Requiem for a Monster
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MessageSujet: Requiem for a Monster Jeu 21 Juin - 23:41

" Sad Clown "

La douleur, la douleur seule. Maîtresse de ses nuits, partenaire de ses jours, vicieuse amie qui le garde enchaîné sans aucune forme de répit. Lecter a mal, mal comme jamais auparavant. La morphine calme de moins en moins les crises venues le saisir sans forme d'annonce, n'importe quand et il peut bien augmenter le dosage, tenter de se flinguer le cerveau pour enfin s'écrouler rien n'y fait. Le front trempé de fièvre, tremblant de tous ses membres voilà à quoi en est réduit le plus grand mal que New York ait porté en son sein.

Le balafré a cessé de rire depuis des semaines, serre les dents à s'en faire saigner les gencives et ne compte plus les heures, les jours à seulement subir. Et pourtant son existence chaotique l'a entraîné à la douleur ; que ne s'est-il brisé à semer le chaos ? Combien de sutures, de plaies par balles, au couteau ou autre ? Lacéré à coup de barbelés oui, mais ça c'est insupportable. Les médecins ont expliqué, son corps doit apprendre à vivre, à se roder avec les réparations qu'ils ont effectué. Les os doivent cohabiter avec le métal, les alliages, les vis et les plaques... il faut les mettre en route. Tellement facile à dire hein ?

Le souffle court, les yeux luisants il quitte la chambre qu'on a eu la bonté de lui accorder et inspire une goulée d'air glacé qui lui brûle les poumons mais le réveille enfin. Sa main rafistolée ressemble à une araignée grillée au barbecue, tordue de spasmes et il lui faut bien cinq, dix minutes pour en reprendre le contrôle total. La crise s'estompe, devient supportable au moins suffisamment pour le laisser quitter les lieux. Il ne dormira pas, ne dormira plus cette nuit.

* * *

Quartier Est, c'est là qu'il échoue à ne rouler qu'en fauteuil. Épuisé, il peine à distinguer parfaitement les alentours, ne se souvient pas tellement des lieux. Il ne fréquentait pas tellement l'Est avant, alors c'est normal de ne pas le connaître. Pourtant c'est pire, comme si il n'y avait jamais mis les pieds en réalité. De ça aussi on l'a prévenu, les trous de mémoire. Tu parles...

Le molosse, fidèle trotte à ses côtés comme sa propre ombre. Le seul qu'il reste, le seul... Une pression dans sa poitrine, comme une main qui farfouille, serre. La gorge nouée, se mordant la langue il se force à avancer. A ne pas, ne plus y penser. Tête basse sur des rues endormies, sur des lampes faiblardes, sur... L'église. Il se souvient de ça, comme si c'était hier. Ezechiel Stone, ce prêtre étrange en la compagnie duquel il crucifia un junkie. La bâtisse n'a plus aussi mauvaise mine que dans son souvenir, elle semble plus fraîche, plus entretenue, en témoigne la végétation, les pierres qu'on aura décrassé. Machinalement Jason emprunte la pente qui mène à l'entrée, pousse -non sans un peu de mal- la lourde porte en bois et s'engouffre dans l'église sans oublier son compagnon à pattes.

L'odeur d’encens lui pique les narines, la lueur paisible des bougies a quelques chose de tranquillisant. Le Clown n'a jamais apprécié ce genre d'endroit, lui qu'on a tenté d'élever en orphelinat religieux, le rendant allergique à leurs fidèles, méprisant envers leurs représentants et malgré tout... malgré tout l'homme a trouvé grâce aux yeux de Jason... sans qu'il sache pourquoi. Ce n'était pas important après tout... le côté dérangé du bonhomme aura joué en sa faveur, certainement.  
Le molosse gémit, le nez levé sur la croix qui domine la salle. C'est mieux qu'auparavant c'est indéniable. Plus de poussière, de caillasse éparpillées et de bois cassé. Les bancs sont simples, anciens mais bien alignés. Poussé en avant par sa commande électrique Lecter se pose face à l'autel, observant les vitraux sans réellement les voir. La fatigue s'insinue sous sa peau, il a chaud, froid, il ne sait plus vraiment. Dans d'autres circonstances, il aurait trouvé de quoi rire... plus maintenant.

« Padre ? » Hasarde-t-il, guère certain de trouver une présence humaine. Au pire s'il est seul l'ancien clown fera une petite sieste. On ira pas le déranger ici. Ou alors il ira mette du rouge à lèvres à la Vierge ? Non... c'était avant ça et même encore. Ça ne l'amuse pas d'y penser. Lourd soupir, il s'enfonce dans son fauteuil. Quelle triste début de sa fin, quand même...

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Ven 22 Juin - 1:56

Zeke désarma son revolver quand il reconnut son visiteur inattendu. Le percuteur émit un petit bruit mécanique typique, amplifié par l'écho qui régnait dans ces lieux si paisibles. Il avança, posant son arme sur l'autel, et hocha la tête sur le côté. Quand il le vit plus précisément, il eut du mal à en croire ses yeux, que pouvait il bien lui être arrivé ?. On aurait dit qu'il était passé sous un train, puis sous un char, puis encore un train, et enfin un troupeau de rhinocéros. Deux fois. Pourtant c'était bien lui, tremblant, courbé, abattu, mais c'était bien Jason, le sympathique monsieur Lecter, sauf que le clown n'avait plus le sourire. Sans un mot, il tourna les talons, et repartit dans la sacristie. Quelques secondes après, il revint avec une gamelle d'eau, une assiette de pâtes bolognaise de la veille, pour le toutou, pour Jason et lui, comme l'heure du thé était déjà passée, une bouteille suspecte d'un infâme tord-boyau. Comme le quartier sud était en ruine, c'était l'une des dernières qu'il possédait, pas certain qu'il en trouverai de sitôt, si la grosse avait plié boutique. Le molosse borgne accepta l'offrande avec plaisir, et lorsqu'il déboucha la bouteille, ce ne fut pas un génie qui en sortit, mais une forte odeur d'alcool, propre à faire pleurer un parpaing, capable de démarrer un petit moteur ou de décoller le papier peint. Toujours dans un silence de communiant, il tendit un verre à Jason, avec qui il trinqua avant d'avaler d'un trait la mixture. La seule bonne façon de procéder avec ce genre de carburant. Il sortit deux cigarettes de son paquet, il avait contracté cette habitude depuis quelque temps, preuve qu'il n'était jamais trop tard pour mal faire, les alluma et en tendit une à son visiteur. Ensemble, ils savourèrent  ce moment de paix enfumé, uniquement interrompu par les léchouilles du chien qui achevait la vaisselle de l'assiette, avant de se coucher aux pieds de son maître. Les deux avaient connu des jours meilleurs, qui semblaient bien lointains désormais, mais si leur souhait était de faire escale, il les accueillerait bien volontiers. Une fois consumées leurs cigarettes, le prêtre les resservit, si la première lampée vous clouait la bouche, les autres n'étaient que chaleur.

"Ça fait une paye, mon ami, je me demandais si tu n'avais pas oublié le chemin, mais bon, comme tu avais promis de repasser, je me disais que tu devais être occupé. Puis j'ai eu vent de rumeurs annonçant ton trépas, je n'ai pas prié pour toi, je te l'avoue. Premièrement, tu n'aurai pas goûté la blague, ensuite, une part de moi pensait que tu n'étais pas si facile à éradiquer, je me félicite d'avoir eu raison sur les deux sujets. Il ralluma une cigarette, tendant le paquet et le briquet au clown, qui éprouva quelques difficultés à l'allumer, mais il n'en fit pas remarque. Le prêtre connaissait bien ce genre de séquelles, il en avait été trop souvent témoin pendant la guerre, il savait d'expérience que la ré-éducation physique semblait de la tarte, par rapport au travail mental qui l'accompagnait. "Tu as vraiment l'air exténué, et comme je te connais, tu n'es pas du genre à quémander de l'aide, ou quoique ce soit en fait, alors je vais t'épargner les sermons qu'on sert, comme une soupe fadasse, aux pauvres hères trop contents de se croire au bout du rouleau. Par contre, si tu veux bien, tu peux rester, un peu de compagnie n'est pas de refus en ce moment. La maison du Seigneur est peut être ouverte pour tous, mais là, en l’occurrence, c'est moi qui invite, ça vous évitera à tous les deux une certaine gêne". Il eut un petit rire sec, qu'il noya dans une rasade de tue-mouche, avant d'ajouter à l'adresse du cerbère : "mais oui mon gros, toi aussi tu es le bienvenu, évite juste de croquer mes rats, je les apprécie beaucoup, tu sais ?" Il semblait avoir compris, brave bête.

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Ven 22 Juin - 2:53

" Sad Clown "

Quel étrange bonhomme. Lecter se souvient encore de leur rencontre, de sa surprise à le découvrir loin des clichés de son enfance. Loin de lui l'austérité, cet air supérieur que Lecter abhorrait plus que le gouvernement lui même. A croire que ces ecclésiastiques estimaient mieux valoir, comme s'ils étaient dans les petits papiers de Dieu. Pas le Père Stone. Non lui naviguait, navigue encore sur des sphères différentes et c'est loin de déplaire au balafré.

Le chien ne refuse pas le repas, Lecter ne boude pas son verre et trinque avec plaisir, acceptant la clope de bonne grâce. Pas un mot échangé encore, un plaisir partagé et tranquille à peine troublé par un échos lointain. La scène l'aurait fait éclater de rire avant, se voir fumer et boire avec un prêtre l'aurait tellement amusé mais là, tout de suite il apprécie juste. Sage, il attend le premier pas de son vis à vis, le premier mot.
Une paye qu'il dit, resservant les verres. Le clown opine. « A qui le dites vous. J'apprécie le geste Padre, nul besoin de me recommander où que ce soit. » Nouvelle cigarette, sa main a bien du mal à exécuter ce mouvement pourtant tellement simple. « La mauvaise herbe a la vie dure hm ? » La ronce plutôt !

Le discours de Stone, comme un baume sur sa carcasse. Un manteau pour envelopper ce sentiment d'être au combien misérable. Une main tendue déguisée, il s'en fout. Lecter ose un faible sourire, pousse ses cheveux grisâtres en arrière et arrache une nouvelle volute à son tabac. Compréhensif le molosse baille, se roule aux pieds de Jason et s'endort paisiblement, il ne touchera pas les petites bêtes de l'homme d'église.  
« Une partie de moi est morte, Padre... » La voix rauque après une autre lampée, tombe comme une enclume qu'on s'autorise enfin à poser. Le nez levé, les yeux au plafond Lecter souffle sans déguisement ni fard, les faits comme ils sont. « Je peux vivre avec la douleur lorsqu'elle n'est pas vaine... lorsque je... peux encore trouver à en rire mais... désormais il ne reste rien de drôle dans cette ville. » Sentence, prise de conscience qui fait tellement mal. Ses yeux noirs trouvent le sol, il boit de plus belle. Même l'alcool ne lui fait plus aucun effet.  S'il ne trouve plus la scène amusante alors il n'a rien à faire. Même l'absurde vaut mieux que rien, le clown s'en fiche même l'humour le plus stupide, la plus petite bêtise trouvait intérêt. Tout a changé ; tout est vide... de sens, de substance, de joie même la plus noire. Rire de lui ; ce n'est plus permis.

« On m'a rafistolé comme possible, j'aurai dû y rester qu'ils disent... Enfin remarquez, je ne me sens pas vivant. » Il souffre, terriblement mais sans raison il sait bien que la chose est vaine. Plus de goût, plus d'envie, la chose de cendres le dévore et l'entraîne. Ses mains froides le tirent un peu plus chaque jour, bientôt Jason Lecter ne sera plus qu'une ombre. L'ombre d'un Monstre qui aura mis la ville à feu et à sang en son temps.

Quelle déchéance.

« Il m'a fallut dix ans Padre... dix ans pour construire mon royaume, ma réputation, me tailler un costume, m'entourer des plus adéquats... dix ans balayés comme un tas de merdes sur le pavé par une concierge quelconque. Plus rien en mains... » Les dents serrées, il tue son verre et se pince l'arrête du nez. « Je suis une relique, sans rien ni personne. » Personne, plus de croque mitaine, de cubain... flash bleu, son dos se courbe, la bête flanche. N'y pense pas lui murmure l'autre, rieuse. « Et je me demande maintenant... pourquoi suis-je toujours vivant ? »
Parce que tu n'es pas mort ?! A question idiote...

© Jason L.

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Ézéchiel 25, verset 10.
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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Sam 23 Juin - 1:15

Rien de plus déprimant qu'un clown triste Il lui revint en mémoire un jeune homme de son régiment, aussi précisément que s'il l'avait recroisé la matin même. "Je connaissais un clown, dans le temps, tu me fais penser à lui, maintenant. Conrad était un amuseur, avant d'entrer dans l'armée. Il n'avait pas vraiment eu le choix, mais il pensait que ça lui ferait de l'argent, pour monter son numéro au retour. Il voulait apprendre avec les artificiers, pour faire des shows pyrotechniques. Il avait une grande passion pour les feux d'artifice. Et puis il a sauté sur une mine. Avec le sourire. Pas de chance, il aurait pu partir comme ça, mais non, sans trop savoir pourquoi, il a survécu, une jambe et un bras en moins. On a jamais retrouvé certaines parties de lui. Après deux tentatives de suicide, les gars du régiment ont fini par l'aider. Une belle miséricorde, ils ont surchargé sa pompe à morphine, et il a retrouvé le sourire. . Il se versa un autre verre, et rechargea celui de Jason, la courtoisie de l'hôte, un devoir sacré, pour sur. "J'aurai pu en faire une parabole, mais à quoi bon ?. Qui comprendrait que Dieu n'a pas de plan pour nous, qu'il a autre chose à foutre ?. Que c'est chacun pour soi, et qu'on est maître de nos choix. Enfin, ça ne ramènera pas Conrad, pas vrai ?.  . Une autre cigarette, un peu plus de fumée ne les tuerai pas, après tout. L'alcool commençait à réchauffer ses doigts engourdis par le labeur, et aussi par les années, qui commençaient à peser, non par leur nombre, mais par leur poids, trop de lourdeur, trop de peines et de déceptions.

"Je ne pense pas que tu soies revenu d'entre les morts. Seuls trois ont réussi ce coup là. Jésus, mais bon, il était pistonné. Lazare, qui avait bien écouté la leçon. Et Elvis, le King. Tu n'es pas un saint, oh que non, et je ne t'ai jamais entendu chanter non plus, mais il n'y a qu'un seul roi. Non, je pense que tu es juste trop fou pour savoir quand mourir, c'est tout. Après, tes plans pour la ville, ma foi, ça se rebâtit tout ça. Encore que, je ne t'ai jamais trouvé l'air d'un gars qui avait un plan, mais qui suis-je pour juger ?.Il se leva, alla ouvrir une petite alcôve en pierre située sous les pieds de la Vierge, et en sortit un coffret en bois verni, incrusté de dorures. Il le posa sur ses genoux, sortit une petite clé qu'il portait autour du coup, et l'ouvrit...religieusement. "Cet écrin a miraculeusement survécu aux vandales qui ont foutu la merde dans la maison du Seigneur Il réprima à grand peine un frisson de colère et d'excitation au souvenir de leur juste rétribution. Oui, un juste châtiment, amen. "Regardes un peu dedans"

A l'intérieur, soigneusement emballé dans un morceau de tissu, il y avait des ossements humains, jaunis et craquelés comme des vieux parchemins. Morceaux de cubitus, moitié de mâchoire, phalanges, côte, vertèbres, un peu de ci, un peu de ça. "l'on prête à ces reliques certains pouvoirs, celui de guérir les maux, d'apaiser les chagrins, de faire venir le beau temps. Et les gens y croient dur comme fer, tu verrai les miracles qu'on accompli avec ça. Je suis un prêtre vaudou, sans rire, manquerai plus que de la musique cajun et des potions bizarres, mais c'est pratiquement la même chose". Il laissa Jason soupeser ces morceaux, l'air songeur, comme hypnotisé, avant de poursuivre : "Voilà saint Jude, patron des causes perdues, saint Antoine, le miséricordieux, et tellement d'autres. Et tu ne devinera jamais leur point commun, si ?. Ils proviennent de gens ordinaires, banals, rien à voir avec des saints en vérité. Ce doigt, il m'a été gracieusement offert par un homme qui a tenté de me vendre de fausses reliques, je pensais que ça rééquilibrerait un peu la balance de l'univers, l’Éternel qui donne, l’Éternel qui reprends, ce genre de choses. S'il avait vendu des tapis, ma foi, il gambaderait encore de porte en porte, chacun sa route. Voilà ce qu'est une relique, juste un bout de quelqu'un, elle n'a du pouvoir que si tu lui en donnes. Comme un politicien, comme une pute, comme une drogue, comme une arme. Ce n'est que le réceptacle de ta volonté propre, une sorte de catalyseur. Autrement, sans ça, tu peux le donner à ton toutou, ce sont peut être les rares créatures de Dieu à en faire l'usage le plus judicieux, sinon c'est juste un os à la con. Tu veux vraiment faire un don à présent ?" Le prêtre sourit, bienveillant, il espérait que le clown entendrait, à défaut de la raison, disons une certaine pertinence dans le propos.

A la vérité, j'ignore pourquoi tu es vivant. Je m'en réjouis, c'est tout. Peut être que dix ans, ce n'était pas encore assez, qu'il te faut poursuivre. Peut être que tu es tellement remuant que le grand Satan -il se signa à l'envers- n'a pas voulu de toi, trop de tracas, oh que non. Ou peut être que ceux qui t'ont mis à mal étaient trop mauvais pour finir le boulot ?. Qu'en sais-je ?. Et en même temps, on s'en moque, comme je te l'ai dit, je suis juste content de te revoir. Par contre, juste par curiosité, quel genre de fils de rien a osé s'en prendre à toi ?. CA c'est une bonne question. Et est ce qu'ils courent toujours ?, une autre. Enfin, où peut on les trouver ?. Le sourire carnassier déformait le visage du prêtre en un rictus sadique, on ne s'en prenait pas impunément à ses trop rares amis, et la vengeance, à ce niveau là, devenait un commandement, un appel aux foudres divines, une ode à l'implacabilité.

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Dim 24 Juin - 16:39

" Sad Clown "

Dieu ne sauve personne. Lecter a pris conscience de la chose il y a de ça bien longtemps, personne à part lui même pour se sortir du carcan de son enfance, personne pour l'aider à l'orphelinat, personne pour le relever ou lui donner un coup de pouce et non, surtout pas dieu.
« On dira que Conrad aura eu une mort à la hauteur de sa vie... du grand guignol. » Au moins il est mort... il n'est pas une sorte de légume ; ou il n'est plus. Lecter soupire, se masse les tempes. Son existence telle qu'elle est ne l'intéresse tellement plus. Avais-tu un plan au fait ? Le clown tique, se mord férocement la langue. Il n'a jamais eu de plan. Enfin si, mais à peine, juste une direction à prendre mais le comment, c'était une surprise. Le plaisir de débuter un voyage sans en connaître les détours, les rebondissements c'était ça son plus grand bonheur. Quel espoir peut-il seulement caresser ? Il ne lui reste rien.

Le voilà avec une boite en mains, des ossements sous le nez dont le prêtre explique la provenance. Des reliques tu parles d'une originalité. Jason fait la grimace, c'est banal. Il ne croit tout de même pas lui remonter le moral avec ces machins ? Ces machins qui ne sont rien de plus que des bouts de personnes lambda. Hein ? Le balafré bat des paupières, incrédule. Ce ne sont des reliques que si on veut qu'elles le soient. Comme toute chose, elle n'existe que dans l'oeil de quelqu'un. Comme sa foutue foire, tout ce qu'il aimait avait beau déplaire à tous, choquer, déranger … elle était parfaite. Son monde de chaos n'était pas bon pour les autres mais lui l'aimait. Il ne fera pas de don non... « Ce qui s'appelle tomber sur un os hein ? Autant en faire un collier si vous voulez jouer au vaudou, Padre. »

Il n'est vraiment pas net. C'est ce que pense Lecter en avisant le sourire maléfique qui orne le visage de son interlocuteur lorsqu'il demande qui . Qui a pu le mettre dans cet état. Jason souffle, reprend une gorgée de son verre et allume une autre clope pour rassembler ses idées. « En réalité c'est assez vague. » Commence-t-il, sourcils froncés. « Mes souvenirs sont parfois altérés, je commence à retrouver des morceaux de ci et de ça parfois mais... ce fameux jour j'ai reçu un genre de lettre m'invitant à rencontrer des « Purificateurs » enfin, un truc de cet aspect. Ils annonçaient mépriser le gouvernement et son système, ses réformes, ils voulaient changer les choses et attendaient une rencontre entre ma troupe et la leur pour... les présentations d'usage. » Le clown cale son dos au fond du fauteuil, serre le récipient qui semble gémir sous ses doigts. « ça puait. Ça puait le mensonge et croyez moi j'ai assez usé de la chose pour le savoir. Je suis parti seul, sans expliquer pour ne prendre aucun risque. Le Sud ne devait pas nous perdre tous. Je le sentais ; c'était ma peau qu'ils voulaient et... je ne m'étais pas planté. » Des images arrivent en bloc, visages troubles, voix déformées mais ce qu'il revoit est plus clair qu'une photographie. Il se souvient, son corps se souvient, il s'entend rire à s'en déchirer la gorge. « Je ne sais pas d'où sortent ces hommes ni même qui ils peuvent être. On m'a parlé de patriotisme, du rêve américain... On a évoqué le désir sinon le besoin de libérer la nation de ses parasites en tous genres, de lui faire retrouver sa gloire d'antan au nom du drapeau... et du Seigneur... »

Des foutus Patriotes, des pro-USA, des malades d'un genre qu'il ne croyait pas réel. Le verre explose en miettes, cette poigne nouvelle due à la chirurgie est fichtrement instable, il ne la contrôle pas plus qu'il ne sent la morsure des éclats. La rage est éteinte dans ses yeux mais son organisme entier hurle à la vengeance, la bête enchaînée dans ses entrailles crie au parjure, à l'affront mais demeure loin, trop loin pour refaire surface. « J'ai tenté quelques recherches à mon réveil, aucune trace d'eux et la chute de mon quartier n'est qu'un coup de chance pour le nouveau Maire, une opportunité qu'il a... judicieusement saisi. On a trop rapidement remarqué mon absence. Depuis lors, ils sont comme inexistants. Je ne sais pas ce qu'ils ont en tête. La seule chose dont je suis certain Padre, c'est qu'ils sont déterminés et qu'ils ont des moyens. » Un nuage gris s'évade de ses lèvres, la douleur revient lui vriller les os sans qu'il en fasse grand cas pour l'instant. « J'ai tué, torturé, j'ai fais des choses abominables et hautement condamnables pour le commun des hommes alors je peux le certifier : ils n'ont et n'auront aucune limite. »

La folie seule aura sauvé Lecter, ça et la menace d'un de ses engins de mort. Pas parti les mains vides, il avait emporté un « cadeau » avec lui et son explosion avait permis au Clown de mettre les voiles. Sans doute en a-t-il tué quelques uns, traumatisé les survivants à subir leurs coups sans cesser de rire, de se moquer. Ils avait vu les face blanchir, se tirer de rides soucieuses et effrayées. Mais ils sont quelque part, dans l'ombre du Drapeau et pas de doute, ils reviendront. Ils se feront connaître. « Ils mènent une croisade Padre, ils attendent leur heure je ne sais ni où, ni quand ni comment mais... oui ils courent toujours et oui, nous les reverrons. »

Un jour...      

© Jason L.

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Ézéchiel 25, verset 10.
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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Lun 25 Juin - 18:45

Ainsi donc, c'était le fin mot de l'histoire. Le clown avait été attaqué par un groupe d'extrémistes, et le chaos qui s'en s'ensuivit mena à la chute de son territoire, le laissant pour mort, ou presque. Les fourbes avaient tenté de le duper, prétextant de soi disant principes moraux, des visées communes, et l'avaient attiré dans un piège, qu'il avait heureusement anticipé. Et il avait au final chèrement payé la vilenie de ces mécréants. Il se resservit un verre, qu'il sirota pensivement en murmurant des mots incohérents , "croisade", "pénitence", "purification", "renouveau"...Il se ralluma une cigarette, étira ses longues jambes, faisant craquer le cuir de ses rangers soigneusement lustrées, massa ses yeux de l'index et du pouce, et reprit.

"Je pense avoir eu affaire à eux, à cette époque. Je les avait trouvé étranges, de se présenter comme ça, sourires en fleur, comme s'ils débarquaient chez eux, de retour après un long voyage. Je me souviens qu'ils avaient tiqué quand ils ont vu que j'étais un prêtre. Jason haussa un sourcil interrogateur. "Ils croyaient avoir affaire à un pasteur, à cause de mes prêches, et apparemment, ça les avait troublé. Comme si ça avait la moindre importance. Je veux dire, on ne bosse pas dans le même bureau d'étude, mais au final, pour le même patron, alors pas de quoi en faire une histoire. Pourtant, pour eux, ça semblait compter. Et je n'ai pas apprécié leur attitude, comme si faute de tomber sur un bon steak juteux, la tranche de bacon ferait quand même l'affaire.Il grimaça au souvenir de cette décevante rencontre. Oui, vraiment décevante, une perte de temps, pensait-il à l'époque. Il souffla longuement sa fumée vers les hauteurs immaculées de la voûte, nimbant les saints d'un halo gris bleuté. "Oui, décevant. Ils avaient commencé par des banalités, s'étonnant qu'un ministère subsiste sur ces terres désolées, et qu'il y vienne du monde, de plus en plus. Ils avaient même appris que j'hébergeais parfois des fugitifs, et en avaient conclus que je n'étais pas très partisan des gens qui prétendent nous diriger. Ainsi, ils m'avaient proposé de les rejoindre, dans ce qu'ils appelaient une sorte de croisade anti gouvernementale, afin de nettoyer la ville. Vaste projet, le problème, c'est que nettoyer est un acte de patience, de précision, qui vise à redonner aux choses leur éclat, non à les fracasser puis les balayer. J'ai bien essayé de les dissuader de continuer dans cette voie destructrice, mais on ne raisonne pas avec des gens qui ont la conviction de détenir la vérité. Il fronça les sourcils, les yeux fixés sur les deux massives portes d'entrée, comme s'attendant à ce qu'elles s'ouvrent à la volée. "Alors quand ils ont commencé à hausser le ton dans la maison de Dieu, menaçant mes ouailles de représailles, tandis que je déclinais leur offre méprisable, j'ai pris sur moi de les chasser du temple, comme Jésus avec les marchands. Je leur ai botté leurs culs de merdeux jusqu'au dehors, l'un d'entre eux a laissé quelques dents en obole sur les marches de l'entrée. Après ça, je me suis préparé à leur venue.

Il fit craquer des articulations, et retourna dans l'arrière de l'église, revenant en tirant derrière lui une lourde caisse en bois, aux coins renforcés de métal. Il l'ouvrit avec précaution, pour ne pas réveiller le chien, et souleva la lourde couverture à l'intérieur, révélant un petit arsenal hétéroclite. "Quand on a la délicate mission d'être un berger pour l'humanité, il faut se souvenir qu'on a avant tout affaire à des hommes. Certains se laisseront guider par des mots, d'autres par des actes, par la Bible, ou des principes moraux personnels. Mais pour certains, il n'existe qu'un seul évangile : l'évangile selon Smith et Wesson. La poudre parle fort, et parle juste, car contrairement aux hommes, une balle ne ment pas. Quand ils sont revenus une nuit, décidés à me chasser de ma demeure, ils sont venus équipés. Je l'étais tout autant, sauf que je savais mieux m'en servir, et que j'avais appris quelques tours en Afrique" Il eut un petit sourire malsain, et l'on y distinguait une trace de fierté , rapidement envolée tandis qu'il levait les yeux au ciel "Pardon Seigneur, je ressens encore un peu trop de fierté à l'idée du travail bien accompli, je ferai contrition, promis.". Ses yeux se reposèrent sur Jason, puis sur la caisse, il devait bien y avoir une quinzaine d'armes de poing, des fusils à pompe, des canons sciés, des poignards de tous types et même un Uzi, des munitions de tous calibres, et même, oh surprise, une bandoulière de grenades incendiaires, cadeau d'un ami vétéran qui trafiquait parfois certaines réserves de l'armée. "Enfin bref, ils n'avaient aucune chance, déterminés mais stupides, ça n'a pas duré une minute, ça a étoffé mes réserves, nourri mes amis et agrandi mon oeuvre souterraine. Il tendit les grenades, un couteau cranté de parachutiste, et un 357 à Jason, avec une boite de munitions. "Ces gens, qui qu'ils soient, ont tenté de nous chasser comme des malpropres, ils ont voulu détruire nos rêves, nos chairs, et ont bien failli réussir. Tu as sans doute raison, ils reviendront, tôt ou tard, ils auront peut être appris de leurs erreurs, mais ça ne suffira pas, parce que cette fois là, nous serons prêts, et nous prendrons les devants. Il n'est point de pardon pour cette engeance, cette affaire ne sera donc pas du ressort de Dieu, car Il s'est détourné de ces brebis galeuses. Non, il s'agit là bel et bien d'administrer un châtiment, c'est donc Lucifer qui guidera nos pas". Il fit à Jason, murmurant la bouche en coin, avec un air de confidence Il va falloir se préparer, c'est un maître fort exigeant"

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mar 26 Juin - 1:55

" Sad Clown "

Ainsi il n'est pas le seul à avoir croisé leur chemin. Rien d'étonnant maintenant qu'il y pense, Jason avait bien vu le crucifix accroché à leur cou à tous. L'église du quartier Est est parmi les plus anciennes encore debout à New York, elle devait les intéresser d'une façon ou d'une autre. Encore que le prêtre aussi si Jason en croit ce que lui raconte son compagnon de l'heure. Il n'a pas l'air enchanté de cette rencontre d'ailleurs et s'il avait été lui même le clown se serait roulé par terre à l'entendre. Si imprévisible, tellement réel, il ne l'apprécie que d'avantage ! Brut de décoffrage mais si intense si marginal... comme il regrette sa chute et de n'avoir pas eu l'occasion de travailler bras dessus bras dessous avec lui. Au final, Lecter ose un rictus disparu plus vite encore qu'il lui a tiré les lèvres et fume de plus belle. « Des dents, des os, des crânes... Padre mettez vous au vaudou, ça semble indiqué. »

Le voilà reparti, Jason ne regarde même pas où jusqu'à entendre  traîner quelque chose de lourd ça il peut en juger rien qu'à l'oreille. Une grosse caisse en bois, une couverture ôtée et que c'est beau ! Une balle ne ment pas, il a déjà sorti quelque chose du genre à une tiers personne. C'est un fait ne souffrant d'aucun mensonge. Évidemment le Clown se penche pour détailler cette collection des plus appréciables, caressant du regard ce qu'il sait être plus mortel entre ses mains. Mains bientôt occupées de ce qui ressemble à un cadeau. Le contact du métal sur sa peau lui rappelle des souvenirs devenus tellement lointains, il n'a pas touché une arme depuis des mois. Nous prendrons les  devants... Lucifer guidera nos pas. Le Clown serre les dents. Oh il sait l'exigence, a payé en litres de sang et en quantité de nuits blanches pour faire déferler l'Enfer sur New York... à quoi bon ? Enfin ! Secoue toi lui beugle quelque chose sous son crâne. Il n'y arrive pas.

Même mourir, ou vivre, ou pas ou peut-être il s'en fiche. Rien n'a de saveur, de couleurs, le noir l'englouti à mesure que les jours passent. « Padre... je n'ai pas oublié qui j'étais mais j'ai conscience de ma perte. Tout ça, comme si on avait rembobiné ma vie. J'ai débarqué sans un sous, un chien à mes côtés et me revoilà à cette case avec moins encore. » Pourquoi charges-tu cette arme alors ? Hein ? « Reconstruire, recommencer, tout ce que je pourrai entreprendre ou refaire aura sans cesse le goût de pas assez. Plus comme avant, pas aussi bien, jamais assez fou pour égaler ce que j'ai vécu. » Roulement expert du barillet, il ne s'en rend pas compte, le garde en main comme un gamin trimballe sa sucette. « J'ai juré sur je ne sais quel démon, ou truc j'en sais rien que je leur ferai payer à tous, que leurs cauchemars seraient abjectes, leurs nuits sanglantes... regardez moi, à rouler entre les rues et à me traîner comme un foutu zombie j'ai perdu jusqu'à mes instincts les plus logiques, je suis incapable de marcher alors même si je souhaite les écorcher de mes propres mains et leur faire payer par millions leurs offenses le fait est là merde : JE NE PEUX PAS ! »

Une porte claque lourdement quelque part, ça court et l'engrenage maudit se décoince, s'arrache à sa léthargie. Mains gauche qui se délie d'un mouvement serpentaire au bout du bras, canon armé plus vite encore. Une voix tonne, une silhouette s'engouffre dans l'église et Lecter sent ses doigts se figer sur la détente. Au bout de sa nouvelle arme, un visage connu face à un autre. Le silence leur tombe dessus, un géant avance, s'écroule à genoux face à un clown qui baisse lentement son arme.
Alonso... Son Cerbère Cubain. « Bon sang j'te croyais mort... » Dit-il à Lecter d'un ton éteint, craignant sans doute à une hallucination même si elle est fichtrement réelle.

Jason le dévisage, regarde le flingue et enfin le prêtre.
Un demi sourire qu'il lui accorde à lui seulement, à peine mais mauvais au possible.
Merci mon cher... Ami...
« Moi aussi Alonso... » Glisse-t-il. « Moi aussi je me croyais mort. »

Bizarre, pour un peu il veut bien croire au miracle ! Non, quand même pas.
       
Quelque chose revient, brise funeste qui renaît doucement d'entre ses cendres.
Fragile créature à peine extirpée de son cercueil qui doit réapprendre.
On rejoue la partie, on recommence, on en revient et le revoilà :
Le Cerbère cubain face à son Maître.      

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mar 26 Juin - 16:13

C'est tellement beau des retrouvailles !!. Zeke refoule à grand peine une larme, il sais que ces deux là ont jadis été une paire d'infernaux voyous, mais à les voir, maintenant, il ne pouvait qu'éprouver de la joie. Et si la joie pouvait aussi provenir de la réunion de tant de méchanceté, c'était bien un moindre mal. Il proposa un verre au cubain, dont il n'ignorait pas les connexions passées, ils en avait parfois évoqué le sujet lorsqu'ils travaillaient ensemble à la rénovation de l'église, mais il avait préféré laisser la surprise à Jason. Après tout, personne ne s'attendait à voir resurgir ce dernier, qui ne s'attendait pas à revoir Alonso, qui ne s'attendait pas au goût fort prononcé de la gnôle de Bertha. Tout le monde était surpris, c'était Noël avant la date.

Bon, il fallait bien commencer quelque part, c'était de bon augure pour la suite. Et ça ramènerait un peu de vie dans cet austère quartier, qui manquait cruellement de couleur. "Bien" dit il en claquant ses mains "le principal, dans tout ça, c'est que tu n'aie pas perdu l'esprit, puisque tu es toujours aussi fou. Un peu déprimé, certes, un peu brisé -physiquement j'entends- et c'est tout à fait compréhensible. Tu me fais penser à l'étoile du matin, lors de sa chute, La chute. Les ailes en feu, tombant inlassablement en une spirale destructrice, quittant peu à peu la lumière dans laquelle il été né, jusqu'au fin fond de nul part, seul et déchu de toute sa grâce. Mais bon, ça ne l'a pas empêché de se bouger le cul et de relever la tête, et ça ne lui a pas trop mal réussi. Des néants abyssaux, il a créé l'Enfer, et fait sa place au soleil, si tu me passes l'expression. Dans sa rage, sa folie destructrice, il n'a pas commis l'erreur de se raccrocher à son ancienne condition, au lieu de recréer un paradis perdu, à l'image de l'ancien, il a fait différemment, il a fait une toute autre chose, et pourquoi ?. Parce que ce qu'il avait perdu, il s'était rendu compte qu'au final, ce n'était pas assez, pas comme il l'aurait désiré, alors il a fait mieux, plus à son image. Et il est revenu, bien plus fort que ce qu'il n'avait jamais été, parce qu'enfin libre, d'avoir tant perdu. Il laissa les deux compagnons un moment seuls, le temps de s'en retourner chercher un boite à pharmacie, et revint se planter devant le clown.

"Lèves toi et marche, ça ne fonctionne que dans les livres. Dans notre monde si terre à terre, il faut en passer par un processus plus long. On va commencer par ça". Il ouvrit la boite et en tira une pipe, avec un assortiment de petits paquets, contenant des boulettes marron. "Ceci, mais je crois que tu le sais déjà, est de l'opium, mélangé à du tabac de Virginie. Pour calmer les douleurs. Par contre, je ne t'en donnerai qu'une certaine dose chaque jour, et je diminuerai ces doses progressivement. Le but est de te soulager, pas de te constiper, ou te faire vomir, ou te rendre accro comme un vulgaire punk". Il avait craché ce dernier mot, le prêtre n'aimait vraiment pas les junkies, qui s'étalaient comme des étrons partout où ils croupissaient. "Et pendant ce temps là, tu en profitera pour reconstituer tes forces, et réfléchir à comment nous allons nous y prendre pour la suite des événements.

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mar 26 Juin - 22:57

" Sad Clown "

Alonso n'a pas boudé son verre, en fait il l'a même tué d'une traite. Lecter écoute le prêtre et sa comparaison, songe qu'il peut sans doute faire quelque chose avec du temps et de la volonté. Il ne serait pas seul, ne le sera plus. Le regard de son homme de main est clair, dévoué, il semble demander un pardon que Jason n'a jamais exigé, il n'y avait pas d'offense dans le départ de Cimarro. Ils ne s'entendaient plus, rien ne les retenaient ils le savaient tous au repaire. S'ils ne partageaient plus les mêmes buts alors autant qu'il parte, le Clown ne se formalisait pas de si peu. Pour l'autre en revanche, ça semble plus difficile à encaisser.

Ezechiel s'échappe à nouveau, les laissant seuls et enfin le Cubain avance, se plie face à son ancien patron. Regards échangés, jusqu'à voir la montagne courber la tête. « T'as une sale tête tu sais ? »
Lecter ose un fin sourire. « Tu t'es regardé ? On dirait que tu as passé un an dans la forêt à chasser l'ours. » Un partout, ils ont été blessé à leur mesure, ont encaissé comme ils pouvaient.
« Tu pourras remarcher ? »
Haussement d'épaules, mains qui s'écartent en signe d'inconnu. « Si j'arrive à supporter les boulons et les vis qu'ils m'ont ajouté théoriquement oui... »
Alonso se redresse, cale les mains dans ses poches sans quitter le Clown des yeux. « Comme si tu en avais pas assez ; de vices et de boulons... » Soupir, ils laissent chacun filer un rire court, à peine joyeux mais c'est déjà ça.

Et maintenant il veut lui filer de l'opium ? Mais quel dommage de ne pas l'avoir plus souvent côtoyé par le passé. Alonso reprend un verre non sans secouer la tête et Jason pour sa part, siffle entre ses dents. Quelle riche idée de lui donner de quoi manger ses neurones à nouveau. Il hoche la tête, jette un regard à ce nouvel allié. « Vous ne me verrez jamais sous ce jour, j'ai testé mes propres fabrications et joué avec bien plus hasardeux à mon époque. Cela dit, ça semble plus indiqué que la morphine je vous le concède. Soit, je vous laisse maître du dosage, je ne serai pas bon juge compte tenu de ce que j'absorbe en ce moment. »
Sage, il s'en remet à l'homme d'église -pas que d'église- sous le regard interloqué du Cubain. « Ils ont vraiment dû te fendre le crâne en deux... depuis quand tu écoutes quand on te parle ? »

Cette simple phrase aurait suffit à lui faire récolter une balle -perdue sans doute- ou un truc dangereux lancé en direction de sa propre tête, mais non. Lecter se contente de lui balancer un regard à la fois offusqué et dépité sans même élever la voix. Pourquoi ça ne lui fait pas plaisir ? Parce que ce n'est pas assez clownesque et même pour le clown en question, c'est pénible à vivre. Boogie aurait apprécié ce peu de sérieux et de modération... mais Boogie n'est plus là pour le voir... Il chasse rapidement cette pensée, se concentre à nouveau sur Ezechiel. « Mais dites moi Padre, une petite question me taraude... d'où sortez vous de tels trésors ? »
Le Cubain prend ENCORE un verre, ça n'a pas d'effet ce truc. « Ils ont peut-être fait une brocante dans le Sud ?! M'enfin j'en doute je vois mal la grosse Bertha lâcher ses bouteilles... »
Jason ne saurait le contredire. L'oeil avisé, le Monstre commence à reprendre du service dans sa tête folle. Parce que si lui a pu obtenir ce genre de jouets : alors Lecter peut en faire autant.

La p'tite araignée grimpe grimpe...
La p'tite bête monte monte...
Veuillez patienter, Calamité en incubation.


© Jason L.

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Ézéchiel 25, verset 10.
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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mar 26 Juin - 23:52

Ézéchiel éclata de rire, un étrange ricanement sec, comme un homme qui n'avait plus l'habitude d'un geste aussi simple, et ce depuis longtemps. Il déboucha une autre bouteille, le cubain avait vraiment la dalle en pente, et il semblait connaître cet horrible breuvage.

"Et pourtant si, Alonso, c'est bien la grosse Bertha qui m'a approvisionné. Une longue histoire nous unit, mamie et moi, une histoire faite de douleurs, de peine, et de violence, mais nous sommes passés à travers tout, plus ou moins entiers, ça dépend de ta définition. Elle était cantinière dans l'armée, et moi, et bien tu t'en doutes, aumônier. On nous a traîné dans les pires coins pendant la dernière guerre, parce que tu vois, tu peux lâcher 1000 gars surentraînés sur n'importe quel front, s'il n'y en a pas autant en arrière pour laver leurs caleçons, soigner leurs plaies et leurs âmes, leur remplir la panse, alors autant parachuter 1000 cadavres farcis de grenades, ça fera plus illusion. une armée, c'est un gigantesque bordel ambulant, où il faut savoir se faire respecter quand tu ne portes pas de grade, ou un fusil automatique. J'avais ma façon, et Bertha, oh ben disons qu'on ne lui cassait pas les couilles. Oui, vous avez bien entendu, c'était un fait admis qu'elle en avait plus que certains hommes par là bas. Une fois, elle a coincé un soldat qui tentait de forcer une de ses jeunettes, dans la tente de lessive. L'autre avait un couteau à la main, Bertha, lui a bourré le mou avec un fer à repasser chauffé à blanc dans le charbon de bois. Vous voyez duquel je parle, celui qu'elle garde sur les étagères du bar, à portée de main. Et les traces, c'est pas de la rouille, elle n'a jamais réussi à décoller toute la peau ni ravoir tout le sang, même après toutes ces années. Il repensa à la scène dans ses moindres détails, la tête boursouflée du type, les cloques de la taille d'une hostie, et cette colère qui ne le quittait pas. "J'étais chargé de veiller aux soins du soldat en question, qui jurait tout ce qu'il pouvait qu'il allait lui crever la paillasse, et rameuter ses potes pour faire payer les filles. J'ai essayé de l'en dissuader, prêchant le pardon, essayant de lui expliquer que c'était lui le coupable, à l'origine, qu'il devait se calmer. Puis il m'a mis dans le même sac, disant que je serai le prochain après elles. Alors je suis sorti de l'infirmerie, je suis passé emprunter à Bertha un de ses pains de sel, et je suis revenu, je l'ai pressé sur son visage jusqu'à ce qu'il renonce. Comme il hurlait comme un cochon, c'est la version que j'ai servi à la grosse, que j'étais parti saler un porc. Elle s'est foutu de moi, parce que bien sur, elle avait pigé. Et surtout qu'il n'y avait pas un cochon à 500 kms à la ronde. Sacrée Roberta, après ça, on a veillé sur les arrières de l'autre, et la rumeur s'est vite répandue qu'il ne fallait pas faire chier le cureton, la bergère et ses brebis. L'autre n'est pas mort, mais il est passé peu de temps après en cour martiale, et ils ont attendu qu'il puisse se tenir sur ses jambes pour le pendre, pour barbarie.

Il dut se forcer à s'extirper de la brume de ses souvenirs, pour revenir un moment à la réalité. Il les resservit, conscient que le cubain allait siffler cette bouteille là aussi, mais les bonnes choses sont faites pour être partagées, après tout. Son regard dériva sur l'opium, et son visage s'assombrit. "Ceci, en revanche...Un temps, j'avais perdu tout espoir de salut, je vivais dans les égouts, je faisais les poubelles, ici, à New York. Après avoir été déchu de ma prêtrise, on m'a fait comprendre que je gênais l'Eglise, et on m'a interné. Quand je me suis échappé, j'ai échoué dans cette ville. Jusqu'à ce que d'autres m'aident à me relever. J'aidais dans un hôpital clandestin, j'avais rencontré des gens formidables, qui m'avaient redonné quelque espoir, jusqu'à cette nuit là. Il essuya une larme de rage d'un revers de la main, et sur son visage se peignait la haine brûlante qu'il éprouvait encore pour les responsables, quels qu'ils fussent. "Un homme que nous avions soigné a choisi de nous dénoncer quand la police l'a pincé, pour échapper à la prison, et ils sont tombés sur le refuge en un rien de temps. Ils ont tout pulvérisé, j'étais sorti chercher des médicaments au marché noir, et quand je suis revenu, j'ai tout juste eu le temps de m'enfuir qu'ils me canardaient déjà. Après ça, je me suis caché dans les égouts, comme si c'était là ma vraie place en fin de compte, et je suis revenu quelques nuits plus tard, chercher des traces, une preuve que quelqu'un aurait survécu à cette boucherie organisée. Je n'ai trouvé qu'un flic qui patrouillait, et sans savoir comment, je l'ai étranglé avant qu'il ne puisse me descendre. Après ça, j'ai récupéré ce que j'ai pu trouver, vidé quelques cachettes clandestines encore intactes, et j'ai fini par atterrir ici. Et peu de temps après, nous nous sommes rencontrés, comme un heureux hasard." Il sourit à Jason, ce souvenir là, au moins, n'était pas cuisant.

Il désigna la caisse d'un geste ample : "Et le reste, ha, je l'ai obtenu au fil de mes rencontres avec la faune si bigarrée de la ville. Disons que ce sont pour la plupart des dons désintéressés pas toujours consentis. Et comme leurs précédents propriétaires n'en avaient de toute façon plus l'usage, j'ai trouvé plus sage de les conserver avec moi. Il ne faudrait pas que ça tombe entre de mauvaises mains, n'est ce pas ?. C'est bien la preuve manifeste qu'on peut s'enrichir de chaque rencontre. Cela étant, j'ai noté que depuis ton absence, ces rencontres ont de plus en plus souvent lieu, la canaille s'enhardit, et commence à s'équiper. Je crois qu'il va me falloir une caisse plus grande", termina t'il d'un air songeur.

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mer 27 Juin - 1:26

" Sad Clown "

Quelle étrange scène, trois individus louches dans la maison de Dieu, verres en mains comme des potes de camping autour du feu. Les histoires ne sont pas jolies jolies, et parce que c'est en accord avec l'endroit Lecter sait bien qu'ils portent chacun leur croix. Chacun son lot de morts, de peines, de vengeance à accomplir... Bertha, comme Lecter se souvient de cette bonne femme qui le surnommait It, comme le clown d'un vieux film d'horreur. Elle manquait de lui décoller les poumons chaque fois qu'elle le voyait en lui collant une baffe dans le dos mais jamais elle ne l'a sous estimé comme si son expérience de la vie lui avait fait savoir bien assez tôt qu'il était un danger ambulant. Amusant d'entendre qu'ils ont tous connu cette taulière au fer à repasser. Le clown trinque mentalement à sa santé.

Encore un verre, c'est pas vraiment conseillé avec les médocs ça... il boit, tant pis.
L'homme à leurs côtés se renfrogne à l'évocation d'un souvenir douloureux, Clown et Cubain écoutent sans interrompre, respectueux. Ainsi donc il a été résistant ça parle aux bêtes du Sud qui en ont connu une autre. Certes Jason l'avait effrayée parce que ses discours pleins de bons sentiments et sa tendance à vouloir sauver n'importe qui commençait à déteindre sur le moral du Colosse qui la fréquentait. Oui il a menacé l'hôpital aussi et ses malades mais finalement il avait accepté de contribuer plus ou moins à ce manège à condition qu'elle ne fasse plus de vagues près de chez lui. De toute façon cogner des malades ou des bons samaritains, ça ne l'intéressait pas. A croire qu'ils ont connus les bas fonds de différentes façons, contraints de se retrouver nez à nez avec la pourriture.

Une caisse plus grande, ses deux invités observent la boite actuelle.
« Ou les planquer dans des cercueils... ce serait pas inapproprié ici. »
« T'as jamais fait de bombe dans un cercueil... pourtant tu en as fait une dans une poussette pour enfant. »
« En même temps un cercueil ça attire un peu l'attention sorti de son contexte hein. »
« C'est vrai qu'une poussette entre tes pattes ça attire pas l'attention, mouais. »
« Hey ! » Lecter grommelle, s'enfonce dans son fauteuil et ajoute pour expliquer un minimum. « C'était pour un Noël et j'allais déposer un cadeau devant la mairie... »
« Fardé comme un Clown d'halloween en habit de Père Noël tu as raison c'est très très discret. » Achève le Cubain non sans oser un rire moqueur.  

Le balafré lève les yeux au ciel, avale le fond de gnôle qui lui reste et tend une cigarette au prêtre, ne relevant pas quand le géant lui en pique une. Il est plutôt cigare, mais fera sans doute avec. Les rouages de son cerveau commencent à refonctionner un peu dans le bon sens -c'est à dire mal- et il se donne le temps de la réflexion, caressant la tête du molosse venue se poser sur son genou. « Padre oserai-je vous demander de m'accompagner prochainement ? Je dois vous présenter quelqu'un, la responsable de ma survie en fait. » Une volute bleutée entre ses lèvres où se dessine un sourire. Cimarro a déjà tiqué, se demandant qui et le nom qui tombe manque de le faire s'étrangler avec sa boisson. « Calypso Storm. Je suis certain qu'elle vous plaira. »

Il sait désormais qu'il  aura besoin de la blonde, et qu'elle aura besoin de lui s'il se décide à bouger ses neurones maléfiques. « Longtemps je l'ai considérée comme nocive, une ennemie mais cette sordide affaire m'aura appris qu'elle a en commun avec moi une notion du respect qui dépasse ses devoirs. Si elle n'avait pas été présente... je serai mort pour de bon. Je lui dois ma survie, et même si c'est difficile à avaler... je lui dois de fait un... retour de manivelle voyez ? »

Si on lui avait prédit Alonso ne l'aurait jamais cru, l'entendre aujourd'hui lui fait se saisir de la bouteille et la vider pour la forme. Enfin, enfin... l'homme peine à retenir un soupir nerveux, la gorge nouée il baisse la tête, les yeux voilés. Lecter a compris, c'est juste terriblement triste qu'il ait dû souffrir à ce point, perdre autant pour réaliser que son Cerbère ne le harcelait pas sans raison à ce sujet. Considérant l'effet que provoquent ses paroles, Jason tend une main qu'il referme sur la nuque de l'autre, se penche jusqu'à coller son front contre la tête d'Alonso. Souffle délicat qui chuchote comme en secret : « Tu avais raison. » On ne se demande pas pardon, on ne manifeste pas de regrets entre Monstres mais en tant que seul et unique vrai maître du Cubain il doit lui avouer son erreur. Parce que Jason n'a pour ainsi dire jamais eu d'amis et que Boogie, Alonso étaient encore ce qui s'en approchait le plus dans le Chaos qu'il générait sur son passage. Les seuls à avoir réussi l'exploit de  le suivre  et de l'aider, jusqu'à ce que la mort les sépare...

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Mer 27 Juin - 18:17

Une rencontre ?. Intéressant, encore une nouvelle tête qu'il faudrait apprendre à connaître, avec son lot de surprises, cela le comblait de félicité. Il penserait à repasser sa soutane, pas question de passer pour un débraillé devant une amie de Jason, il ferait un effort vestimentaire. Il nettoierait aussi son revolver, mais plus parce qu'une arme sale peut être dangereuse pour celui qui l'utilise. Et ses rangers, au cirage !!.

"N'en dit pas plus, mon ami. Si cette personne, cette Calypso, t'as vraiment sauvé la vie, alors ta dette est aussi la mienne, et je ferai ce qu'il faut pour t'aider à renvoyer ce coup de manivelle providentielle. Oui, je lui en dois une aussi, pour le coup, alors ne faisons pas attendre cette dame, c'est très impoli. Nous irons quand vous le voudrez, mais peut être devrions nous la faire prévenir, en premier lieu ?. Sans trop savoir comment elle prendrait l'arrivée impromptue d'un si étrange cortège, peut être que des fleurs, avec une carte ?.

A vrai dire, il ne savait guère trop comment s'y prendre avec les dames, il n'avait fréquenté que Bertha, et le qualificatif de "dame" semblait pour elle bien galvaudé, alors qu'est ce qui ferait plaisir à cette Calypso ?.

"Ou alors, on pourrait lui envoyer un panier avec une bouteille de ce nectar, si notre gigantesque compagnon ici présent parvient jamais à étancher sa soif" Il sourit à son bon mot, et tendit son verre à Alonso pour sauver un peu de ce qui restait, avant que le breuvage ne s'évapore définitivement. "Par contre, une chose me tarabuste, tu l'as bien décrite comme une ancienne ennemie, j'imagine donc qu'elle a enterré la hache de guère, à défaut de ta personne, penses tu que son accueil sera cordial, ou alors devons nous nous attendre à quelques réticences. Nonchalamment, il commença à farfouiller dans la caisse, et la trouva, sa bonne vieille machette de brousse.

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster Sam 30 Juin - 2:15

" Sad Clown "


Oh les fleurs seront inutiles ! Jason se sent sourire intérieurement faute de réussir à tirer un semblant de joie à son visage crayeux. Débarquer au nord accompagné d'Alonso sera le plus beau cadeau qu'il puisse leur faire. Les Nordiques ont toujours aimé le géant, depuis bien avant qu'il daigne se pencher sur leur cas et laisser envisager un potentiel traité de paix. Le seul qui allait à leur rencontre, partageait un café sans animosité et les appréciait pour une raison que Lecter jugeait obscure, et il s'en fichait tellement.

« Inutile Padre, nous attendrons seulement l'aube pour filer là bas, histoire de ne pas sortir ces... braves gens de leurs lits mais croyez moi, ils seront heureux et Calypso peut-être plus que n'importe lequel d'entre eux. »

Cimarro n'a jamais caché une sorte d'attachement pour la blonde, il la trouvait sympathique à sa façon et avait appris à la connaître au delà de sa couronne. Chose que le clown se refusait à faire, ne lui accordant pas d'autre intérêt que celui d'un pion dans son jeu, ni plus ni moins qu'une ou un autre en somme. Des pions, ils étaient tous logés à cette enseigne... est-ce toujours le cas ? Il ne saurait le garantir. Non le criminel a eu le temps de méditer sur ses pertes, d'en comprendre le sens, d'en mesurer le vide laissé. Il ne veut plus rien perdre mais n'a pour l'heure pas les moyens de conserver quoi que ce soit de tangible. En tout cas, il ne pourrait pas protéger bec et ongles son trésor de dragon. Le temps ; le temps fera son travail et lui rendra quelque chose tôt ou tard. Peut-être...

La machette, Jason siffle presque d'admiration. Voilà un  jouet qu'il aurait adoré quelques temps plus tôt, il faisait un usage merveilleux de la sienne et taillait avec tellement de savoir faire. Ah la la … « Non non l'heure ne sera pas à la riposte. C'est une ancienne ennemie oui, mais je n'oublie pas ce qu'elle a rangé en matière de principes et de fierté pour me sauver quitte à s'attirer les regards désapprobateurs de ses pairs. Je paie toujours mes dettes, je respecte mes contrats et même s'il n'est que moral pour l'heure je veux m'y tenir. »

Le Cubain pose sa lourde main sur son épaule, nul ne sait s'il s'agit de soulagement ou de gratitude mais le geste a quelque chose d'apaisant. Cette poigne là, Jason pensait ne plus jamais la ressentir. Il est là, son molosse humain et il sera là longtemps cette fois. Lecter a-t-il tant changé ? Difficile à dire, ce n'est pas sûr à cent pour cent, c'est peut-être passager à moins que sa tête folle tourne à nouveau de travers et lui fasse recommencer ses conneries à plus haute échelle ? Nul ne peut prévoir avec le clown.

« Sans abuser de votre hospitalité Padre, serait-il possible de dormir quelques heures ? Je crains de devoir m'allonger sous peu. » Il a beau serrer les dents, il faut qu'il se pose avant de se retrouver en crise. Il semble fatigué, tient par la force de l'habitude mais Lecter préférerait éviter de s'écrouler face à cette aimable assemblée et sauver ce qui reste de sa fierté. Qu'on ait pas à le ramasser, ce serait vraiment vexant.  

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Requiem for a Monster



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