Cassidy Kuznetsov

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MessageSujet: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 16:02


Cassidy Kuznetsov

« Quand vous tuez soixante-dix-sept personnes comme pour vous éclaircir la voix, tout le monde devient extrêmement attentif à ce que vous avez à dire. Personne ne va vous interrompre. »
Utøya, Laurent Obertone



identité

NOM : Kuznetsov
PRÉNOM(S) : Cassidy
DATE DE NAISSANCE : 19/10/2080
À : Omsk, en Russie.
ÂGE : 19 ans
NATIONALITÉ : Russe
MÉTIER : Si vous déposez une arme usée ou défaillante dans mon casier, je vous la réparerai.
SIGNE PARTICULIER : //

► Poste vacant ; Inventé
► Célébrité choisie : Arthur Daniyarov
► Groupe : Clandestins.

Crédits : ©️ moi (icons) || ©️ Fay (avatar)



HISTOIRE

« ll y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète,
où sont les véritables causes des événements. »

— Balzac.




Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Après tout, « À dix-neuf ans, qu'est-ce qu'on peut bien avoir à raconter ? » Eh bien, pour pallier à cette terrible et infantilisante question, j'ai fait quelque chose. Qu'est-ce que ça peut vous foutre, depuis quand faut-il avoir fait la guerre pour avoir de quoi piailler sur sa vie à tout bout de champs ? J'admets cependant que je suis loin des conversations de jeunes adultes que j'entends autour de moi ; involontairement, peut-être.
2080, je suis né quelques semaines après une nouvelle ère, celle que tous attendaient sans la vouloir, celle qui signe la fin de la guerre. Un nouveau millénaire avant l'heure. Peut-être mes parents étaient-ils sensibilisés par la paix retrouvée, ou peut-être que la vie dans le noir les a poussés à se sentir, à se toucher, à défaut de se regarder dans le blanc des yeux. Quoiqu'il en soit, de cette union, je suis né ; très certainement voué à quelque chose d'immense. Pas au cours de ma vie entière, non. Ma vie, du début à la fin, n'est qu'une ligne presque droite, inconsistante et sans saveur. Presque repoussante. Mais je vais réaliser une chose, rien qu'une, de grandiose. Je le dois. On s'habitue vite à ces douces digressions, au goût amer de cet orgueil mal placé et sans grande raison d'être qu'est le mien, simplement forcé à pallier le vide d'une fierté inexistante. Qu'importe, je suis né, et en 2099 je suis entré dans l'Histoire. Mon enfance fut relativement tranquille – chacun connaît des passages à vides, pour certains ce sont des dalles manquantes, pour d'autres des crevasses. Les enfances passent et se ressemblent bien souvent.
Tout ça me tourmente ..
Mon adolescence elle, fut d'apparence beaucoup plus lisse, calme, presque agréable – dotée d'un fond jonché de souvenirs crasseux et particulièrement désagréables, de ceux qu'on oublie jamais vraiment. Mais je ne voudrais pas avoir l'air de me plaindre  - je suis né en Russie, l'immense et belle Russie, mes parents m'ont gardé unique et gâté, ils étaient présents, j'ai pu grandir et être pourri jusqu'à la moelle tant que je l'ai voulu, sans pour autant être étouffé et sans cesse surveillé. Ils étaient vraiment à mes côtés, tout comme le reste de ma famille, et ils travaillaient dur pour me fournir tout ce dont j'avais besoin. J'avais toujours les pieds au chaud, le ventre plein, et l'attention occupée par quelque chose de captivant, de sympathique, la maison souvent remplie de petits cousins... La belle vie de gosse.

Tout ça me tourmente ..

Les réunions familiales, la chaleur des proches membres à qui l'ont est cher, le cliché du feu qui crépite et nous réchauffe tous lorsque dehors le vent mordant de la Russie croque tous ceux qui s'y confrontent. Les soirées passées à siroter un grog, préparé par maman selon nos goûts les plus pointus du haut de nos six ans, tout en écoutant les histoires familiales, en tentant vainement de convaincre sa cousine de montrer ce qu'elle cache sous sa robe, « juste pour voir comment c'est ». Souvent à somnoler près du chat à même le sol, son ventre chaud et doux improvisé en un coussin, jusqu'à ce que l'on accorde sa respiration à la sienne. Toutes ces nuits passées à être réveillé par le bruit, maintenant familier, de la porte – le léger grincement des gonds, le frottement du bois contre le plancher, qu'on ne perçoit qu'après l'avoir entendu maintes fois ; trop de fois. Il  dure pourtant moins d'une seconde, et déjà le rai de lumière s'infiltre dans la pièce, avant qu'elle ne soit à nouveau plongée dans le noir. Le bruit des semelles sur le sol, duquel il se ressent que les pas tentent d'être discrets ; c'est pourtant la meilleure façon de montrer sa présence. Je me réveillais immanquablement, les heures étaient presque régulières – tant, que même lorsque je n'avais pas de visite nocturne j'ouvrais les yeux, comme lorsqu'on se réveille tôt un samedi matin, alors qu'on n'a pas cours. Je ne me réveillais même plus en sursaut, je n'avais plus le cœur arraché à ma poitrine, je ne me posais plus de questions. Les parents nous préviennent de se méfier des inconnus – mais jamais de sa propre famille. Les parents n'entendent pas, ils ne voient pas, ils ne se rendent pas compte. Ils ne voient rien.

Tout ça me tourmente un peu.

Mais on ne se plaint pas, politique de la maison. On conte, on se souvient, mais qui oserait se plaindre ?
Mon adolescence donc, fut troublée par ces souvenirs relativement... désagréables. Par extension, je n'ai jamais vraiment apprécié les rapports physiques, quels soient-ils. À treize ans j'imaginais que personne ne me comprendrait jamais et que le monde était rempli de cons, à quinze j'ai du répondre aux questionnements masculins qui m'assaillaient, et à dix-sept j'étais convaincu que le monde est rempli de cons.
Dix-sept. Parlons-en. Les cours sont chiants, mais je me cantonne au minimum acceptable avec les matières qui me plaisent. À côté, je m'instruis plutôt sur une criminalité à ma portée. Puisque la Russie, bien heureusement, a l'honneur de faire partie des cinq pays les plus exportateurs d'armes dans le monde, je n'ai qu'à tendre la main, et ramasser les chargeurs qui traînent. Mais tout se paie, tout s'achète. Je dois travailler. Pendant les vacances, je remplis les rayons des supermarchés, j'écaille et je vide les poissons, je me brûle les mains à préparer des churchkhela. Je garde soigneusement l'argent de Noël, de mon anniversaire, je prépare ma cagnotte.
Mais force est de constater que trois mois de travail ne me paient qu'une arme, sans munition, et de qualité contestable. J'ai besoin de plusieurs armes, de sacs entiers de munitions, et bientôt la fin de mon cycle approche.
Je me trouve un acolyte, qui n'a pas grand-chose de particulier si ce n'est qu'il m'approuve, un suiveur qui ne conteste pas et agit sans broncher, et qui m'est utile. Il n'a pas été bien difficile à dénicher, et d'ailleurs, il est d'un an mon cadet. J'imagine que les quelques mois qui nous séparent l'on convaincu que, décidément, mon idée ne pouvait pas être si mauvaise que ça. On connaît tous un mec sombre, seul, étrange et que personne n'aborde jamais. Tout de suite, ça devient pas bien compliqué de le convaincre de tas de trucs qui m'arrangent. Cependant, j'exagère, je ne peux pas dire qu'il n'a rien de particulier ; à vous, je peux bien le dire, après tout. Je traînais, plus ou moins discrètement, devant les vitrines des armureries de la ville, quand je rentrais de cours. Une après-midi, il est venu à ma rencontre, alors que je continuais de marcher vers l'appartement de mes parents. Et l'armurerie devant laquelle je flânais, des idées plein la tête, c'était celle de son cousin. Bien sûr, il était tout à fait hors de question de piquer quoique ce soit à l'intérieur, je ne suis pas un voleur. Mais il m'a appris, plus ou moins habilement, à bidouiller des armes, à les nettoyer, à remplacer les pièces usées. Bientôt, je devenais le petit jeune qui rafistolait les armes illégales pour pas cher. Pas cher, mais tellement plus que ce que je gagnais de façon régulière, pendant mes vacances. Au lycée, je participais même à l'activité « mécanique » qu'ils proposaient. J'avais l'impression d'avoir tiré le gros lot, et je ne me sentais pousser une petite puissance au fond de mon ventre.

Les « adultes » sont ravis que leurs rejetons se trouvent des potes avec qui traîner, si ravis qu'ils ne cherchent pas vraiment à discuter là-dessus. Alors on peut dépenser l'argent amassé, autant de son côté que du mien, passer des heures hors de la maison – on peut se préparer à l'événement, on prend son temps sans pour autant traîner. Des mois et des mois que j'espère pouvoir faire ça. Des mois. Pourquoi ? Parce que je dois me venger ! Si je ne pleurniche pas, j'en suis pas moins dégoûté. La vie est dégueulasse, elle m'a ruiné mon enfance, et il faut que je détruise le futur des autres. Finalement, contrairement à ce que j'ai pu penser à l'époque, la logique n'a ici pas sa place. Rien, dans toute cette histoire, à partir du moment où l'on ma sorti de mon lit pour la toute première fois en plein milieu de la nuit, ne relève de la logique. Rien, et je ne vais pas chercher à me justifier. J'ai besoin de me venger, et de leur faire du mal. C'est tout. Personne n'a jamais rien vu, jamais rien demandé, jamais rien compris. Puisque je n'arrive pas à dépasser ça seul, peut-être par manque de maturité, ou à cause de l'absence d'une oreille attentive, je dois agir. Il existe de nombreux moyens de relâcher la pression, et de montrer qu'on est là ; de montrer de quoi on capable. Qu'on n'est pas une ombre, pas une chose fragile dont on peut abuser éhontément. Et à défaut de kidnapper des filles pour les éventrer dans un bois et assouvir une pulsion sexuelle refoulée, à défaut de me remplir les veines d'héroïne et de crever étouffé dans mon vomi, à défaut de me laisser crever tout court, je vais taper un grand coup, et mon orgueil me pousse à ne surtout pas rester dans l'ombre. Je dois être connu. Reconnu pour ce que j'ai fait. J'ai passé trop de temps à préparer tout ça. J'y ai voué trop de nuits, trop d'argent, pour échouer aux portes de la gloire, de la reconnaissance.
Peut-être qu'on peut se demander, plus ou moins légitimement, si je n'ai pas peur de me gâcher la vie. Après tout, je suis jeune, j'ai besoin de mûrir, pour comprendre ce que la vie peut m'apporter. Je vous répondrai que, je ne la gâche pas le moins du monde, au contraire. Ce serait de ne rien faire du tout, qui me la foutrait en l'air. Comment gâcher ce qui est déjà démoli ? À notre époque, je ne m'attends plus à grand-chose. Bâtir sa vie, ses relations, sa famille, gagner de l'argent, travailler, s'épuiser, dépenser, crever. Je vois difficilement l'intérêt que j'aurais à continuer sur cette voie.

Je crois qu'un jour, quelques mois avant d'avoir tout le matériel nécessaire, et surtout avant d'avoir assez de confiance en moi, je m'étais persuadé qu'ils allaient me tuer juste après la fusillade. Ce qui est certain, c'est que je ne me ferai pas exploser le crâne. Si je dois y laisser ma vie merdique, ils devront m'achever.
Mais peut-être, finalement, que ça n'est pas la seule solution qui s'offre à moi. Je pense à Columbine, forcément, mais aussi aux autres. Je les passe, et repasse en revue dans ma tête. Souvent, trop souvent, ils se suicident. Ils n'ont pas réussi à tenir leur rôle jusqu'au bout, peut-être ont-ils été dépassés par la peur de ce qui pourrait arriver ensuite. Peut-être refusaient-ils la prison, tout simplement. Si je dois purger une peine, je le ferai, je ne vais pas me défiler. Mais peut-être que je pourrais tout simplement fuir. Me casser d'ici. Accomplir tous mes plans, et dégager. Leur laisser une silhouette vengeresse au-dessus de la tête, comme une épée de Damoclès, une abominable angoisse régnerait alors dans les couloirs du lycée, dans les tombes de mes victimes, et dans les placards des survivants. Une honte, terrible, au fond du ventre de mes parents. Tout ça, je dois le laisser. Si je devais en mourir, il ne resterait rien, rien qu'un souvenir amer et malheureux. Rien que des questions, aux réponses déjà toutes préparées, victimes d'une psychologie facile et superficielle. Mais pour ça, je dois me préparer.



*****
Le poing fermé, je toque doucement à la porte, déjà entrouverte, et attends patiemment une réponse. Même lorsqu'elle arrive, que sa voix m'intime gentiment de le rejoindre, je prends mon temps. Je crois que je réfléchis. On a beau imaginer toutes les situations, au calme et à tête reposée, passer en revue chaque réponse possible, chaque déclinaison, et profiter d'une imagination absolument sans faille, on n'est jamais prêt à affronter la réalité. Il m'a été impossible de prévoir avec précision ce qu'il allait se passer aujourd'hui. Je pense que je ne sais même pas encore ce que j'attends ici, ce que j'attends de lui. Au fond, j'aimerais qu'il crève. Dans d'atroces, dans d'inimaginables souffrances. Longues, terribles. D'une maladie, peut-être. Une maladie qui durerait des années, des années pendant lesquelles il se saurait condamné, et n'aurait pas même la force de réaliser ses derniers rêves et désirs. Des années, juste pour qu'il ressente une douleur dans chaque membre de son corps, qu'il sente ses organes se putréfier, se ratatiner comme des pruneaux au fond de lui. Mais je suis certain que ça n'arrivera jamais. Les monstres ne sont jamais punis.
J'entrouvre encore un peu plus la porte, et m'engouffre dans son bureau, dans lequel je nous enferme, les yeux rivés au sol. Je le vois presque une fois par semaine. Il vient chez nous, avec sa famille ; ma mère lui prépare le dîner, mon père partage son verre avec lui, et jamais plus je n'ai réussi à le regarder dans les yeux. C'est au-dessus de mes forces. Je peux regarder son épaule, son cou, son menton peut-être. Mais pas ses yeux. J'ai peur de ce que je pourrais y déceler. Lentement, je un petit pistolet usé de ma poche, en y agrippant fermement les doigts. Durant quelques secondes, mes lèvres s'entrouvrent, jusqu'à ce que j'ose enfin planter mon regard dans le sien, les yeux fixes et écarquillés.

« Je suis venu... Pour te dire que je me souviens de tout. Je sais ce que tu m'as fait. Je le sais. Je m'en souviens. Je veux que tu saches que... j'ai besoin d'en parler. Pas à mes parents. Ni à un psy. J'ai besoin d'en parler à la police. Je vais le faire. Tu as besoin de pourrir en prison. Tu sais ce qu'ils font aux gens comme toi, là-bas. Tu vas en crever. Tu vas en mourir, et moi, je viendrai te rendre visite tous les jours. Tous les putain de jours pendant lesquels tu seras encore en vie, je vais venir, et tu t'en mordras les doigts, de m'avoir fait ça. Et pendant que tu seras loin, je vais me venger. Je vais cramer ta baraque, et ta femme, cette putain, je vais la tuer. Je vais la tuer, je vais la faire souffrir comme tu m'as fait souffrir, et je lui ferai endurer tout ce que tu m'as fait endurer, et je lui dirai à quelle point son mari est une merde, et à quel point elle devrait avoir honte d'avoir supporté tout ça. À quel point elle est immonde. Ces gens-là ne méritent pas de vivre, et elle non plus, elle ne mérite pas de vivre. Elle va même sûrement se buter toute seule, parce que je vais aussi m'occuper d'Ivanna, tu m'entends ? Elle aussi, elle va payer pour tout ce que tu m'as fait. Elle va payer. Et dehors, y a ta secrétaire, et elle sera la première à savoir ce que t'as fait, elle va appeler la police pour moi. Pour moi, et pour les autres. Parce que j'étais pas le seul, hein, y avait pas que moi ? Il a bien fallu que je grandisse, et comment t'as fait, ensuite ? Peut-être qu'Ivanna a pris cher, elle aussi, tiens. Ça va la délivrer de tout ce poids, quand je vais la libérer, t'inquiète pas. »

[…]
Je referme la porte sur moi, un petit sac serré dans ma main. Dans ce monde, tout se paie, et tout s'achète.

*****

La Russie de 2098 est, à tout le moins, toujours une grande puissance mondiale. En réalité, ce qui l'a plus ou moins sauvée de l'immense crise, c'est bien sûr le fait qu'elle a toujours eu, en son sein, d'archaïques usines. Aussi, elle n'a pas subi en totalité l'impact qu'à eu la crise électronique, et a pu profiter de quelques précieux mois d'avance sur certaines autres puissances ; pour autant, la Russie est bien trop éloignée du monde occidental pour y avoir des effets, au lendemain de la Troisième Guerre Mondiale. Les pays qui lui sont limitrophes, en revanche, s'en sont senti amoindris.
Le Gouvernement a sauté sur l'occasion et, comme dans un désir de vengeance envers certains pays qui, courant des années 2000, ont parfois tenté de se révolter, la Russie aimerait supplanter les institutions déjà en place. Pologne, Lituanie, Ukraine se sont donc vues accueillir des centaines de familles Russes. Paraît-il que le gouvernement leur fournit une prime pour avoir accepté de déménager, afin d'y implanter familles et traditions, et de recréer un esprit russe durable. Pour autant, les départs y sont très peu nombreux ; les frontières sont étroitement surveillées, et chaque personne désireuse de quitter le pays « colonisé » doit justifier de papiers, qui ne soient ni du pays d'origine, ni russe.

Mes semaines de réflexion ne m'ont amené qu'à une seule conclusion : j'ai besoin de papiers, pour quitter le pays. Si j'arrive à m'en sortir, à m'enfuir, ce qui sera loin d'être une mince affaire... Je vais m'enfuir. Je ne serai pas un fantôme, enterré avec les victimes. Je ne serai pas un fantôme, je suis une menace, qui plane comme le tonnerre dans un ciel gris, troublé par d'épais nuages sombres. Ils ne sauront jamais, si je compte revenir un jour, et terminer le sale boulot. Certainement que je ne remettrai plus les pieds ici, mais j'aimerais que la vue de mon visage les fasse frémir, qu'ils se remémorent cette journée, et pensent à ces atrocités.
Il est presque de notoriété publique que les faussaires ont la belle vie, là-bas, et du travail. Peu de travail, mais très bien rémunéré. Alors, j'ai fait mes recherches. Elles n'ont pas été très longues, grâce aux contacts plus ou moins fréquentables auxquels j'avais réparé quelques armes, puisqu'en quelques semaines, j'avais déjà plusieurs propositions griffonnées sur un papier. Souvent dans des bars routiers, et la procédure était souvent similaire. J'allais déposer un petit paquet d'argent, le plus possible, dans une petite cache – ici dans les toilettes du bar. Le vieux carrelage tremblait à chacun de nos pas, et j'ai testé chaque dalle, jusqu'à trouver celle qui se décollait le plus proprement. Je l'ai ôtée, j'y ai placé mon paiement, et j'ai tout refermé.
Presque dix jours plus tard, j'y retournais. Lorsque j'ai retrouvé ma voiture, j'avais déjà officiellement un pied dans l'illégalité.

*****

« T'es prêt ? » Je souffle, en lui lançant un petit coup de tête, adossé contre le coffre de la voiture.
Il acquiesce, une once de folie dans le regard, presque effrayante. Pour ma part, j'essaie de me contenir. Il va tout faire foirer. Quelques minutes avant de commencer, je n'ai plus confiance en lui. J'aurais du m'en sortir seul. Je ne peux pas compter sur ce type, ni sur personne d'autre, d'ailleurs. Cependant, je hoche la tête à mon tour en me tournant, écrasant une cigarette sous ma semelle. Peut-être bien la dernière. Finalement, je ne l'ai pas tant savourée que ça ; elle m'a même piqué la gorge, et elle me laisse un goût désagréable sur les lèvres. Je les frotte contre le plat de ma main, et cherche une pastille à la menthe dans la voiture. Je sens que mon cœur accélère peu à peu ses battements, et j'entrouvre finalement le coffre. Il connaît la consigne, et je fourre les bombes dans son épaisse veste, qu'il referme rapidement, en serrant ses bras contre lui. Il a l'air suspect. Je sens une vague glacée courir le long de mon échine, qui n'a rien à avoir avec le froid mordant qui règne. Il va tout faire foirer. Je sens mes joues rougir, et mon visage me brûle presque, j'ai l'impression que la sueur perle sur mon front. Peut-être que je vais attirer l'attention sur moi, et que je serai le gosse qui a loupé son coup. Je referme le coffre, et m'appuie fermement contre la carrosserie, les yeux fermés avec force, le visage déformé en une grimace, pleine d'inquiétude. Et si je me trompais ? Je soupire longuement, et passe mes doigts gelés par la tôle du véhicule sur mon front. Le choc thermique en est presque douloureux, mais après quelques secondes, je me souviens. Je me rappelle toutes mes motivations. Soit j'arrête tout de suite, soit je devrai continuer jusqu'au bout. Jusqu'à la fuite, ou jusqu'à la mort. Je ne me laisse pas le choix. Je peux cesser immédiatement tout ça. Je peux réaliser ce pour quoi j'ai travaillé pendant des mois entiers. Je n'ai plus un rond, en plus. À côté de moi, je l'entends s'interroger, d'une manière beaucoup plus saine et naïve que ce que je subis en ce moment.
Ça recommence. Je sens que mes bras fléchissent légèrement, et je m'agrippe presque à la voiture, serrant mes doigts où je le pouvais. Ils sont glacés, et je les malmène ; ils me font souffrir, les jointures blanchissent, contrastant avec mes paumes cramoisies par le froid. J'ai l'impression que les ombres essaient de me gifler, d'obstruer ma gorge, en s'y insinuant, comme d'énormes serpents, qui glissent en moi, et me dévorent les entrailles. Les ombres. Elles me pourrissent la vie. Il me pourrit la vie. Ils me la pourrissent tout.

« On y va. Il est presque midi. C'est l'heure, c'est ce qu'on avait décidé. »
Ils ne méritent pas que je me flagelle davantage. Bonne idée, mauvaise idée, je n'en suis plus là. Maintenant, je
suis trop avancé pour me poser des questions. Si j'ai été jusqu'ici, c'est qu'aucune interrogation n'a sa place. Je rouvre le coffre, une dernière fois, et attrape le sac de sport, ferme ma veste, enfile ma cagoule. Le sac est déformé par les armes rigides et longues, mais je m'avance rapidement dans le lycée, en laissant tout derrière moi.
J'avance dans le grand couloir, large et soudain interminable à mes yeux. Nos chemins se séparent ici, et l'acolyte va remplir sa tâche. Quant à moi, j'avance, toujours. Ma trajectoire est droite, j'ai le regard fixe et complètement vide. Je n'arrive plus à penser. Je ne réfléchis plus à rien. Au milieu du couloir, je marque finalement un arrêt, et mes doigts glissent maladroitement jusqu'au sac noir, que je tiens sur mon épaule. J'attrape la fermeture Éclair d'une poigne légèrement tremblotante, et ouvre le sac jusqu'à pouvoir sortir la première arme qui me tombera sous la main. Je m'en empare, et je reprends ma route. Dans mon dos, j'entends quelques questionnements, peut-être sont-ce finalement des cris ; dorénavant, je ne m'arrêterai plus.

*****

Je n'ai même pas fermé la grande porte. Ils pourraient tout aussi bien prendre ma suite, et me tirer dans le dos. Pourtant, je ne m'en soucie pas. Tout ce qui m'intéresse, en ce moment, c'est qu'ils tombent sous mes yeux comme des quilles.
Mes doigts enclenchent l'arme, et je tire, au milieu du couloir. Un corps s'affaisse, un deuxième – trois, quatre, cinq, six, neuf, onze. Je sens ma poitrine se bloquer, mon cœur se fait discret, et je ne l'entends plus battre entre mes côtes. Mon souffle se stoppe, et j'ai l'esprit complètement vide. Je continue. J'avance, j'avance où je le peux. Je ne me souviens plus de ce que j'avais prévu, je ne suis plus le protocole, c'est trop difficile pour moi de m'en souvenir, alors je me laisser guider.

Les corps jonchent le sol, parfois troublé de jeunes encore en vie, qui ne m'intéressent pas. Même eux, restent immobiles, ils ne bougent plus. Comme un animal sauvage, une proie, ferait le mort face à son bourreau. Et moi, leur tortionnaire, je joue le jeu.
Je suis le chat devant la souris, le lion devant l'antilope, l'Homme devant l'animal. Je suis la mort face à la vie.

Cependant le temps passe. J'ai retrouvé l'acolyte, et nous errons dans un couloir silencieux, seulement brisé par quelques sanglots, et je regarde l'heure. Midi passée. En fait, il est presque treize heures. Cependant, la cafétéria se trouve dans un bâtiment annexe au lycée, et je ne sais pas si elle est pleine. Tout ce que je sais, c'est qu'une petite bombe artisanale est collée sous une table, du moins, c'est ce qui était prévu. Je déglutis, en m'adossant contre un mur. Ce matin, j'ai rendu visite au salaud. Son argent ne m'a rien acheté, si ce n'est un passeport. Mon cœur frappe ma poitrine. Où est le passeport ? Je lâche mon arme, seulement retenue par sa anse, que j'ai passée sur mon épaule, et je passe avec brusquerie mes mains sur ma poitrine, en exerçant de fortes pressions sur les poches de ma veste. J'essaie de discerner la forme d'un passeport, mais je ne trouve rien. Mon cœur s'emballe, et je ressens à nouveau une vague de chaleur glisser sur mon visage, d'ors et déjà brûlant. J'arrache violemment la cagoule de sur mon visage, et la fourre dans mon sac. La voiture attend dans le parking réservé au personnel de l'établissement, et je n'ai pas mes papiers. C'est fichu. J'ai tout gâché.

« Ça va péter, c'est l'heure. » me dit-il, me sortant de ma soudaine panique. Je relève la tête, dans l'attente d'une explosion, même minime. Mais rien ne vient. Je fronce les sourcils, en regardant l'heure. « Pourquoi y a rien ? Tu l'as bien collée ? Tu l'as activée ou pas ? » Je m'agite, reprend mon arme fermement entre mes mains
Il bafouille de panique, mais je ne relève pas. Dehors, il me semble déceler une voix dans un haut-parleur. Les flics sont là, et l'explosion se fait attendre – la plus proche étant celle de la cafétéria. Cependant, tout mon aplomb semble retomber sous terre, et je lâche à nouveau la mitrailleuse. Mes mains passent sur mon visage, en un mouvement de panique, et je déglutis difficilement. « La police est dehors, et ça ne pète pas, il faut se tirer.
- J'y vais, si tu veux. Je vais vérifier. »
Je n'ai pas le temps de lui répondre, qu'il me lance un regard plein d'assurance, et fait demi-tour, en direction de la petite cour du lycée. Elle sépare les deux bâtiments. Je déglutis, et pars rapidement dans l'autre sens. C'est terminé. La police doit m'attendre de l'autre côté. Lorsque je vais sortir, je serai certainement assailli de toutes parts, visé par leurs armes, littéralement une cible vivante. Je m'essouffle de panique, et essuie mon front en sueur à l'aide de mon avant bras. Je vais atteindre la sortie de derrière. Je ne suis plus qu'à quelques mètres, et pourtant la porte ne m'a jamais semblé être plus loin. Je presse le pas, lorsqu'une explosion se fait entendre derrière le mur. Je tressaille, et rejoins en un mouvement le mur opposé, dans le coin de la porte qui me faisait tant rêver. Les murs sont chauds, et une seconde explosion secoue le bâtiment. Elles ne sont pas très fortes, ce ne sont que des bombes artisanales, mais elles jouent leur rôle. Elles vont certainement déclencher des incendies. D'ailleurs, une alarme se met en route. Je me suis machinalement accroupi dans le coin de la porte et, lorsque je tente ne serait-ce que de me redresser, cette dernière est ouverte à la volée. Je n'ai pas le temps de réaliser ce qui arrive, que plusieurs hommes s'engouffrent dans le couloir, et me passent devant sans avoir le temps de m'apercevoir, terré derrière eux. Les yeux écarquillés, presque tremblant, je les regarder défiler à toute vitesse devant moi, en serrant avec force mon sac contre moi. Je n'ai pas le temps d'avoir peur, de m'inquiéter, de me poser des questions, qu'ils sont déjà loin. La porte est encore ouverte. Dans un état second, je la rejoins lentement, une main agrippée contre l'encadrement métallique, tiède sous mes doigts frais.

***

Mes semelles frappent le sol avec puissance, je cours aussi vite que je le peux, la gorge sèche et la poitrine lourde. Je cours, je cours, sans m'arrêter ni me retourner. Je ne marquerai pas d'arrêt. Si je dois être stoppé dans ma course, c'est qu'ils auront été obligés de me tuer.

***

Comme j'ai couru, j'ai roulé. J'ai roulé, des heures et des heures, sans jamais faire de pause. Je n'en aurais même pas eu le courage, j'avais trop peur qu'ils me retrouvent. Peut-être même étaient-ils derrière moi pendant tout ce temps. Je ne le sais pas. Je ne le saurai pas, tant que je serai en fuite. Je n'ose pas même mettre la radio, j'ai trop peur. En revanche, je me suis souvenu avoir glissé mon passeport dans ma veste, alors je l'y retrouverai plus tard. Je n'ai rien sur moi, rien à part de faux papiers et des armes. Il me reste quelques billets que j'ai récupéré ce matin, lorsque j'ai visité le bureau de mon oncle.
Tout ce chemin risque d'être long. Je n'ai ni eau ni nourriture, mais je ne ressens rien d'autre qu'un vide, froid et lancinant. Plus tard, si je m'en sors, toutes ces émotions me tomberont sur le coin du museau. Je ne pense plus aux ombres, je ne pense plus à rien. Je vais peut-être m'en sortir, finalement.





Ce n'est pas la Providence qui m'a transporté vers les quartiers Sud de New-York. Je l'ai choisi. Je ne vais plus me laisser faire, je m'y refuse. J'ai passé des mois, des mois entiers à tracer mon chemin, à imaginer quelles possibilités s'offraient à moi. Avant de passer les douanes, je crois que j'ai vomi mes boyaux dans l'herbe. Je me suis vidé, tant que la bile me déchirait la gorge à chacun de ses passages. Je me sentais comme fiévreux, tremblant comme une feuille tandis que je patientais jusqu'à ce que ce soit mon tour. J'étais persuadé d'être cramoisi, mes joues étaient brûlantes, j'étais certain qu'ils m'arrêteraient. Qu'ils me reconnaîtraient. Dans la voiture, j'avais finalement décidé d'allumer la radio ; l'acolyte était mort dans l'explosion, et ils ne me trouvaient pas. Ils avaient rapidement réuni plusieurs informations à mon sujet, notamment mon nom.
Je ne savais pas s'ils avaient ma photo, à la douane. Au moment de franchir la frontière, j'ai eu l'impression d'abandonner quelque chose derrière moi. Je le sentais, je n'étais plus entier, mais j'avais toujours aussi mal.

Cette douleur, j'ai réussi à la repousser. Pas seul, je n'en aurais pas eu la force. J'ai toujours eu besoin de me rassurer, de me dire que, finalement, je n'étais pas si insipide que ça, pas si fade que ce que je pensais. Que je n'étais pas une feuille transparente, au milieu de grands caractères, de grandes personnes, de grandes histoires. Et puis, maintenant, j'avais moi aussi mon histoire, j'avais ma vengeance. Mais j'avais besoin de savoir qu'autour de moi, la pourriture vivait toujours. Je m'étais rendu dans ce bordel, dégoûtant, rempli d'immondices, où j'étais oppressé par l'odeur du sexe et de la débauche. Je crois que je m'étais senti sale et souillé, dès que j'avais pris place dans cet endroit. Et je les méprisais, tous. Qu'est-ce que j'en attendais ? Je ne le sais pas. Peut-être que j'espérais retrouver la fougue et la passion que j'avais ressentie lorsque j'avais prévu la fusillade. Peut-être bien que je voulais remettre ça.
Bien sûr, c'était une mauvaise idée. Et j'y ai rencontré Jenny. Depuis combien de temps n'avais-je pas ressenti la chaleur d'un corps, féminin de surcroît, près du mien ? Cette rencontre était improbable, presque ridicule. Elle jouait à la putain, et je jouais le prêcheur. Mais elle n'était pas sale, et je n'étais pas propre. Elle ne pouvait pas être sale, elle était bien trop naïve pour ça. Jenny, elle est naturelle. Elle fait ce qui lui semble être la bonne chose, elle ne prévoit pas de se faire du mal, encore moins de s'en prendre aux autres. Jenny est simplement naturelle.

Et nous nous étions enfuis, à nouveau. Nous avions simulé, des heures durant, la liberté la plus pure dont j'aurais aimé profiter. Nous étions libres de monter, pute et client, dans une chambre, et faire un affront à ce bordel. Nous étions libres de nous dire ce qui nous plaisait, ce qui nous passait par la tête, sans s'imaginer quoique ce soit. Libres de dégager de là ensemble, et moi de rêver à nouveau d'une fuite. Ce naturel, je le ressentais aussi, lorsque Jenny était avec moi. Nous n'étions finalement pas libres, bien au contraire, mais au moins je me sentais bien. Je crois qu'elle était bien, elle aussi. Je ne sais pas toujours décrire ce que je ressens à ce sujet. Je sais qu'elle réussit à repousser, à sa façon et toujours en toute simplicité, tout ce qui cherche à me faire du mal. Elle réussit presque à me donner confiance en moi, et je ne sais pas ce que je deviendrais, sans elle. À nouveau une ombre, une silhouette en errance.

**

Assis à la petite table en formica de la cuisine, j'étais en train de frotter les plus petites pièces avec un chiffon en microfibre qui s'accrochait à mes doigts, et produisait une sensation désagréable sur ma peau. De temps en temps, je lançais un petit regard à Jenny, qui appréciait me regarder lorsque je réparais les armes qu'elle me ramenait. C'était elle qui les récupérait, là où nos clients les déposaient. Clients dont je ne connaissais en général rien, et dont je n'attendais que ma rémunération. Je crois qu'elle pourrait même me remplacer, tant elle m'observait faire avec attention. Je disposais toujours une nappe sur la table, afin d'éviter que les pièces ne roulent et ne tombent au sol.

Lorsque je relève à nouveau machinalement le regard vers elle, je la surprends à ne plus observer mes gestes, mais à me dévisager. Et ce regard, je le connais. Je me concentre sur ce que je fais, bien décidé à ne plus lui jeter de coup d’œil jusqu'à ce que j'ai terminé. Je sais qu'elle n'est pas contente, parce que je ne me satisfait pas d'une vie comme celle-là. Les quartiers Sud me convenaient tout à fait. À moi. Je n'avais pas pris en considération que nous serions tous les deux ici. Ce n'est plus seulement ma sécurité qui est mise à l'épreuve, nous devons veiller mutuellement l'un sur l'autre, sur nous. Et dans cet endroit, nous n'avons aucun pouvoir, nous ne sommes que des fourmis dans la nature. Et je me refuse à risquer de me faire écraser à chaque instant. J'ai besoin d'être davantage. Je sais que je peux être davantage. Je n'arrive plus à me contenter de cette vie, j'ai simplement besoin d'agir, de prouver ce dont je suis capable.
Quand elle me demande à quoi je pense, je sens ma mâchoire se contracter. Je pense à ce que nous pourrions accomplir. Je pense que nous ne devrions pas nous contenter d'une vie comme celle-là, et que nous ne sommes pas des pantins. Elle sait à quoi je pense, et je refuse de provoquer une dispute.

Jenny est naturelle, et tellement spontanée, que parfois je n'arrive pas à la suivre. Je me relève brusquement, et envoie ma chaise contre le mur, dans mon dos. Je l'appelle, en vain. Elle est partie, certainement pour réparer ce qu'elle vient de faire, et retrouver la pièce qu'elle m'a piquée. Je devrais sûrement la rejoindre, l'aider à chercher, mais je ne veux plus discuter de toute cette histoire. Si elle ne comprend pas que, c'est pour elle, et pour nous assurer une vie correcte que je fais ça, tant pis. Je le ferai, quoiqu'elle en pense, et je lui prouverai que j'avais raison de le faire. Après tout, c'est elle qui a provoqué ce petit drame ménager, c'est elle qui a retardé mon travail, et ce, pour rien. Je me rassieds lentement, en passant une main sur mon front. Dehors, la pluie bat son plein, et je me promets que si elle n'est pas revenu d'ici peu, je la rejoindrai. Pour l'instant, j'essaie de continuer mon boulot, je la laisse se calmer, et je prends du temps pour moi. C'est tout.

Malheureusement, le temps passe vite lorsque je travaille, et je ne me rends pas compte qu'au-dehors, il fait sombre, et surtout, il pleut toujours. J'enfile ma veste, mes chaussures, et je descends les escaliers quatre à quatre. Lorsque j'arrive en bas, personne ne traîne dans la rue. Rapidement, la pluie coule le long de mon visage, et je serre ma veste contre ma poitrine, la ferme jusqu'à ma mâchoire. « Jenny ? » Je cherche, et je erre dans les rues sombres et vides, en m'imaginant déjà le pire. « Jenny ? Jenny !» Et, sans le savoir, je m'éloigne d'elle. Je ne vois pas ce petit filet d'eau qui coule dans la rue, je ne vois pas quel chemin a-t-elle pu emprunter.

Plus tard, lorsque je suis remonté à la maison, la petite pièce trempée était sur la table, mais Jenny était partie.




CARACTÈRE

« Un homme de caractère n'a pas bon caractère. »
— Jules Renard.


Cassidy. Ça n'a rien de Russe, ni de masculin d'ailleurs. Je ne sais pas ce que mes parents ont fait à ma naissance. Les gamins se sont foutus de moi, peut-être parce que je leur donnais simplement l'opportunité de le faire. Bien que désagréable, ça n'en est pas dramatique. Mais depuis, je ne supporte plus qu'on se foute de ma gueule. J'en suis devenu rapidement irritable, et d'une grande susceptibilité. Disons simplement qu'en théorie, je n'accepte la critique que de ceux qui me sont supérieurs. En pratique, je n'en accorderais pas le privilège à beaucoup de monde. J'ai la critique facile, en ce qui concerne les autres, le regard hautain et la moue dédaigneuse.
Mes humeurs sont changeantes, je me laisse aller au gré de ce qui passe dans mon esprit, sans pour autant être dicté par les pulsions qui m'animent. Si mes traits se font souvent méprisants, ils savent également comment attirer les faveurs des autres. Je suis habituellement patient, mais lorsque je fais semblant, ça ne dure jamais très longtemps – je m'ennuie vite, je me lasse facilement, j'ai besoin de changements, d'adrénaline. Sinon, je n'oublie pas. Et je sais que j'ai besoin d'oublier. Je ne bois pas, je n'use d'aucune merde sur mon corps ; tout ce que je demande, c'est de me distraire en permanence.

Je suis aussi confiant qu'assailli de doutes à mon propos, je ne sais jamais vraiment ce que je pense réellement, je ne suis jamais sûr de ce que je désire. Je clame haut et fort que je n'ai besoin de personne, ni de famille ni d'amis, que je les ai tous quittés, qu'ils ne m'apportaient rien. Sauf Jenny. Elle réussit, autant que faire se peut, à dégager de mon esprit tout ce qui cherche à me polluer. Les souvenirs ont la vie dure. Ils se matérialisent devant moi, toujours, et m'étouffent. Jenny parvient à desserrer l'étau qui m'étrangle, qui m'oppresse. Il a fallu du temps, et la route est encore longue ; lorsqu'elle n'est pas là, c'est comme si tout ce travail n'avait servi à rien.
Je suis aussi confiant qu'assailli de doutes à mon propos, je ne sais jamais vraiment ce que je pense réellement, je suis rarement sûr de ce que je désire. Je ne sais même pas si je suis prêt à m'en sortir, ou si j'ai simplement besoin de foutre en l'air tout ce que je réussis à construire.

Je crois que je n'ai pas mentionné mes passages à vide. Ils sont rares et ne surviennent qu'après un choc émotionnel trop important pour mes fragiles épaules ; à croire que je n'ai même pas le courage d'affronter mes propres démons.




YOU & YOURSELF
Mais qui donc se cache sous le masque ?



Ton p'tit nom/pseudo : Cass'
Ton âge : 22 ans
Un ou plusieurs comptes sur le forum ? Non, juste celui-ci
Comment as-tu connu le forum ? Grâce à JJJ.
Et comment tu le trouves ?  J'aime beaucoup l'ambiance que peut apporter le Joker, notamment, et le contexte post-apocalyptique  content2
Quelque chose à ajouter ? Pas que je sache.

Merci à toi, nous te souhaitons la bienvenue sur Weins ~ Le staff reste à ta disposition si tu rencontres le moindre problème. Souviens toi, tu disposes d'une semaine pour remplir ton dossier ; s'il te faut plus de temps n'oublie pas de le signaler. A très bientôt ♫





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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 16:38

Run after love
(on notera les petites gouttes de sang qui flopent flopent à chaque bond)

Cette fiche est une tuerie, sans mauvais jeu de mot. Tu sais déjà ce que j'en pense, tu ne le croiras pas plus ici qu'en privé. Mais quand même. What a Face

* n'est plus qu'euphorie et exaltation, toussa, toussa *


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 17:09

Merci baltringue
J'attends patiemment le jugement final !


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 18:52

Mon dieu mais tant de lecture mais vous voulez me tuer tous les deux!

En tout cas on peut pas dire que tu sois pas inspiré :o!

J'adooooore ta référence à Columbine!
Ton personnage est assez compliqué à cerner mine de rien, il est si... Dark x)!


Bref, bienvenue à toi, talentueux bricoleur, et que nos chemins ne se croisent pas mouton2 ! (Sauf sur la cb où tu déposeras tes armes et ton sale caractère à l'entrée Suspect ! )


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 19:01

Désolée, je m'étais pas rendu compte de la longueur avant de poster.
Merci en tout cas, et ne crois pas que Cassidy ait un si mauvais caractère, au fond c'est un type bien What a Face


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 19:04

Ahaha y'a pas de problème! C'est certes long mais très agréable à lire!
Par contre c'est à mon ordi que tu dois des excuses, il en a surchauffé tellement il en pouvait plus... Mais c'est un vieux capricieux Rolling Eyes!

J'attends des preuves Suspect!

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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 19:21

Bieenvenue! Les nouvelles têtes sont toujours bien acceuillies hug2
Personnage intéressant, riche et longue fiche. J'ai hâte de voir ce qu'il réserve! :3

---------------------------------------------------------------------------
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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 19:37

Merci, c'est gentil What a Face


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 20:15

De toute façon, les mauvais caractères on en connait quelques uns notables, ici *tousse*
Et surtout, ne t'excuses pas pour la longueur de ta fiche, elle était très plaisante à lire, et quel monologue (2ème partie/second paragraphe) ! Il va être très intéressant de voir comment ce personnage va évoluer à New york ! Bienvenu \o/


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 8 Mar - 23:35

Bienvenue à toi Cassidy ! :D On te souhaite plein de jeu et pleins de rp sur notre beau forum !

Je dois avouer qu'il est tard et que j'ai 4 verres de rhum dans le bidou, donc j'ai fait que parcourir ta fiche, mais quelques éléments que j'ai pu y lire me plaise beaucoup. Je te dirai plus en détail ce que j'en pense demain mais je tenais à te souhaiter la bienvenue !

Des bisous et au plaisir de te croiser vite en rp !


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Lun 9 Mar - 1:01

Je vous remercie de m'accueillir comme ça, j'espère que nous aurons le plaisir de nous croiser un jour en rp ! yay


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Lun 9 Mar - 14:30

bienvenue ici !! le kit, le perso, superbes !!


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Lun 9 Mar - 18:12

Je te remercie Jade !
Pour le kit, je ne peux en tirer aucun mérite, mais je suis bien évidemment de ton avis, il est bien cool What a Face

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COMMENTAIRES : Sachez mes chers que vous vous trouvez face à la Reine de l'Académie. Reine que vous devrez acclamer, admirer parce que j'ai été élue par tout le monde comme étant la plus belle de cette fichue Académie. Mais ne vous réjouissez pas : beauté ne veut pas dire stupidité...
Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

Allez sans rancune : je suis magnifique et intelligente, t'es rien face à moi !


CRÉDITS : Shiya

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JE SUIS: un incertain, je peux basculer d'un côté comme de l'autre


MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Lun 9 Mar - 22:33

BIENVENUUUUUUUUUUUUUUUUUUUE ! yay I love you content2 content groupe

Je suis contente que Jenny t'ai ramené dans ses bagages, j'aime beaucoup ton style d'écriture et ton personnage m'a vraiment l'air cool ! (enfin cool... *sort*).
J'ai hâte de te lire en RP et je m'empresse donc de te valider ! Lovely

Bienvenue chez les
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DÉSORMAIS TU POURRAS ►
... aller te recenser pour éviter de te faire arrêter par la Police sans passeport ;
... aller demander un rang pour qu'on puisse mieux savoir qui tu es ;
... te faire de nouveaux amis influents pour pouvoir être survivre ici ;
Et t'amuser parmi nous en te baladant dans la ville !

---------------------------------------------------------------------------

Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
Jason Lecter
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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Dim 15 Mar - 19:24

Et moi qui pensais, naïvement, que j'avais une case en moins, toi t'as carrément un damier d'avance ^^. Ce fut un plaisir de te lire, il me tarde maintenant de te découvrir (en toute pudeur hein). Tu es le bienvenu parmi nous et dans mon sanctuaire, même si ce n'est pas très orthodoxe, tovaritch...

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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov Lun 16 Mar - 9:50

Je te remercie des compliments, ainsi que de l'invitation, je ne manquerai pas d'y penser ! J'espère que nous pourrons nous croiser bientôt.


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MessageSujet: Re: Cassidy Kuznetsov



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