l'autre. Telles deux lionnes, les étudiantes se regardaient, cherchant à intimider l'autre.

« Tu te prends pour qui, Thomas ? Tu vas me dire que t'as eu une enfance difficile ? Que ta famille est morte et que Jayden est le seul qu'il te reste ? Et alors ? Ça te donne le droit de prétendre à un statut d'être supérieur, peut-être ? » Si Calypso avait été le genre à cracher pour marquer ses propos, elle l'aurait fait à ce moment-là. « Si tu veux jouer au jeu de ''qui a le passé le plus terrible'', saches que tu ne m'arriveras même pas à la cheville. Et pourtant moi quand je bouscule quelqu'un, je m'excuse. T'es différente de ton frère, c'est ça ? Sûrement, ouais. Lui au moins il s'excuse et il sait reconnaître ses fautes. Apparemment, toi c'est pas encore ça... »

Calypso ne savait rien de l'enfance des Thomas et elle n'avait jamais demandé à le savoir. Chacun avait ses secrets, ses sujets honteux et ses tristesses à cacher. Calypso avait un passé capable de remplir cinq encyclopédies et pourtant elle ne le ramenait pas au tapis pour qu'on l'excuse. Si elle prenait quelqu'un de haut ce n'était pas parce qu'elle avait été prise de haut toute son enfance et qu'elle se rattrapait donc aujourd'hui, non. C'était parce qu'elle avait envie de le faire. Elle ne se cherchait pas des excuses en prétendant que X moment de son passé en était la cause. Calypso assumait tout, jusqu'aux coups de poings. Et pourtant, alors qu'elle était énervée et violente, Calypso dit quelque chose de particulièrement juste. Sans le savoir :

« Si tu veux qu'on te différencie de ton frère, soit meilleure que lui. Reprends-toi en main et prouves-lui que tu n'as rien à voir avec lui. Pas que tu deviens une pauvre conne dès qu'on fait allusion à lui. Sers-toi de ton cerveau, t'éviteras de faire chier ceux qui n'ont rien demandé. »

Les phrases avaient beau être justes, le ton continuait d'être glacial et tranchant. Calypso était sur ses gardes et elle irait jusqu'à mordre Jade si elle avait le malheur de vouloir commencer une bagarre. Calypso savait reconnaître lorsqu'elle était en tord, restait à savoir si Jade était capable de le faire ou si son frère l'en avait rendu complétement incapable.

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Mer 5 Nov - 16:51

La colère. Je l’avais presque oubliée. Je pensais avoir parfaitement enfouie depuis plusieurs années, mais elle était toujours là, bien enfouie, mais tapie tel un monstre qui n’attendait que son heure. N’avais-je donc rien appris ? N’avais-je donc pas avancé depuis tout ce temps ? Je ne savais pas que Jayden avait encore un tel pouvoir sur moi. Je ne voulais pas qu’on nous associe, parce que je ne savais pas du tout où j’en étais, ni ce que je devais faire de ses révélations. J’avais mis du temps à me reconstruire, à me forger une nouvelle image. Etait-il possible de tout envoyer balader comme cela, d’un seul coup ? Il fallait le croire, puisque je n’arrivais pas à me contrôler. La colère avait pris totalement possession de mon être.

Mon visage pivota sous l’impact. Ma joue me brûla et mes doigts se portèrent sur mon visage. Cette sensation, elle m’était terriblement familière, comme une ancienne compagne qui revenait après une longue absence. La violence, la douleur. Mes yeux la fusillèrent du regard. Je sentais cette colère grondante m’envahir par vagues. Mes bras retombèrent et mes poings se serrèrent, tremblèrent. Je crevais d’envie d’abattre à mon tour mes poings sur sa beau si blanche, si parfaite. Et de la trainer par la tignasse. Le monstre était toujours là et sa réplique ne m’aidait pas. Oh non… trois ans plus tôt, elle aurait même déclaré son arrêt de mort.

Contrôle ta colère, jade. Céder, c’est être faible. J’essayais de me concentrer sur d’autres points de repères. Monsieur Stanton et nos séances. Daniel qui me dirait de maitriser mes réactions pour ne pas dévoiler mes faiblesses.

« Bien sûr, majesté. Fais bien ton travail de « Reine », pigeon voyageur. »

Le papier manqua de se déchirer alors qu’elle me l’arrachait littéralement des mains. Pourquoi est-ce que je continuais à m’enfoncer ? Pourquoi est-ce que je ne parvenais pas à enfermer le monstre en moi ? Tout ce qui faisait sens dans cette académie, tout ce qui m’avait servi de repères fixes durant ces trois dernières années venait de s’écrouler. L’Académie et le stade représentaient la sécurité, une nouvelle famille, une protection, mon présent et mon avenir. Au lieu de cela, mon monde avait été perverti. Mon passé était revenu, rivalisant sur mon propre terrain. Alors Reine ou pas, quel sens cela pouvait-il avoir ? Une Reine portant des papiers ? Sérieusement ? Dire qu’il n’y avait personne dans le couloir. Ce serait si facile de céder, que mes derniers barrages s’effondrent… Mais je ne le devais pas. Toutefois, je ne décrochai pas mon regard du sien. Elle savait se battre, elle avait de la force, je devais bien le reconnaitre. Et dans ses yeux brillait cette lueur que je ne connaissais que trop bien. Malgré la blancheur de son teint face au mat du mien, sa blondeur face à mes cheveux noirs, le bleu de ses yeux et le marron des miens, nous étions sœurs sur ce point, sur cette lueur. La violence, la souffrance. Cette puissance de destruction issue de l’anéantissement de son propre être. Mais elle enchainait les erreurs, se bornant à parler de Jayden.

« Tu lui as parlé ? D’où tu le connais ? Il n’est arrivé qu’hier… »

Ma voix était glaciale. Je me fichais qu’elle ait eu une vie merdique. C’était notre lot à tous. Et pour savoir se battre comme elle le faisait, elle devait forcément avoir vécu l’enfer. J’aurais pu compatir. J’aurais dû compatir. La Jade Thomas que tout le monde connaissait n’aurait pas forcé la confession, mais elle aurait été là, elle aurait soutenu la souffrance d’autrui pour l’aider à passer outre. Mais j’étais engluée dans mon passé. Jayden à l’Académie… Je pensais avoir été la première personne qu’il était venu voir, mais je me trompais. Apparemment, il avait vu la Reine. Et de quoi s’était-il excusé ? Pourquoi s’était-il aplati devant Calypso ? Celle-ci insista. Depuis quand était-elle devenue une donneuse de leçon ? Je n’étais pas meilleure que Jayden. Je ne l’avais jamais prétendu. Mais je n’étais pas prête, pas prête à ce que mon nom soit confondu avec celui d’un Plomb, d’un… chrétien. En un sens, elle avait raison, même si cela me dégoutait de le reconnaitre. Je donnais à Jayden trop de pouvoir sur moi et je me comportais… Comme un Plomb. L’horreur. Je ne valais pas mieux que ces âmes encore perdues, qui ne s’étaient pas encore laissé envahir par l’amour et l’espoir que l’école nous offrait.

Et cette Calypso qui prétendait me sermonner... sérieusement ? Son titre de Reine ne valait rien à mes yeux. Pour moi elle n'était qu'une énième donneuse de leçon qui pensait comme tous les autres savoir mieux que moi ce que je devais faire. J'avais l'impression d'être revenue plusieurs années en arrière, quand j'étais en révolte contre toutes les formes d'autorité existantes. LA vague déferla en moi. Quand elle ferma enfin sa grande gamelle, je fis un pas vers elle et lui décochai à mon tour une gifle monumentale qui résonna dans le couloir désert. Comme avant. Ou presque, parce qu’avant je lui aurais sauté dessus pour la massacrer et lui défigurer son petit minois. L'abandon ou la présence de Jayden, c'était du pareil au même. Même s'il prétendait être là pour moi, il m'avait détruite et ces ruines de mon être étaient encore présentes.

« Il n’est plus un Thomas depuis cinq ans. A toi aussi de ne pas confondre tes ouailles. Je ne sais pas ce que tu sais de lui, mais ne nous mets plus dans le même lot. J’aime cette Académie, Calypso. Jayden est un danger pour elle. Et pourtant je t’assure que j’ai aimé mon frère. Mais il n’est pas fiable. Même si en un sens c’est grâce à lui que je suis là. »

Ironie du sort. S’il n’avait pas quitté la maison, s’il ne m’avait pas abandonnée, peut-être que j’aurais traversé notre épreuve dans la souffrance, mais dignement. Il aurait su calmer ma colère, m’apaiser. Lui seul savait le faire. Je n’aurais pas vrillé, je n’aurais pas frappé ces gens, je n’aurais pas été arrêtée, je n’aurais jamais connu l’Académie. Comment fait-on ? Comment fait-on pour accepter que la personne que vous aimiez le plus au monde, celle qui vous a détruite, refasse surface après tant d’année, le cœur débordant d’amour et de bons sentiments ?

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Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Lun 5 Jan - 21:43

« Bien sûr, majesté. Fais bien ton travail de « Reine », pigeon voyageur. »

Oh mais c'est qu'elle voulait continuer à jouer, la petite Platine ? Qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? Que Gordon allait venir l'aider et braquer sur elle sa lumière divine ? Elles n'étaient que toutes les deux et tous les fantômes du monde ne pourraient pas y changer quoi que ce soit. Platine contre Zinc. Brune contre blonde. Noire contre blanche. Décidément, à elles deux elles accumulaient les clichés et le désespoir de générations entières se battant pour que tous aient une place dans ce monde. Mais tout le monde avait une place dans ce foutu monde et il était bien là le problème ! Ce monde était pourri jusqu'à la moelle pour laisser deux gamines comme Calypso et Jade se mettre sur la gueule pour une obscure histoire de frère ou de Plomb. Si le monde était aussi idyllique que le prétendait le ramassis de crétins peuplant l'Académie, Calypso et Jade auraient dû avoir une enfance dorée et au lieu de se cracher à la gueule, elles auraient dû être en train de boire du thé. Ou du café. Sauf que ce putain de monde n'était pas tout blanc, contrairement à ce que chantait Harmony Chanteloup. Ce monde était pourri. A jeter. Rien n'était bien dans cet univers. Les parents rejetaient leurs enfants, les enfants tuaient leurs parents. La vie n'était appréciée à sa juste valeur que lorsqu'on la sentait nous échapper. Au lieu de regarder son prochain avec compassion et bienveillance, on réfléchissait au moyen de le faire plier, de le soumettre ou de l'utiliser. Les rapports entre individus n'étaient pas sains. On couchait avec son voisin avant de le faire chanter pour gagner des sous ; on trompait sa petite-amie pour finalement se rendre compte que la mort était préférable ; on laissait des innocents crever parce que le Clown du Sud était trop effrayant pour être arrêté ; on crachait sur son prochain ; on mourrait trop jeune pendant qu'Eux vivaient trop vieux. La Vie n'était pas juste et la Mort encore moins. Ce monde était complétement détraqué, sans quoi il n'aurait pas laissé deux gamines sombrer dans la violence et la haine aussi facilement. La haine n'était pas un sentiment facile à contrôler et encore moins à déclencher. L'être humain était, par nature, toujours apte à pardonner, à se refuser de haïr les autres. Mais ce monde avait tellement perverti ces deux gamines que la haine, sentiment pourtant difficile à appeler, s'était éveillé tout naturellement, comme si ça faisait parti d'une routine bien huilée. Sauf qu'on ne pouvait pas avoir l'habitude de haïr. Sauf si on vivait dans un monde pourri où rien ne valait la peine d'être sauvé. Passé sanglant, habitude de provoquer la haine et la méchanceté, volonté de revenir à des temps plus glorieux mais impossibilité d'oublier ce qu'il faut oublier. Ces deux gamines, même pas trente ans et déjà emplies d'une haine concurrençant n'importe quel fou furieux, étaient à la limite même du ''sauvable''. Elles avaient connu la haine, l'impuissance, la colère, la joie, la peur mais si les deux avaient eu l'impression d'être sauvées, ce n'avait visiblement pas été suffisamment puissant. Sauvée par des hommes, sauvée par des modèles. Au final, étaient-elles si différentes ? Non. Et le problème se trouvait bien dans cette terrible vérité.

Calypso avait rarement été dans cet élan de rage et de haine. La dernière fois remontait à un souvenir répugnant de lorsqu'elle était sous les ordres de Andrew. Elle se rappelait de tout : de l'odeur de la pièce, de celle des deux hommes, des regards, des mots échangés, du bruit des billets qui passent d'une main à une autre, des cris perçant les murs et de la douleur qui l'avait empêchée de bouger et qui lui avait fait perdre connaissance. Elle se rappelait également des gifles et des coups de poings qui l'avaient réveillée et de cette volonté terrible de mourir. Immédiatement. Mais elle n'était pas morte. Elle avait survécu au prix de douleurs qui continuaient de la faire souffrir, des années plus tard. Elle avait survécu, certes, mais à quel prix ? Hallucinations visuelles, auditives, olfactives... Calypso vivait entre deux mondes, écartelée entre sa volonté d'aller de l'avant et sa peur de tourner le dos à son passé. Mais personne ne pouvait vivre de la sorte alors elle craquait, se mettant à hurler à la mort sans raison, pleurant lorsque l'odeur d'une cigarette quelconque la frôlait, veillant jusqu'à tard dans la nuit pour s'assurer que personne ne pourrait la blesser. Toute cette haine, toute cette souffrance... Calypso ne parvenait pas à les chasser et depuis la fusillade, les vannes du gaz s'étaient ouvertes jusqu'à ce que la confrontation avec Jade provoque l'explosion. Calypso avait subit des coups, depuis le temps, mais cette ultime gifle fut celle de trop. Ce que Jade dit à propos de son frère ne traversa pas les oreilles de Calypso. Si seulement elle avait entendu ce que la Platine avait dit, la catastrophe aurait éventuellement pu être évitée. Calypso aurait pu rebondir sur le danger flottant sur l'Académie, elle aurait pu profiter de cette confidence pour calmer le jeu mais... Mais Calypso était une femme bourrée d'orgueil et de prétentieux et qui après plusieurs années de soumission, refusait de baisser la tête à nouveau. Et la gifle dérégla tout le précieux monde qu'elle avait réussi à construire sur les ruines de son passé.

Le couloir, l'Académie, Jade... tout s'effaça pour laisser la place à une salle sordide et humide que Calypso reconnu immédiatement. Et pour cause, elle y avait passé trop d'années pour ne pas être capable de la détailler au millimètre près. La Platine disparut pour laisser la place à l'homme dont Calypso avait le plus peur. L'homme qui, même si elle l'avait vu mourir, continuait de la hanter et de faire de son existence une impasse. L'illusion se mêla à la réalité lorsque Calypso se jeta sur Jade et la saisit au col.

« Pour qui est-ce que tu te prends exactement ?! Tu ne me fais pas peur ! Tu te délectes de la souffrance des autres avec ton putain de sourire moqueur ! Tu crois contrôler tout ton monde alors que finalement tu ne te contrôles même pas toi-même ! » la réalité reprit le dessus un court instant « Ton frère est un danger pour l'Académie ? Mais bordel de merde ! Ouvre les yeux ! Les seuls dangers pour cette putain d'Académie c'est toi et moi ! » puis l'image de Andrew se superposa au visage de Jade « Putain mais disparaît ! »

Et la bête furieuse recula légèrement la tête au moment même où Jade en faisait de même. Instinct de conservation, de survie, de combattante ? Qu'importante. La même idée les traversa en même temps et c'est avec toute la haine, la colère et la peur qu'elles avaient accumulées qu'elles projetèrent leur tête l'une sur l'autre. Quoi de plus ridicule qu'un final comme celui-là... Tant de tension pour finalement... Rien du tout. La réalité reprit ses droits au moment même où Calypso s'étalait au sol, les mains serrées contre son front. Pendant un moment, il n'y eut aucun bruit, aucun mouvement. Comme si les deux filles étaient trop fières pour oser lâcher un seul gémissement de douleur. Mais la vérité résidait sans aucun doute ailleurs : elles étaient passées par plus dur que ça. Tâtonnant autour d'elle, Calypso parvint à s'assoir, incapable de faire un geste de plus. Autour d'elle, les feuilles restaient à terre, comme pour signifier aux deux bêtes féroces qu'elles allaient devoir en faire de même. Le terrible coup de tête et la vision de l'Académie, au lieu de la salle lugubre, firent enfin effet sur Calypso. Ce fut comme si le pus s'écoulait. D'une certaine façon, toute cette accumulation de violence avait fini par avoir un point positif. Au moins, assises à même le sol et incapables de bouger, les deux étudiantes ne feraient de mal à personne.
Calypso regardait autour d'elle, tout en conservant les mains sur son front, comme si la pression allait l'empêcher d'avoir l'impression d'avoir une corne poussant à l'intérieur du crâne. Andrew n'était nul part. Il n'y avait qu'elle, Jade et ces putains de feuilles et classeurs. Et cette vision d'un monde sans Andrew fut comme un déclic. Le coup de tête avait réussi à chasser la haine, la colère et d'une certaine façon la souffrance, tout en ramenant une autre..., mais le présent fit exploser le barrage contenant tout ce stress, cette peur et ce passé détestable que Calypso avait tenté de cacher. Et la blonde se mit à rire. Comme si Jade avait dit une blague particulièrement drôle. Et entre deux hoquets de rire, Calypso réussit à articuler :

« J'ai encore plus mal que la fois où on m'a jetée contre un mur ! T'as vraiment la tête dure ! »

Et Calypso continua de rire. Encore et encore. Jusqu'à ce que toute la pression accumulée après la fusillade disparaisse pour ne finalement laisser que des larmes. Larmes que Calypso s'empressa de faire disparaître avant qu'elles ne ruinent son maquillage. Qu'elle ait les joues rouges et un traumatisme crânien, passe, mais les traces de mascara qui coule, c'était tout simplement impossible. Inadmissible ! Décidément, se prendre des coups de tête n'arrangeait visiblement pas l'état d'esprit détraqué de la Reine de l'Académie.

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
Jason Lecter
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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Lun 26 Jan - 21:20

J’ignorais pourquoi j’avais mal mais j’étais épuisée. Pendant des années, j’avais cru que retrouver mon frère redonnerait du sens à ma vie. Rien n’était moins vrai. Son retour, la bouche en cœur, m’avait ébranlée. Il m’aurait choisie. Il aurait choisi de me sauver, d’après ses propres mots, contre la vie de mes sœurs et en avait eu honte. Résultat, il m’avait abandonnée, tuée, détruite. J’avais traversée l’enfer, le dégout de moi-même et la perdition la plus totale, ne trouvant de répit éphémère que dans les drogues. J’avais touché le fond par la faute de Jayden. Et j’avais été touchée par la grâce par la bonté de Gordon et à la chance que son système m’avait offerte, en m’obligeant à venir ici. Cette académie m’avait parue une prison, un lieu de torture où on allait me fermer mes rares issues de secours. J’avais eu si tort. J’avais découvert la générosité, le pardon, l’entraide. Des valeurs jadis connues et oubliées. J’avais trouvé des frères et des sœurs. Certes qui n’étaient ni Jayden, ni Jillian, ni Jasmine, mais qui ne me tournèrent jamais le dos. Je protégerais cette Académie, envers et contre tout, envers mon frère aussi et ses idées dangereuses. Tant pis si Calypso ne comprenait pas. Tant pis si la Reine de l’Académie ne sentait pas le danger. Nous, Platines, nous répondrons toujours présentes. Mais elle… elle devrait être un modèle. Elle devrait connaitre chacun des êtres peuplant l’Académie. N’était-ce pas le devoir d’une reine ?

J’étais dans un état de colère et de rage comme je ne l’avais plus été depuis trois ans. Perdue dans le chaos, submergée par des craintes ancestrales que j’avais seulement enfouies et que Jayden avait réveillées, je ne voyais même plus mon rôle, même plus réellement Calypso. J’avais ce besoin de leur prouver qu’ils ne pouvaient plus me faire de mal, que plus personne ne pouvait me faire de mal, me briser comme je l’avais été. Aujourd’hui, plus que jamais, j’aimerais être une tour imprenable. Je désirais que Daniel fasse de moi une Intouchable.

Qu’elle me crache ses mots au visage comme une vipère le ferai avec son venin ne m’ébranla guère plus que je ne l’étais déjà. Elle ne me connaissait pas. Elle tirait des conclusions sur ma personne à des années-lumière de ce que je ressentais réellement. Non, je ne me délectais pas de la souffrance des autres. Bien au contraire, pour l’avoir connue, je ne la souhaitais à personne. Et je n’avais pas la prétention de contrôler mon univers. Je n’étais rien qu’une gamine. Seul Gordon contrôlait notre société, moi, je ne me contentais que de faire de mon mieux. Et je savais que cela valait peu, que je n’étais qu’un rouage dans la machine.

« Si tu jouais parfaitement ton rôle, peut-être que je disparaitrais ! »

Persiflage, persifleur, vile mensonge. Mais elle était une mauvaise Reine, si elle n’était pas capable de se conduire dignement. Faillir déjà à mon rôle de Platine, mais elle ? Vulgaire Zinc confondant ses ouailles, ne connaissant pas leur obédience et leur dangerosité, agissant à la légère alors qu’elle devait être l’incarnation de notre école. Cela me révoltait, me révulsait. Ou peut-être que je ne comprenais rien du tout, tout simplement. Peut-être que j’étais trop occupée à me chercher des choses pour lesquelles et contre lesquelles me battre pour ne pas affronter les diables intérieurs. J’avais cette violence en moi. Elle était là, comme si ma vieille compagne ne m’avait jamais quittée, comme si elle avait patiemment attendu son heure pour me dominer de nouveau. Il fallait que ça sorte. Il fallait que Jayden sorte. Il fallait que tout sorte.

Apparemment, pour elle aussi. Car malgré tout ce qui nous opposait, nous avions eu la même idée. Celle de charger, de faire taire ces voix envahissantes dans nos têtes dans la violence la plus primale. Un coup de tête, de part et d’autre. Au départ, je n’eus pas le temps d’avoir mal. Ça a été le noir, le néant, puis la chute, avant de m’écraser lourdement au sol. Et ce fut seulement à cet instant que la douleur s’est éveillée, comme un étau compressant ma boite crânienne. Je ne poussais pas la moindre plainte. J’étais presque même… soulagée. Comme dans un espace habituel, connu.  Je demeurais allongée un long instant. Etais-je dans une énième cave, à côté de je ne sais quel junkie qui avait eu la générosité de me filer son joint ? Je n’avais pas la sensation de planer pourtant. Mes paumes se posèrent sur le sol froid, comme pour peu à peu reprendre conscience de la réalité. J’ouvris les yeux. J’étais comme assouvie. Rassasiée. Et les murs familiers me ramenèrent à moi. L’Académie. Et moi. Par terre. M’étant égarée dans les limbes de la violence. Hugher aurait honte. Weins aurait honte. Gordon aurait honte. J’avais honte. Je plissais encore plus les yeux, comme pour espérer que les larmes coulent. Mais rien. Rien depuis des années. Je me redressai alors un peu, histoire de m’assoir et de ne plus être un tapis de sol. Le couloir était désertique, seulement entaché par la violence qui venait de se déchainer et à laquelle j’avais contribué, et par les feuilles. Des feuilles ridicules. Des noms sur un papier. Un nom sur un papier. Mon nom sur un papier.

Et un rire. Un rire qui explosa le silence, qui fit éclater cette bulle de haine, de soif de coups et de violence. J’esquissai un sourire, sans pouvoir rire. Trop honteuse d’avoir réalisé que cette bête était toujours tapie en moi. Je tournai la tête vers Calypso.

« Pas plus que la tienne. Je suppose que c’est le mur qui s’est fissuré ? »

On avait donc abimé la princesse de porcelaine ? Je réalisai alors que je ne savais pas non plus grand-chose de notre reine, qui riait aux éclats. Je repliais mes genoux contre ma poitrine et voulut y poser ma tête, avant que la douleur ne se rappelle à moi. Je l’entendais. Je vis l’une de ses larmes. Mais rien ne sortait de moi. Rien. Comme s’il n’y avait plus rien. Comme si je n’étais plus capable de ressentir quoi que ce soit.

« J’aimerais pouvoir rire et pleurer. Et ne t’en fais pas. Je ne dirais rien à propos de cela. »

Cet aveu m’avait échappé, tout seul, comme un grand. Je voulais me souvenir de ce que cela faisait que de rire. Je l’avais fait il y avait encore peu de temps. Avec Daniel, quand nous lavions la vaisselle. Pourquoi avais-je aujourd’hui l’impression que je ne savais plus le faire. Et je voulais pleurer aussi. Ces larmes qu’elle estimait honteuses, je les jalousais. Je me passai une main fébrile dans mes cheveux, avant de la suspendre devant mes yeux. Elle tremblait, comme à l’époque, sous l’effet du manque. Elle tremblait et Calypso avait parfaitement raison sur un point : je ne contrôlais rien du tout. Je repliai les doigts pour arrêter les tremblements, avant d’aviser les feuille et de ramasser celles qui étaient à proximité, avant de les tendre à Calypso.

« Je n’imaginais pas que c’était ça le travail d’une reine. Je suppose que la reine et la championne qui se battent… tu avais raison. C’est nous, le plus grand danger que court cette Académie. Elle est tout ce que j’ai. Je n’ai rien, au-delà de ces murs. S’ils sont abattus, je… »

Je n’aurais plus rien. Nulle part. Ma vie se résumait à cette Académie, qui subvenait à mes besoins et me donner mes uniques buts… Je n’étais rien sans elle et en dehors d’elle. Et cela me terrifiait. Si des gens la mettaient en danger, et si ce qui me mettait moi en danger pouvait la pénétrer…

Je me relevai enfin. La tête me tourna quelque peu, mais j’y étais tellement habituée qu’elle deviendrait une petite ritournelle à laquelle on ne prêtait plus attention. Je fis un pas et tendis la main à Calypso.

« Je suis la première à dire que la fusillade aurait dû nous rapprocher. Si on montrait l’exemple pour une fois ? Ça serait peut-être la plus belle vengeance contre ceux qui… nous ont envoyées contre un mur, non ? »

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Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Dim 1 Fév - 2:07

Le choc avait été si intense que Calypso en avait presque perdu connaissance. Elle avait sentit un gigantesque gong résonner à l'intérieur de sa tête et avait eu l'impression de sentir son crâne s'émietter. Jade ayant eu la même impulsion qu'elle, ça avait été comme si leurs deux crânes avaient voulu fusionner, sans succès. Pendant cet infime moment, pendant que les deux têtes se rentraient dedans, Calypso n'avait pas eu le temps de penser autre chose que « Et merde... ». Merde. Merde elle a eu la même idée que moi. Merde je vais me faire mal. Merde ça fait mal. Merde pourquoi j'ai fais ça ? Merde. Merde. Et encore merde. Et puis l'instant d'après, elle avait senti son corps partir vers l'arrière et puis tout avait disparu. Jusqu'à ce que sa tête heurte le sol et que la douleur se fasse encore plus forte, au point de l'empêcher de se relever. Calypso avait l'impression que sa tête allait exploser et que la douleur ne partirait jamais. Et pendant un temps qui lui paru interminable, sa tête se mit à la lancer, à lui envoyer des décharges de douleur, comme pour lui rappeler qu'elle était vivante mais qu'elle avait failli ne plus l'être. Quelle idée absurde de filer un coup de tête, sérieusement ?! Calypso n'avait même pas réfléchit, le coup était partit tout seul et la douleur lui montrait bien qu'elle avait fait n'importe quoi. Elle la connaissait bien, cette sensation d'avoir fait une connerie trop grosse pour être esquivée. Lorsqu'elle était sous les ordres de Andrew, Calypso avait envoyé chier un client un peu trop violemment et au moment même où Andrew était apparut, Calypso avait su qu'elle avait fait la plus grosse connerie de sa vie et qu'elle n'en ferait sans doute plus aucune autre. Le client avait été envoyé vers une autre fille et Andrew avait trainé la gamine avant de la secouer dans tous les sens, de la frapper et, histoire de finir en beauté, de la balancer contre le mur. Andrew avait beau être relativement maigre, il avait de la force et Calypso était bien trop faible pour opposer une quelconque résistance. Alors elle avait apprit à ses dépends que voler, c'était décidément fait pour les oiseaux.
Calypso ne se rappelait pas exactement de ce qui s'était passé après qu'elle ait percuté le mur mais elle se souvenait de la douleur qui, comme aujourd'hui, l'avait empêché de bouger. Et pourtant, elle ne voulait que ça : bouger pour échapper à Andrew, bouger pour échapper aux coups, bouger pour s'échapper de cet enfer. Mais le choc était trop intense, trop terrible et elle avait été incapable de bouger. Et ce qui avait suivit avait fait de la rencontre corps/mur un épisode plutôt joyeux en comparaison. Mais aujourd'hui c'était fini. Andrew était mort et à défaut d'être enterré, son cadavre devait avoir disparu depuis belle lurette. La douleur finit par se faire moins présente et Calypso pu s'asseoir, pendant que Jade en faisait de même. Ce n'était pas normal. Elles n'auraient pas dû être capables de s'habituer à la douleur aussi rapidement. Deux gamines comme elles auraient dû rester au sol à se tordre de douleur. Pas se relever comme ça. Calypso en avait vu d'autres et elle n'était donc pas choquée de passer outre la douleur aussi facilement mais Jade ? Elle ne pensait pas la Platine capable de surmonter les décharges aussi facilement. Jade n'était, visiblement, pas une Platine au passé tout beau tout propre, contrairement à ce qu'avait pu penser Calypso. Certes, Jayden lui avait un peu expliqué son passé mais il y avait un gouffre entre l'enfance de Jayden et l'actuelle Jade. Et visiblement ce laps de temps, Jade l'avait occupé à rendre visite régulièrement à Madame Violence. Comme Calypso. Décidément le monde ne tournait vraiment pas rond...
Et puis il y eut le rire. Calypso se mit à rire sans réfléchir et ce rire lui permit d'évacuer toute la haine, la douleur et le ressentiment qu'elle gardait en elle depuis trop longtemps. Qu'on la prenne pour une folle ou pas, Calypso n'en avait rien à faire. Elle riait. Riait à gorge déployée comme si cela pouvait la sauver de son passé. Elle riait d'Andrew, de sa soumission, de la violence qu'elle avait pu subir, de ses peurs et de ses douleurs. La Reine riait à s'en briser les cordes vocales et pourtant, à aucun moment elle ne se posa la question de rester « sobre » ou « royale ». Il n'y avait plus de Reine ou de Dirigeante : il n'y avait que Calypso, une gamine poussée à grandir trop vite et tremblant encore des épreuves passées. Et en riant, Calypso se mit à repenser à toutes les épreuves qu'elle avait passé, qu'elle avait subit ou qu'on lui avait filé de force. Elle en avait vu des vertes et des pas mûres et, pourtant, elle continuait de craindre un avenir sombre et violent. Et pendant qu'elle riait, Calypso réalisa qu'il ne pouvait pas y avoir de futur pire que son avenir. Elle avait des amis, des appuis et des gens sur qui compter. Elle n'était plus seule, enfermée dans un sous-sol sous les ordres d'un homme méprisant. Elle dirigeait sa vie et son futur lui appartenait, là où son passé lui avait été dicté par quelqu'un d'autre. Et lorsqu'elle s'arrêta de rire, Calypso se sentit miraculeusement bien. Elle se sentait saine, comme lavée de toutes les atrocités auxquelles elle avait repensé. Elle était comme neuve et cela lui fit un bien fou. Toute la rancœur et la colère qu'elle avait pu avoir à l'égard de Jade étaient passées, envolées. Pour tout dire, Calypso était absolument incapable de savoir pourquoi elle s'était énervée sur Jade. A cause des feuilles ? Non... Sérieusement ?

« Pas plus que la tienne. Je suppose que c’est le mur qui s’est fissuré ? »

Calypso se remit à rire :

« J'aurai bien aimé mais non. » et sa voix se brisa dans les graves « C'est moi qui me suis brisée. »

Et puis comme si elle avait dit une blague, elle se remit à rire. Puis une larme coula, la freinant dans son hilarité. Calypso s'arrêta de rire et sentit son corps se mettre à trembler. Après le rire nerveux, la crise d'angoisse pointait le bout de son nez. Fantastique... Mais la crise n'alla pas jusqu'au bout et finalement, Calypso parvint à se ressaisir. Elle n'était plus Calypso Taylor, bordel de merde ! Il était temps qu'elle se l'imprime dans le cerveau !

« J’aimerais pouvoir rire et pleurer. Et ne t’en fais pas. Je ne dirais rien à propos de cela. »

Calypso tourna la tête vers Jade et haussa les sourcils, interloquée. Jade était définitivement très loin de ce que Calypso pensait être. Ce n'était pas une Platine parfaite et sans défauts et cette constatation ouvrit de nouvelles perspectives à Calypso. Jade avait vécu des choses difficiles, elle aussi, et le fait de ne pas être seule à souffrir mit, égoïstement, Calypso de bonne humeur. Enfin bonne humeur... Autant qu'on pouvait l'être avec un mal de crâne terrible.

« Si tu veux, je te donne mon stock de larmes, j'en ai trop... C'est fatiguant de pleurer et rire. Je devrais faire la tronche toute la journée, ça serait plus simple... »

Calypso prit un air pensif, comme si elle réfléchissait réellement à cette perspective. Mais, vu le coup qu'elle venait de se prendre, tout était possible...

« Et honnêtement... Tu penses réellement que quelqu'un te croira si tu dis que tu t'es battue avec Calypso Storm ? Et qu'en plus tu as fini le combat par un match nul couplé avec un coup de tête ? Honnêtement... Même moi je n'arrive pas à y croire... » Calypso eut un petit rire « Comment est-ce qu'on a pu en arriver là, franchement. Je suis plutôt du genre à éviter les bagarres tant que je n'ai rien à y gagner... »

Calypso était encore en train de vérifier que tous ses membres fonctionnaient lorsque Jade lui tendit une liasse de feuilles. La blonde les prit, les feuilleta rapidement et décida que la secrétaire se démerderait pour tout ranger. Elle n'aurait qu'à dire qu'un Plomb l'avait percutée et puis voilà ! C'était déjà suffisamment chiant de devoir servir de secrétaire alors qu'elle avait une couronne de Reine, elle n'allait pas non plus se mettre à faire du zèle !

« Haha être Reine ce n'est pas seulement montrer l'exemple et faire coucou à tout le monde. Ça m'arrangerait bien si c'était le cas, cela dit... »

Être la Reine de l'Académie c'était également surveiller les élèves, rapporter au « directeur » les différents conflits ou attitudes suspectes ; c'était également régler les disputes, féliciter les bons élèves, se montrer accueillante mais ferme à la fois. C'était aussi maintenir l'ordre et le respect d'une main de fer et espionner lorsqu'on le lui demandait. Certaines fois, Calypso se demandait pourquoi elle ne prenait pas sa retraite et puis elle se rappelait les privilèges qui allait avec son statut. Et elle se remettait à régner, inépuisablement.
Mais Calypso avait beau grogner et se plaindre, elle restait néanmoins attachée à l'Académie. Plus les années passaient et plus elle se sentait chez elle, à Weins. Sven n'approuvait pas du tout cet attachement mais Calypso parvenait à connaître toutes les petites routines et spécialités de l'Académie qui faisait de l'établissement une sorte de pays dans la ville. Les étudiants venaient de partout, pensaient différemment et pourtant, tous se ressemblaient d'une certaine façon. On offrait à tout le monde une éducation et des possibilités d'avenir. Et c'était à Calypso de s'assurer que les rebelles ne le restent pas éternellement. Boulot de merde.
Jade se leva et tendit la main à Calypso. Décidément, elle était coriace cette Platine ! Calypso n'était même pas sûre de pouvoir se lever sans s'étaler lamentablement. Néanmoins elle prit le risque et, aidée par Jade, elle se releva sur ses talons. Quelle idée d'avoir mit des talons, franchement... Elle écouta la Platine et sourit, tout en conservant la main de Jade dans la sienne :

« J'avais tord, Jade. Le plus grand danger pour Weins, ce n'est pas nous. C'est ce qu'on a été. Je ne connais pas ton passé et tu ne connais pas le mien mais visiblement, on a toutes les deux fait des murs des amis très proches. Mais on a avancé, non ? Pour toi je ne sais pas mais pour moi, ce coup de tête m'a remis les idées en place. » Calypso balaya du regard le couloir vide « J'avais beau les haïr au début, ces murs m'ont quand même aidé à reprendre le bon chemin et quand je trébuche, il y a toujours quelqu'un pour m'aider à me relever. » Elle regarda Jade dans les yeux, malgré les petites étoiles s'invitant ça et là « Weins ne tombera pas. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'on filera des coups de têtes à ceux tentant de le faire. »

Un bien beau discours venant de quelqu'un apercevant la galaxie autour de la tête de Jade. Calypso était douée pour les discours et ce n'était pas pour rien si elle avait été choisie pour porter la couronne de l'Académie. Mais Calypso, c'était aussi quelqu'un de curieux. De trop curieux.

« Sans vouloir être indiscrète, ça m'étonnerait quand même que tu n'ai rien en dehors de l'Académie. Tu es populaire et appréciée, ça m'étonnerait que ça ne fonctionne qu'à l'intérieur de Weins, si ? Il y a forcément quelqu'un à qui tu tiens et qui tiens à toi ? »

Calypso, elle, avait le Quartier Nord et, de ce fait, elle ne comprenait pas qu'une personne puisse n'avoir que l'Académie à ses côtés. Famille, amie, liens affectifs ou non, il y avait forcément quelqu'un en dehors de Weins. Non ?

« Mais quand même... On m'aurait dit que j'allais me mettre sur la tronche avec Jade Thomas, je ne l'aurai pas cru... Décidément, tout peut arriver ! » et comme si elle pensait à quelque chose d'autre, de plus profond « oui... tout peut arriver... »

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Jeu 12 Fév - 22:39

Violence, ma douce amie oubliée et enterrée… Serais-tu encore là ? Bien nichée en moi et n’attendant que ton heure ? Je me croyais au-dessus de tout cela, enfin purgée de ce mal en moi. Peut-être que je me trompais. Jayden avait fait ressurgir le pire de moi, non par cruauté, mais parce qu’il avait rouvert une plaie restée trop longtemps à vif. Etions-nous tous des monstres refoulés ? Il fallait le croire si la Reine et la triple championne d’athlétisme en étaient réduites à se battre comme des chiffonnières n’ayant plus aucun autre argument que les coups pour dialoguer. Il fallait le croire, si nous avions toutes deux été détruites, chacune à notre manière. La violence était hélas un langage universel. Et nous le comprenions mieux que quiconque.

J’observais Calypso. Brisée. Détruite. Oh, nous avions visiblement bien plus en commun que je ne l’aurais soupçonné. J’aurais toujours cru qu’elle venait d’une belle famille bien née, qu’elle tenait ses grands airs de quelque part. Qu’elle était certainement née avec une cuillère en or dans la bouche. Mais on l’avait brisée elle aussi. J’ignorais ce qui l’avait fait pliée, ce qu’il l’avait mise à genoux, mais elle s’était reconstruite. Aujourd’hui, elle était une Reine, forçant le respect de tout le monde… Alors pourquoi et comment expliquer qu’elle aussi craquait ainsi ?

« On ne s’en remet jamais complètement. »

Ma voix était plus basse, plus mélancolique aussi, comme si elle provenait d’une vieille femme emplie d’expérience. Alors que j’avais à peine une vingtaine d’années. A peine vingt ans et je ne savais plus pleurer. Comme un blocage qui m’empêcher cette humanité. Quant aux rires… Ils s’étaient éteints il y avait vraiment peu de temps. Je riais, souvent, jusqu’au retour de mon frère. Parce que le bonheur avait envahi ma vie. J’avais retrouvé une famille, une place… Mais je n’avais pas été assez forte pour me reprendre le passé en pleine figure. Mais pleurer… ça ne venait toujours pas. Les émotions ne sortaient pas par les larmes chez moi. Peut-être que cela me ferait du bien, je n’en savais rien, mais n’y pouvais pas grand-chose non plus. A la place, j’eus un petit sourire quand elle résuma notre « confrontation ». Bon sang, cela paraissait encore plus pathétique.

« Faut croire que c’est le bordel dans nos deux cervelles de moineaux. Ça nous aura au moins remis les idées en place. »

Si elle était un tant soit peu comme moi, quelque chose – ou quelqu’un – avait dû lui faire lâcher prise et perdre le contrôle. Et ce n’était pas rassurant… Nos démons pouvaient donc nous atteindre ici ? Cela paraissait si peu croyable… Et pourtant. Je me relevais. Il fallait nous relever, toujours. N’était-ce pas le message que nous avait transmis la Mairesse ? Harmony Chanteloup ? Et même Samson Hugher ? On se relève, même quand on nous a mis à terre. On tend la main, on tourne la page. J’ignorais si j’en serais réellement capable. Alors il fallait au moins que je me relève au sens propre du terme.

« Je ne t’imagine pas du tout dans le rôle du « sois belle et tais-toi » pourtant. »

Oh non. Faire coucou, ça ne l’arrangerait pas tant que cela. J’en doutais en tout cas, mais je m’étais beaucoup trompée sur son compte apparemment. Mais je savais qu’elle était une dure. Et qu’elle ne resterait pas à terre – littéralement et métaphoriquement parlant – bien longtemps. Je ne savais pas pourquoi mais je me confiais à elle, sur une terrible vérité qui m’angoissait de plus en plus : je n’avais que l’Académie. Rien de plus, rien au dehors. Alors si nous la détruisions, cela n’aurait aucun sens. Calypso avait toutefois une nuance à apporter. C’était les femmes que nous avions été qui pourraient détruire l’école. Pas celles que nous étions aujourd’hui. Oui… mais si le présent et le passé s’entremêlaient comme aujourd’hui… Je gardais mes doutes pour moi, écoutant la suite des propos de ma Reine.

« Tu me trouveras à tes côtés pour cela. »

Oh oui, qu’elle soit une zinc finalement ne changeait rien à l’affaire. Si elle entreprenait de monter une armée pour protéger notre fabuleuse école, je serai la première à marcher auprès d’elle. Par contre, nous devrions trouver une arme plus efficace que nos coups de tête ou je ne donnais pas cher de notre victoire. La question que me posa Calypso par contre me troubla. Je ne savais pas. Je n’avais pas de réponse à lui poser. J’étais déjà en sixième année. Cela avait été un honneur que de passer autant de classes aussi rapidement… mais cela m’avait aussi propulsée encore plus vite au moment où je devrais quitter les murs de l’Académie. Plus j’en prenais conscience, plus cela m’angoissait. Que ferais-je une fois dehors ? Où irai-je ? Rentrer à Washington ? Non, certainement pas. Je voulais rester à New-York. Mais faire quoi ? Tenter la police ? Un poste à la Mairie, à défaut de pouvoir fréquenter les hautes sphères ? Ou rester à Weins ? Etre une athlète accomplie ? Déjà en soi, cela était une source d’interrogation perpétuelle, mais sa question à elle soulevait bien d’autres points.

« Il y a encore mes parents… Mais nos routes ont trop déviées. Entendons-nous bien, je les aime énormément, mais… J’en sais rien. Mais qu’est-ce que ça change, qu’il y ait ces êtres ? Il y a bien Jayden ici et ça ne me rend pas heureuse. Non… je ne sais pas ce que je ferai quand mon tour sera arrivé, de quitter cette maison… »

Car oui, pour moi, l’Académie était une maison, plus seulement une école. Et comme tous les enfants qui devaient quitter le nid pour voler de leurs propres ailes, le monde extérieur m’effrayait. Mais l’intérieur était tout aussi surprenant. Elle avait raison de souligner ce point. Beaucoup de questions germaient dans ma petite cervelle. Je ne m’étais jamais intéressée réellement au cas Calypso. Elle était la Reine, voilà, c’était tout, ça ne se discutait pas. Mais QUI était-elle ? Dans le fond, je l’ignorais complètement. Vérifiant du coin de l’œil qu’il n’y ait personne dans les parages, je risquais une question.

« Comment es-tu arrivée ici ? Je ne t’ai jamais demandé d’où tu venais ou qui tu étais « avant », même si cela importe peu à dire vrai. Moi aussi, j’ai vu ces murs comme une prison. Je pense même avoir craché à la figure des policiers qui m’ont conduite ici. J’étais complètement perdue… Je ne me rappelle même plus vraiment de cette époque. Je ne sais même pas si tu avais daigné m’adresser un seul regard. »

Je lui souris, ne lui en voulant pas le moins du monde. J’étais une loque à l’époque. Amaigrie, les veines gonflées sous les piques, le corps meurtris. Elle ne devait même pas se souvenir que cette serpillère humaine n’était autre que Jade Thomas. Du coin de l’œil, je vis apparaitre Victorian. Je levai les yeux au ciel, avant de murmurer à Calypso, en désignant le jeune homme d’un coup de tête :

« Si tu veux, j’ai un esclave personnel, pour tes papiers, parce que je ne vais pas supporter son petit jeu de toutou bien longtemps là. »

Calypso
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Calypso R. Storm
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AVATAR : Lindsay Ellingson

ANNÉE D'ÉTUDE : 5ème année

DISPONIBILITÉ RP :
  • Disponible


COMMENTAIRES : Sachez mes chers que vous vous trouvez face à la Reine de l'Académie. Reine que vous devrez acclamer, admirer parce que j'ai été élue par tout le monde comme étant la plus belle de cette fichue Académie. Mais ne vous réjouissez pas : beauté ne veut pas dire stupidité...
Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

Allez sans rancune : je suis magnifique et intelligente, t'es rien face à moi !


CRÉDITS : Shiya

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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Ven 13 Mar - 21:05

Calypso se sentait miraculeusement bien. Toutes les souffrances et peurs qu'elle avait accumulé depuis la fusillade semblaient comme évaporées. Elle ne ressentait plus aucune tension et l'avenir lui apparaissait comme lumineux et agréable. C'en était fini de ces grandes périodes d'angoisse liées à son passé : Calypso venait de renaître ! A défaut de se faire crucifier, elle s'était contenté d'un coup de tête violent et elle sentait comme une auréole autour de sa tête. Sainte Calypso, Martyr parmi tant d'autres...
La lumière que Calypso avait cru divine s’apaisa pour finalement dévoiler un décors tout sauf paradisiaque : celui d'un couloir de l'Académie. L'auréole ? Rien d'autre qu'un cercle de douleur entourant fort peu délicatement sa tête après la rencontre peu sympathique avec celle de Jade. Les souffrances et peurs envolées ? Forcément puisque son esprit et son corps étaient focalisés sur sa tête qui semblait au bord de l'explosion. Bon bah pas de Sainte Calypso... Tant pis.
Le coup qu'elle avait reçu avait visiblement assez perturbé son fonctionnement de pensées pour qu'elle en soit réduite à se prendre pour une sainte aux portes du Paradis. Calypso secoua la tête pour chasser ces idées mais regretta immédiatement son geste lorsque la douleur frappa plus violemment, comme pour lui rappeler qu'elle avait déjà fait assez de conneries pour au moins un mois. C'est donc complétement sonnée qu'elle entendit la réflexion de Jade sur le fait qu'on ne se remettait jamais complétement de son passé. Malheureusement pour elle, Jade avait raison. Le passé avait laissé trop de cicatrices et de souvenirs sur le corps et l'esprit de Calypso pour lui permettre de simplement tourner le dos. Elle ne pouvait pas décider de tout laisser de côté pour avancer : chaque situation ou objet lui rappelait un moment précis de son calvaire et elle ne parvenait pas à faire passer une image plus agréable par dessus. Tout était propice aux souvenirs et elle ne pouvait tout simplement pas s'empêcher de laisser ses pensées vagabonder. Alors Calypso restait bloquée entre le passé et le présent, incapable d'imaginer un avenir possible. Mais ce coup de tête avait déréglé le fonctionnement interne de Calypso et s'il réussissait à éloigner le passé, pour l'instant, il éloignait aussi le futur. Calypso était bloquée dans le présent et ses pensées se promenaient entre des délires et des choses plus terre-à-terre. Une partie de son cerveau était préoccupée par le nombre de carreaux au sol alors que l'autre s'imaginait voler dans le ciel. Bref, c'était le merdier à l'intérieur...

« Faut croire que c’est le bordel dans nos deux cervelles de moineaux. Ça nous aura au moins remis les idées en place. »

Ho elle ne croyait pas si bien dire... Calypso délaissa le quarantième carreaux et le huitième nuage pour se focaliser sur la Platine. Ce ne fut pas chose aisée mais elle parvint à fixer ses pensées sur quelque chose d'utile.

« Je ne suis pas sûre que mes pensées soient en place là... D'ailleurs j'ai l'impression que le quarantième carreau à partir de la droite est un peu plus usé que les autres. »

… Utile ?

« J'avais déjà des obsessions bizarres mais là j'atteins des sommets... Tu penses que ça redeviendra normal si on se ré-assomme ? »

Comme pour refuser l'expérience, l'auréole-étau se resserra et la douleur devint plus forte. Et puis petit à petit, les pensées de Calypso reprirent un chemin normal. Le cerveau délaissa les carreaux et le ciel pour revenir sur terre et dans l'Académie. La Reine ne s'était pas prit un coup aussi violent depuis un bon moment, outre la balle évidemment !, et son cerveau avait visiblement été touché. Calypso ferma les yeux le temps que tout redevienne normal puis les rouvrit au moment où Jade faisait remarquer qu'il n'était pas simple d'imaginer Calypso en simple poupée de décoration. La blonde n'ajouta rien à la réflexion de Jade : il n'y avait rien à dire. Certains l'imaginaient aisément en poupée de décoration et d'autres non. Cela dit, le fait que la Platine ne l'ait jamais vu comme telle montrait bien qu'elle avait plus de cervelle que les autres débiles profonds qui voulaient la « protéger » comme si elle n'était qu'une princesse en haut d'une tour. Princesse, certes, mais en haut d'une tour ? Allons bon ! Si c'était le cas c'est qu'elle l'avait construite elle-même la tour alors pas besoin d'un ramassis de crétins pour l'en déloger !

« Eh bah... Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvée dans cet état-là... J'espère ne pas recroiser ton front de sitôt, je n'aime pas trop lorsque mon cerveau fait n'importe quoi ! »

Calypso sourit et écouta Jade lui confier les relations problématiques avec ses parents puis avec Jayden. Visiblement, la Platine était moyennement contente de retrouver son frère et si Calypso ne comprenait pas pourquoi, elle respectait néanmoins l'avis de Jade. Jayden avait sûrement fait une connerie quelconque pour qu'il en soit réduit à être en tête de la liste noire de Jade. Et puis il avait forcément fait quelque chose de peu sympathique pour avoir viré extrémiste religieux comme ça ! On ne devenait pas religieux lorsqu'on avait rien à se reprocher. Ou du moins on ne devenait pas extrémiste comme ça lorsqu'on était sain d'esprit ! Calypso détestait la religion et l'idée-même d'un Dieu omniprésent lui donnait de l'urticaire alors, forcément, elle ne tenait pas les croyants en très haute estime. Elle n'acceptait pas le fait qu'on puisse remettre sa vie entre les mains d'un inconnu qui, si ça se trouve, n'existait même pas. Et puis c'était tellement facile de tout résumer par « c'est la volonté de Dieu ». J'ai tué ton voisin ? Mais c'est parce que Dieu me l'a demandé. J'ai violé ta femme ? J'ai suivi le chemin tracé par Dieu, c'est tout... Les croyants avaient cette espèce d'admiration teintée de fanatisme que Calypso ne supportait pas. Elle avait besoin de choses concrètes et Dieu ne l'était pas. Et puis les religieux qu'elle avait croisé étaient tous fêlés alors ça n'avait pas aidé sa vision de la religion... Jade en religieuse ? Calypso n'arrivait même pas à l'imaginer. Jade était quelqu'un d'intelligent et de terre-à-terre, elle ne pouvait tout simplement pas croire en Dieu, allons... D'ailleurs le problème de communication entre Jayden et elle venait peut-être justement de là ? Jayden étant complétement aveuglé par son fanatisme, peut-être ne se rendait-il pas compte de ce qu'il demandait à sa sœur ? Suivre un fanatisme en quittant le seul endroit où on se sentait chez soi... Pas étonnant qu'il ait enchaîné les échecs jusqu'à là. Et pourtant... Calypso ne pouvait pas être plus à côté de la plaque que maintenant. La relation entre Jade et son frère était infiniment plus complexe qu'un simple problème d'idéologie. Jayden et Jade étaient liés par un fil rouge qu'aucun des deux ne parvenait à couper, les forçant à s’emmêler jusqu'à finir par s'étrangler. Jayden était en train d'étrangler Jade sans même s'en rendre compte. Y aurait-il quelqu'un suffisamment malin pour s'en rendre compte et pour protéger la jeune femme ? Sûrement. Et si ce n'était pas le cas, Calypso parviendrait peut-être à se faire entendre de la jeune femme ? Après tout, elles avaient vécu des choses similaires et s'il y avait bien une chose pour laquelle Calypso était bonne, c'était pointer les points faibles en retournant le couteau dans la plaie sans même s'en rendre compte.

« Les parents, ce n'est jamais vraiment facile... A Weins, on apprend de nouvelles choses, on vit de nouvelles expériences et on grandit loin d'eux. On les quitte en leur laissant l'image d'une petite fille qu'il faut protéger et quand on les revoit, on a grandit  et on n'accepte plus d'être surprotégée. Sauf qu'ils ne parviennent pas à l'assimiler car pour eux, on reste leur enfant, leur petite fille chérie. Les parents ça peut être quelque chose qui te fait te sentir chez toi, à l'aise tout comme quelque chose qui te fait régresser et qui t'empêche de t'envoler librement. Enfin je crois. »

Il fallait avouer qu'en matière de parents, Calypso n'y connaissait fichtre rien. Son père l'avait pourrie-gâtée et sa mère l'avait détestée. Et puis au final, sa mère avait organisé son kidnapping et son père n'était jamais venue la chercher alors forcément... L'image de la famille aimante et attentionnée, Calypso n'y avait jamais vraiment cru. Sven lui parlait souvent de sa famille à lui et ça ressemblait toujours à une sorte de paradis où tout le monde riait, s'adorait et s'admirait. Matthew, lui, n'avait jamais eu de famille alors il était encore pire que Calypso en matière de jugement familial... Mais si Calypso avait bien retenu quelque chose en matière de famille, c'était que c'était fichtrement compliqué...

« Quand à Jayden, je ne connais pas votre passé et j'ai absolument aucune idée de ce que vous avez pu traverser. Mais si tu te sens aussi mal avec lui ici, il suffit d'en parler pour que la Reine l'éloigne de toi. Et Ô miracle, je suis la Reine. Il suffit que j'en parle avec le Directeur et on le changera de club et on se débrouillera pour qu'il ne t'approche plus. Il y a des fois où on doit accepter l'aide extérieure : on ne peut pas tout endurer seule. »

Calypso eut un sourire pour Jade. La blonde avait réussi à endurer bien des épreuves grâce à son entourage. Elle savait que Matthew tenait les drogues hors de sa vision, que Sven s'occupait de la surveiller lorsqu'elle se sentait mal et que Taleh était toujours là pour la faire rire lorsqu'elle en avait besoin. Calypso pouvait avancer sans crainte de tomber car elle était entourée. Mais visiblement, ce n'était pas le cas de Jade. La Platine ne semblait pas avoir de personnes l'aidant à mettre un pieds devant l'autre et la Zinc se surprit à se demander pourquoi. Pourquoi est-ce que Jade n'arrivait pas à garder autour d'elle un noyau de personnes l'aidant à vivre. Était-ce parce qu'elle n'accordait pas sa confiance ?

« Mais je suppose qu'avec un passé te laissant couverte de cicatrices, ce n'est pas facile de faire confiance à nouveau, non ? » Calypso haussa les épaules « J'ai mis tellement longtemps à faire confiance aux autres... Et même aujourd'hui, alors que ça fait plus de cinq ans que c'est fini, je continue à n'accorder ma confiance qu'à un tout petit groupe de personnes. Je ne sais pas pour toi mais une fois qu'une personne a trahi ma confiance, il n'y a plus de retour en arrière possible. Les secondes chances, je n'arrive pas à les accorder. »

Et peut-être que Jade était comme elle, au final. Après tout, ne refusait-elle pas d'accorder une seconde chance à son frère ? Mais il y avait également des personnes à qui on ne pouvait pas offrir de seconde chance car la première blessait bien trop.

« Je suppose que certaines personnes devraient avoir le droit à une seconde chance mais... C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à la leur accorder. Certains m'ont blessé bien trop profondément... Je refuse de leur laisser la possibilité de m'écorcher une seconde fois... »

En disant cela, Calypso pensait à Frederic. Elle lui avait accordé sa confiance, sa protection et son amour. Et lui l'avait piétinée sans hésitation. La Reine ne lui accorderait jamais de seconde chance : ils n'auraient plus jamais ce qu'ils avaient eu avant. Ce n'était même plus par rancune, à ce stade-là, mais bien parce que Calypso avait peur. Peur d'être déçue et de souffrir une nouvelle fois. Alors dans le doute, elle refusait la possibilité d'un second essai. Tant pis pour lui et tant pis pour elle. Il fallait parfois faire des choix et en faisant celui-là, Calypso n'avait pas l'impression de faire une grosse erreur.
Et puis Jade lui demanda comment elle était arrivée à l'Académie. Calypso aurait pu mentir ou feinter en prétendant une quelconque envie d'aller aux toilettes mais non. Jade lui avait confié quelque chose d'énorme en lui disant qu'elle n'avait nul part où aller, si l'Académie disparaissait. C'était maintenant au tour de Calypso de s'ouvrir :

« J'ai tabassé à mort une fille. Elle est morte après quelques jours dans le coma. Je serais bien incapable de te dire si j'ai fais ça pour entrer à l'Académie ou si c'était tout simplement un acte barbare. Et quant à savoir si je le regrette ou pas, je ne préfère pas me poser la question. J'ai déjà suffisamment de regrets comme ça. » Calypso inspira profondément « J'ai longtemps vu l'Académie comme un lieu où rien ne pouvait m'atteindre. C'était mon cocon, l'endroit où le monde extérieur n'avait pas d'impact et où je pouvais être celle que je voulais. Mais la fusillade a tout changé. Désormais, les murs ne me paraissent plus aussi protecteurs qu'ils l'étaient. Au lieu de me sentir protégée, je me sens étouffée... » Elle s'arrêta un court instant avant de changer de sujet « Mais je ne me rappelle pas t'avoir vu. On m'avait sûrement demandé de te tenir à l’œil mais j'imagine que tu as énormément changé entre maintenant et ton arrivée alors, honnêtement, je n'arrive pas à me souvenir de toi. C'est marrant quand même quand on voit l'état dans lequel on arrive à l'Académie et comment on évolue une fois à l'intérieur... qu'on vienne contre son gré ou en le voulant, on finit par s'y habituer et c'est justement ça que j'aime à Weins. On est tous chez soi. Bien que tout le monde ne le comprenne pas... » Calypso soupira et dit d'une voix légère « Certains ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'être ici... »

Plombs, mes petits Plombs... Jade eut un moue blasée lorsqu'un garçon apparut. Elle confia à Calypso qu'il s'agissait de son esclave personnel et que la blonde pouvait l'utiliser pour porter les dossiers. Parfait ! Ni une ni deux, Calypso reprit son ton hautain et appela le garçon dont elle ignorait le nom :

« Eh toi, j'ai besoin d'aide pour porter ces tas de feuilles. Tu les amènes au Secrétariat et tu leurs diras qu'ils sont tombés et qu'il faut les ranger. »

Elle ne lui laissa même pas le temps de répliquer et dit :

« Dépêches-toi, c'est urgent ! »

Une fois le Zinc éloigné, Calypso tourna la tête vers Jade, un sourcil levé en signe d'interrogation :

« Mais c'est qui en fait ? Ton amoureux transi ? »

Après avoir parlé de choses si dures, cela leurs ferait du bien de discuter plus légèrement. Jade et Calypso avaient vécu la violence et la haine, il était maintenant grand temps qu'elles se posent pour se rendre compte que la gentillesse existait et que ce n'était pas une faiblesse que de baisser sa garde en bonne compagnie.

Spoiler:
 

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Lun 20 Avr - 22:15

Le bordel. Oh oui. Depuis quelques temps, c’était véritablement le chaos dans ma tête et dans mon cœur. Trop de souvenirs, trop de sentiments, trop d’envies contradictoires, liées à plusieurs personnes. Et impossible de tout contrôler, de tout enfermer dans un recoin et de balancer la clé. Impossible. Tout comme la logique de Calypso. J’esquissai un sourire en entendant sa remarque au sujet des carreaux. Un rire m’échappa, nerveux. Tout semblait tellement… irréel, comme hors du temps. Je ne me serais jamais imaginer discuter avec Calypso. Certainement pas avec cette… franchise. Et je n’aurais pas non plus soupçonné ses souffrances et ses peines. Ni son obsession pour les carreaux. Je balayai d’un geste de la main ses préoccupations. L’Académie se remettra de cet affront, je n’en ai nul doute. D’autres choses ne se remettront jamais. Nos blessures. Au mieux elles cicatriseront, mais les cicatrices, elles, resteront. A jamais.

Et parmi celles que je porte se trouve celle de mon ancienne famille. Celle qui a été détruite voilà cinq ans. Celle qui a été brisée par la perte d’enfants, de sœurs. Par la fuite d’un autre enfant, d’un frère. Par la mort lente de leur dernière fille. Je n’étais plus la Jade qui fut leur enfant. je n’étais pas non plus la Jade qui s’était fourvoyée. J’étais une personne nouvelle, différente, loin de leur enfant. Alors non, ce ne serait plus jamais. Surtout maintenant que Jayden venait de faire son retour fracassant dans ma vie. Calypso, elle, a tout compris, et résume tellement bien les choses. C’est étonnant. Elle est véritablement plus perspicace que je ne le pensais. Il était vrai aussi que je n’avais jamais essayé de la connaitre, m’en tenant à ces stéréotypes et à ces idées préconçues sur les blondes pompom girl. J’en avais un peu honte à dire vrai. Elle et moi avions plus en commun que je ne l’aurais imaginé.

« C’est exactement cela. Ils nous regardent mais ne nous voient pas. Ils ne perçoivent qu’un reflet terni du passé ou une projection de ce qu’ils voudraient. Mais ce n’est pas nous. Moi-même, c’est la première fois que je te vois réellement, Calypso. »

C’était terriblement vrai. Première fois que les murs des représentations tombaient pour que je perçoive la bête blessée derrière les apparences. Et que la bête en moi la reconnaisse comme une sœur de souffrance. Sentiment peut-être fort mais qui était réellement le mien quand je l’entendis m’offrir son aide pour Jayden. Personne ne savait ce qu’il s’était passé entre mon frère et moi. Même nous deux, nous n’étions pas surs de comprendre. Nous étions deux moitiés d’une même âme, et quelque chose s’était cassé, fracassé. Aujourd’hui, sa présence me torturait, je ne contrôlais pas mes réactions en sa présence. Colère, haine, et quelque chose, un sentiment que je ne parvenais pas à identifier. Elle venait de me toucher, Calypso. Une aide, une main tendue, sans arrière-pensée. Il n’y avait véritablement qu’ici, à l’Académie, qu’on pouvait être aidée et épaulée de la sorte.

« Merci. Sincèrement merci, Calypso. Il faut que je sois plus forte que lui, que j’apprenne à supporter sa présence Au moins, je ne le vois qu’aux entrainements. Mais si je n’y arrive pas ou que c’est trop dur, je saurai me souvenir de ton offre. Un Résistant… tout de même… »

Comment ne pouvait-il pas voir tout le bien que nous prodiguait Gordon ? Incroyable. Il était pourtant intelligent autrefois. Est-ce que toutefois j’accepterais vraiment son aide, ça, je n’en étais pas sure. Ce que Calypso devina de nouveau. Nous avions vraiment beaucoup plus en commun. Cinq ans pour elle. Trois pour moi, et toujours impossible de faire confiance. Même à des gens extraordinaires comme James. Il y avait trop de barrières autour de mon cœur et de mon esprit. Beaucoup trop, et je ne parvenais pas encore à les abattre ou à les moduler comme le souhaiterait Daniel. Je devrais pouvoir accorder des secondes chances. Après tout, j’en étais l’incarnation même. Si monsieur Weins ne m’avait pas acceptée ici, que serai-je devenue ? N’étais-je pas la preuve que parfois les secondes chances sont nécessaires ? Alors pourquoi est-ce que je n’y parvenais pas avec Jayden ? Aucune idée. Et j’avais tellement l’impression d’entendre mes propres pensées sortir de la bouche de Calypso que cela en devenait troublant.

« C’est plus en moi que je n’ai pas confiance, en réalité. Je me suis connue faible. Très faible, Calypso. J’ai fait des choses… vraiment indignes et honteuses, par lâcheté. Jayden n’a pas trahie ma confiance. Il m’a abandonnée. Au moment où j’avais le plus besoin de lui. J’ai tout perdu à ce moment-là, et c’est à partir de là que… les cicatrices ont commencé à apparaitre. Je suppose que je ne veux pas qu’il me blesse à nouveau… »

Première fois que j’en parlais à quelqu’un. C’était étrange. Mais je la comprenais tellement. Et je pouvais presque voir sa plaie ouverte. Cette plaie portait un nom, il m’était certes inconnu, mais déjà, je n’appréciais guère cette personne. En revanche, je découvrais celle en face de moi, et je ne craignais étonnement pas ce lien qui était en train de se tisser entre nous. Au point que des vérités nous échappent. Comme les raisons de son arrivée ici. Le début ressemblait à mon histoire. J’avais moi aussi tabassé à mort des gens. Sauf que pour mon cas, ce n’était qu’une expression, contrairement à elle. Et le reste… Elle était ma sœur d’âme, réellement. Je la comprenais, totalement. Je lui souris.

« Tu ne dois pas te rappeler de moi parce que j’étais une petite hargneuse complètement rachitique. Je n’avais que la peau sur les os et j’étais couverte de… de piqures. Tout a changé après et comme toi je me suis sentie protégée et intouchable. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils ont pu faire ça… Je n’ai plus envie d’avoir peur, c’est tout ce que je sais. »

Oh, et je savais aussi que j’étais fatiguée d’avoir Victorian dans les pattes. Cet idiot n’avait rien compris à l’académie, il pensait pouvoir intégrer les Platines juste pour parader. Mais les choses ne fonctionnaient guère de la sorte. Par bonheur, Calypso se chargea de son cas avec brio. Je levai les yeux au ciel en entendant la question de Calypso.

« Grâce au ciel, non. C’est Victorian Grey. Zinc de son état, et il me joue la parade amoureuse juste parce qu’il est persuadé que je le ferai passer Platine cet idiot. Bon, j’avoue que j’en profite un peu. C’est cool d’avoir un porteur attitré quand on a une tonne d’affaire. »

Je lui souris, d’un coup d’œil complice. Ce n’était pas très sympa de ma part, mais Victorian ne semblait pas vouloir comprendre alors autant profiter un peu de la situation.

« Je laisse les histoires d’amour aux autres, et si je devais en vivre une, ce ne serait certainement pas avec victorian. Et là, à mon avis, il ne va plus se sentir et se croire le roi du monde. Fais attention, je sens qu’il va devenir TON amoureux transi d’ici peu. Voudrais-tu boire un café ou un thé avec moi ? J’aimerais bien en apprendre davantage sur ma Reine. Mais des choses plus réjouissantes. Y a-t-il un Roi que tu caches quelque part ? »

Parler des futilités de la sorte, c’était peut-être ce qu’il nous fallait pour disperser les derniers nuages sombres planant au-dessus de nos têtes.

Calypso
avatar
Calypso R. Storm
Informations
AVATAR : Lindsay Ellingson

ANNÉE D'ÉTUDE : 5ème année

DISPONIBILITÉ RP :
  • Disponible


COMMENTAIRES : Sachez mes chers que vous vous trouvez face à la Reine de l'Académie. Reine que vous devrez acclamer, admirer parce que j'ai été élue par tout le monde comme étant la plus belle de cette fichue Académie. Mais ne vous réjouissez pas : beauté ne veut pas dire stupidité...
Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

Allez sans rancune : je suis magnifique et intelligente, t'es rien face à moi !


CRÉDITS : Shiya

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Date d'inscription : 05/05/2011

CASIER JUDICIAIRE
ÂGE: 22 ans
CAMP: Sans idées fixes
JE SUIS: un incertain, je peux basculer d'un côté comme de l'autre


MessageSujet: Re: Our eyes shine bright like a sky full of comets that shoot like silver trains Ven 14 Aoû - 21:46

« C’est plus en moi que je n’ai pas confiance, en réalité. Je me suis connue faible. Très faible, Calypso. J’ai fait des choses… vraiment indignes et honteuses, par lâcheté. Jayden n’a pas trahie ma confiance. Il m’a abandonnée. Au moment où j’avais le plus besoin de lui. J’ai tout perdu à ce moment-là, et c’est à partir de là que… les cicatrices ont commencé à apparaitre. Je suppose que je ne veux pas qu’il me blesse à nouveau… »

Calypso n'ouvrit pas la bouche car il n'y avait rien à ajouter. Jade avait souffert et elle avait connu l'abandon et la trahison. Comment pouvait-on continuer à vivre normalement après ça ? Après avoir été laissée sur le côté, comme si on ne servait plus à rien ? Comment était-on censé pouvoir vivre après avoir été privé de tout ceux sur qui on pensait pouvoir compter ? Et surtout, pourquoi aurait-on voulu le faire ? Calypso avait tout abandonné lorsqu'elle avait compris qu'on l'avait piégée et qu'on ne viendrait pas la sauver. Elle avait bien tenté de lutter, de s'échapper et de s'inventer un hypothétique sauveur qui lui ferait réaliser que tout n'était qu'un gigantesque cauchemar... mais rien n'était venu et elle avait continué de souffrir. Encore et encore. Jusqu'à ce que l'enfant disparaisse pour laisser place à l'adulte. Jusqu'à ce que la souffrance soit trop forte pour que le cœur survive. Jusqu'à ce qu'elle décide de survivre plutôt que de vivre.
Matthew était arrivé trop tard pour sauver l'enfant mais il avait au moins tenté de sauver l'adulte. Tant d'hommes étaient passés sans regarder ce qu'ils touchaient. Tant d'humains avaient continué leurs chemins après s'être défoulés. Tant de regards qui ne s'étaient même pas chargé de pitié en voyant l’atrocité. Ils avaient tous regardé ailleurs. Tous. Ils s'étaient bouchés les oreilles pour ne pas entendre ce que l'univers criait. Elle avait bon dos, l'humanité... Elle avait tourné le dos et regardé dans une autre direction au lieu d'affronter la vérité en face et de voir la princesse écartelée. C'était finalement un meurtrier qui avait sauvé la petite princesse. C'était quelqu'un qui avait tué plus de personnes qu'il n'en faudrait pour entrer en enfer. C'était celui qui riait en voyant la Mort. C'était celui qu'on pointait du doigt pour se donner bonne conscience. C'était ce démon aux milles visages qui avait sauvé ce qu'on avait failli ne plus pouvoir appeler humaine. Peut-être était-ce parce qu'il évoluait dans le même univers que la petite princesse ? Ou peut-être était-ce parce qu'il avait eu pitié ? Qu'importe. De tout les humains habitant sur la planète Terre, le meurtrier avait été le seul à faire un pas en avant, à regarder la Mort en face et à lui voler son butin. Et pour ça, Calypso lui en serait éternellement reconnaissante. Et pour ça, elle ne ferait plus jamais confiance à l'humanité.
Jade avait peur d'elle-même, Calypso avait peur des autres. Triste duo que ces deux femmes que cette humanité soit disant bienveillante avait piétiné jusqu'à n'en laisser que des corps recroquevillé. Comment pouvait-on se prétendre du côté de la paix lorsqu'on n'était pas capable de sauver ceux en face de soit ?

« Il n'y a rien de pire que l'abandon ou la trahison... »

La voix de Calypso paraissait presque masculine tant elle était rauque en disant cela. Souffrance, haine, jalousie, mépris... tant de sentiments dans une si petite phrase. Calypso rêvait d'un Quartier Nord uni et solidaire parce que là-bas, elle s'y sentirait en sécurité. Et peut-être que si on décidait encore une fois de l'abandonner, eh bien des gens s'y opposeraient. Désir vain, peut-être, mais Calypso voulait croire en la possibilité de vivre entourée de personnes pour qui la confiance est une valeur immortelle. Elle voulait faire confiance aux autres. Ou du moins elle voulait pouvoir en rêver.
L'intervention de Victorian fut comme un bouffée d'air frais. Les deux femmes avaient trop souffert et le fait de s'être trouvées activait cette souffrance habilement cachée. Parce qu'elles se ressemblaient trop, elles baissaient leur garde et se sentaient capables de faire confiance. Capables de s'ouvrir à l'autre. Elles étaient tellement habituées à faire semblant, à montrer leur meilleur côté pour cacher les blessures de l'autre et à hausser le ton pour ne pas être écrasées qu'elles en venaient presque à s’autodétruire l'une en face de l'autre. Toutes les défenses accumulées s'écroulaient lorsqu'elles étaient en face car elles se ressemblaient et les défenses de l'une annulait les défenses de l'autre. Et vice-versa. Calypso ne savait plus quoi penser car si elle se sentait plus légère, elle avait aussi le sentiment d'être dépouillée de quelque chose. De sa haine. De sa solitude. De sa carapace. De sa vengeance. Elle voulait pouvoir raconter ce qu'elle avait traversé sans être jugée et elle voulait pouvoir écouter Jade. Mais pas maintenant. Et pas ici...

« Calypso Storm. Vous êtes demandée d'urgence dans le bureau du directeur. »

La voix métallique stoppa immédiatement les chutes de carapaces et ce fut comme si un étau se resserrait. Elles n'étaient pas seules, certes, mais elles n'étaient pas que deux. L'humanité qui avait tant déchiré l'une et tant trahi l'autre était toujours là. Et ce qu'elles se diraient ici ne tomberait pas dans l'oreille d'un sourd. Avec des passés aussi dangereux que les leurs, elles devaient faire attention. Très attention.

« Je dois y aller, on ne fait pas attendre le directeur. Mais j'accepte volontiers le café ou le thé. Il faut qu'on parle, Jade. Mais pas ici. Les murs ont des oreilles et nos passés ne doivent pas être salies par les oreilles d'une tierce personne. »

Calypso se redressa, prit la main de Jade dans les siennes et lui dit, yeux dans les yeux :

« Tu n'es plus seule, Jade. »

Elle avait rêvé plusieurs fois qu'on le lui dise alors elle fit à Jade ce cadeau. Cette phrase si courte et si simple qui pourtant permettait d'ouvrir les portes d'une possible paix intérieure. Parce que la solitude protège, certes, mais elle ne guérit rien. Alors, la Reine remit sa couronne, enfila son armure et reprit son chemin. L'heure était encore et toujours au combat.

Fin du RP

Spoiler:
 

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
Jason Lecter
© chaussette


Jason et Calypso jouant aux échecs:
 


Calypso version "game of thrones:
 

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