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The Creepshow

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MessageSujet: The Creepshow Mar 11 Nov - 19:17



Une stratégie

(Personnages : Anastasia, Alanis et Eva
Date : Novembre 2099)


Que de joie, que de bonne humeur ! C'est presque en sifflotant qu'Anastasia ferme la porte de sa chambre et fait un tour de clé dans la serrure. Il est encore un peu tôt et il ne semble y avoir âme qui vive pour le moment, alors pourquoi est elle déjà en train d'arpenter les couloirs silencieux de l'académie ?  Elle joue avec le petit objet métallique tout en marchant, le faisant sauter dans sa main quelques fois, jusqu'à ce qu'il atterrisse par terre dans un tintement bruyant et que la jeune fille se contente de ranger ce dernier dans sa poche, comme si de rien n'était. Car il faudra plus que cet échec cuisant, ce manque de respect de la part d'un instrument servant à ouvrir les portes, pour faire perdre son sourire à la demoiselle White aujourd'hui. En effet, cette dernière vient de passer une nuit formidable, mais seule, malheureusement et contre toutes attentes. Son inconscient lui a fait un beau cadeau, un présent que lui seul peut se vanter de distribuer : un rêve moite dont elle a gardé chaque infime détail en mémoire, comme des clichés d'un voyage extraordinaire aux couleurs chatoyantes et divines. Il serait voyeur de s'attarder sur les éléments qui ont le plus fascinés celle aux cheveux sombres, mais disons simplement qu'ils disaient bonsoir à la Lune en grand nombre. Certains des participants étaient des création de son esprit, d'autres, des humains aperçus un jour dans un lieu quelconque et dont sa mémoire active n'a aucun souvenir. Une troisième catégorie englobait un petit nombre d'invités, des vraies personnes dont elle connaît le prénom, si ce n'est plus. La plupart d'entre-elles seraient sans doute assez mal à l'aise d'apprendre cela, ce qui n'a absolument rien d'impossible sachant que la langue d'Anastasia n'est jamais liée quand il s'agit de ce type d'information.
Pourtant, la question demeure encore, pourquoi autant de joie grâce à un rêve qui doit être banal au sein d'un esprit pareil ? Car il ne l'est pas, justement; elle ne fait presque jamais de songe du genre, ironiquement. Certes, quand l'adolescente a apprit les joies de la reproduction et que sa passion pour le sujet a débuté, son sommeil semblait ne contenir que ce registre. Puis, très rapidement, il y en a eu de moins en moins, pour atteindre le stade du quasi-néant, malgré le fait qu'elle continue à rêver très souvent.
Ainsi, voici une journée qui commence bien, sont les mots qui lui sont venus à l'esprit dès son réveil aux aurores. La Zinc a bien sûr rejetée immédiatement l'idée de se rendormir, d'une part parce qu'elle n'était pas vraiment fatiguée et de l'autre car il était fort probable que si elle s'abandonnait à nouveau aux bras de Morphée, ce dernier lui retire tout souvenir de sa délicieuse escapade nocturne. La jeune fille s'est donc préparée un peu plus lentement que d'habitude et c'est maintenant, quand elle a quitté sa chambre est s'en est déjà éloignée de plusieurs mètres que lui parvient le fait qu'elle aurait pu écrire son aventure nocturne sur un bout de papier pour être certaine de la conserver. Les regrets s'emparent de son âme, mais sont rapidement chassés : elle réussira à le garder en tête jusqu'au premier cour, puis l'écrira sur un feuille de cahier, ce qui lui prendra environ un quart d'heure. L'étudiante pourra même partager cette expérience avec son voisin de table, ce dernier sera sans doute ravi de l'écouter  – du moins, c'est ce que se dit Anastasia dans en anticipant les événements mentalement.
Cette dernière se demande à présent ce qu'elle peut bien faire mis à part vagabonder dans les couloirs tel un fantôme lève-tôt. Son regard se pose lentement sur la vitre à côté d'elle et la vue du ciel gris de novembre lui donne envie de sortir s'aérer, faire une petite promenade matinale pour passer le temps, avant d'entamer une nouvelle journée d’apprentissage à Weins. Alors, ses pas s'alignent pour la mener au jardin lentement, après tout, il n'y a aucun besoin de se presser pour le moment. Sa chevelure brune est doucement rejetée en arrière lorsque la demoiselle pousse la porte menant à l'extérieur. Elle met les mains dans ses poches et resserre le manteau contre son corps pour empêcher l’infiltration de la brise maligne, puis entame sa balade. Cela fait un certain temps que les jardiniers ont plantés les végétaux d'hiver et ceux-ci ont eu le temps de s'habituer au sol qui leur a été offert. Ce ne sont clairement pas les plus jolis : il y a peu de fleurs et de couleurs vives si l'on excepte ces choses aux pétales blanches et violettes qu'Anastasia ne saurait nommer. Des pensées. En tout cas, contrairement à d'autres académiciens, la jeune fille ne trouve pas regrettable ce changement.
C'est sur cette constatation que la jeune White s'aperçoit qu'elle n'est pas seule dans le jardin. Effectivement, une demoiselle aux cheveux roux est concentrée dans sa lecture. Alors, sans se dire un instant qu'il est possible que sa présence ne soit pas souhaitée, la promeneuse se dirige vers sa condisciple d'un pas énergique. Arrivée à environ un mètre de cette dernière, Ana lui fait un grand sourire, puis prend place à côté d'elle sur le banc sans demander la permission. Ce n'est pas réellement un manque de politesse, simplement une certitude que si elle avait posé la question, la réponse aurait été oui.

« Enchantée ! »

Son regard continue de fixer le visage entouré de mèches flamboyantes quelque instants, remarquant ses yeux clairs, puis celui-ci descend tout le long du corps de sa nouvelle rencontre. Il se fige ensuite dans le vide tandis que certaines images lui viennent en tête, puis revient aux yeux précédemment observés, tandis que la demoiselle sombre se redresse d'un coup.

« Hum.. Excuse-moi, j'étais absorbée, belle matinée n'est-ce pas ? »

En effet, la Zinc l'était. Cette jolie fille croisée à un horaire si étonnant dans le jardin, n'était-ce pas un signe ? Il ne pouvait s'agir que de cela selon elle et son projet était bien de charmer la lectrice qui lui paraissait si pure et sage.

« Laisse-moi te dire que tu es vraiment mignonne. » ajoute-elle, un petit sourire qui devait apparaître comme pervers sur son visage, mais qui s'avère en fait presque innocent.


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MessageSujet: Re: The Creepshow Dim 16 Nov - 16:50

Elle levait la tête vers cette académie dont on lui avait tant parlé, au commissariat de police tout dû moins. Inconsciemment, elle s'attendait plutôt à un centre de redressement avec des clôtures imposantes et tout ce qui vient avec cela. Et non, c'était une école a priori banale. Le soleil d'été n'est ni à son paroxysme au haut du ciel ni près de l'horizon. C'est l'après-midi et la rouquine a une valise dans chaque main, perdue et anxieuse. Anxieuse pourquoi ? Parce qu'elle ne connaît personne là-bas et étant donné les circonstances auxquelles les gentils policiers l'ont obligé à venir, ça ne doit pas être un endroit fourmillant d'enfants de coeur. En dépit de son scepticisme, elle veut bien croire à un nouveau départ plus rayonnant. Ne lui a-t-on pas dit que c'était cela qui l'attendait ?

***

Ça fait quelques mois qu'elle est à l'académie et tant d'évènements se sont produits à un rythme effréné. Elle en a des discrets cernes de fatigue. Il faut dire qu'à Weins, il y a toujours un truc qui se passe ou dû moins c'est l'impression qu'elle en a. Malheureusement, ce n'est pas toujours à son avantage. C'est un euphémisme. Coups de feu, sang et meurtrier ont été au rendez-vous. Eh oui, elle n'en revient toujours pas quoiqu'elle ait arrêté de chialer plus ou moins ouvertement. Ceci dit, la plaie est vivante telle un parasite qui ne veut plus finir de ronger les intestins. Un esprit pur a été tâché d'hémoglobine en cette fatidique journée de la fusillade.

Elle s'était levée tôt ce matin. L'introspection l'avait tenue éveillée jusqu'à très tard la nuit dernière et l'a réveillée tôt également. À bien y penser, la réflexion ne l'aide pas beaucoup ces temps-ci. Certes, elle fait un constat sur son parcours depuis son arrivée à l'académie mais elle n'y trouve aucune réponse qui l'appuierait dans l'avenir. La seule chose qui lui vient à l'esprit est de continuer à vivre, ne pas changer ses petites habitudes et de voir les évènements découlés comme bon leur semble. Enfin, ce n'est pas une très sage décision lorsqu'on est indirectement acteur de tout cela et non un spectateur mais en ce matin de novembre, ça lui semblait parfaitement sensé. Paradoxalement, Miss veut rester neutre en cas de conflit (quel qu'ils soient) mais ne supporte pas de rester indifférente.

Puis, elle en a eu assez. Elle a sorti un de ces nombreux livres dont elle dévore des yeux et finit en peu de temps malgré leur épaisseur de brique. Aujourd'hui, c'est un polar qu'elle a entre les mains. Oui, vous avez bien lu, un polar. Alanis Pendcastle, la naïve et gentille petite Zinc, s'adonne à ce genre d'écriture morbide. Ceci dit, il y a des explications très logiques à cela. Premièrement, elle a déjà épuisé tout le potentiel de livres romantiques potables qui sont à sa portée. Deuxièmement, l'envie, aussi bizarre qu'elle soit, lui est venue lorsqu'elle a posé une morbide question à la Reine. Qu'est-ce que cela fait de tuer ? avait-elle posé avec de grands yeux non pas dénués d'innocence enfantine. Finalement, c'est une adolescente curieuse et les jeunes, c'est reconnu, essaient un peu n'importe quoi. Si la drogue est au mâle lambda amateur de sensations différentes, le polar est à la rousse. Si ça se trouve, peut-être qu'elle se remettra à la littérature fantastique, avec les fées, tout ça. Pourtant, Alanis est au milieu de son fameux bouquin et elle ne peut se mentir à elle-même ; elle adore.

Elle est assise à l'extérieur, au jardin. Il fait froid, c'est incontestable. La jeune Pendcastle voulait prendre l'air au lieu de rester confinée à l'intérieur de sa chambre. En dépit de son statut de rat de bibliothèque, la rouquine ne sait même pas si la bibliothèque est ouverte à cette heure.

Soudainement, elle se sent observée et son instinct veut qu'elle sorte le nez de son livre pour scruter son environnement. Sage décision. Une fille aux cheveux noirs, très maigre, lui sourit. Polie, Alanis lui renvoie le sourire en souhaitant revenir à ses pages au plus vite. Oh pas qu'elle soit hypocrite, la Zinc, mais elle aime lire voyez-vous et énormément de lecteurs vous diront qu'il n'est pas agréable de se faire interrompre. Par ailleurs, elle replonge dans sa lecture. Elle pensait que la jeune fille continuerait son chemin tranquillement. Grossière erreur. La demoiselle n'est pas n'importe qui, Alanis le comprendra bien assez tôt. Dès que l'enchantée résonne, la Zinc se tourne vivement en la direction de l'autre.

« Bonjour… »

L'adolescente balbutie, envahie par sa timidité. Cependant, c'est le cadet de ses soucis. La suite devient plutôt inquiétante. Si on devait faire un résumé en une phrase, celle-ci suivrait comme ci : il n'y a pas que les livres qu'on dévore des yeux. Le pire là-dedans, c'est que la libidineuse ne se cache guère et avoue ouvertement avoir été absorbée. Par quoi ? Alanis ne préfère pas savoir et recroqueville légèrement sa poitrine.

« Oui. »

Mignonne ? Vraiment ? La lectrice rougit, non pas parce qu’elle est charmée mais parce que ça reste tout de même un compliment. Celui-ci est un brin déplacé et la met mal à l’aise dans cette situation, ceci dit, il reste ce qu’il est. La rousse n’en veut pas à la fille qui s’appelle… Anna ? C’est surement. En tout cas, Pendcastle conçoit bien qu’on veuille faire du charme à quelqu’un qu’on apprécie (on ne mentionnera pas le prénom du garçon auquel elle entretient un gros béguin), toutefois, elle ne la connaît pas et ses manières l’inquiètent. Surtout lorsqu’on imagine plus un mec en train de draguer de la sorte.

« Merci. Toi aussi. »

À ce moment précis, Alanis avait envie de se gifler une bonne dizaine de fois. Cette phrase est le résultat d'une impulsion tout à fait bête. La rouquine est non seulement pas très habile socialement parlant à l'occasion mais en plus, elle est douce et gentille. Son cerveau ne voulait pas qu'elle se contente d'absorber un... compliment sans qu'elle rende la pareille. Ça aurait été impoli ! Néanmoins, elle regrette désormais car elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même si cette situation de malaise continue. Si la Zinc a l'air moindrement réceptif, ce ne l'est pas du tout en réalité ! Les premiers signes de la nervosité apparaissent sous forme de froideur de sa part. Elle ne semble pas ressentir d'émotion en ce moment si ce n'est que ses joues rouges qui la trahissent. En fait, elle ne sait pas du tout comment réagir donc elle fait mine de ne pas réagir. En moins d'une seconde, Alanis image tous les méchants ragots qui pourraient parvenir aux oreilles indiscrètes si les gens pensent que... Non. La Zinc inspire avant de reprendre la parole.

« Hmmm… Anna c’est ça ? »

Pas exactement.

« C’est… intéressant de parler avec toi mais… j’aimerais continuer mon livre, il me captive beaucoup, vois-tu ? »

La délicatesse d’Alanis la perdra un jour. Ne peut-elle pas seulement mettre un terme aux sourires pervers d’Anastasia en lui faisant perdre tout espoir, comme à peu près tout le monde ? Nan, ce ne serait pas elle sinon…


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MessageSujet: Re: The Creepshow Mar 3 Fév - 21:45

L'air se réchauffe tandis que le soleil apparaît de plus un plus ; sa venue crée un tableau semblant presque irréel. La zone l'entourant est d'un joli jaune pâle, puis viennent s'y ajouter des nuages roses pleins de nuances, pour finir par un bleu légèrement moins vif que celui qui teint le ciel habituellement. Tout cela sous les yeux admiratifs de l'étudiante, qui pourtant quittent le superbe paysage pour revenir à Alanis. Et plus spécialement son visage, car on pourrait se demander si ces derniers ne se sont pas posés sur une autre partie du corps de la jeune fille, qui ne s'imagine pas encore ce qui l'attend. Car éveiller l'attention d'Anastasia n'est pas chose difficile, s'en défaire l'est bien plus.

On citer l'aventure de cette adolescente, ayant parié avec ses camarades qu'elle pouvait acquérir l'intérêt de la fille White facilement. Elle a bien évidemment réussi, en moins d'une minute à vrai dire, mais la joie de la victoire est redescendue tout aussi vite, après qu'elle se soit vanté de son exploit auprès de ses amis puis ait ridiculisé la petite aux cheveux noirs. En effet, cette dernière était maintenant sûre d'avoir enfin quelqu'un qui accepterait d'expérimenter certaines choses avec elle et même, qui la portait dans son cœur. Alors, tous les jours, d’actuellement zinc, venait prendre la main de sa nouvelle compagne qui s'en trouvait toute gênée, lui récitait du Baudelaire avec un regard étincelant et avait pleins d'autres petits égards par dizaines. Si bien que, malgré son acharnement à dire qu'elle n'était pas en couple et n'avait rien fait avec Anastasia, la parieuse fut rapidement considérée au même rang que sa victime, perdant ainsi la quasi-totalité de ses amis.
Or, si cette histoire se reproduisait, il est presque certain que les choses se passeraient de la même manière, car la sadomasochiste n'a pas compris qu'il s'agissait d'une moquerie, d'un plan prévu pour rire d'elle et la ridiculiser. Cela ne lui apparaîtra sans doute jamais, car elle ne comprend pas l'essence-même de ce genre d'humour. C'est une personne si sensible, que plaisanter au détriment d'autrui ne lui semble même pas envisageable, car elle aurait trop peur de faire souffrir la personne. Paradoxe notable.

Les joues de la jeune fille deviennent rosées, puis rouges, ce qui affiche inconsciemment un message positif à Anastasia, dont la joie augmente encore d'un cran. Il ne s'agit plus simplement d'une rencontre banale. Voir cette adolescente, jolie et ayant l'air si douce, si pure, rougir à un de ses compliments sans l'envoyer se faire voir, semble être un miracle, un signe. Certes, elle n'a pas passé toute sa vie à se faire rejeter – une majeur partie, cependant – mais l'Académie Weins n'est pas le lieu où trouver un ou une partenaire sexuel est la plus aisée des tâches. Du moins, pas pour Ana. Entre les rumeurs et la pudeur, cette dernière doit faire face à de puissants adversaires. Autant dire que sa libido la harcèle, ces derniers temps. Néanmoins, il n'y pas à craindre qu'Alanis se fasse abuser derrière un buisson par sa toute nouvelle rencontre. Cette dernière, bien que ne se retenant pas de faire des insinuations et maniant tantôt une approche lourde, ou, bien trop romantique, ne forcera personne à faire quoi que ce soit avec elle. Cependant, sans avoir rien dit, la rouquine vient de confirmer sa présence parmi ses potentiels partenaires. Peut-être même plus, mais cela reste à définir.

Puis, la phrase est lâchée. Alanis ne s'est sans doute pas rendu compte des conséquences qu'auraient ses mots, au moment où elle les prononcés. Un compliment. La demoiselle qui lisait au parc, vient de lui adresser un compliment. Serait-ce la femme de sa vie ? Non, c'est stupide Anastasia n'aura pas qu'une seule femme dans toute sa vie, mais néanmoins, elle rougit à son tour, puis reste comme bloquée un instant.  Cela vient-il des paroles, ou bien du fait que ce soit Alanis qui le lui dise ? Dans les deux cas, il faut quelques instants à la brune pour digérer la flatterie, avant de faire un grand sourire.

« ..Merci ! » dit-elle tout d'abord.

Que pourrait-elle ajouter de plus ? Bien des choses, à vrai dire. Un silence s'installe. Il faut quelques instants à la demoiselle White pour trouver comment réagir par la suite. Il est difficile pour un dirigeant qui tente de faire une percée dans un pays adverse et se heurte à une défense redoutable depuis des siècles, de savoir immédiatement comment continuer sa conquête, lorsque les soldats du camps adverse laissent tomber les armes sans raison apparente.

C'est l'autre étudiante qui reprend le dialogue, posant une question à son interlocutrice.

« Presque, je me nomme Anastasia. Tu peux m'appeler Ana si tu le souhaite, puis ça sonne mieux la plupart du temps. »

Du moins, lorsque le diminutif est prononcé dans certaines situations qu'il ne serait pas bon d'évoquer en compagnie de la rousse, cette dernière risquerait d'être fort gênée.

« Et pourrais-je connaître ton nom à mon tour ? »

Le sourire se fait à nouveau charmeur, cependant, une réelle joie est présente dans ce dernier.

Alanis attire l'attention de l'autre adolescente sur son livre, sans le vouloir. Voilà que celle-ci se baisse afin d’apercevoir le titre sans déranger directement la lectrice en lui prenant des mains – la moindre des politesses – puis relève la tête. Le titre ne lui évoque rien, mais la couverture, elle précise bien qu'il s'agit d'un polar.

« Oh, tu aimes ce genre de livre ? J'apprécie cette activité moi aussi, c'est très agréable, cependant les romans ne sont pas ce que je préfère à vrai dire. » dit elle en riant un peu.

Il semblerait que la demande de la demoiselle Pencastle ait été ignorée, chose fort dommage pour elle.

« Mais par contre..  

Blanche fille aux cheveux roux, 
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté 
Et la beauté,

Pour moi, poète chétif, 
Ton jeune corps maladif, 
Plein de taches de rousseur, 
A sa douceur.

Tu portes plus galamment 
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds.

Au lieu d'un haillon trop court, 
Qu'un superbe habit de cour 
Traîne à plis bruyants et longs 
Sur tes talons ;
 »


Mis à part la rousseur de la demoiselle et l'attirance qu'Anastasia éprouve pour cette dernière, le choix du poème se trouve être bien mal habile.

« La poésie, ça c'est un art merveilleux. »


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MessageSujet: Re: The Creepshow Sam 14 Fév - 19:22

Anastasia... C'est un prénom particulier lorsqu'on observe le drôle d'oiseau qui le porte. Avant, un tel prénom évoquait pour Alanis à une duchesse russe qui est morte dans des circonstances douteuses lors de la Révolution communiste russe il y a longtemps. Ça lui fait penser à un très vieux dessin animé également, la mettant en scène. Pourtant, la personne qui se montre à elle n'est guère une duchesse de l'aristocratie russe et n'a certainement guère la classe typique du rang d'aristocrate. En même temps, s'il fallait adopter à chaque prénom une personne plus ou moins importante de l'histoire et de les comparer, on ne serait pas sorti du bois. Par conséquent, la rouquine cesse son analogie. Néanmoins, ça ne change rien au contraste frappant entre deux personnes du même prénom. Peut-être que la duchesse russe était comme elle ? Avec des idées, probablement obscènes, derrières la tête tandis qu'elle rencontre des inconnues ?

Pourrais-je connaître ton nom à ton tour ? Anodin de donner cette information, penserez-vous, mais une anxiété particulière altère le flot de pensées de Pendcastle. Lui donner son nom, ce serait établir qu'elles ne soient plus des inconnues l'une pour l'autre. Donc, elles seraient liées. Alanis ne sait pas si elle veut avoir une quelconque relation avec cette fille (et il est utile de préciser que la quelconque relation n'engage pas, dans le contexte actuel, l'amour ou la sexualité mais en terme de connaissance). Non, l'Irlandaise n'a aucune idée de si elle désire connaître son interlocutrice car elle est étrange et ses sourires sous-entendent des choses...

« A-Alanis. » dit-elle gênée.

Gêner par quoi ? Voilà le questionnement à ne point mettre sur la table car l'adolescente n'aurait aucune idée de comment répondre sans avoir l'air d'une asociale, d'une autiste ou d'une paranoïaque. Oh pas qu'elle ait quelque chose contre ces trois catégories de personne ! Timide comme elle est, ce serait l'hôpital qui se fout de la charité. Et même si la rousse avait été Miss. Extravertie, elle ne se permettrait aucunement de dénigrer ces gens-là.

Par la suite, Anastasia parle du livre. La Zinc ne sait guère quoi dire. Certes, elle aime bien ce qu’elle lit en ce moment et indéniablement, elle a affirmé que son bouquin la captivait. Pourtant, apprécie-t-elle ce genre de livre pour autant ? Elle ne le sait point. C’est son premier du genre.

« Tu préfères quoi ? » répondit-elle d’une petite voix.

Et ainsi venait le poème de Charles Baudelaire…

C'était l'histoire d'une fille qui marchait. Sur la terre, des bétons des trottoirs aux terres sauvages couvertes de racine. Sur les océans, des vagues aux rivages. Au ciel, elle dansait entre les nuages et les tempêtes. En tout moment en tout lieu, elle ne faisait aucun faux pas et son rythme évoquait les mélodies des génies. Oh oui, il peut y avoir une musique coordonnée attachée à ce qu'il y a de plus basique, comme la marche. Un pas sur une pierre, un autre sur l'autre et en peu de temps, on peut traverser une rivière rocailleuse grâce aux jambes avec la grâce d'un cygne, mêlant danger de tomber et de partager son sang à l'eau à celle de ne plus savoir nager.

Cependant, revenons à notre fille qui marchait (et dansait). Elle était rousse et sans âme selon certain car arrivait à la perfection à appuyer sur les touches de la beauté pour en extraire toutes les sonorités des percussions. Par son souffle ni faible ni fort, elle en sortait le chant des oiseaux et avec du métal se joignait aux meilleurs orchestres.

Il fut un jour où, alors qu'elle finissait un tableau qu'elle s'entêtait à considérer tel un miroir sans verre, une goutte d'imperfection venait se coller contre son visage. Et à ce moment, la peinture d'elle-même n'était plus parfaite à cause de cette tache sur sa peau. Elle voulut bien l'extirper mais c'était impossible. Et la fille ne voulait pas tacher son propre tableau puisqu'il ne serait plus incarnation de perfection. Ainsi, un paradoxe maudit vivait...


Il ne faisait aucun doute que le poème avait une beauté éclatante. Alanis n'avait guère lu ou réellement entendu de poésie jusqu'à maintenant, dû moins dans un recueil ou volontairement, de son propre gré. Certes, les travaux scolaires l'y ont forcés, toutefois, c'est avec une attention minimale qu'elle s'adonnait à la tâche. Cette récitation de Charles Baudelaire (elle ne sait pas que cette poésie vient de lui, elle ne connaît même pas cet auteur en plus) est pour ainsi dire son premier véritable contact avec cette forme d'art à sa plus pure expression. Sans musique. Et béni soit ce baptême car il était beau et puisque c'est Anastasia, pratiquement une étrangère il y a deux secondes, qui a prêté sa voix à ses mots, Alanis ne peut s'empêcher de trouver la voix de la perverse particulièrement suave. Si la poétesse pense que le choix est plutôt malhabile car il ne concerne en rien leur situation, rousseur et attirance étant les exceptions, Pendcastle voit les choses différemment. C'est une histoire à part qui possède un peu d'eux. Mais quelle histoire, en fin de compte ? Oh bien sûr que le poème en a une mais est-ce la même chose entre l'innocente et chaste rouquine et la perverse et dépravée sadique ? On dirait bien que s'opère ici le début d'un roman qui s'opère, reste à voir dans quelle catégorie il sera et il est clair qu'Anastasia n'a plus envie que d'avoir des histoires dans le domaine du fantastique, à bon entendeur...

« Tu as raison. C'était... très beau. » dit-elle en lâchant un sourire simple et, qui plus est, est le premier de leur rencontre dans le cas d'Alanis.

La curiosité finie par faire surface et au bout de ses lèvres, des mots ne demandent qu'à sortir. Il y a trop de doutes. Comment une fille qui s'annonçait aussi étrange a pu pondre un tel élan de beauté si rapidement ? C'était totalement opposé à la drague pleine de pensées non dites ! Que veut-elle ? Est-ce seulement son imagination qui lui a joué des tours ? Peut-être qu'elle ne la désire pas et qu'elle est juste maladroite ? Peut-être veut-elle seulement être son amie ? Est-elle une artiste incomprise par notre monde cruel ?

« Est-ce que c'est toi qui a fait ce poème ? Sinon, c'est qui ? Et... Et... Pourquoi me dis-tu toutes ces choses ? »


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MessageSujet: Re: The Creepshow Ven 24 Avr - 14:33

Il l'a toujours menée si loin.
Dans ses rêves les plus intenses, dans ses cauchemars les plus terrifiants, il est là, une plume dans la main, à rédiger les faits, faire danser les ombres qui l'entourent. Et quoi qu'il fasse, quoi qu'il crée, c'est beau, enivrant. Il avait plus que du talent, il savait faire sentir des couleurs et voir des odeurs. Qu'a-t-on besoin d'avoir de si particulier pour réussir à créer ce genre de choses ? Une maladie mentale ? Une sensibilité particulière ? Elle n'en sait strictement rien et reste totalement fascinée, attirée par le personnage. Serait-ce une attirance comme celle qu'elle éprouve pour la plupart de ses contemporains ? Non, il ne s'agit pas de cela. On peut supposer que la jeune fille n'aurait pas hésité à découvrir le corps de cet auteur qu'elle appréciait tant, mais pourtant, il va sans dire que son intérêt pour ce dernier a une allure bien plus platonique. Oh, elle aurait pu rester des heures à le contempler écrire, raturer, puis corriger, afin d'atteindre la perfection.
Ces miles voyages qu'elle avait entreprit grâce à lui, les images d'os, de sang, de fleurs empoisonnées exotiques qui s'étaient formées dans son crâne, les parfums de musc, de putréfaction qui avaient envahis ses songes. Cet univers semblait l'avaler dès que des vers passait sous ses yeux, alors, le rêve pouvait débuter.
Anastasia a découvert le poète en lisant « Les fleurs du mal », attirée, sans doute, par le titre énigmatique de l'ouvrage. Les mots l'ont transportée, elle s'est noyée avec délice dans ce nouvel univers qui cache en son sein des trésors incroyables. Des coffres remplis de richesses inestimables, des femmes dansant telles des sorcières lors d'un sabbat, des fruits qui pourrissent lorsque l'on croque dedans et des cadavres rongés par les vers.
Elle l'a littéralement dévoré, chaque page semblant devenir un superbe obstacle à la suivante. Les mots s'animaient dans son esprit, les paysages trouvaient un endroit où exister. Quelques fois, ils la berçaient doucement telle une mer bienveillante. Elle aurait pu s'enfermer des jours et des semaines dans une petite pièce, passant son temps à lire les poèmes en vers et en proses, sans jamais ressentir un réel manque de sa passion principale. Simplement car les lignes qu'elle aurait lues ne la détourneraient pas de cette dernière, mais la conforterait bel et bien dedans.

La jolie rouquine elle aussi trouve ça très beau. Anastasia sort de ses rêveries et la contemple un instant, en se demandant si c'est un mensonge. Après tout, Baudelaire est un très ancien écrivain qui  ne semble pas être énormément connu en Amérique, alors il n'y a aucune raison qu'Alanis soit au courant de son existence. Pourtant, elle apprécie le poème qui vient d'être déclamé, aussi simplement que cela, tout en ponctuant son appréciation d'un sourire qui ravit la brune. Ses joues pâles ont légèrement changé de forme, rien de plus, mais il s'agit déjà d'un grand cadeau aux yeux de la demoiselle White. Des questions s'ajoute ensuite au compliment, comme c'est bien souvent le cas.

« Moi ? Non, je ne sais pas marier les mots ainsi. Charles Baudelaire, voici le grand auteur. »

Pour la troisième question la zinc prit quelques secondes pour réfléchir encore.

« Parce que j'en avais envie, dis-t-elle, presque étonnée par l'interrogation. Tu es vraiment très jolie, alors j'ai voulu te parler. »

L'alarme annonçant l'heure du début des cours sonne et couvre les derniers mots qu'elle a dit. Qui sait si Alanis les a bien comprit, mis à part cette dernière ? Soudain, Anastasia se lève et tourne à nouveau la tête vers la demoiselle Pendcastle

« Excuse-moi, il faut absolument que je m'en aille, j'ai quelque chose de primordial à faire, sinon je ne t'aurais pas abandonnée de la sorte. J'ai hâte qu'on se revoit, bientôt j'espère. Je ferais en sorte que ce soit le cas ! » Ajoute-elle en se précipitant vers la porte par laquelle, plus tôt dans la matinée, elle avait fait son entrée dans le jardin.

Si Anastasia avait quitté ce qui, a ses yeux, était presque devenu un rendez-vous, ce n'est pas sans raison. En effet, la jeune étudiante avait une autre croix sur son emploi du temps et devait à présent se charger d'aller voir l'autre personne concernée. Cette dernière n'était pas prévenue, après tout, il n'était pas nécessaire de l'avertir, puisqu'il s'agissait d'une des infirmières de l'académie Weins : Madame Grey. Oh, elle ne pouvait pas s'imaginer le nombre de fois où elle s'était retrouvée dans un des rêves de la sadomasochiste et c'était sans doute mieux. Du moins, c'est ce que pensait Ana, sans se rendre compte que ce ne devrait être surprenant pour personne de se retrouver dans un de ses rêves érotiques. Alors, la voilà qui marche d'un bon pas dans le couloir menant à l'infirmerie. Sa main se pose sur la poignée et une fois celle-ci tournée, un léger bruit s'échappe et une paire d'yeux se toune vers la jeune fille. Ils sont  marrons, mauvais choix. D'un air presque perdu, elle continue de chercher l'infirmière qui était censée l’accueillir, jusqu'à ce qu'un pas rythmé par le sons des talons haut se fasse entendre.

« Anastasia .. ? Que venez vous faire ici aujourd'hui ?.. Suivez-moi. » Dis-t-elle avant de l'emmener dans une salle à part.

Aussitôt la porte fermée, Anastasia ouvrit la bouche pour déverser un flot de parole, prenant cependant garde à ne pas parler trop fort.

« Oh, madame Grey, j'ai énormément de choses à vous annoncer. Enfin une. Cependant, mon but premier ce matin lorsque j'ai prévu de venir à votre rencontre, était de vous demander de soigner une blessure venant de.. Hum.. Vous savez.. »

« Oui, il s'agit de vos folles nuits de révisions, c'est bien cela ?» La coupa Eva avec un sourcil arqué, presque consternée que la jeune fille n'ait toujours pas trouvé d'excuse valable. 

« Tout à fait ! Mais plus important encore, je souhaite le dire sans prendre de détour inutiles, sans enrober mon précieux message dans des mots futiles : J'ai une demoiselle complaisante à mes avances ! Elle est si jolie, si douce, et un peu timide, une vraie merveille. Je n'ai jamais autant convoité quelqu'un ! »

« Ah. Et de qui peut-il bien s'agir ?» Rétorqua l'infirmière qui est aussi au courant du fait qu'Anastasia considère facilement les gens comme complaisant.  

« Elle se prénomme Alanis, n'est-ce pas incroyablement doux ? Oh, c'est une zinc aux cheveux roux. Ils ressemblent à une flamme lorsqu'ils sont exposés au soleil.. »

Eva est un instant partagée entre le fait de rire et l'étonnement. Elle n'a pas besoin d'une plus ample description pour réaliser totalement de qui il s'agissait. Il lui semble cependant impossible que sa fille ait cédé aux avances de la jeunette qui se tient face à elle, ne serait ce qu'en connaissant son attirance pour James, mais l'image l'amuse et un petit sourire se dessine sur ses lèvres rubis.

« Hum.. Étonnant. Tu sais bien que ce n'est pas parce que quelqu'un te sourit qu'il veut forcément être proche de toi, néanmoins ? »

« Mais.. Elle m'a complimentée..» Dit Anastasia avec un air surpris.

 Il est évident que, quoi qu'elle ait pu dire, l’infirmière ne pouvait lui sortir cette idée de la tête, alors, elle pensa qu'elle observerait ce manège absurde, au lieu d'essayer de l'arrêter. Peut-être qu'Alanis finirait par apprécier la présence d'Anastasia et qu'elle aurait des expériences merveilleuse avec la brune. C'est peu probable.


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MessageSujet: Re: The Creepshow Ven 1 Mai - 19:42

Baudelaire… le nom de famille de l’illustre poète sombre lui revient en tête sans qu’elle puisse savoir exactement pourquoi cet homme en particulier lui semble familier. En vérité, l’artiste étant célèbre partout au monde et ce depuis des temps reculés, Alanis avait eu la chance d’entendre son nom complet, Charles Baudelaire, sans nécessairement s’y intéresser plus que ça malheureusement. Au moins, s’il y a un point positif à cette rencontre, c’est qu’elle aura permis à la petite rouquine de conserver en sa mémoire un vieux poète maudit qui viendra combler une immense lacune de sa culture. Quoi de mieux pour briller en société que de connaître ses classiques de la littérature et de la poésie ? On peut dire que la petite devient rapidement une femme !

« J’irais voir. » dit-elle sans conviction sans nécessairement que ses mots soient signes d’inertie : elle est neutre.

La rousse ne savait pas qu'on pouvait venir complimenter quelqu'un et lui débiter des poèmes sur des prétextes aussi bancals que de trouver le destinataire des compliments joli. Certes, elle sait que certains garçons peuvent draguer sur des bases loin d'être sûrs : elle ne vit pas dans une grotte, la jeune demoiselle. Pourtant, ce ne lui est pas réellement arrivé d'une manière significative et c'est aujourd'hui qu'elle se rend compte de cette étrange réalité. Sa relation avec James ne comptant pas telle une romance sans fondations certaines, aux yeux de l'étudiante. Qu'on lui prouve le contraire l'attristerait profondément et ce quand bien même elle a affirmé durant le bal à la mairie qu'elle a un désir et qu'elle sait pertinemment qu'il ne peut qu'être éphémère des deux côtés, voir inexistant d'un autre. Cependant, les émotions ne sont pas constamment dirigées par la raison et c'est ça qui rend la possibilité que son béguin actuel, qui repose sur des choses aussi fragiles que les arguments d'Anastasia, triste. De cette remarque elle ne pipe mot.

Puis, elle décide de s'en aller. Comme ça. Vite fait. Un au revoir poli glisse de la bouche de la lectrice alors que ses yeux retombent directement sur le livre. Elle lit sans lire. En fait, elle repense à cette étrange conversation en se demandant, et il y a de quoi se questionner, que peut bien vouloir Anastasia. Que des garçons veuillent faire des choses, elle en a une idée qu'elle préfère chasser, ses goûts vont plutôt aux princes charmants, mais elle ? C'est une fille et... les filles ne font pas ça, généralement, non ? Alanis ne sait pas encore que la joyeuse étrangère était un de ces cas spéciaux qu'on mentionne dans les viles rumeurs. Elle ne sait pas, en plus, qu'elle a eu affaire à une sadomasochiste. Il faut dire qu'au nombre de fois où la rouquine a côtoyé des gens dont elle ne connaît pas les plus noirs secrets ou vrais visages, petite pensée pour monsieur J, cela en est presque naturel de rencontrer des gens qui cachent soit des déchets ou des trésors. La plupart du temps, malgré sa curiosité épineuse, elle ne se rend même pas compte à quel point l'iceberg peut être immense sous l'eau glacée ! En l'occurrence, elle se pose des questions sans nécessairement avoir connaissance de la perversité de l'individu qu'elle a osé complimenter par mégarde. Oh elle se doute que ce ne soit pas la plus vierge des filles : à sa façon de la regarder et à lui dire qu'elle est jolie, il est certain que c'est une demoiselle pas comme les autres. Ou est-ce que les filles sont tous comme ça ? Alanis ne sait plus. De plus, elle récite de beaux poèmes. Là, elle se demande si ce n'est pas mal de la juger ainsi. Par exemple, de tenir pour acquis qu'Anastasia est libidineuse. Peut-être est-elle seulement différente des autres ? Néanmoins, s'y connaître en poésie ne fait pas d'une personne un être fiable. À moins que si ? En tout cas, la rouquine comprendra une fois qu'elle aura sous les pattes Fleur du mal. Pour l'instant, c'est l'interrogation complète.

Le reste de la journée s'est passé sans qu'elles se croisent à nouveau. Il serait faux de prétendre qu'Alanis a pensé à la sadomasochiste tout le jour et toute la nuit : il y avait James et tout ce qui est susceptible de la distraire. N'importe quoi, donc. Ça n'empêche en rien que cet événement fut celui qui marqua le plus la Zinc à cause de toute l'introspection qu'il implique. On se croirait presque dans un vieux livre plutôt mauvais appelé, par son titre français, 50 nuances de Grey mais en plus réaliste : Alanis a une personnalité et Anastasia n'est pas un homme un peu plus âgé au physique dit parfait en plus d'être superbement riche qui vendrait vendre du rêve à quiconque serait l'objet de ses désirs sexuels. De toute façon, le marchand de rêve en chef, c'est James Miller, c'est un fait connu. Elle aurait bien été visitée Eva Grey pour lui demander des éclaircissements ou des conseils toutefois elle avait cru comprendre que l'infirmière était occupée. Dommage. Entre-temps, elle avait mise la main sur l'oeuvre de Baudelaire, grâce à une connaissance qui avait heureusement un exemplaire, sans y toucher jusqu'au lendemain.

À approximativement la même heure, Alanis se retrouve sur le banc, la poésie baudelairienne en main en se disant que Charles devait être un homme fort perturbé. La rouquine ne savait pas si Anastasia allait revenir mais elle aime bien ce banc alors elle s’y rend une seconde fois. Le parc dégageait un vide : c’est comme s’il n’y a que les fantômes perturbés et tranquilles ainsi que les gens discrets mais pas normaux pour fréquenter ce lieu. Pour en revenir à sa lecture : Alanis ne savait pas exactement quoi penser de ce qu’elle lit. D’une part, il y avait quelque chose d’assez effrayant et glauque aussi elle ne parvient pas toujours à comprendre. D’un autre côté, elle ressentait une espèce de compassion pour ce pauvre Baudelaire, si éternellement tourmenté. Elle en oublie celle qui lui a parlé de l’auteur avant qu’elle lève la tête pour y apercevoir ces yeux qui semblent vous déshabiller d’un battement de cils.


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MessageSujet: Re: The Creepshow Jeu 6 Aoû - 20:40

Durant tout le temps qu'il a fallut pour verser de l'alcool sur ses plaies – la jeune fille de moufte pas en faisant couler de la cire brûlante sur la peau, alors il n'y a pas besoin de prendre de pincette lorsqu'il s'agit de désinfecter ses cloques ou coupures – et étaler de la pommade sur ses bleus, elle n'a pas cessé une seconde de parler d'une certaine Alanis rencontrée quelques minutes avant. Bien évidemment, elle le faisait sous le regard d'Eva, qui portait comme souvent son sourire un tantinet malicieux, légèrement agrandit par le sujet dont ne se lassait décidément pas l'adoratrice de Baudelaire. Il va sans dire qu'Ana, pas plus que quiconque, ne se doutait de rien concernant le lien qui unissait la dame aux lèvres rubis et sa nouvelle proie. Elle faisait l'éloge de ses cheveux roux transformés en flammes par les premiers rayons du soleil, puis parlait des courbes de son corps qu'elle avait pu observer discrètement (du moins c'est ce qu'elle croyait) et du fait qu'elle donnerait beaucoup pour pouvoir les voir entièrement, sans avoir à les deviner sous d'encombrants vêtements. Ensuite, la demoiselle aborda le sujet des yeux de la fille Pendcastle et, pour ainsi dire, se noya dedans. Eva l'entendait parler encore, encore, sans arrêt, allant même jusqu'à l'écouter réellement, bien que faisant mine que non. Après tout, il s'agissait de sa fille et miss Grey, sans se sentir particulièrement concernée, demeurait néanmoins curieuse. Elle n'avait rien contre le fait qu'Anastasia courtise la rouquine, malgré ses pratiques que l'infirmière connaissait bien – il faut dire qu'elle se chargeait personnellement de réparer les dégâts. Cette dernière n'a jamais vu de mal dans une pratique sexuelle quelconque, tant que cette dernière implique le consentement de tous les participants. Peut-être même que cette découverte sexuelle serait bénéfique à sa fille, qui sait ? Malgré tout, Eva n'aidera pas la gamine White et ne jouera certainement pas non plus les entremetteuses du côté de sa fille. Elle se contentera sans doute seulement de taquiner d'un côté et de l'autre, comme elle sait si bien le faire. Comme il est dit plus haut, bien que l'infirmière écoutait presque attentivement les paroles d'Anastasia, elle ne le montrait guère, tout simplement car elle pensait – et avait sans doute raison – que montrer à la demoiselle qu'elle lui accordait son attention ne serait pas bon. Miss Grey n'avait pas de mal à se douter (cela, sans une particulière fierté) que la fille en face d'elle avait déjà dû avoir quelques fantasmes la concernant, l'uniforme d'infirmière ayant sans doute encore plus aiguisé ses idées au fil du temps. Et la dame se doutait bien que le fait qu'elle n'arrête pas de parler d'Alanis ne changeait rien et que le regard de la sadomasochiste continuera toujours et encore de reluquer son dos ou son fessier, si ce n'est les deux, lorsqu'elle aura le regard tourné.
Cependant, contrairement à ce que pensait Eva, Alanis n'était pas une lubie comme les autres aux yeux d'Anastasia.

Après lui avoir posé son dernier pansement, l'infirmière dit à l'étudiante sobrement qu'elle pouvait partir et lui rappela qu'elle devait aller en cours. Cependant, durant toute cette journée, la jeune fille sécha les cours, du moins mentalement : son corps, lui, était toujours bel et bien présent dans la salle de la prestigieuse académie.  Elle passa cependant une journée normale et ne revit malheureusement pas la rouquine sur qui son regard s'était posé durant la mâtiné. Même le cours sur Stephen King, grand écrivain du début du 21ème siècle, ne parvint pas à la faire sortir de sa rêverie. Pour ce qui est de la nuit, autant laisser faire l'imagination de tout un chacun sur les nombreuses idées qui ont bien pu s'égarer dans l'esprit de la Zinc. Alanis y était évidemment la star de la soirée, mais pas qu'uniquement de manière sexuelle. Ana essayait de comprendre pourquoi la rouquine avait autant attiré son attention et pourquoi ses pensées étaient maintenant toutes centrées sur elle. Certes, la plupart des gens qu'elle croisait au long de sa journée lui inspirait un tas d'idées, mais dans ce cas précis, cela lui semblait plus spécial. Quelque chose chez la dévoreuse de livres faisait que celle au cheveux noir commençait à ressentir une réelle tendresse pour elle – sans que ses fantasmes deviennent doux pour autant, bien évidemment. Elle-même se disait que ce n'était qu'une impression et était pourtant loin du compte.

Un nouveau jour se lève et Anastasia en profite donc pour se réveiller tôt et se préparer rapidement afin d'arriver au jardin de l'académie exactement à la même heure que la veille, se disant que ce serait le moment où elle risquerait le plus de croiser sa camarade. Techniquement, cela ne fait pas sens, puisqu'il aurait été logique que la fille en question fasse tout pour éviter la sadomasochiste et pourtant, lorsque ses yeux se posent sur la chevelure rousse légèrement agitée par le vent, une grande joie envahie la demoiselle White. Elle s'approche donc, interprétant la présence de la demoiselle Pendcastle comme le signe du fait qu'elle voulait la revoir – ce qui n'était sans doute pas l'intention de la demoiselle, qui voulait probablement juste lire tranquillement sur son banc. Voilà que la belle lève son visage vers la silhouette sombre, tandis que le regard de cette dernière s'abaisse sur le livre tout en commençant à parler.

« Quelles retrouv.. OH ! Tu as déjà commencé à lire son recueil ?! » dis la zinc, très surprise.

Il faut avouer que malgré la quantité de fois où elle l'avait conseillé à ses victimes, aucune d'entre elles ne s'étaient jamais montrées avec le livre à la main. Il est même probable que cette dernière ait fait une mauvaise pub à l'ouvrage, pourtant prestigieux. La voilà touchée par un geste que ne la concernait de base pas tant que cela. Elle fait un grand sourire à Alanis, laissant son regard traîner légèrement sur les jambes de la rouquine.

« As-tu déjà trouvé un poème qui te plaît dans ceux que tu as lus ? Je pense que comme c'est de la poésie, il ne faut pas en lire plus de 4 ou 5 d'affilée, sinon l'essence de chaque poème se mêle aux autres et finalement, l'expérience devient aussi confuse que d'essayer de qualifier un parfum dans une pièce où flottent des odeurs d'aérosols. Je ne compare bien-sûr pas les poèmes de Baudelaire à des aérosols, mais je suppose que tu vois ce que je veux dire.. »

La brune en profite pour s'asseoir sur le banc aux côtés d'Alanis, en profitant pour regarder ses cheveux et se demander la sensation que lui donnerait le fait de sentir leur odeur.

«  Mais je ne t'ai même pas encore dit bonjour.. »


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MessageSujet: Re: The Creepshow Dim 16 Aoû - 19:27

Sur ce coup-ci, Alanis n'a pas fait preuve de malignité. À peine se rend-elle compte de sa bourde qu'elle imagine d'autres lieux, comme la bibliothèque ou même sa chambre, tiens ! Ainsi, elle continuerait à lire au lieu de devoir composer avec la présence libidineuse de cette fille. Une répulsion piquante l'atteint mais par la suite une culpabilité prononcée débarque. Comment oserait-elle en vouloir à celle qui l'aide à élever sa culture ? De plus, elle n'est que trop gentille, dû moins de ses mots. Entre gentilesse exacerbée et non-attirance, Pendcastle s'enfonce à l'intérieur d'un dilemme mental dont elle ne sait trop comment en sortir.

Touchée par l'attention de l'Irlandaise par rapport à son œuvre préféré, Anastasia affiche un enthousiasme qui dérange quelque peu la rouquine. Que pense-t-elle donc ? Se ferait-elle trop d'idées ? Comment va-t-elle réagir si je la déçois ? Voilà des questions anxiogènes qui harcèlent, qui obligent la réflexion sur la pesanteur des mots et des choix. Devrait-elle lui dire tout de suite qu'elle veut être seule ? Pourtant, elle le disait bien l'autre jour (d'une manière plus ou moins détournée certes mais quand même). Pourquoi est-ce que ça lui pose problème maintenant ? Elle perçoit cela comme agressif, de lui demander de dégager à chaque fois qu'elle la croise. Elle n'aimerait aucunement qu'on la traite comme cela. Pas du tout. Compassion.

« Oui. »

Réponse claire et courte au possible. Peut-être devrait-elle s'obliger à rajouter quelque chose, elle ne sait pas, son poème préféré par exemple? Ah, non. White prend les rênes de la conversation en lui coupant l'herbe sous pied. Non sans une certaine perplexité, elle écoute les dires de la fan de Baudelaire. Déjà, elle peine à enregistrer tout ce qu'elle raconte. Il faut savoir qu'Alanis commence la poésie depuis quoi, hier? Les comparaisons d'Ana ne vont pas de soi pour la Zinc et encore moins qu'on ne puisse lire cinq ou six poèmes d'affilée. Novice, ça ne lui venait pas à l'esprit que si ce style littéraire était court, c'est qu'il ne devait pas être lu trop rapidement. Malheureusement, la rousse, bien qu'impressionner par le maniement des mots, ne comprit pas nécessairement toutes les subtilités des écrits de ce poète déchu. Peut-on lui en vouloir? Bien sûr que non. En ce qui concerne le bonjour, l'Irlandaise n'y avait pas prêté attention.

« Ce n'est rien. Je ne t'ai pas dit bonjour non plus donc je pense qu'on est quitte, non ? »

Un sourire léger, assez amical, se dessine temporairement le temps de quelques secondes. Puis, de la même façon que la culpabilité fut venue suite à l'aversion, une angoisse légère fait surface. Et si elle ne lisait pas comme il faut ? Et si elle gâchait tout? Est-ce qu'elle est trop inculte pour capter l'oeuvre ? Alanis se torture elle-même avec ses doutes incessants qui viennent et qui partent sans jamais vraiment la lâcher, d'une manière similaire à sa curiosité inassouvie.

« Pourquoi ne doit-on pas lire plusieurs poèmes d'affilée ? Après tout, ils sont du même auteur... Ça les rend vraiment moins biens ? »

Si elle devait avoir honte de quelque chose, c'est d'avoir mal lu. Mais si Anastasia la prend pour une idiote, ça l'énerve moins. Oh, pas qu'elle soit complètement insensible à son jugement : seulement, si la sadomasochiste l'appréciait moins, elle verrait des points positifs. Son opinion sur cette étrangère se balance entre des nuances de gris. Pas de tout noir ou tout blanc ici. Prise dans les tumultes que l'a porté cette extraterrestre venue de nulle part envahir sa routine, des mots sortent en catastrophe intérieurement mais extérieurement ont une allure tout à fait convenable. Alanis prend les choses trop au sérieux, parfois. L'image de sa mère percute son esprit : elle doit avoir confiance en elle, c'est la clé !

« Mais... Ana je... Je ne suis pas habitué à ce que les gens viennent me parler comme ça. Je trouve cela un peu bizarre. Je veux dire, on ne se connaissait pas avant et... »

Et quoi ? Le reste de la phrase se terre sous la langue. Mince.


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MessageSujet: Re: The Creepshow Dim 18 Oct - 0:06

La conversation commencée sans aucune forme de politesse se poursuit, pour le grand plaisir de l'une et un peu moins grand de l'autre. Quand on pense à ce qui fait tenir la discussion, la situation en devient assez comique et si public il y avait, l'intrigue du spectacle serait, semble-t-il de savoir quand est-ce qu'Anastasia va enfin se faire rejeter par la rouquine. Plus les mots se posent, plus se développe l'impression qu'ils sont paradoxaux, nés d'un événement qui n'était pas censé se produire : il faut bien moins de temps d'habitude pour que la brune parte dans sa chambre en pleurant, son cœur déjà couvert de bien des cicatrices, souffrant d'une nouvelle entaille. Une de plus, une de moins, cela ne change plus grand-chose à présent, pourrait-on penser ; mais il reste à savoir combien de coupures pourra supporter cet organe avant d'être percé.

En attendant, la sadomasochiste a amené une petite surprise à Alanis. Oh rien de bien intéressant, juste un petit quelque chose qui lui tien à cœur et qu'elle voulait absolument lui montrer, mais cela attendra encore un peu. Pour le moment, la Zinc lui a posé une question que la sombre demoiselle ne saurait laisser sans réponse.

« En quelque sorte. A vrai dire, le poème est comme un gâteau plein de glaçage et de crème : c'est délicieux, mais au bout de quelques bouchées les goûts qui, avant, suscitaient chacun une saveur différente, finissent par se mélanger pour former une sorte de bouille, qui devient elle-même vite écœurante. C'est dû à l'usage de beaucoup de métaphore, entre autre. La littérature non-poétique n'a pas ce problème, car généralement elle est plus comme un cookie, vois-tu ? Mais fais comme tu veux. Je pense juste que si tu commences à trouver le style un peu étouffant, tu ferais mieux de poser le livre pour réfléchir à ce que tu as lu, ou alors occuper ton cerveau à tout autre chose. Cependant rien ne t'empêche de lire tout le livre d'une traite. »

Anastasia espère que sa propre métaphore n'est pas incompréhensible, néanmoins elle n'a rien trouvé de meilleur sur le moment. Remarque, cela paraît toujours mieux que celle de tout à l'heure : comparer Baudelaire à un aérosol... La zinc avait choisi de parler de parfum parce qu'elle humait plus ou moins discrètement celui des cheveux de sa camarade, mais tout de même, cela n'excuse pas vraiment sa bêtise.
Qu'a-t-elle de si pure, cette jeune fille, se demande Anastasia. Bien évidemment, pour la demoiselle, la pureté d'une personne n'a rien a voir avec sa virginité ou sa morale. Cela vient d'autre chose à la fois indescriptible et indéfinissable. Est-ce son visage ? Ses cheveux ? Sa peau ? Non, c'est bien au delà de tout cela et c'est sans doute pour cette raison que la brune reste fascinée devant la jeune rouquine qu'elle courtise. Ses mouvements, le parcours que trace son regard dans ce qui les entoure, sa chevelure portée par une légère brise, tout cela, la demoiselle White l'observe avec un sourire qui ne veut décidément pas quitter son visage. Cependant, après un court moment de silence qui n'avait rien de gênant selon Ana, sa camarade se met à parler, hésitant un peu dans ses mots. L'autre entrouvre la bouche, comme surprise. Malheureusement pour la fille Pendcastle, il faut être méchante avec la baudelairienne pour qu'elle comprenne qu'on ne veut pas d'elle.

« Mais.. Ce n'est pas grave qu'on ne se soit pas connues avant, si ? Je veux dire, il fallait bien que l'on se rencontre un jour pour se connaître.. Je sais que certaines personnes me trouvent un peu bizarre mais.. Je ne te ferais pas de mal tu sais, quoi que les autres disent sur moi. »

Surprenante lucidité de la part d'Anastasia, en disant cela à voix haute, c'est comme si elle venait de s'avouer à elle-même que les autres élèves la regardaient bizarrement et parlaient dans son dos. Des chuchotements d'ombres, un murmure éternel ponctué de rires moqueurs. Néanmoins, la jeune fille est bien loin de s'imaginer tout ce qui a pu être inventé sur son compte ; supposant simplement que l'on se moque de ses vêtements ou de son apparence.  

«  Sinon ! J'ai amené quelque chose que je voulais te montrer ! » Toute excitée, elle sort sa petite petite harpe avec un grand sourire, puis après quelques seconde, se mets à jouer un morceau assez simple. Pour ce qui est de son talent à manier l'instrument, il n'y a qu'Alanis qui puisse en juger.


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MessageSujet: Re: The Creepshow Dim 1 Nov - 16:10


Alanis croit sur parole la baudelairienne. Pourquoi ne le ferait-elle pas ? Elle s’y connaît mieux qu’elle en poésie et ça se voit : il suffit d’entendre son discours passionné sur les gâteaux pour comprendre jusqu’où vont ses expertises. Elle ne saisit même pas qu’un museau, enchanté de sa trouvaille, renifle son odeur non pas sans le caractère lubrique qu’on accorde volontiers à l’amatrice de poète. Son attention se porte trop sur la compréhension de la métaphore plutôt que par les manières de l’auteur de celle-ci. Et pourtant, la rouquine devrait surveiller ses arrières, au sens figuré comme au sens propre, si elle ne veut pas se retrouver au sein d’un quiproquo embarrassant.

Au scepticisme coiffé de sa gêne et sa politesse, Anastasia répond avec une logique que la timide n’avait pas anticipée. Elle entrouvre sa bouche comme pour ajouter quelque chose, une opposition de toute évidence, mais la referme aussitôt en constatant à quel point elle ne savait guère quoi répondre à cette rhétorique. En fait, si une chose devait à nouveau sortir de ses cordes vocales, ce serait une question à propos de ce que les gens répandent sur son cas. La Zinc se base sur sa propre expérience pour juger la fan de Baudelaire mais qu’en pense les autres ? En bonne adolescente dans la fleur de l’âge, ses préoccupations ne passent pas à côté du regard d’autrui. Elle n’ose pas s’avancer sur le sujet. Elle n’a aucune envie particulière de le faire, se terrant sous les sables rassurants du silence.

White a plus d’un tour dans son sac, c’est le cas de le dire. Pour l’impressionner, elle n’hésite pas à lui montrer les obscurs vers d’un poète maudit pour ensuite se risquer à un morceau de harpe, tout en douceur contrairement à sa sexualité fétiche. Malgré ce côté enfantin et bienveillant qui lui hurle qu’elle ne veut que sympathie et amitié, la face plus « femme » de notre rousse y voit clairement, désormais, un flirt passionné. À ce qu’on dit la gent féminine est plus tactile et affectueuse avec ses membres mais il y a donné un câlin et jouer de la harpe à une fille qu’on cible en toute évidence. Si Anastasia avait été un garçon, ça aurait sauté aux yeux de n’importe qui et Alanis en prend conscience.  Il suffit de voir ce sourire excité, tout heureux de se présenter à elle, pour qu’une prise de conscience démarre. Oh, elle avait eu assez de dialogues pour le concevoir et ses premiers instincts étaient fiables mais il y avait un hic. Tout d’abord, le doute l’obligeait à s’évader au sein d’explications alternatives. La vérité est qu’il y en avait une seule plausible : Anastasia avait le béguin et peut-être que ça date d’avant leur rencontre. Un béguin, comme celui qu’elle nourrit pour James ? La courtisée ne veut pas faire mal à la courtisane qui se donne tant de mal à accorder les notes d'une harpe avec plus ou moins d'aisance et de doigté. La petite ignore de ces choses et comment jouer de cet instrument en fait partie, cependant, elle n'est pas convaincue par le talent de la sadomasochiste, là où ses connaissances en poésie ont réussies leur effet. Peut-être est-ce la révélation qui perturbe les tympans de Pendcastle au point où elle voit un malaise là où il n'y en a pas. Toutefois, elle ne niera aucunement ceci : les goûts artistiques de sa prétendante lui confèrent sympathie et un moment pas entièrement dérangeant. Oui, quelques accords s'avèrent bien joués et accrocheurs. À la fin du morceau, l'Irlandaise voit gris ce qui complique les choses.

Ses pensées s’agitent comme des atomes gazeux tandis que ses paroles restent muettes. Elle croise les yeux de la musicienne avant de revenir à un angle lui permettant d’admirer le fabuleux sol sans intérêt et ses jambes par la même occasion.

« Où as-tu appris à jouer de la harpe ? »

Même si c’est toujours une curiosité d’assouvie, elle ne brûle pas d’envie d’avoir une réponse. Plus là pour meubler son embarras, elle tente de trouver quelque chose d’intelligent à dire à la sadomasochiste probablement bercée d’attentes, d’espoirs et pourquoi pas de bonnes intentions ? Elle attrape son recueil de poème.

« Il faudrait bientôt rentrer non ? Et il commence à faire très froid… »


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