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Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah]

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MessageSujet: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Mar 4 Oct - 16:37

- Je m'en fiche qu'il ai disparu... Non! Tu vas me le retrouver!... Et bah oui... Non! Hors de question... Comment ça le quartier nord? Et alors?... Bah si c'est le Nord, c'est le Nord... Non!... Oui, je t'entdends... Hein? Qui?... Attends. Il posa les doigts sur les petits trous du téléphone pour empêcher son correspondant d'écouter, puis s'adressa au type à côté de lui. On a quelque chose sur quelqu'un qui se ferait passer pour "Le Rat"?

Celui à qui il s'était adressé haussa les épaules et ne demanda pas son reste pour farfouiller dans des papiers en tas qui trainait sur son bureau, une femme un peu plus loin tapota sur son ordinateur. En moins de vingt secondes, la femme fit non de la tête et l'homme haussa à nouveau les épaules. Ca voulait dire nan, ça. Il soupira et reprit la conversation avec son interlocuteur, de l'autre côté de la ligne téléphonique.

- Nan, connais pas... Mais j'en ai rien à faire que ça soit dans le quartier nord. Tu fais pas chier, tu investis et tu me fais un rapport pour hier, c'est clair?... Ouai, c'est ça... Ok... Hu, hu.. Hu, hu... Non, pas jusque là... Tu vérifies que le type soit bien là et tu le coinces la main dans le sac, pas plus, pas moins. C'est si compliqué que ça?... Ok... Oui, c'est ça... Ok... Tiens-moi au courant.

Il ferma le clapet de son téléphone et le fourra dans la poche de son jean. Il se frotta le crane d'une main agacée avant de s'entretenir avec ses troupes qui attendaient là.

- Ok, on a un nouveau suspect. Il se fait appeler "Le Rat", c'est un rase-motte qui traine ses godasses dans le QN. Il aurait une commande d'une centaine de kilos de cocaïne qui "devrait" arriver par camion dans trois jours. Je dis "devrait", parce qu'on en est pas sûr, ça peut être par bateau, par hélico ou par la voie des égouts. Alors je veux que dans 24h vous me trouviez vos contacts et que vous m'indiquiez quand, comment, où, pourquoi, combien, qui, quoi et tout le reste... Je veux tout savoir avant d'intervenir. Au boulot. Laissez tomber les petits dealers et autres merdes, ce "Rat" est un nouveau, je veux lui couper l'herbe sous le pied avant qu'il ne s'installe. C'est parti.

Tout le monde se leva, fouillant leur poche pour trouver un téléphone, appeler leur indic ou vérifier l'heure, qu'en savait-il, c'était pas son boulot de les materner et de les surveiller.

- Max. Nous on va ailleurs.

Il se leva, la salle se tut tout à coup. Quand le Cannibale se déplaçait, c'était comme si le Pape en personne venait saluer la foule. Ce n'était pas rare, mais l'aura, les histoires, les rumeurs, tout ça, faisait que Aaron Blackwood était une personne à craindre, était le chef tout puissant, sérénissime du Bâtiment. Cette tour, on l'avait surnommée la Tour Salem, Salem en l'honneur de cette petite ville où l'on avait découvert des sorcières il y avait bien longtemps. On les avait pendues, mais leurs esprits hantaient toujours les maisons. Blackwood était l'Inquisiteur de l'endroit et il chassait de nombreuses sorcières. Quant à son surnom du Cannibale, c'était parti d'une histoire plus ou moins vraie, enfin, tout dépendait de comment on voyait les choses. Mais personne, mis à part Max surement ne connaissait la vérité vraie et personne n'osait le lui demander. Aaron prit son manteau, des lunettes de soleil et fourra les mains dans ses poches. Il avait l'air d'un branleur de première catégorie comme ça. Dans cet univers pourri, quand on fait ce genre de métier, fallait savoir endosser tous les rôles et se métamorphoser en un dixième de seconde. Les deux hommes grimpèrent dans un véhicule banalisé et Max conduisit jusqu'au quartier sud. Ils devaient trouver quelqu'un, qui n'avait rien à voir avec ce "Rat", mais qui pourrait peut-être les aider. Ils laissèrent la voiture dans une ruelle tranquille avant de marcher sur les trottoirs, repérant non seulement les lieux, mais également les gens. Max marchait quelques mètres loin derrière Aaron ou sur le trottoir de l'autre côté, mieux vallait rester prudent. Il n'y avait pas grand monde dans les rues à cette heure là. Le Cannibale s'arrêta près d'un passage pour piétons. Le petit bonhomme était rouge, mais cela n'empêcha pas une jeune femme de commencer à traverser.

- Hey... Le petit bonhomme, c'est pas fait pour les aveugles.

Bien fort, bien clair et bien dirigé vers cette jeune femme qui avait l'air un peu dans la Lune. Ce n'était pas vraiment un ton méchant ou mauvais, mais plutôt franc et froid, sans douceur, mais sans grande brûtalité non plus.


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Mer 5 Oct - 23:06


    « Etrange bizarrerie de l'esprit humain, on peut convaincre un homme de ses erreurs, et ne pas le convertir. »

    Rivarol


Ça me terrifiait. Tout me terrifiait. Flotte sous vent me manquait. Maman me manquait. Judicaël me manquait. Ne plus voir la mer, sentir les embruns, les vagues s'écraser contre les rochers, tout cela me manquait affreusement. L'air pur d'une île paumée. L'électricité caduque qui tendait à s'améliorer. La précarité du village. J'avais envie d'y retourner, retrouver l'arbre sous lequel je m'asseyais pour écrire quelques histoires ou encore pour lire. Là-bas, j'étais libre comme l'air ; je pouvais me promener où bon me semblait, je pouvais aller me baigner quand je le souhaitais, je m'inventais mes histoires au gré de mes envies. Le vent me portait là où mon esprit ne pouvait aller. J'aimais mener cette vie de bohème. J'aimais ma mère en ces temps-là. Oh, je l'aime toujours, la question n'est pas là. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi elle m'a envoyé là. Est-ce que je suis indigne ? Est-ce qu'elle ne m'aime plus ? M'accuse-t-elle d'avoir tué Mamie ? Mais je n'avais rien fait ! Elle dormait déjà quand j'étais arrivée. De ce sommeil éternel, que nul ne saurait troubler.
New-York... Je n'aurais jamais cru qu'un jour, je serais ici. Je ne fais pas partie de ces gens qui rêvent de cette ville, au contraire. Pour moi, elle se situe dans mes pires cauchemars. Rien qu'en ayant lu les quelques journaux qui arrivaient jusqu'à Flotte sous vent, la ville me pétrifiait de peur, de par tous les objets hors du commun qu'on pouvait voir sur les rares photos. S'il y avait bien une ville dans laquelle je ne voulais pas aller, c'était bien celle-là. Déjà, dans l'avion ,j'avais angoissé à mort. J'avais dû tomber dans les pommes plus d'une trentaine de fois, vomi plus de cinq fois, sans oublier les convulsions au milieu de l'allée. Une sueur froide avait dégouliné le long de mon cou puis de mon dos. Mon cœur avait battu à folle allure. Je tentais de me calmer, mais je ne me sentais pas assez en sécurité. Pour ne pas dire pas du tout. Je m'étais mise à hurler à pleins poumons, à devenir totalement incontrôlable, au grand dam des hôtesses de l'air et des autres voyageurs qui ne demandaient qu'à me tuer. Mais je n'y pouvais rien ! J'aurais bien voulu sauter par un des hublots mais je ne savais pas comment les ouvrir. Déjà, pour me faire monter dans l'avion, ma mère avait dû avoir recours à des médecins, histoire qu'ils m'injectent une bonne dose de produit anesthésiant. La panique que j'ai eu en me réveillant ! En voyant toutes ces lumières au dessus de moi, des écrans incrustés dans les repose-têtes des fauteuils, les téléphones portables ultra sophistiqués collés aux oreilles de leurs propriétaires, ça en fut trop pour moi. Beaucoup trop.
J'étais littéralement paumée. Rien ne ressemblait à Flotte sous vent. J'ouvrais des yeux ahuris, apeurés, lorsque je voyais un tel étalage de technologie. Parfois, les gens se retournaient dans la rue et me dévisageaient. Certains en rigolaient à gorge déployée. Ça me blessait au plus profond de moi. J'essayais de ne pas le montrer, mais c'est dur de vaincre une vraie phobie. Je tentais par tous les moyens de passer inaperçue dans cette ville immense ; la chose n'était pas aisée loin de là s'en faut ! Le plus souvent, on me prenait pour une folle, une échappée de l'asile, en d'autres termes. Ils ne comprenaient pas que j'avais peur de ce qui m'entourait, que je n'avais jamais été confrontée à tout ça. C'était trop d'un seul coup. Paf, jetée dans la fosse aux lions, sans aucun préavis. Je n'allais tout de même pas restée enfermée dans ma chambre, de jour comme de nuit. Il fallait bien qu'un jour, je sorte, respirer l'air. Le tour du parc avait été vite fait. Autant avoir peur jusqu'au bout et s'aventurer en ville. Je n'y connaissais rien, tant à la signalisation de tout genre qu'à l'organisation des rues. Je traversais une route, à moitié sur le passage piéton, à moitié en dehors. Le petit bonhomme était rouge. Est-ce que ça voulait dire qu'on pouvait traverser ? Je n'en savais fichtrement rien.
On m'interpella. Je me retournais.
Un homme, avec une forte carrure. Enfin, c'est ce que j'en déduisis. Il ne semblait pas amical, mais il ne semblait pas vouloir repousser les gens. Son ton était ferme, pas froid ni chaleureux. Ferme. J'ouvris de grands yeux emplis de frayeur. Il me foutait les jetons. Carrément. Je baissais subitement la tête, trouvant un soudain intérêt pour mes ballerines argentées.
« Excusez-moi, je, euh... »


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Dim 9 Oct - 11:07

« Excusez-moi, je, euh... »

Et bah nan, elle n'allait pas revenir sur le trottoir, hein? C'était trop beau pour être vrai. Elle avait traversé comme ça, la tête dans les nuages, comme ça, elle donnait l'impression d'être une biche dans un nouvel environnement, en train de tout regarder, mais de ne rien imprimer dans son petit cerveau de cervidé rêveur. Et là, depuis qu'il l'avait interpelé, depuis qu'il lui avait parlé quoi, elle restait plantée sur la chaussée, sans savoir quoi faire. A quoi? Deux ou trois mètres de lui, pas plus. Il l'aurait laissé lâchement en train de ruminer sur ses godasses s'il n'y avait pas eu une circulation plus ou moins intense en ce début de journée. Heureusement qu'il y avait quelques secondes de temps mort, car les voitures se trouvaient de l'autre côté du carrefour. MAIS TE POUSSES PAS, NOM DE DJOU!!! L'homme fit simplement deux pas, saisit la jeune femme par le paletot et la tira sèchement vers le trottoir, à l'abri de l'immense quarante-tonnes qui lui fonçait dessus, étant donné que c'était sa voie de circulation. Le chauffeur, comme toute personne assez sensée avait très certainement supposé qu'elle se pousserait de sa route, donc naturellement il n'avait pas freiné, du moins seulement un tout petit peu. Mais non, la biche au bois dormant dormait véritablement sur la voie. Le Cannibale, cependant, n'allait pas laissé passer ça, dans un petit coin de sa tête, il nota la plaque d'immatriculation du véhicule, alors qu'il relâchait la rêveuse.

- Hey. Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école?

Ouai, parce que la jeune femme, vu son accoutrement, vu son air ahuri, vu la jeunesse et l'innocence sur son visage, elle ne devait pas être plus âgée qu'une lycéenne. Et encore, il n'était pas sûr. Bah, il était peut-être physionomiste, elle, elle faisait très jeune quand même. Il se désintéressa d'elle quelques instants, alors qu'il surveillait le trafic, comme tous les autres. Du coin de l'oeil, il remarqua Max qui attendait aussi de traverser. La foule commençait à presser les gens, les uns contre les autres, c'était bientôt l'heure du boulot, et comme ils étaient dans un quartier assez populeux, il y avait du monde, malgré toutes les merdes qui arrivaient en ce moment. Aaron fourra les mains dans ses poches et attendit, assez impatiemment, il fallait bien le reconnaître. Il lança un coup d'oeil à la jeune femme. Elle semblait encore plus perdue, encore plus appeurée. L'homme n'éprouvait plus rien depuis bien des années, mais la voir ainsi, ça supposait peut-être un traumatisme, donc quelqu'un lui avait peut-être fait du mal, donc peut-être il aurait quelqu'un à coffrer. On pouvait toujours tenter la discussion sommaire.

- Ca va? Vous êtes nouvelle ici?

Petite question pour la forme, pour l'interpeller. Deuxième question pour éliminer les possibilités. Si elle lui disait non, bah il avait une chance de peut-être trouver un coupable, si elle disait oui, bah tant pis, il n'aurait plus vraiment de question à lui poser. Elle ne semblait pas avoir été battue, ou alors, elle avait une tonne de maquillage pour camouffler les bleus, mais elle ne semblait pas en porter. Elle avait l'air complètement hors de ce monde. C'était gris, c'était froid, y'avait de la violence partout et elle au milieu de tout ça, on aurait dit... une petite princesse sortant d'un conte de fée. Elle n'aurait pas été aussi grande, qu'il lui aurait donné une dizaine d'année peut-être. Pff, n'importe quoi... Il avait des pensées idiotes en ce moment. Il tourna la tête vers le petit bonhomme qui lui donnerait l'autorisation de passer. Les voitures ne tardèrent pas à avoir le feu rouge, ah, ça allait bientôt être leur tour.


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Ven 14 Oct - 22:20


    « Il n'y a en cette vie que l'espérance d'une autre vie. »

    Blaise Pascal
J'étais pétrifiée, je ne pouvais plus bouger. Au milieu de la route. Des voitures me contournaient en klaxonnant. D'autres ouvraient leurs fenêtres et m'insultaient. J'avais envie de pleurer. Je sentais mon cœur, dans ma poitrine, s'affoler vivement. Je le sentais battre, je le sentais dans ma gorge, dans mes oreilles. J'entendis aussi un bourdonnement sourd et j'étais prise de vertiges. Je tournais sur moi-même, à la recherche de quelque chose à laquelle m'accrocher. Seul le visage de l'homme m'apparaissait clairement dans ce monde qui se brouillait devant moi. Je ne voyais pas le camion qui fonçait droit sur moi. Juste un trait blanc, noir et rouge qui se rapprochait. Ce n'était qu'un trait pour moi, pas un camion. Et je fus tirée hors de la trajectoire du trait. Comme par enchantement. Jusqu'à ce que je vois le visage de l'homme, qui se mit à me parler.
Ses paroles étaient confuses pour moi. Je ne les saisissais qu'à demi-mot et ça ne s'ancrait qu'éphémèrement dans mon esprit. L'instant d'après, ce fut déjà oublié. Une envie de pleurer monta. Je sentais une boule se former dans ma gorge qui se nouait déjà. J'avais du mal à respirer et lorsque j'essayais de parler, ce n'étaient que des sons entrecoupés qui sortaient d'entre mes lèvres. Seigneur, comment allais-je pouvoir survivre ? Je ne me sentais pas à ma place. Je voulais juste mourir. Retourner à Flotte sous Vent et continuer de vivre ma vie. Aider Maman, faire les tâches de filles, s'il le fallait. Je parie qu'on me punit pour ça. Parce que j'ai toujours dénié les faire. Ohmondieumondieumondieu ! L'homme me posa des questions. Je les entendis distinctement et, lorsque je voulus lui répondre, aucune réponse à ses questions ne sortit de ma bouche.
« J'ai peur... J'ai si peur... Si peur... »
Je me laissais tomber à genoux par terre et je baissais la tête. Je m'entourais de mes bras et je me mis à me balancer d'avant en arrière. Je tremblais de tout mon corps. Et je pleurais toutes les larmes qu'il pouvait contenir. Je poussais de temps à autre des cris plaintifs. Des gens se retournaient et me prenaient pour une folle, ça, c'en était sûr.


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Mar 18 Oct - 9:45

Et voilà... Dans une ville de... X millions de gens, il fallait qu'il tombe sur LA folle. Elle avait l'air complètement perdue, dans son monde à elle, ailleurs quoi. Il ne savait pas trop quoi faire, il ne voulait pas se montrer, il voulait se fondre dans la foule et là, pas mal de gens la regardait. Il n'avait pourtant pas été méchant, si? Il n'avait fait que l'arrêter de traverser, surtout parce que le petit bonhomme était rouge et que la circulation en ce début de matinée était assez violent. Elle avait en plus failli se faire écrabouillée, il avait bien fait que de la secouer un peu, non? Peut-être pas, mais il n'avait pas non plus à la voir se faire dépecée en petite charpie, vu que le quarante-tonnes étaient monstrueusement énorme. Bref, il avait fait comme il le devait, c'était ça qu'il se disait. Mais maintenant, elle était là, à genoux en pleine ville, en pleine foule, à se tordre comme si elle avait fait une bétise.

Roooh, ce n'était pas une bétise, d'accord, il n'aimait pas quand on était tête en l'air, mais y'avait des limites quand même. Peut-être qu'elle se faisait encore une frayeur. Rah, mais il n'allait pas non plus s'attirer toute l'attention. En plus, le petit bonhomme passait au vert. L'homme l'attrapa par le bras, la souleva comme si ce n'était qu'un fétu de paille et l'entraina sur le passage piéton. Depuis tout à l'heure, elle répétait qu'elle avait peur. Quand même, à l'époque où on vivait, avoir peur d'un petit camion de rien du tout, il ne fallait pas charier. Il l'entraina jusque de l'autre côté, ne la lachant pas pour autant. Il voulait déjà être sûr et certain qu'elle tienne sur ses pieds et qu'elle ne s'écroule pas comme tout à l'heure, de l'autre côté, là où il l'avait houspillé.


- Hey? Tu es nouvelle à New York? C'est la première fois que tu viens ici?

Il avait horreur de se répéter. Il avait parlé plus fort, plus froid, plus direct, pour être convaincu qu'elle l'ai entendu. Le contact de sa main serrée sur son bras, peut-être que cela ferait le lien et qu'elle lui répondrait. Bah, on allait bien voir. Si elle était nouvelle, il ne pouvait pas trop trop lui en vouloir après tout. Si elle n'était pas nouvelle, il allait la coffrer, un petit séjour dans un commissariat de quartier, ça faisait toujours les pieds à certains et ça remettait les idées en place. Peut-être qu'elle prenait même de la drogue. Yark... Une junkie? Pourquoi il n'y avait pas pensé avant? Il fit une moue désapprobatrice. Nan, elle n'avait pas la tête à ça, mais bon, maintenant, les gamins avaient des bouilles d'ange, impossible de démasquer le vrai du faux. Il lui aurait bien collé une baffe, mais bon, en plein jour et au milieu d'une foule, ce n'était pas terrible. Max avança, le doubla et s'arrêta un peu plus loin à un marchand de journaux, comme pour en lire un.

- Tu sais où tu vas? Tu t'appelles comment?


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Mar 22 Nov - 1:24

Ma Flotte-sous-Vent natale me manquait. Les landes maritimes me manquaient. Le sable fin et les galets lisses me manquaient. Les virées sur la mer me manquait. Tout me manquait. Une nostalgie soudaine qui venait s'emparer de moi, qui me torturait. Mais qu'est-ce que j'avais fait pour être ici? Je suis toujours à la recherche des réponses aux questions que je me posais. Je ne me sentais pas à l'aise dans cet endroit, comme si on cherchait à entraver ma liberté, comme si les bateaux n'existaient plus, comme si la nature réelle avait laissée place à des arbres de fer et de verre, clignotant de temps à autre. Rien ne semblait être fait pour le bien-être des gens. Vraiment rien. Si j'avais su vers quelle direction aller pour rentrer chez moi, j'y aurais été à la nage. Mais il n'y avait plus aucun repère. Comme si on nous enfermait dans un mauvais jeu, caricature d'un labyrinthe géant, dans lequel les panneaux indiquaient de mauvaises directions afin de faire enrager les protagonistes de l'histoire. Oh ça doit bien faire rire les gens qui nous regardent, mais moi, ça me fait pas rire. Je sens qu'on m'en veut. Quelqu'un cherche à me nuire. Tout cherche à me nuire. Et personne ne remue le petit doigt pour venir me secourir. Personne.
Cet homme pouvait me sauver. Il semblait réellement s'intéresser à moi ; où n'était-ce pas qu'une façade, comme la plupart des gens adoptaient vis-à-vis de moi ? La plupart adoptait un visage compatissant, qu'ils gratifiaient d'un sourire faussement compréhensif. Mais combien comprenaient réellement ma peur ? Il y en avait peu, trop peu, selon moi. L'homme me releva et m’entraîna d'une main ferme de l'autre côté de la rue. Je baissais le regard, je m'entourais de mes bras, je tremblais comme une feuille. Je sentais déjà la boule se former de nouveau dans ma gorge et mon cœur battre une nouvelle fois à mes temps. J'essayais de me dégager de l'étreinte de fer de l'homme dont je ne connaissais rien. Sans grand succès. Je haletais, la transpiration dégoulinant le long de mon visage et de mon cou. Je voyais les visages des gens se déformer devant mes yeux, leurs rires devenir grotesques, comme dans les films où l'on voit rire à gorge déployée les gens et que ce rire se modifie jusqu'à devenir celui d'un monstre. L'homme me posa une nouvelle fois une question. Je levais vers lui mon regard empli de peur et de larmes.
« Vous savez, je n'ai rien fait de mal, et Maman m'a mis ici. Je ne sais même pas pourquoi. Elle ne m'aime plus, j'en suis sûre. Je veux retourner chez moi. Vous croyez que je pourrais rentrer chez moi, un jour ? »
Je regardais les femmes pousser les poussettes de leurs progénitures, les hommes, téléphones portables vissés à l'oreille, déblatérer contre un interlocuteur que je ne connaissais pas, des jeunes fumer quelques clopes et boire quelques bières sous les regards outrés des grand-mères indignées que la jeunesse de ce temps se conduise si mal. Puis, j'entendis encore une fois la voix de l'homme me poser une autre question. Je baissais encore la tête, dans un geste de honte, comme si mon nom allait être affiché sur les murs de toutes la ville, sur les écrans géants dans les rues, comme si j'allais encore plus devenir la risée de la Planète entière. D'une voix basse, où perçait ma peur, je murmurais :
« Sarah Paxton-Davis, Monsieur. Vous allez pas m'emmener en prison, hein ? » »


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah] Dim 15 Jan - 19:54

La gamine était minuscule et semblait aussi fragile qu'un petit oiseau tombé du nid. Qu'est-ce qu'elle foutait là, en plein milieu d'une ville pas vraiment faite pour ça. Il soupira trainant toujours la gamine pour éviter qu'elle ne se fasse écrabouillée au prochain feu vert. Elle tremblait de froid ou de peur, il ne savait pas trop, s'en fichait un peu... Hey, attends, peut-être qu'elle tremblait par le manque de sa dose quotidienne? Les camés étaient des imbéciles malheureux, tremblant comme des petits vieux avec Parkinson quand ils ne se shootaient pas régulièrement. Nan, elle n'avait pas les yeux rouges, elle semblait vraiment trembler de peur ou de froid. Elle se débattit, mais sa force de moineau n'était rien face à la sienne. Mais de toutes manières, il ne voulait pas lui faire du mal, juste lui coller un coup de pied au cul pour la remettre d'aplombs, enfin, façon de parler, hein. Une fois de l'autre côté, il lui posa une question, pour être sûr qu'il ne la lache pas trop n'importe où et qu'elle ne reste pas trop à l'ouest comme on dit.

Vous savez, je n'ai rien fait de mal, et Maman m'a mis ici. Je ne sais même pas pourquoi. Elle ne m'aime plus, j'en suis sûre. Je veux retourner chez moi. Vous croyez que je pourrais rentrer chez moi, un jour ?

- Ca dépends, c'est où chez toi?

Elle semblait vraiment perdue. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle fichait à NYC. C'était terrible d'être envoyée là, comme ça, sans explications. Elle devait être complètement zinzin. Pas la mère (quoi que), mais surtout la gamine. Ou alors, elle était pas très futfut du cerveau. Bref, il lui demanda alors son nom et elle répondit qu'elle s'appelait Sarah, c'était joli comme non. L'emmener en prison? Nan, quoi que... Elle semblait avoir besoin d'être surveillée, ça éviterait qu'elle ne se perde, ne se fasse violer, ne se fasse enlever et qu'elle apparaisse dans les journaux le lendemain, car ça, ça lui retombera sur la tronche, comme quoi la police ne faisait rien pour sauver les pauvres gens. Ouai, peut-être, mais quand tu vois la gueule des pauvres, ils n'étaient pas aidé avec la populace qui semblait complètement à l'ouest, comme la gamine, là.

- Non, c'est une question toute bête pour engager la conversation. Je suis Aaron. Et depuis que tu es arrivée là, tu vis où? Pas sous les ponts j'espère.

Il pouvait bien faire un effort et être un peu plus gentil qu'en temps normal. Oui, oui, Aaron pouvait être gentil quand il en avait envie. Bon d'accord, ça ne lui arrivait pas souvent, voir même très rarement, c'était dans des cas rares, mais elle ne semblait pas bien méchante. Elle était définitivement trop simplette et fragile pour qu'elle lui saute dessus et ne l'agresse en pleine rue.


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MessageSujet: Re: Petit bonhomme d'Api, d'Api, d'Api rouge [Sarah]



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