Requiem for a Monster
Jason
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Jason Lecter
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Date d'inscription : 18/04/2012

CASIER JUDICIAIRE
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JE SUIS: un(e) new-yorkais(e) aux habitudes plus ou moins douteuses


MessageSujet: Requiem for a Monster Jeu 21 Juin - 23:41

" Sad Clown "

La douleur, la douleur seule. Maîtresse de ses nuits, partenaire de ses jours, vicieuse amie qui le garde enchaîné sans aucune forme de répit. Lecter a mal, mal comme jamais auparavant. La morphine calme de moins en moins les crises venues le saisir sans forme d'annonce, n'importe quand et il peut bien augmenter le dosage, tenter de se flinguer le cerveau pour enfin s'écrouler rien n'y fait. Le front trempé de fièvre, tremblant de tous ses membres voilà à quoi en est réduit le plus grand mal que New York ait porté en son sein.

Le balafré a cessé de rire depuis des semaines, serre les dents à s'en faire saigner les gencives et ne compte plus les heures, les jours à seulement subir. Et pourtant son existence chaotique l'a entraîné à la douleur ; que ne s'est-il brisé à semer le chaos ? Combien de sutures, de plaies par balles, au couteau ou autre ? Lacéré à coup de barbelés oui, mais ça c'est insupportable. Les médecins ont expliqué, son corps doit apprendre à vivre, à se roder avec les réparations qu'ils ont effectué. Les os doivent cohabiter avec le métal, les alliages, les vis et les plaques... il faut les mettre en route. Tellement facile à dire hein ?

Le souffle court, les yeux luisants il quitte la chambre qu'on a eu la bonté de lui accorder et inspire une goulée d'air glacé qui lui brûle les poumons mais le réveille enfin. Sa main rafistolée ressemble à une araignée grillée au barbecue, tordue de spasmes et il lui faut bien cinq, dix minutes pour en reprendre le contrôle total. La crise s'estompe, devient supportable au moins suffisamment pour le laisser quitter les lieux. Il ne dormira pas, ne dormira plus cette nuit.

* * *

Quartier Est, c'est là qu'il échoue à ne rouler qu'en fauteuil. Épuisé, il peine à distinguer parfaitement les alentours, ne se souvient pas tellement des lieux. Il ne fréquentait pas tellement l'Est avant, alors c'est normal de ne pas le connaître. Pourtant c'est pire, comme si il n'y avait jamais mis les pieds en réalité. De ça aussi on l'a prévenu, les trous de mémoire. Tu parles...

Le molosse, fidèle trotte à ses côtés comme sa propre ombre. Le seul qu'il reste, le seul... Une pression dans sa poitrine, comme une main qui farfouille, serre. La gorge nouée, se mordant la langue il se force à avancer. A ne pas, ne plus y penser. Tête basse sur des rues endormies, sur des lampes faiblardes, sur... L'église. Il se souvient de ça, comme si c'était hier. Ezechiel Stone, ce prêtre étrange en la compagnie duquel il crucifia un junkie. La bâtisse n'a plus aussi mauvaise mine que dans son souvenir, elle semble plus fraîche, plus entretenue, en témoigne la végétation, les pierres qu'on aura décrassé. Machinalement Jason emprunte la pente qui mène à l'entrée, pousse -non sans un peu de mal- la lourde porte en bois et s'engouffre dans l'église sans oublier son compagnon à pattes.

L'odeur d’encens lui pique les narines, la lueur paisible des bougies a quelques chose de tranquillisant. Le Clown n'a jamais apprécié ce genre d'endroit, lui qu'on a tenté d'élever en orphelinat religieux, le rendant allergique à leurs fidèles, méprisant envers leurs représentants et malgré tout... malgré tout l'homme a trouvé grâce aux yeux de Jason... sans qu'il sache pourquoi. Ce n'était pas important après tout... le côté dérangé du bonhomme aura joué en sa faveur, certainement.  
Le molosse gémit, le nez levé sur la croix qui domine la salle. C'est mieux qu'auparavant c'est indéniable. Plus de poussière, de caillasse éparpillées et de bois cassé. Les bancs sont simples, anciens mais bien alignés. Poussé en avant par sa commande électrique Lecter se pose face à l'autel, observant les vitraux sans réellement les voir. La fatigue s'insinue sous sa peau, il a chaud, froid, il ne sait plus vraiment. Dans d'autres circonstances, il aurait trouvé de quoi rire... plus maintenant.

« Padre ? » Hasarde-t-il, guère certain de trouver une présence humaine. Au pire s'il est seul l'ancien clown fera une petite sieste. On ira pas le déranger ici. Ou alors il ira mette du rouge à lèvres à la Vierge ? Non... c'était avant ça et même encore. Ça ne l'amuse pas d'y penser. Lourd soupir, il s'enfonce dans son fauteuil. Quelle triste début de sa fin, quand même...

© Jason L.

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