Flame Turns Blue /!!!\ CLOS
Jason
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Jason Lecter
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Date d'inscription : 18/04/2012

CASIER JUDICIAIRE
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CAMP: Contre le Gouvernement
JE SUIS: un(e) new-yorkais(e) aux habitudes plus ou moins douteuses


MessageSujet: Flame Turns Blue /!!! CLOS Mer 8 Jan - 15:12

" Ice Road "

La nuit tombe, on annonce une tempête de neige et on préconise la plus grande prudence sur les routes. Autrement dit on attend pas grand monde niveau trafic, annonce la voix monocorde d’un présentateur radio insipide. Tant mieux, songe-t-il en balançant sa serviette sur le rebord du lavabo, ils auront la paix. Coup d’oeil au miroir, on est loin de son habituel grimage tricolore mais il faut ce qu’il faut. Ce n’est pas comme s’il pouvait quitter la ville en affichant sa tête de jours ordinaires et d’ailleurs loin de lui l’envie de se retrouver avec les flics collé au train ; Jason Lecter prend des vacances et elles commencent ce soir ! Coup d’oeil à l’horloge murale et il retourne à sa chambre pour achever de préparer un sac au moins. Certes il est question de filer dans la précipitation afin de profiter de la concentration des autorités à l’Académie Weins, mais pas question d’oublier le minimum syndical voir, vital.
L’idée n’a pas été mal accueillie, c’est même tout le contraire. Il est largement temps que les têtes pensantes pensent à autre chose et qu’elles se posent loin de New York. Alonso n’a rien dit mais il a semblé soulagé, rassuré même de les savoir ensemble loin de tout ça. Qu’ils s’accordent un temps mort enfin après dix ans de mauvais et loyaux services, ils l’ont mérité. Cigarette aux lèvres, Jason fouille rapidement ses tiroirs à la recherche des faux papiers nécessaires pour s’assurer une certaine tranquillité ainsi que les cartes bancaires et passeports. Le Clown a toujours été prévoyant en la matière, poussé par sa tendance au déguisement il a mis un point d’honneur à travailler des personnages jusqu’à leur créer une vie et faire en sorte qu’elle puisse être traçable, là où les données bancaires ne le sont pas toutes en revanche. En forçant les banques à retourner à des systèmes plus précaires la nano-bombe a rendu bien plus complexe le traçage des actions financières et à moins de posséder les techniques de pointes c’est peine perdue. Même encore, les comptes basés loin des états-unis ne sont pas tant surveillés. Il suffit juste de connaître quelques ficelles pour assurer ses arrières, ou d’avoir les bonnes relations. En ce qui le concerne, il a assez volé et truandé pour connaître pas mal des ficelles en questions, sous ces jolies identités il est insoupçonnable autant que le sont les deux autres.

Il enfile une veste, laisse dans son antre ce cher costume violet pendu sur le devant de l’armoire qu’il effleure du bout des doigts avant de récupérer le bagage fermé et de filer. Le géant patiente à l’entrée, adossé contre une voiture et il n’est pas sans sursauter lorsque Lecter vient ouvrir le coffre. « Bon sang je m’y ferai jamais. » Grommelle-t-il, jetant un regard sur son patron qui ne manque pas de se moquer. Pour les habitués de ce visage balafré et clownesque le voir ainsi transformé force autant la surprise que l’admiration. Ses cheveux fraîchement décolorés lui donneraient bien un côté angélique si on ne savait rien de lui, ses joues semblent n’avoir jamais été endommagées et son regard a viré au vert grâce aux lentilles. « Je ne balance pas une fusée de détresse à moins qu’ils décident de raser le quartier. » Lecter balance le mégot, sourit en accordant une caresse à chaque membre de sa meute dont Bob aura la charge. « Bien entendu, de toute manière ça va grouiller de flics partout sauf au Sud dans les jours à venir, ce sera tranquille. L’autre va gagner une opportunité rêvée de calmer les vilaines actions avant les fêtes de fin d’année et faire remonter sa côte de popularité en prenant en charge les étudiants, les familles choquées avec l'aide de la Sainte Baker. Qu’ils nous croient HS pour le moment, ça m’arrange. » Autrement dit il a quelque chose en tête mais ça ne verra pas le jour rapidement. Le Clown a un plan, ou quelque chose qui y ressemble mais il n’expliquera rien dans l’immédiat. Alonso s’étire, retient une grimace lorsque son épaule lui rappelle sa récente bêtise. Lecter a passé l’éponge, il n’aura pas oublié pour autant mais il lui fait toujours assez confiance pour lui confier les clés du royaume. Ainsi, il devra gérer la clique seul... des vacances pour eux également. « Vous faites pas enfermer, j’ai plus de bombe pour faire péter les murs et j’irai pas en faire une moi même. » Et le Clown éclate de rire tout en prenant place côté conducteur alors que la silhouette du Croque Mitaine apparaît, rejoint celle de leur maître dans le véhicule... certaines choses ne changent pas, costume ou non.

[…]

Comme prévu la frontière de New York était vide, une faille qu’il suffisait de trouver en sachant très bien qu’elle existait. Toute la sécurité s’est concentrée en ville, à l’académie Weins et au commissariat, on a revu les priorités pour protéger la « retraite » du président, les citoyens et voilà l’occasion rêvée. Au loin derrière les lumières sont bientôt avalées par la tempête de neige promise, les monstres s’en vont voir ailleurs.
C’est fait, ça semble simple mais ça ne l’est pas tant. Sans toutes ces histoires, ils ne seraient sans doute pas partis et le Sud aurait encore ses trois têtes mais comptes tenus des événements que dire des trois tête en question ? Il aura eu bien plus d’une goutte d’eau pour faire déborder le vase cette fois, il est l’heure de faire le point. Plus que temps même.
Les yeux rivés droit devant, Jason allume la radio non pas pour profiter d’une fréquence musicale mais seulement pour le bulletin d’informations, météo surtout. La prudence est de mise disent-ils, mais rien de dramatique à l’horizon sinon de quoi gêner la visibilité. Bah, depuis le temps qu’il vit surtout la nuit il en faudrait bien d’avantage pour le déranger. L’info obtenue, il éteint le poste et soupire. « Pas plus mal qu’on s’éloigne hein ? Je n’aurai pas supporté les discours de la momie et des journalistes pour plaindre les morts et leur famille. » Pour peu qu’ils organisent une marche blanche en ville, ce sera le comble de la tragédie larmoyante. Leur évasion sera citée, bien entendu mais on finira par la reléguer en dernier plan pour se concentrer uniquement sur les malheurs du petit peuple. Autrement dit, ce sera d’un ennui mortel et ils n’auront rien de bien passionnant à faire si ce n’est rester au fond de leur trou en attendant une nouvelle idée explosive. Sincèrement, mettre les voiles est bien la meilleure chose à mettre en pratique, il n’y a rien à regretter. Pas leur genre de regretter quoi que ce soit d’ailleurs. Dernier regard au rétroviseur pour ne voir qu’une étendue noire fouettée de neige et la lueur blafarde des phares arrières... Bye bye New York ; à la prochaine.    

[…]

Une heure trente du matin passée, aucun arrêt depuis que la voiture a quitté New York et il est grand temps d’y penser histoire d’éviter la panne sèche. Ce serait du plus mauvais effet et aucune envie d’attendre après une dépanneuse avec un temps pareil. La tempête promise est bien installée et à demander autant d’attention sur les routes elle en devient tout bonnement épuisante. Station en vue, Lecter balance une énième cigarette par la vitre et s’engage sur le chemin à peine dégagé. Peu de passage dans le coin, logique à cette heure et pas âme qui vive devant les pompes, ce n’est pas plus mal. Cinq minutes à peine le temps de refaire le plein et lorsqu’il revient à sa place, c’est avec les cheveux aussi trempés par la neige que s’il avait pris une douche. « Bon, logiquement je tenterai le diable et je continuerai de conduire de nuit mais là... c’est tout juste bon pour nous envoyer dans un fossé. On va s’arrêter quelque part... si c’est possible. » Aucune envie de dormir dans la voiture, il doit bien y avoir un truc potable où se poser dans les environs tout de même ce n’est pas le désert.
Pas le désert non, mais les kilomètres se sont néanmoins enchaînés une bonne heure encore avant de trouver un hôtel qui ne soit pas fermé pour la nuit et où les réservations sont faisables via une borne. Vu le nombre de camions arrêtés, l’endroit doit être surtout fréquenté par les routiers autant dire pas des gueules de prix de beauté, pas les esprits les plus lumineux et ces messieurs s’intéressant surtout au boulot à faire dans les temps ils seront bien les derniers à remarquer leur présence. La belle affaire. C’est au pas de course que le Clown file récupérer le passe pour une chambre et payer les frais s’y rattachant, rien de bien onéreux vu l’endroit, il faudra faire avec. Retour à la voiture garée sur le parking et il récupère son sac, laisse au Croque Mitaine le temps de faire de même et referme le véhicule avant de remonter la distance qui les sépare de l’établissement à peine éclairé.

Comme prévu, la chambre est spartiate au possible et Jason n’est pas sans grogner entre ses dents  à constater -une fois le plafonnier allumé- la présence d’un chauffage électrique qui mettra un temps considérable à rendre à cette pièce une température convenable. Le radiateur doit être mort, à moins que la tuyauterie n’est gelée... Branchant l’appareil après avoir abandonné son sac au pied d’un des deux lits, le balafré ne tarde pas à s’y poser, bien plus fatigué qu’il est frigorifié. « Je ne me souviens même pas de ma dernière nuit dans un hôtel...  ma folle jeunesse. » Pouffe-t-il, songeant à quelques errances passées. « Mais au fait... comment tu as fini à New York en partant du Canada ? C'est pas la porte à côté... » Il ne lui a jamais posé la question, ça ne revêtait pas une grande importance avant. Aucun ne s’interrogeait sur le passé de l’autre, que ce soit par un accord muet ou un genre de j’m’en foutisme profond guidé par des idées n’allant jamais que vers le futur. C’est assez différent maintenant, des voiles se lèvent un à un et Lecter apprend, jamais réellement surpris, jamais déçu non plus. Leur parcours respectif est atypique, on ne saurait dire le contraire mais ils seront sans doute seuls à connaître ces faits d’une autre époque, la tombe à secret de l’autre parce qu’au final, personne d’autre ne mérite de savoir et personne ne comprendrait. Jason sait qu’il devrait dormir, depuis combien de jours et de nuits n’a-t-il pas réellement fermé l’oeil ? Sans cesse à bondir, arme à la main au moindre bruit inhabituel même depuis que cette foutue pieuvre est reléguée au rang d’histoire ancienne ? Enfin, ancienne par existence mais pas par souvenirs. Leurs actions sont trop récentes, les plaies loin d’être cicatrisées et effacées...

Ses gants ôtés et laissés sur le chevet, le Clown -qui n’a d’ailleurs plus aucun aspect clownesque- allume une nouvelle cigarette et se laisse tomber en arrière, tournant la tête pour capter le regard de son second. Tout s’est fait tellement vite depuis leur évasion qu’ils ont à peine pris le temps de parler et même en route, ce fut particulièrement silencieux... par concentration ou par besoin de méditer, allez savoir, la fatigue n’a pas aidé non plus. « J’ai l’impression que ça fait une éternité qu’on ne s’est pas retrouvés seuls, comme si cette foutue ville avait pris un malin plaisir à nous séparer. Il était temps... ça me manquait diablement ce petit monde égoïste. » Foi de Jason Lecter ce séjour est le leur et le premier qui osera se mettre en travers y perdra des morceaux qu’on ne retrouvera pas avant le dégel. Si on les retrouve seulement un jour...

© Jason L.

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