Réflexions | Paddie
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Tess Sayers
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MessageSujet: Réflexions | Paddie Dim 21 Déc - 20:40



Réflexions

Tess sortit du magasin, un sourire au lèvres, triomphante. Sa nouvelle robe lui allait si bien !

L'irlandaise n'avait jamais été vraiment passionnée par la mode, mais après la réception à la mairie, elle avait dû se rendre à l'évidence : sa garde-robe était un peu trop... disons... bon, c'était la même depuis un certain temps. Et là, eh bien, sur les conseils d'une collègue, elle avait fait le tour des boutiques : deux pantalons, deux chemisiers, un joli pull, un bonnet, et une robe sublime. Évidemment, le total ferait mal à sa carte bleue, mais c'était un mal pour un bien : elle s'autorisait elle-même à décompresser. Encore. Toujours.

Tess ne se remettait pas tout à fait de l'humiliation qu'elle avait subi suite au cas Lecter, et voir ce boudin d'Hugher se pavaner sur la scène de l'Hôtel de Ville en glorifiant son nom en oubliant toute l'équipe qui avait bossé derrière... elle avait failli s'étouffer alors, et rien qu'à cette pensée, sa mâchoire se contracta. Allez, on se détend Tessie. Le bon point, c'est qu'elle avait bien renoué avec Anna, Ash, et Eugène. Les quatre formaient une bonne équipe, et ils étaient souvent sortis depuis l'incident. Pour Tess, c'était plus facile de sourire, maintenant qu'elle se savait portée et soutenue. Et puis, une bonne nouvelle était venue égailler ces tristes jours : Wendy, une jeune collègue qui bossait aux stups, était enceinte. Le champagne avait coulé ce jour-là, et Tess, mobilisant toutes ses compétences culinaires, avait amené des gâteaux pour célébrer.

Mais sa propre solitude faisait écho à ce bon souvenir. Du coin de l'oeil, elle avait regardé Wendy toute la semaine, radieuse, comblée lorsque son époux la récupérait les soirs, au commissariat. Et elle avait quoi, vingt-quatre ans ? Tess se regardait d'un air absent dans l'un des miroirs du Centre. Elle allait bientôt dépasser la trentaine : pas d'amant, pas d'enfants, pas de famille. Seulement un travail et des amis. Était-ce ce qu'elle voulait faire de sa vie ? Elle soupira, puis décida de s'accorder un temps de réflexion. Ça ne lui ferait pas de mal non plus.   « Un café, s'il vous plaît, et un muffin. » La commande passée dans un tout petit café, au premier étage, elle alla s'asseoir à une table, posa ses paquets, et laissa la tension s'échapper. Elle n'était pas en service, aucun souci ne lui brouillait l'esprit : ses pensées pouvaient l'assaillir librement. Où en était-elle donc ? Ah, oui. Sa vie, si linéaire, depuis trop longtemps. L'une de ses plus grandes peurs était de finir seule, d'être seule comme elle l'avait été à cette période atroce de sa vie, abandonnée de tous et même de Dieu. Elle ne voulait pas mourir sans famille... la sienne n'avait pas eu de fin heureuse, mais - et ses yeux s'humidifièrent soudain à la mémoire des jours heureux - elle aurait pu tant avoir ! Sa mère était la plus adorable des femmes, et son père un homme bien, fort et honnête, avant qu'elle décède et qu'il ne sombre dans une dépression aux relents d'alcool. La voici à son tour, ultime survivante des six, et elle allait confier sa vie au néant.
Elle avait eu des envies de maternité, mais ne s'était jamais étendue sur le sujet. Trop de travail, toujours trop de travail. Et surtout, pas d'homme... sérieux. Elle avait eu plusieurs amants, mais - et pour des raisons évidentes, elle refusait de s'engager vraiment, trouvant toujours une faille rebutante dans le caractère de son compagnon, finissant ultimement par le quitter. Ça ne comptait plus vraiment désormais, mais avec le cas Lecter, elle avait réalisé qu'elle aurait voulu quelqu'un pour la prendre dans ses bras le soir, pour la réconforter, pour l'embrasser, pour l'aimer. Elle supportait de plus en plus mal la solitude, alors que beaucoup de ses collègues et donc amies avaient un homme.

Tess était indépendante, là n'était pas le problème, mais la fusillade et les derniers évènements lui avaient fait réaliser qu'elle voulait chérir quelque chose d'autre qu'elle-même, que son boulot. Pourquoi ne pas accepter l'invitation de ce charmant collègue, à aller boire un verre ? Ça n'engageait à rien, ça lui permettrait doucement de se remettre sur la voie des relations. L'image d'Eugène se matérialisa en arrière-plan de ses pensées, et elle baissa les yeux, comme gênée par ses propres pensées. Eugene, oui, Eugene. Elle savait que tôt ou tard elle devrait faire face à ses pensées, mais elle était terrifiée d'ouvrir la petite boîte, dans son coeur, qui portait son nom. Elle avait peur. Et donc, elle évitait. Mais pour rien au monde elle ne s'éloignerait de lui. Mécaniquement, elle sortit son téléphone et lui envoya un message rapide : dîner au chinois en bas de chez toi, ce soir ? Oui, tout semblait confus en ce moment. Mais au diable tout cela : elle avait une jolie robe.

Elle sentit soudain une présence devant elle, et releva la tête. Qui lui voulait quoi ?

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Lun 29 Déc - 23:49

Paddie ouvrit son porte-monnaie pour la énième fois en pestant. Comme l'argent partait vite ! Et comme sa mère refusait de lui en donnait plus. Elle était sa fille après tout, ne lui devait-elle pas une garde-robe digne de ce nom ? La jeune femme avait réussi à se trouver deux hauts à colle plongeant qui pourrait plaire aux garçons voulant se rincer les mirettes sur les précieux atouts de la jeune fille et rendre jalouse d'autres filles plus plates ou trop rebondies. Imparfaites, en somme ! Paddie entra dans une boutique très à la mode en ce moment. Elle se prit un bracelet qui lui plaisait bien, puis une jupe épaisse qui moulera son derrière à la perfection tout en lui tenant chaud. Elle se regarda dans le miroir de quelques boutiques, ainsi que dans les vitrines. Oui, elle était belle. Et elle se sentait comme un poisson dans l'eau, ici, où des multiples accessoires n'attendaient qu'elles pour la rendre plus belle, plus attirante, plus parfaite encore qu'elle ne l'était. Une pensée vers Allegra. Soit, elle était peut-être son égale. Peut-être même un petit peu mieux, mais c'était parce que Paddie lui laissait la place. De toute façon, les deux jeunes filles deviendraient bientôt amies, Paddie le sentait. Elles avaient des choses à s'apporter mutuellement.
Dans une vitrine, de hauts talons perlés rayonnaient. Ils attirèrent le regard pétillant de la jeune femme qui comptait déjà les sous qu'il lui restait. Qu'importait si elle dépensait l'intégralité de son porte-monnaie ? Après tout, maman serait là pour le remplir à nouveau. Paddie songea même un instant à Samson, qu'elle pouvait considérer comme… Hum… Comme quoi d'ailleurs ? Un père ? Non, elle en avait déjà un, aussi éloigné fut-il. Un parrain. Oui, c'était à peu près ça ! Un parrain ! Mais il était inutile de penser à lui demander quoi que ce soit, il refuserait. Mais elle essaierait bien, au cas où… Qui ne tente rien n'a rien, disait l'adage. Après avoir été satisfaite de son décompte, Paddie allait rentrer dans la boutique pour acheter les chaussures tant convoitées, mais elle rencontra sur son chemin une de ses « amies ». Ou plutôt l'une des filles de son entourage.

« Oh, Paddie !! Quel hasard de te croiser là ! »

Paddie fit un grand sourire que la jeune fille renvoya, puis cette dernière enchaîna sans attendre :

« Tu vas bien ? Ça fait quelques temps qu'on ne s'est pas croisée, j'en suis désolée ! Mais tu sais ce que c'est, les cours, tout ça… Ça va toi sinon ? Oh  lala je suis trop heureuse de mes achats ! J'adore avoir du temps libre et mon papa avec moi ! Tu as vu ces chaussures, dans la vitrine ? Elles sont belles n'est-ce pas ? Je les ai achetées ! Le top de la mode ! »

C'était pour ça que Paddie l'appréciait : la jeune Marie -c'était son nom- parlait, et les autres n'avaient qu'à se taire et s'évader, penser à autre chose. En fait, toute l'attention de l'adolescente était portée sur la boîte à chaussure que tenait Marie. Les talons qu'elle voulait. La pointe de la mode disait-elle ? Plus maintenant. Maintenant que quelqu'un d'autre que Paddie les portait, c'était dépassé ! Alors Paddie fit une moue désapprobatrice. Elle savait qu'elle risquait de diminuer la joie dans les yeux de son « amie » (il fallait décidément qu'elle trouve un nom spécial pour ses gens. Des parasites moins ennuyants et/ou inutiles que les autres ? C'était long.), mais elle le méritait bien. En effet, elle lui avait volé la vedette. Elle espérait donc que jamais Marie ne porterait ces chaussures. Elles étaient trop belles pour quelqu'un d'autre qu'elle !

« Je ne sais pas si elles t'iraient vraiment, Marie… Crois-tu qu'il est judicieux d'autant allonger tes jambes ? Tu parais déjà si… Ne le prends pas mal, mon chou, mais si... disproportionnées ! Pourquoi ne privilégierais-tu pas des talons plus petits ? »

Était-ce mal ? Non. C'était ce qu'il fallait. Pour Marie et Paddie. Un peu pour Marie. Beaucoup pour Paddie. Après tout, la vie, c'est du gâteau ! Le regard de Marie s'éteignit alors et Paddie, prenant un air compatissant, lui mit une main sur l'épaule, lui adressa un sourire et, lui disant que ce n'était pas très grave, prit congé d'elle. Maintenant qu'elle avait critiqué ces chaussures, elle ne pouvait les acheter et les mettre, non. Elles étaient salies par ses propres mots. Et puis ça ne se faisait pas. Paddie avait des limites… Et, surtout, elle ne voudrait pas que ces gens de compagnie sachent. Gens de compagnie… Un peu présomptueux comme terme. En fait, non, rien ne l'était vraiment pour cette princesse des bacs à sable.
Elle continua ses emplettes lorsqu'elle aperçut une petite cafétéria. Elle regarda sur sa fine montre d'argent et décida que se réchauffer de l'intérieur ne lui ferait pas de mal. Elle s'assit donc à une petite table et commanda un cappuccino. Le restaurant était vide, et il n'y avait qu'une personne à quelques tables d'elle. Elle n'y prêta tout d'abord point attention mais ses yeux s'arrêtèrent sur les sacs de la jeune femme. Oh ! Son magasin préféré ! Il était vrai qu'elle avait oublié d'y jeter un œil. Paddie trouvait que la personne qui avait acheté tout ceci avait de bons goûts. Elle releva la tête afin de voir son visage et fut surprise de se retrouver face à un visage qui ne lui était pas inconnu. En effet, Paddie se retrouvait face à Tess Sayer, une des collègues de Samson. Samson ne racontait pas grand-chose à Paddie, juste les détails. La jeune fille savait donc que Tess avait échoué a ferré un gros poisson. « Irrécupérable ! » avait finalement déclaré le flic, secouant la tête d'un air désolé. L'étudiante toisa la jeune policière qui avait échoué. C' était dommage pour elle. Elle avait pourtant de bons goûts. Elle pouvait aussi être utile à Paddie… En effet, la jeune femme pourrait peut-être la renseigner sur le comportement de Samson au boulot ? Toutes les informations étaient bonnes à prendre. Peut-être Paddie pourrait-elle ainsi le soudoyer pour avoir un peu d'argent pour d'autres chaussures encore mieux que celles de Marie ?!

Paddie se leva, se pointa devant la table de Tess. Elle attendit en souriant que la flic lève les yeux vers elle. Lorsque se fut fait, elle lui montra ses jolies dents blanches puis engagea la conversation :

« Bonjour ! J'espère que je ne vous dérange pas. Je m'appelle Paddie, je vous connais, de loin, je vous ai déjà vu quelque fois dans le journal. Je peux m'assoir, n'est-ce pas ? »

Sans attendre de réponse, elle tira sa chaise et s'assit, faisant voler ses cheveux parfaitement lisse. Regardant Tess droit dans les yeux, elle reprit, en souriant toujours :

« J'espère que vous ne m'en voudrait pas d'être curieuse. Je connais un de vos collègues, Samson, et je dois avouer que vous voir m'intrigue quelque peu. J'aimerais faire votre connaissance ! Samson est comme un père pour moi, alors rencontrer les gens qui l'entourent chaque jours est assez inespéré ! »

Paddie observait la réaction de Tess, avide d'en savoir plus sur son presque-parrain. Elle avait quelques peu exagéré sur le terme de « père », mais après tout, qui s'en douterait ? Quelle importance ? Tant qu'elle réussissait à obtenir ce qu'elle voulait...


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Sam 17 Jan - 0:01



Réflexions

Elle leva la tête, spontanément, toujours dans ses pensées ; mais en une demi-seconde, elle eut l’impression d’être projetée dans une autre réalité. Tess ne vit pas la fille devant elle, non. Elle ne vit pas la forme des yeux, la visage rond, le sourire sur les lèvres, et rien de tout cela. Elle ne vit pas un physique. Elle vit une attitude. Une jeune adolescente, de seize, dix-sept ans. Brune, rousse. Des habits vulgaires pour son âge, un regard suffisant, une moue dédaigneuse et des gestes hautains. Même le timbre de voix y était.
Pendant une seconde, Tess ne vit pas Paddie Pleasance. Elle vit Delilah Sayers, quinze ans en arrière.

Heureusement pour Tess, sa confusion se dissipa bien assez tôt, lorsque la jeune femme se présenta devant elle. Tess se mordit la lèvre. Damned… elle l’avait échappé belle. Elle sentait son cœur battre encore. C’était comme si toute cette scène s’était passée au ralenti. Évidemment, physiquement, Lily et Paddie n’avaient rien en commun à cet âge, c’était juste, la dégaine, l’attitude, et Tess réfléchissant à sa vie. Elle reprit un visage composé, sourit à la jeune femme qui venait de toute évidence de s’inviter le plus naturellement du monde à sa table. Génial. Que disait-elle ?

« Samson est comme un père pour moi, alors rencontrer les gens qui l'entourent chaque jours est assez inespéré ! »

Oh mon dieu… Tess haussa les sourcils, autorisant son sourire narquois à se faire une place sur son visage. Elle s’adossa à sa chaise. Vraiment ? C’était donc elle la gamine que Samson passait son temps à encenser et à dénigrer toute la semaine ? D’habitude Tess ne prêtait pas trop attention aux élucubrations de son imblairable supérieur, mais elle était curieuse de le voir partir parfois encore plus tôt que d’habitude pour aller retrouver quelqu’un. Elle avait trouvé ça louche : Samson ne retrouvait que des call-girl, des piliers de bars ou ses DVD pornographiques. Mais évidemment, ç’aurait été déplacé de mener une enquête : elle avait donc demandé à Eugène de s’en occuper. Ç’avait été leur petit jeu, de trouver qui était le rencard secret de Samson… pendant environ dix minutes, avant qu’une affaire vraiment sérieuse leur tombe dessus (avec monsieur trou de balle à l’autre bout du monde évidemment) et qu’ils ne doivent abandonner ces futilités pour ne plus jamais y penser après.

Tess considéra la requête de la jeune femme. Non. Elle ne voulait PAS parler de Samson. Ni ce soir ni jamais. Ce mec lui pourrissait littéralement la vie voire l’atmosphère depuis qu’elle bossait pour lui. C’était aberrant. Tess, depuis sa tendre adolescence, avait vu passer beaucoup de choses. Beaucoup de choses terribles, graves, d’atrocités. Elle avait été dans des situations qu’elle ne souhaiterait pas à ses pires ennemis. Sa vie n’avait été qu’un chemin de Passion, et ç’avait été une Rédemption à travers sa misère, pour des péchés qu’elle n’avait jamais connu. Enfin, elle débarquait à New-York, pleine d’idéaux et de belles idées, renaissant de ses cendres comme un Phénix, pour finalement se trouver sous les ordres du plus terrible blaireau que l’on puisse concevoir.

Au début, elle n’avait pas compris. Elle comprenait que les gens payaient pour le pouvoir. Mais Samson, s’il en recevait, ne donnait pas de pots-de-vin. Ou pas pour avoir son cul sur un fauteuil à roulettes. Elle comprenait que l’on puisse menacer pour le pouvoir. Mais Samson ne sortait son arme que pour la mettre dans son holster (bah oui, le reste du temps elle était dans un étui… non ?). Elle comprenait les luttes implacables de pouvoir dans les arcanes de la police, du système politique ou judiciaire, mais Samson ne luttait que pour avoir une réduction chez le livreur de pizza à emporter.

Tout simplement, elle ne comprenait pas ce qu’il faisait là. Il avait sa place à Disneyland dans un costume de Dingo, pas en tant que chef de service du NYPD. Il lui faisait pitié et elle le détestait. Il avait fallu du temps à Tess pour se rendre à cette évidence : au début il lui faisait juste pitié, mais peu à peu, ce qu’elle trouvait fondamentalement pathétique, elle n’avait pu s’empêcher de le haïr. Car non seulement il était con, mais en plus il était vicieux. Oh, pas intentionnellement, hein. Mais il avait saboté plusieurs de ses affaires (coucou Jason Lecter) en piétinant allègrement le travail minutieux de tous les agents du Commissariat, en trois secondes effaçant les recherches de trois ans, et surtout, au nom de sa propre incompétence et en la renvoyant inexplicablement sur les épaules de quelqu’un d’autre.
Celles de Kate Sayers, en l’occurrence. Elle n’avait pas aimé ça. Et pourtant, sous ses propres yeux ébahis, elle avait vu Samson la transformer en paria tout en se drapant dans son absence de dignité. Et elle ne pouvait pas comprendre comment il réussissait à faire ça. Il avait une chance de cocu, pour quelqu’un qui n’avait jamais eu de quoi être cocufié.

Alors, lorsque cette jeune fille, la protégée de Hugher, vint s’asseoir en face d’elle, tout sourire, pour démarrer une conversation, les premiers instincts de Tess furent de se barrer. Rien de bon ne pouvait sortir de ça. Cependant… (et puis elle ne la sentait pas cette gosse, elle lui rappelait vraiment trop l’attitude insouciante de sa sœur au même âge qui l’avait… bref.). Cependant donc, au lieu de s’excuser et de partir, elle eut une idée. Oh, oui. Une idée loin d’être aussi droite, aussi admirable, aussi héroïque que ses décisions de d’habitude. Une idée qui allait permettre à son ego à elle de mettre une claque à Samson de la manière dont il le méritait. Ce n’était pas très fin, ça ne réussirait probablement pas, mais ça ne coûtait rien d’essayer. Et non, Tess ne se cacherait pas de chercher à monter la protégée de Samson contre lui. C’était purement et simplement un acte de vengeance puéril et mesquin et chargé de rancœur et de rancune. Et non, ce n’était même pas encore s’abaisser à son niveau. C’était trop intelligent pour lui.

Elle allait être le mauvais flic, pour une fois. Sournois et rusé. Et elle allait adorer jouer avec ça.

« Paddie, dit-elle après un temps. Eh bien, ravie de faire ta connaissance ! Je dois dire que Samson n’a jamais mentionné ton nom… Oh, si, ça me revient ! Ah, mais je pensais que tu étais l’une de ses « conquêtes », vu la manière dont il te décrivait... Sourire gêné, vaguement complice. Mais passons, je suis ravie de voir que tu vaux bien mieux que ça ! En tout cas ce serait un véritable plaisir de faire ta connaissance, Paddie. »

Brièvement, elle se demanda si elle devait faire semblant d’apprécier son chef pour mieux le torpiller après – mais même avec la meilleure volonté du monde, elle n’y arriverait pas. Et puis, il avait déjà dû lui mettre une ou deux bonnes couches de saletés sur le dos. Si elle avait un cas de conscience pour utiliser cette gamine ? Pas du tout. Elle n’aimait pas les petites prétentieuses dans son genre. (si promis, Tess aimait des gens. Juste pas les gens dans le genre de son boss ou de sa sœur.) Et puis au pire, qu’est-ce qu’elle risquait ? Un caprice d’ado et des réprimandes d’un ado attardé ? Elle avait déjà touché le fond.

« Dis-moi, que voudrais-tu savoir ? Je suppose que Hugher doit suffisamment te parler de notre job pour que je ne te raconte pas le quotidien du Commissariat… qui est plutôt routinier et un peu lourd. Quant à la relation que j’entretiens avec lui… eh bien, s’il ne m’a pas complètement calomniée, je dirais que nous avons deux approches très différentes de notre fonction qui nous empêchent de nous entendre aussi bien que je le souhaiterais. Mais, raconte-moi plutôt comment vous vous êtes connus. Je suis curieuse aussi. »

Je voudrais bien savoir s’il est aussi beauf dans sa vie qu’au travail… Tess sourit à Paddie, but son café. Bon, d’accord, maintenant elle culpabilisait peut-être un peu. Ce n’était pas très juste.

Mais ça pouvait devenir sacrément drôle.

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Lun 26 Jan - 12:07

« Paddie, dit-elle après un temps. Eh bien, ravie de faire ta connaissance ! Je dois dire que Samson n’a jamais mentionné ton nom… Oh, si, ça me revient ! Ah, mais je pensais que tu étais l’une de ses « conquêtes », vu la manière dont il te décrivait... Mais passons, je suis ravie de voir que tu vaux bien mieux que ça ! En tout cas ce serait un véritable plaisir de faire ta connaissance, Paddie. »

Paddie tiqua quelque peu. Ainsi, Hugher était, aux yeux de cette employée, assez malsain pour essayer de la séduire, elle ? Non, c'était impossible. Après tout, ce n'était pas le cas, elle le verrait bien autrement. Et puis il serait beaucoup plus délicat avec elle… Non, il n'essaierait pas d'abuser de Paddie. En temps de soldes, ça en devient presque dommage, d'ailleurs… Elle se pinça les lèvres. Mon dieu mais que pensait-elle ? Serait-elle assez désespérée pour se vendre pour une robe ? Comme une sale prostituée ?! Jamais au grand jamais. Elle avait des valeurs. Un honneur. Une dignité. Elle avait de quoi marcher la tête haute dans la rue. Jamais elle ne s'abaisserait à ça. Elle n'avait pas besoin de ça. Et n'en aurait jamais besoin.

Le sourire de la jeune policière avait l'air… Compatissant. Peut-être Hugher... Mon dieu mais pourquoi Paddie avait-elle posé la question ?! Avait-elle eu raison ? Ou tord ? Elle ne savait pas. Tout s'embrouiller quelque peu dans sa tête et elle avait horreur de ça. Sa respiration s'accéléra quelque peu mais quand elle s'en rendit compte elle tâcha de se calmer. Elle n'avait rien fait de mal. La curiosité n'était pas un défaut, même si cette qualité déplaisait beaucoup aux parents avares de réponses lorsqu'il s'agissait des questions de leur progéniture. Reprenant son air détaché -bien qu'elle espérait qu'il n'ai pas quitté son visage plus que quelques secondes- , Paddie écouta son interlocutrice. Elle s’affala un peu sur sa chaise afin de prendre un air décontracté, mais resta tout de même assez droite pour ne pas paraître déplacé. Ni plus petite qu'elle ne l'était, ça non non non ! Elle tint sa tête du bout de ses doigts, accoudée à son dossier. Oui, elle prenait la pose. Oui, elle aimait ça. Elle se sentait belle. Importante. Elle savait ses formes parfaites, la cambrure de son dos enviée, son minois admiré, ses yeux envoûtaient le monde entier. Oui, pas de doute, elle était belle. Et la jeune flic continua :

« Dis-moi, que voudrais-tu savoir ? Je suppose que Hugher doit suffisamment te parler de notre job pour que je ne te raconte pas le quotidien du Commissariat… qui est plutôt routinier et un peu lourd. Quant à la relation que j’entretiens avec lui… eh bien, s’il ne m’a pas complètement calomniée, je dirais que nous avons deux approches très différentes de notre fonction qui nous empêchent de nous entendre aussi bien que je le souhaiterais. Mais, raconte-moi plutôt comment vous vous êtes connus. Je suis curieuse aussi. »

Quand Tess parla de ces différents avec Hugher, les yeux de Paddie s'illuminèrent. Des ragots, des ragots, des ragots ! Mais avant qu'elle n'ai eu le temps de demander plus de détails, la policière enchaîna par une question. Impossible pour Paddie d'y couper, elle reposera sa question plus tard, quand elle le pourra… Maintenant, il était tant de parler d'elle. Ce qui était parfait, car la jeune femme adorait avoir l'attention sur elle -étonnant, n'est-il pas ? Paddie se rassit correctement, les deux coudes posés sur la table, son menton reposant sur ses mains croisées.

«Oh, Hugher ne me parle pas beaucoup des affaires… Il me dit qu'il les résout, et c'est tout. Vous comprenez, le secret professionnel ! Il a trop peur que j'en parle aux médias, sûrement… Avec la place qu'il a au sein de la police, il doit se sentir menacé, le pauvre homme ! »

Paddie garda quelques secondes de silence, comme pour s’apitoyer sur le silence du pauvre homme. Quelle pression devait-il subir… Oh, attendez… Non, elle s'en foutait, en fait.

« Quant à notre rencontre, eh bien Hugher est en fait une connaissance de ma mère, à la base. J'avais quelque fois tendance à me réfugier chez lui quand ça n'allait pas entre elle et moi. Pour épancher un peu ma peine… Vu sa fonction, il était le mieux placé pour m'entendre et me répondre le plus diplomatiquement possible. Ainsi, nous avons peu à peu découvert à quel point nous étions pareil. Nous nous aimons beaucoup ! »

C'était vrai. Paddie n'avait pas menti, ils s'aimaient beaucoup… Eux-même. Et c'était ça qui les rapprochaient. Leurs conversations étaient le plus souvent des dialogues de sourds, dans lesquels ils se lamentaient de la bassesse des autres ou encore se vantait de leur hauteur sur le monde. Le tout enfermé dans un petit cabinet, entourés par la fumée d'un cigare pour l'un et d'une cigarette pour l'autre, imbibés de nicotine jusqu'à la moelle. D'ailleurs, cette sensation manquait beaucoup à Paddie, et elle se maudit un instant de s'être assise là, à l'intérieur, alors qu'elle aurait pu aller fumer dehors. Mais la conversation promettais d'être si croustillante… Comment pouvait-elle aborder le sujet à son avantage ? Paddie réfléchit vite et reprit la conversation d'un ton naturel.

« J'ai cru comprendre, lors de nos conversations, que vous étiez en revanche très différents… Cela m'étonne car vous avez l'air d'une femme admirable ! Qu'est-ce qui pourrait bien expliquer ces différents entre vous ? »

Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.


©La Fontaine, in Fables


Si Paddie n'était pas des plus assidus à l'école, il y eu un moment dans sa scolarité où elle se délectait des cours. En effet, les leçons de morales et la compréhension de l'autre était tout pour Paddie. Elle adorait voir les faiblesses des autres, et pouvoir les exploiter afin d'obtenir ce qu'elle voulait. Toutefois, elle ne cherchait pas à faire du mal. Ce point de charactère de Paddie aurait pu être qualifié de psychose, mais il n'en était rien car personne ne s'était jamais posé la question. Après tout, Paddie ne faisait de mal à personne. Ou du moins, pas plus que d'autres…
Quoi qu'il en fut, à cet instant, Paddie espérait que Tess était un corbeau. Et elle espérait encore plus qu'elle gagnerait un fromage...

hrp:
 

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Ven 20 Mar - 0:24



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Tess ne savait pas trop quelle opinion se faire de cette jeune femme. Son métier l’inclinait à ne pas juger trop vite : au contraire, la diversité des situations qu’elle rencontrait depuis une dizaine d’années l’avait formée à produire des analyses rapides et fines des personnes. En tant que lieutenant dans la brigade des crimes et homicides, Tess avait à faire à beaucoup de monde. Et aucun témoin, aucun suspect, aucun accusé ne se ressemblait : l’adaptation était primordial, et il fallait savoir cerner les individus au premier coup d’œil. Cette faculté l’avait tiré de beaucoup de mauvais pas et lui avait permis de tirer parti de certaines situations. C’était aussi plus facile d’aider les victimes ou de rassurer les familles en comprenant à qui on s’adressait. Mais Paddie…

« Oh, Hugher ne me parle pas beaucoup des affaires… Il me dit qu'il les résout, et c'est tout. Vous comprenez, le secret professionnel ! Il a trop peur que j'en parle aux médias, sûrement… Avec la place qu'il a au sein de la police, il doit se sentir menacé, le pauvre homme ! »

Ouiiii, bien sûûûr. Sérieusement, Tess faillit s’étouffer. Elle savait que Hugher souffrait d’un complexe de supériorité tout à fait mal placé mais de là à se construire un mythe pareil… Beuh.

«« Quant à notre rencontre, eh bien Hugher est en fait une connaissance de ma mère, à la base. J'avais quelque fois tendance à me réfugier chez lui quand ça n'allait pas entre elle et moi. Pour épancher un peu ma peine… Vu sa fonction, il était le mieux placé pour m'entendre et me répondre le plus diplomatiquement possible. Ainsi, nous avons peu à peu découvert à quel point nous étions pareil. Nous nous aimons beaucoup ! »

D’accord. Donc Paddie était une mini-Hugher, c’est ça ? Surtout si elle se réfugiait chez lui quand ça n’allait pas… Tess ne pouvait qu’espérer que l’homme était son dernier recours et non son premier, sinon… Tss. Il n’avait même pas eu de formation psychologique alors que c’était un passage obligatoire pour tous les flics ! Elle haussa les sourcils, fit mine de compatir : elle ne voulait pas trop s’avancer en disant quelque chose de faux et d’hypocrite. Tess n’était plus aussi douce et influençable qu’elle avait – réellement – été et ses désillusions récentes avec les adolescents lui avaient enseigné à ne pas se laisser manipuler. Elle ne souhaitait pas non plus jouer les menteuses avec la gamine : c’était un rôle qui ne lui convenait pas. Et puis, entre Tess et Paddie, l’une était suffisamment mielleuse pour deux…

« J'ai cru comprendre, lors de nos conversations, que vous étiez en revanche très différents… Cela m'étonne car vous avez l'air d'une femme admirable ! Qu'est-ce qui pourrait bien expliquer ces différents entre vous ? »

Encore une fois, haussement de sourcil, et Tess ne peut s’empêcher de rire délicatement. Les propos étaient adroits, présentés de manière innocente. C’était à la fois gênant et flatteur : elle savait bien s’y prendre. Mais avec dix ans de plus et une vie nettement plus éprouvante, Tess n’avait pas le profil à tomber dans le panneau.

 « Eh bien… merci pour tes compliments, mais je fais simplement mon devoir de citoyenne et de policière. Comme je l’ai dit, Samson et moi n’avons tout simplement pas la même façon de travailler ni d’envisager notre devoir ». C’était clair et concis : Tess ne s’étendrait pas sur le sujet. Hors de question de se compromettre : elle n’était pas aussi sensible à la flagornerie que son supérieur. Et puis bon, elle n’accordait pas sa confiance facilement et vu comme cette jeune fille lui rappelait sa sœur, elle n’était pas prêt de le faire.

 « En tous cas c’est une bonne chose que tu aies quelqu’un pour veiller sur toi. Mais dis-moi, que fais-tu dans la vie ? Vu ton profil, tu dois être à l’Académie Weins, non ? » Elle ne s’attendait pas à ce que Paddie lui ponde un laïus sur son désir d’entrer dans les forces de l’ordre, mais si elle pouvait sonder un peu les ambitions de la jeune fille, ça ne ferait pas de mal. Mieux valait en savoir suffisamment : avoir la petite protégée de Samson en face d’elle était une opportunité bénie. Et jouer sur la réputation élitiste de Weins lui montrerait qu’elle aussi savait lancer des compliments. Mais un duel d’hypocrisie entre une arrivise de dix-sept ans et une flic de trente ans ? Ce n’était pas crédible. Si sa rancœur contre son patron la poussait à tirer profit de la situation et à essayer de sensibiliser Paddie à la vacuité intellectuelle de son « père adoptif », sa conscience l’engageait à ne pas avancer sur ce terrain. Tess était une excellente agent de terrain et elle avait déjà fait deux-trois missions d’infiltration. C’était une bonne menteuse, une bonne joueuse de poker en somme, mais là, ça servait ses intérêts personnels. Elle avait eu tort : elle était en train de s’abaisser au niveau de Hugher. Est-ce que c’était ce qu’elle voulait vraiment ? Exploiter la vanité d’une ado à peine majeure pour « faire mal » à son boss ? Dieu que c’était ridicule. Elle n’avait plus vingt ans !

 « Écoute… je sais que je ne devrais probablement pas te parler de ça, mais… j’ai l’impression, d’après ce que tu me dis, que Hugher ne me tient pas en très haute estime… J’essaie de faire mon boulot au mieux, mais honnêtement, ce n’est jamais facile, il ne dit jamais ce qui ne va pas. Est-ce qu’il t’en aurait parlé ? »

Oui, hein, douce Paddie, à quel point notre débile ami commun a-t-il enlaidi mon portrait ? Que t’a-t-il dit ? Tess se doutait bien des saloperies que son boss pouvait déverser dans son dos, mais si elle arrivait à les faire dire à la jeune fille et à retourner les arguments un par un, ça l’aiderait peut-être à aller confronter son stupide patron une fois pour toute. Quitte à lui dire que c’était sa protégée qui avait balancé. En jouant un peu les femmes naïves, Tess espérait que Paddie mordrait à l’hameçon – même si elle en doutait.



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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Dim 12 Avr - 19:17

Elle se délectait. La situation devenait à la fois très intéressante, et très compliquée. Deux choix s'offraient à elle. Non, trois : Dire la vérité et ce que Hugher pensait de Tess. Dire qu'il la détestait. Ou dire qu'il se ramassait devant elle. La première solution était inenvisageable : Paddie ne savait absolument pas ce qu'Hugher pensait réellement de Tess. En pensait-il seulement quelque chose, en fait ? A vrai dire, les fois où Hugher et Paddie avaient des conversations se soldaient souvent en dialogue de sourds: l'un se plaignant et l'autre renchérissant, aucun n'étant sur le même sujet, laissant pour quiconque prêterais un peu d'attention à la conversation l'impression que l'un et l'autre s'étaient trompés de texte. A moins que la volonté du dramaturge les mettant en scène soit de créer un comique de situation dû au quiproquo... La seconde solution serait comique : elle sèmerait le trouble au sein du petit duo et le résultat en promettait d'être réjouissant ! Mais afin de pouvoir savourer le-dit résultat, il fallait que Paddie puisse se rendre au poste, ou provoquer bien des rencontres avec l'un ou l'autre des deux protagonistes. Voir même les deux en même temps ! Enfin, la dernière solution, elle, mettrait Hugher dans une situation délicate et flatterait l'estime de sa collègue. Cela aussi, serait marrant…


La tournure des événements et la confrontation à ce choix étaient inespérés. Alors que Tess c'était mise à parler de « devoir de citoyenne et de policière », le sourire de Paddie avait failli s'estomper. Mon dieu, elle désirait tout sauf un discours barbant sur les droits et les devoirs du citoyen New-Yorkais ! Elle en parlait déjà assez en éducation physique… Mais le sourire n'avait que failli. Il était resté bien fiché sur son visage, soulagé d'entendre la suite du discours. Des questions sur elles, encore et toujours, un moyen de se mettre en avant. Se rengorgeant un peu, Paddie écouta attentivement Tess :

« Mais dis-moi, que fais-tu dans la vie ? Vu ton profil, tu dois être à l’Académie Weins, non ? »

« C'est exact, acquiesça-t-elle, je suis de l'Académie. Mais ne vous méprenez pas, je ne fais pas partie de ces goujats et cancres présents ici par la seule volonté divine (ou celle de Gordon !). Je suis là-bas car j'aime bénéficier du meilleur qui soit. Après tout je pense en être digne. Je pense que nous pouvons même dire que je fais partie de l'avenir de New York ! Je suis sportive, je fais du Tennis à Weins, en tant que vice-capitaine de l' équipe. Tout cela me prend déjà beaucoup de temps pour que je puisse faire autre-chose... »

Il ne fallait évidemment pas préciser qu'elle avait assez de temps pour faire du shopping et se prélasser dans un café à étaler sa merveilleuse vie devant une parfaite inconnue. Encore une fois, Paddie en avait rajouter des tonnes sur ses qualités et sa vie. C'était devenu une seconde nature chez elle : se mettre en avant. Profiter de n'importe quelle situation pour se mettre en avant. Profiter des situations… Oui, il fallait qu'elle en profite.

C'était maintenant, d'ailleurs, qu'il fallait en profiter. Quel choix allait-elle faire ? Comment allait-elle profiter de la sitation cette fois ? Gagner du temps. Oui, il lui fallait gagner du temps, car elle n'était actuellement pas capable de faire ce choix.

« Il ne dit jamais ce qui ne va pas. Est-ce qu’il t’en aurait parlé ? »

Non. Oui. Peut-être. Elle n'en savait rien. Vite, réfléchir, vite vite vite… Berner une flic ? Aucun problème voyons. A chacun son métier. Et pour berner les gens, Paddie pouvait être forte. Parce que cela été dans son intérêt. Et Paddie était très douée, lorsqu'il s'agissait de son intérêt… Aussi, elle ne doutait pas. Elle n'aurait pas à douter si elle trouvait vite une solution… La scène lui rappelait les plus grands films hollywoodiens, ceux dans lesquels Sherlock Holmes devait analyser la situation à la vitesse de la lumière, se sauvant encore une fois in extremis des griffes de la mort. Là, c'était la fierté et le divertissement de Paddie qui était en jeu… Et elle ne le permettrait pas !

Le plus souvent, le meilleur mensonge était celui qui se rapprochait le plus de la vérité. Ainsi, il était plus cohérent, plus tangible. Il fallait donc que Paddie sélectionne une des raisons qu'elle avait ou pouvait avoir pour hésiter sur la réponse, puis qu'elle laisse sous-entendre qu'elle serait prête à répondre plus tard. Gagner du temps, c'était tout ce qu'il lui fallait…

« Eh bien… A vrai dire, oui, il m'en a un peu parlé. Mais je ne sais pas trop si ce serait bien juste de le dire… Après tout, ce sont vos histoires, il ne faudrait pas que je m'y interfère, ce ne serait pas très juste. »

Un peu de mensonge. Beaucoup de vérité. Non Hugher ne lui en avait pas parlé, mais oui, elle avait raison : ce ne serait pas très juste d'intervenir dans leur relation. Néanmoins, résidait dans cette phrase un ultime mensonge. Une omission, cette fois : ce qui était juste ou non, elle n'en avait rien à faire. Prenant cependant un air contrit, elle continua :

« Toutefois, je pense que dire ce que pense Hugher de toi pourrait vous aider… Mais j'espère que ça n'affectera pas trop votre relation non plus… Il ne faudrait pas que ça manque de naturel, tu vois ! »

Elle sourit à Tess, attendant de voir sa réaction pour prendre sa décision.

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Sam 6 Juin - 10:06



Réflexions

Finalement, Tess réfléchit et se dit qu’elle n’aimait pas Paddie. Voilà. C’était triste, mais c’était la vérité. Le pire, c’était que Paddie ne lui avait rien fait. Non, rien : il s’agissait d’une gamine un peu trop sûre d’elle, probablement mal élevée, hypocrite à loisir à n’en pas douter... mais elle ne lui faisait aucun mal. Si elle le souhaitait, Tess pouvait la congédier aisément, se débarrasser de cette inopportune invitée, continuer son café et ses achats comme si rien n’avait jamais eu lieu. Après tout, elle ne la reverrait sans doute pas, et que lui importait les caprices d’une jeune adulte en devenir ? Après tout elle devait bien se montrer au-dessus de ça… or, elle s’en sentait incapable. Foncièrement incapable, inapte, impuissante de faire abstraction du fiel de sa jeune interlocutrice. Un peu plus tôt, elle avait remarqué le parallèle troublant avec sa propre sœur – le diable ait son âme à celle-là… ! – et maintenant, Tess savait ce qui clochait. Le comportement de Paddie, cet entêtement, ses phrases pompeuses qui sonnaient bizarrement dans sa bouche – oh, elle avait l’habilité nécessaire pour les prononcer, l’attitude suffisante qui n’appartient qu’à ceux qui ne doutent de rien, pourtant, sortant de sa bouche, Tess trouvait qu’elles cadraient mal. À sa connaissance, il n’y avait guère que cette petite garce bourgeoise d’Hypathie Lockhart pour la regarder dans les yeux et lui asséner qu’elle était l’élite. Et c’était vrai. Ça sautait aux yeux, il aurait fallu être aveugle pour penser qu’autre chose que de l’or pur coulait dans ses veines. Mais Paddie, elle, semblait nettement plus ordinaire.

Paddie Pleasence ne doutait de rien. Elle parlait bien, trop, pour ne pas dire grand chose, mais elle savait s’affirmer, et nul doute qu’elle saurait également lui tenir tête. Et au fond d’elle-même, Tess savait que face à ce genre de personnes, imbues d’elles-mêmes, fermées à tout autre opinion, elle redevenait malgré elle la jeune femme fragile et perdue qu’elle était effectivement il y a des années de cela, lorsque l’Irlande n’était plus qu’un champ de glace et qu’elle n’avait aucun espoir. Longtemps, elle s’était écrasée face aux autres, face aux filles surtout, qui ne manifestaient aucune pitié et dont l’instinct de survie écrasait toute autre considération morale. Elle ne savait leur résister, s’affirmer, elle qui mettait un point d’honneur à se montrer toujours douce et serviable… Ces confrontations, si elles forgèrent son caractère et la poussèrent à se battre aussi plus ardemment pour sa propre survie, restaient encore un exécrable souvenir. Et la jeune Paddie mettait Tess mal à l’aise, même quinze ans après, car elle décelait en elle cet égoïsme surpuissant qui l’avait effrayé.

Paddie n’y pouvait rien, consciemment. Tess était bien placée pour savoir que les gens ne changeaient pas, pas vraiment, pas toujours. Les gens se construisaient par leurs choix – même les plus infimes, conscients ou non – mais se voyaient rarement mal tourner. Tess supposait que Paddie n’avait pas eu le choix. Delilah avait-elle eu le choix ? S’était-elle un jour remise en question, détaillée devant le miroir en réalisant qu’elle était un monstre ? Non, probablement jamais, car elle était intrinsèquement persuadée de son propre bien.

Il y a encore quelques années, Paddie l’aurait un peu effrayée. Mais à la lumière de tout ça, Tess se sentait juste un peu déçue (comment pouvait-elle être impressionnée par une gamine à trente ans ? mais aussi, savoir que la petite fille qu’elle avait été existait toujours la rassurait un peu) et surtout, en venait à éprouver du mépris et de la pitié pour Paddie. Loin de la vérité vraie des choses qui font le bonheur absolu. Tess pouvait se dire heureuse. Paddie était-elle heureuse ? Bonne conscience oblige, elle espérait seulement qu’elle ne se perdrait pas dans les méandres de sa propre insignifiance.

Elle releva ses yeux clairs, scruta le visage hésitant de l’étudiante. La réponse était timorée, il dit des trucs sur toi, ça t’intéresse ? Tu veux savoir ? Enfin je dis ça je dis rien… mais si tu veux demander n’hésite surtout pas hein tu sais. Tess se retient de ne pas soupirer. Oh, Paddie, Paddie. N’as-tu donc rien appris ? Tess ne voulait pas jouer. Elle n’était plus une adolescente, tristement elle était bel et bien une adulte et n’avait plus le temps pour les jeux puérils. Samson Hugher était son patron. Si elle voulait, demain, elle entrait dans son bureau et mettait tout au clair. Elle était naïve de croire que manipuler une jeune fille l'aiderait à se sentir mieux. Elle était flic, bordel, elle avait TRENTE ANS bon sang ! Il était temps de grandir, vraiment.  

« Je te remercie pour ton honnêteté mais... je pense que certaines choses ne sont pas faites pour être débattues comme ça, sur le coin d'une table. Tu connais bien Hugher après tout, alors, s'il y avait un problème, il viendrait m'en parler non ? Après, si ta conscience est trop lourde, rien ne t'empêche de me le dire, mais je suis pour la discrétion. » Et hop. Ça ferait l'affaire ça, non ? Retourner le syllogisme : si Paddie parlait, elle seule serait responsable de ses déclarations, Tess se dédouanait en ne demandant pas... mais clairement, elle devrait aller parler à Samson.

« Enfin, si je peux à mon tour t'aider d'une manière ou d'une autre, n'hésite surtout pas, asséna-t-elle tranquillement. Avant de reprendre, sans réfléchir : Tu me rappelles ma soeur, il y a des années.»

Franchement, oui. Elle ne savait pas pourquoi elle lui disait ça, mais elle en avait besoin. Poser les bases. De toute façon, personne ne savait qu'elle avait une soeur, personne ne connaissait son passé, hormis Eugène. « Enfin bon. Tu souhaites commander quelque chose ? »

Ça faisait un petit moment qu'elles étaient assises à discuter, déjà.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Dim 21 Juin - 16:17

Elle y avait cru. Oui, elle avait cru à sa victoire, quand elle avait vu deux yeux bleus scruter son visage, qu’elle avait pris soin de composer pour paraître la plus sincère possible. Ne pas laisser transparaître qu’elle s’amusait, non, surtout pas. Mais quand elle entendit la réponse de la jeune flic, ce ne fut pas dur de ne pas laisser transparaître qu’elle s’amusait. Car maintenant, ce n’était plus le cas… Pour une fois, quelqu’un avait percé son jeu. Quelqu’un avait vu, avait déjoué, elle, Paddie, qui était née pour la scène, pour jouer avec les autres. Mais elle n’était pas en colère ou triste ou quoi que ce soit, non, elle était déçue. Quelque peu sur la défensive, elle entreprit de rappeler (peut-être à tord ?) qu’elle n’était pas la fautive de l’affaire.

Oh bien sûr, je comprends parfaitement la volonté de silence. Je voulais seulement répondre à vos questions… Mais que vous vous ravisiez m’arrange. Et puis ça montre que vous savez garder la tête froide… Surement une preuve de maturité qu’on acquiert en devenant adulte !

Un sourire entendu, la petite réplique pinçante. Tess était-elle vraiment une adulte pour être entrée dans son jeu ? Assurément, puis qu’elle en était sortie. Mais pas assez. Cependant, la flic ne semblait pas vraiment penser à ça. Autre chose avait l’air de lui traverser l’esprit, et elle dit sans presque se soucier de Paddie :

Enfin, si je peux à mon tour t'aider d'une manière ou d'une autre, n'hésite surtout pas. Tu me rappelles ma soeur, il y a des années.

Paddie lutta pour que son sourire ne parte pas. Allons bon, le ton maternel qu’elle exécrait tant. Voilà, on y était maintenant : elle s’ennuyait vraiment. Pas il ne fallait pas briser le charme de la comédie et montrer le vrai visage de l’ennui, non. Car si Tess ne lui servait pas à grand-chose à présent, cela pourrait changer plus tard, il fallait qu’elle prenne ceci en considération. Il fallait que Paddie continue de plaire à Tess. Du moins, si c’était le cas… Qui pouvait savoir quelle relation elle avait avec sa sœur ? Peut-être Hugher . Oui, tiens, demander à Hugher lui semblait être une bonne idée ! Elle se félicita de cette initiative. Interrompant ses pensées, Tess lui proposa de commander quelque chose. Comme si Paddie allait accepter qu’elle lui paie quelque chose, tiens ! Et puis, à quoi bon, maintenant, alors qu’elle ne s’amusait plus ? Elle regarda l’heure à son poignet et prit une mine désolée.

Oh, ne vous en faites pas, je n'ai pas besoin d'aide. Je ne vois pas trop pourquoi j'en aurais besoin. Je passe mon temps à l'académie entre les cours et le Tennis! Je prends rarement de bon temps d'ailleurs...

Que du blabla. Perfection des apparences.

Je regrette, cela m’aurait fait plaisir, mais malheureusement il faut que j’aille m’entraîner, mon équipe de tennis m’attend. Mais ce fut toutefois un plaisir d’avoir pu discuter avec vous !

Elle sourit encore et se leva, prenant ses poches d’achat. Elle allait partir lorsqu’elle s’arrêta, à un mètre de la table. Quelque chose lui manquait, lui avait échappé. Que se passait-il ? Fuyait-elle ? Serait-elle en train de capituler, elle, Paddie Pleasance ? Non, il ne fallait pas qu’elle fasse n’importe quoi. Mais elle ne pouvait non plus partir comme ça, sans un mot, avec juste un prétexte de rendez-vous… Alors elle se retourna, l’air songeur, vers Tess. Quel était donc l’élément à exploiter ? Vraiment ?

C’est étrange… Personne ne m’a jamais dit que je ressemblais à quelqu’un. Peut-être serait-il possible que je rencontre votre sœur, une fois. Pour voir ce que ça fait d’être en face de moi…

Elle attendit quelque seconde de faire son effet, haussa les épaules, puis sortit du café. Elle attendit d’être sortie du centre commercial pour afficher un sourire vainqueur. Il n’y avait rien à faire, Paddie serait toujours Paddie, elle l’avait prouvée à l’instant. Bien que les défis vers des personnes adultes étaient plus difficiles à relever, elle avait réussi. En effet, le monde des adolescents ou jeunes adultes est facile. Ils n’ont pas encore fini de se construire, ils sont fragiles. Mais celui des personnes qui ont à partir de trente ans est un peu plus complexe, mais elle avait réussi. Elle avait vu le petit tic sur le visage de la flic. Le petit tic de gêne. Elle ne savait pas qui était la sœur de Tess, mais en tout cas, ça n’allait pas. Et Paddie aimait quand les choses n’allaient pas. Pour les autres, du moins.

Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

©La Fontaine, in Fables

Elle traversa un quartier où se trouvait un petit marché, un vendeur l’accosta pour lui faire goûter ses produits. Sans lui accorder un regard, elle se servit, et mordit. Oui, finalement, elle l’avait eu, son fromage.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Réflexions | Paddie Mer 1 Juil - 23:37



Réflexions

Elle s'était attendue à pire, comme fin de discussion. Maddie se leva pour partir, Tess la salua poliment. Elle s'attendait à ce que la jeune fille refuse son aide, ce n'était pas pour lui déplaire. Tess aurait détesté venir en aide à Paddie. Pour elle, le sujet était clos quand son interlocutrice s'était éloignée. Baissant les yeux sur la table, Tess réalisa qu'elle n'avait presque pas touché son café, ni son muffin. Elle s'apprêtait à s'en emparer quand Paddie, dans un mouvement de cheveux digne d'une série B, se retourna. La flic se figea. Évidemment, elles ne pouvaient pas en rester là. Elle réprima un sourire. Soit. L'irlandaise laisserait le dernier mot à Paddie... cette fois-ci. Quoiqu'elle dise, elle n'aurait certainement pas l'envie de lui répondre.

Peut-être serait-il possible que je rencontre votre sœur, une fois.

Son coeur loupa un battement, et elle lutta. Lutta pour ne rien montrer. Pas une faille, pas un rictus, pas une respiration en trop. Même quand elle avait fait face à Jason Lecter, elle s'était sentie moins obliger de rester impassible que là. Elle s'en voulait d'avoir apporté le sujet, bien sûr, elle aurait dû se douter que Paddie se nourrirait de cette information. Elle ne bougea pas jusqu'à ce qu'elle soit finalement partie pour de bon, se rendant compte qu'elle avait effectivement oublier de respirer.

.« Ça, ça ne risque pas, » murmura-t-elle pour elle même. Mais la sensation de gêne était là. Elle mordit dans son muffin d’un air absent, souhaitant dissiper la boule qu’elle sentait se former dans son ventre. Delilah la hantait toujours. Paddie réactivait-elle vraiment ce souvenir ? Partiellement… il faut dire qu’elle lui ressemblait, oui. Mais à force de se poser des questions plus ou moins torturées sur son passé et sur son futur, Tess finissait par ressasser ses vieux démons elle-même. Toutes ces choses auxquelles elle s’était promise de ne plus penser en posant un pied sur le sol américain. Toutes ces douleurs sur lesquelles elle tentait depuis presque dix ans maintenant de passer une pommade… La cicatrisation semblait bien avancer, elle, guérissant en surface, mais au moindre geste brusque révélant la fragilité de sa cicatrice. Bien sûr, la vie à New York, la vie américaine la sauvait et la faisait mûrir, mais elle se souvenait bien de mots que lui avait un jour adressé Eugène, un peu lassé de la tendance de son amie à s’auto-flageller… qu’elle ne pouvait pas construire quelque chose de neuf et beau sur des ruines mal enterrées. Que tant qu’elle ne tournerait pas la page, n’aurait pas une vie à elle – et par là il voulait dire une vie de famille – elle ne serait pas capable d’exorciser ses propres peurs et ses regrets vis à vis de sa propre famille. Et vice-versa. Il avait raison, bien sûr, comme souvent, mais à l’époque, ça lui avait paru dérisoire. Tess se convainquait très bien qu’elle pouvait avancer toute seule. Maintenant, elle n’en était plus aussi sûre. Paddie, sans rien avoir demandé, avait déclenché quelque chose en elle.

Elle ne réalisa être sortie du café et avoir payé qu'en se faisant bousculer dans le hall du centre commercial. La rouquine cligna des yeux plusieurs fois, chassant de sa tête toutes ces pensées confuses.

Il y avait un temps pour tout : un temps pour les réflexions, et un temps pour continuer le shopping... Et là, maintenant, elle comptait bien faire honneur au second.

RP TERMINÉ —


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