AccueilMembresGroupesS'enregistrerConnexionRechercherFAQ


Ballad of the Dead Monster
Citoyens
avatar
Jason Lecter
Informations
AVATAR : Heath Ledger - Joker

DC : Venecia

DISPONIBILITÉ RP :
  • Disponible


COMMENTAIRES : Fuck !
CRÉDITS : Moi même ~

MESSAGES : 647

Date d'inscription : 18/04/2012

CASIER JUDICIAIRE
ÂGE: Crise de la quarantaine ~
CAMP: Contre le Gouvernement
JE SUIS: un(e) new-yorkais(e) aux habitudes plus ou moins douteuses


MessageSujet: Ballad of the Dead Monster Mar 12 Juin - 2:25

" Requiem for a Clown "

Une ombre noire se traîne, lente et blasée jusqu'à un couchage confortable installé tout proche du radiateur. Sa routine ne change plus depuis des jours à aller venir comme bon lui semble bien qu'une chose aie changée en fait, oui … Il est de retour, son maître, son ami son frère … son clown. Le molosse n'en attendait guère plus et peut désormais dormir sur ses deux oreilles ; car le monstre n'est pas mort. Pas encore...

Et pour tout dire l'oiseau a perdu bien des plumes à tel point qu'au moment M il évite judicieusement de se croiser au détour d'un éventuel miroir. Pas qu'il soit laid, enfin... à sa mesure balafrée et pas plus qu'autrefois mais il ne se reconnaît pas ou tellement peu qu'après tout, il peut bien faire abstraction. Jason Lecter n'est plus que son propre spectre, homme de cendres aux teintes chromatiques jusque dans l'anthracite de sa chevelure. Fade, délavé comme un vieux cachemire voilà à quoi se sent réduit le pire criminel/terroriste/fou dangereux de sa génération... Tu parles d'une fin. Un soupir fend ses lèvres sur un trait de fumée, au moins il lui reste encore cette bonne vieille nicotine pour le tuer à plus petit feu et l'occuper à défaut de trouver autre chose de plus explosif à faire dans ce trou. D'autant que ce n'est pas comme si on allait lui apporter de quoi fabriquer une bombe entre une botte de poireaux et des pommes de terre en plein quartier Nord … ben non... Tu parles d'une ironie, se retrouver à végéter ici. Il soupire de plus belle, écrase le restant de clope et fait avancer ses roues en direction de la baie vitrée. Il fait déjà bien noir, la nuit tombe si vite en hiver. Avant il en aurait profité pour commettre un méfait supplémentaire, serait allé ennuyer Tess au coin d'une rue ou aurait provoqué un accident débile -mais mortel- quelque part. Le bon vieux temps en somme !

Qui pourrait-il prétendre ennuyer désormais ? Roi déchu sans plus aucun lopin de terre, sans hommes, sans … sans la moindre relique de ce qu’il fut ou de ce que fut son nom. Peut-être qu’on l’évoque encore parfois, un regard jeté par-dessus l’épaule craignant qu’il revienne tel un fantôme pour jouer quelques tours désagréables et encore ; il en doute sévèrement.
Un battement de cils le sort de ses songes, lui laisse constater la cendre qui roule sur son jean parce qu’il reste là la clope suspendue au vide plutôt qu’à la bouche. Il finira cinglé à fixer le néant aussi longtemps ! Un peu plus un peu moins diriez vous mais faut-il réellement aggraver les choses ? Le filtre se retrouve écrasé au milieu d’autres et voilà le clown parti rouler en direction de la salle de bain. Il faut absolument qu’il sorte sans cela il finira par se pendre à un truc ou à essayer de se shooter au liquide vaisselle faute d’autre chose. Encore que, de mémoire il lui semble que quelqu’un disait un jour que la lessive était efficace et même plutôt comique si c’est bien dosé… il ricane, cherche un écho à sa voix.

Le silence est le seul à répondre.    

* * *

Le pire dans tout ça c’est que personne dans ce foutu-maudit-quartier-nord-de… ne l’a empêché de sortir ! Pourquoi le ferait-on ? a dit l’un des types à l’entrée. Un autre a dit : Il n’est plus personne… et ça les a fait rire. Pas Lecter, mais ça tout le monde s’en moque bien maintenant. Calypso entendra parler de ça ! Encore que, elle ne se soucie guère de sa petite personne ces derniers temps elle doit avoir tellement d’autres choses à faire, à gérer et à diriger. Comme lui en son temps, son cher bon vieux temps puant l’essence et la mort.

Une grimace lui tord la bouche, il enfonce le menton dans son écharpe et pousse un peu plus en avant le levier pour actionner la marche avant du fauteuil. Pas un seul ne s’est retourné, pas un regard même de loin. Les gens sont devenus fades, ignorants et tellement préoccupés par leur routine qu’il se pourrait -pour une obscure et indigne raison- qu’ils … l’aient bel et bien oublié en finalité.
Son molosse renifle les rares brins de gazons qui parviennent à se faufiler au milieu de la neige, profite de la ballade puisqu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Jason doit bien l’admettre, ce n’est plus comme avant et rien ne pourra lui rendre son cirque. Le Sud a perdu son maître, est tombé aux mains des politiciens et de leurs pantins. Dégoutante et pitoyable réalité !

Ses roues cessent de tourner près d’un banc, une cigarette s’embrase et c’est le dos enfoncé dans le siège qu’un malade contemple sans le voir ce paysage qu’il ne savoure pas. Plus rien de familier dans ce tableau qu’il aurait juré contempler jusqu’à sa foutue mort à peine un an plus tôt. Les rares visages qu’il a pu croisé, l’agencement des rues, du parc où il vient d’échouer, ce marché nocturne qu’il a traversé … est-ce seulement la même ville ou pire la même planète ? En lui pleure un monstre esseulé, sa créature folle qui tourne en rond à l’intérieur d’une cage grande ouverte. Quant à cette chose de cendres tapie au plus profond de lui auparavant elle se manifeste de plus en plus, comme matérialisée à ses côtés en une bien vicieuse compagnie. Ombre grise sur laquelle perdure un sourire immense qui ne se moque plus que de lui.

« Et ça t’amuse hein ? » Lâche-t-il dans un soupir au goût amer. Le fidèle Cerbère tend l’oreille, retourne à ses occupations sans s’éloigner pour autant. Son maître n’a interpellé aucun être vivant après tout.
Le vent souffle à peine, il neige peu c’est une belle soirée pour le commun des mortels tandis que pour ce type cloué à terre elle frôle le parjure. Il ne devrait pas être là assis sans autre choix non ! Lecter devrait être occupé à d’immondes bêtises, il devrait au moins escalader ce lampadaire, s’y suspendre et une fois une idée glauque en tête, bondir de buissons en buissons pour la concrétiser… c’est injuste ! Même des abrutis sans mérite ni panache comme Samson s’en sont mieux tirés ! Bonjour la comparaison ! Berk ! Il se frapperait bien pour ça tiens !
Lentement Jason repousse en arrière les mèches cendrées qui lui balaient le front puis cale son menton au creux de sa main. Il s’ennuie.

« Et maintenant ? » Le clown sursaute, les mâchoires serrées et scrute un moment les environs. La folie est folle hein ? Pour sûr ! Ses doigts sont comme incrustés dans les accoudoirs, il a cessé de respirer à seulement halluciner sur la voix arrachée à un souvenir parmi un million d’autres. Sa voix…
Il s’était pourtant promis de ne pas y penser, de ne plus jamais raviver cette satanée flamme bleue car elle lui rappelle trop sa solitude, que le second a disparu, qu’il n’est et ne sera plus premier de rien. Une douleur sourde lui vrille les os, les crampes s’installent… il doit bouger, rentrer…

Son dos se voute et son visage blafard échoue entre ses mains.
Une volée d’images se succèdent, lui donnent le vertige.
Avoir mal c’est bien disait-il, ça prouve que tu vis.
La bonne blague… il ne rit pas.

Son molosse grogne, oreilles dressées et dents dehors. Lecter claque des doigts, c’est inutile de le garder ou de le protéger. Il ne lève même pas la tête, allume une nouvelle cigarette. Pour maintenant de toute manière, qui serait encore capable d’assimiler cette carcasse décharnée et terne à l’une des pires calamités de la ville?
Personne…

© Jason L.





« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1