Flame Turns Blue /!!!\ CLOS
Jason
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Jason Lecter
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Date d'inscription : 18/04/2012

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Dim 2 Nov - 19:26

" Ice Road "

Il paraît qu’on ne récolte rien de plus que ce que l’on sème. Du moins, c’est ce qu’on lui a dit et à plusieurs reprises. Ce qu’il sème présentement est une plante vénéneuse qui ne tardera pas à l’étrangler d’un kilomètre de ronces. Bien sûr, il l’a voulu et ce Clown là n’est pas du genre à regretter ses décisions quand bien même elles le mènent aux pires finalités. Parlant du pire, Jason ne rend pas la poursuite bien compliquée pour l’heure et très franchement l’idée de le faire ne l’a pas effleuré ne serait-ce que dans un bref élan de lucidité ou éventuellement d’instinct de survie. Sa survie... elle lui importe si peu alors. La présence de l’autre se rapproche sans cesse, telle une ombre tendant ses doigts crochus le long d’un mur, telle les mâchoires d’un piège luisant à peine en attente de broyer un pied. Être la proie ; qui l’aurait cru hein ? Lui, le tyran maître de foire ne supportant rien d’autre que ses propres idées, ne supportant personne d’autre que ceux qu’il choisi avec plus ou moins (aucun?) discernement. La bonne blague que de le trouver ici à « fuir » son comparse de dix ans comme un banal gibier, un vulgaire numéro comme tant d’autres qu’ils ont mené au trépas. Cocasse situation, il faut bien l’avouer.

Et lorsque le fauve noir surgit, c'est dans une toute autre idée que celle de faire du balafré une jolie dentelle. Non le premier coup porté ne laisse aucune opportunité de riposte, pas la moindre chance d'esquive. Couche toi donc et ferme la semble dire le geste et aussitôt Lecter pouffe de rire malgré un souffle soudain court, un poids sur le torse en prime. Est-ce là ce qu'il souhaite questionne le Croque Mitaine ?! Oui, oh ça oui et plus encore ! Le rire résonne, saute comme un disque rayé mais aucun mot ne traverse ses lèvres, retenus qu'ils sont au moment même par une douleur vive, aussi poignante que ces mains venues le bousculer sans ménagement. Le dos claqué contre des branchages raides, le sang aux lèvres il rit encore, plus fort. Aucune moquerie, pas la moindre car malgré tout ceci il est heureux. Heureux d'être à moitié mort ? Bof, il en aura vu tellement d'autres et ne se formalisera pas de voir un os supplémentaire réduit en morceaux. Chose faite actuellement, cassure exécutée par l'homme qui l'a tant et tant soigné en d'autres occasions. C'est dérisoire, un détail en comparaison du plaisir que Lecter retire à ce jeu là.
Éloigné, parti ramassé son arme improvisée le Croque Mitaine ordonne, méprisant comme jamais au Clown de se lever et si la « proie » manifeste clairement sa douleur en serrant plusieurs secondes contre elle ce membre brisé, le ton de sa voix et son regard ne laissent entendre qu'une joie malsaine. « Sac à viande... oh Boogie allons. Tu pourrais faire preuve d'un semblant de... respect hm ? Tu sais que je suis très à cheval sur le respect. » Glousse-t-il, s'aidant d'un autre tronc pour se tenir à nouveau debout, un bras inerte laissé pendant le long de son corps. Déjà oublié qu'il est celui-là, une simple patte folle dont il ne fait plus cas. « Définitivement... tu es un sacré chasseur, c'est assez impressionnant. Même pour moi ; j'avoue. » Un sourire aux lèvres, flottant entre tendresse et admiration car il en a réellement. Le surprendre est un fait rare, car Jason a l'art de la mauvaise surprise en toute occasion possible mais en ces lieux dont il n'est pas maître, dont il ne connaît pas les astuces il devient fatalement vulnérable et pourrait tout aussi bien porter une cible fluorescente accrochée dans le dos. Toutefois n'est-il pas autrement plus coriace que les campeurs novices ? N'est-il pas tellement plus dangereux que lesdits sacs à viandes qu'ils ont chassé par dizaine au cours de leur monstrueuse carrière ? Ne l'oublie pas cher fauve, ce n'est pas un bouffon gonflé d'orgueil et présumant de ses capacités qui se tient là, assez fou pour lever de lui même la lame de guillotine au dessus de sa tête. C'est un autre Monstre, chasseur d'une catégorie et d'un univers bien différent mais animé des mêmes instincts primaires une fois lâché.

L'obscurité n'est pas un problème pour l'homme qui a passé la majorité de son existence à la fendre, pas plus que la souffrance à laquelle il s'est habitué jeune, trop jeune pour son bien et sa santé mentale. Le sadisme serre en Lecter la main au masochisme et comme toujours il relativise : de ça comme du reste mieux vaut en rire. L'adrénaline lui monte à la tête, le froid s'estompe dirait-il et le temps d'une inspiration son dos se déroule au rythme du craquement de ses articulations. La Bête jubile, siffle, grisée par cette sensation que jamais auparavant elle n'a connu plus bel affrontement. Cependant le Clown est loin d'être arrivé à ses fins, au chemin sur lequel il compte poussé son alter ego une bonne fois pour toute. Le temps de replacer sa mâchoire et il soupire tout en massant la zone bleuie du bout des doigts. « Pour te répondre... c'est l'idée oui, ce que je veux. Mais ! Mais pas tout à fait encore. En fait Boogie, tu n'as pas encore la moitié de ce que j'attends. » Persiflage mauvais des idées noires, souffle corrosif du suicidaire qu'on espère ne jamais voir à l'oeuvre lorsqu'une telle folie s'empare de lui. La tête penchée sur le côté, l'esquisse d'un rictus à la bouche il ajoute simplement. « Je m'ennuie. »

Taré. Taré qui s'élance de plus belle mais d'une façon bien différente. Le chat à la chasse a pris son temps pour lui tomber dessus et si ce fut diablement douloureux en conséquences cela a laissé au balafré un temps suffisamment long pour saisir les ficelles les plus évidentes -et précieuses- de la chasse en forêt. Au pas de course le Serpent slalome, bondit par dessus ce qu'il estime être un obstacle et plus perturbant encore ; il se tait. Amoindrit, il ne saurait plus réellement se défendre au corps à corps certes mais on est pas sans savoir que cet individu est horriblement réactif et capable d'adaptation en un temps record. Les Monstres ne meurent pas, n'est-ce pas ? Et encore moins lorsqu'il s'agit d'une mise en scène dont ils sont auteurs ou acteurs. Tout le monde le sait, que leur donner du temps, c'est leur donner une chance énorme de réagir au quart de tour. Alors derrière on se doit de réagir plus rapidement encore pour ne pas les perdre de vue, ne pas les laisser se tapir dans l'ombre... Peine perdue en général.
La course de Lecter cesse au bord d'une étendue de glace, un plan d'eau glacée peut-être dont les frontières demeurent floues, incertaines et il ne lui faut qu'une malheureuse seconde au suicidaire pour y jeter un regard, poser un pied, l'autre et avancer. Sans même se retourner il sent la présence de Boogie ; est-elle proche ou lointaine il ne saurait le dire mais persuadé que l'autre entendra il ricane, la voix portée en un écho grinçant à travers les arbres. « Ce qui te manque, tu sais ce que c'est ? » La glace geint, il avance toujours. « Tu fonces, c'est très bien et je suis vraiment honoré parce que... tu ne me ménages pas. Cependant mon petit chat dis moi un peu... tu t'amuses ? »

Lentement le Clown pivote, scrutant la berge en attente d'une silhouette familière tout en allumant une cigarette. Il sait que son second prend plaisir à la chose pour avoir déjà chassé l'humain en sa compagnie mais le glacial Boogie aime prévoir, il aime avoir un semblant de stratégie là où Lecter la piétine et improvise. Tu penses trop, fauve. Tu prévois trop. Le ton s'adoucit, oubli un moment l'acide et se fait velours. « Dis moi tu te souviens du palais des glaces ? Tu as oublié quelques minutes cette logique et ces observations, tu as juste... lâché tout ça. Tu t'es un peu perdu et... tu te souviens ? Tu as ris. C'était sans doute la première fois en dix ans que je t'entendais rire de cette façon... » Parce que c'était risible, c'était clownesque et irréfléchi mais c'était drôle en un sens. Fixant la glace sous ses pieds Jason soupire lentement, un nuage blanchâtre lui caressant le visage avant qu'il lève à nouveau les yeux, croisant au loin ceux qui semblent une fois de plus tellement trop sérieux. « Ce qui te manque, c'est de lâcher prise. Un peu de désorganisation. Ça ne te rendra pas moins bon à l'ouvrage, crois moi. Ça n'enlèvera rien à ta valeur. »
Dans les bureaux de polices lorsque vient le temps de poursuivre un tueur en série la course contre la montre est toujours valable mais c'est un fait avéré que le pire pour ces enquêteurs même les plus chevronnés, reste un tueur désorganisé. Car le féru d'organisation, le monstre de méthode -pas moins dangereux- finira tôt ou tard par commettre une erreur. Le contrôle a ses limites quoi qu'on en dise, la perfection avec. Un jour un détail manque ou dérange et là il est juste trop tard. Dans le cas inverse lorsqu'on est en mesure de ne rien prévoir, lorsque aucune pièce du puzzle ne s'emboîte et que la logique manque seule la panique domine et on ne compte plus sur les preuves ; on prie pour un miracle. Parce qu'au final ; on a rien de solide.      

« Je ne t'invite pas à me ressembler ; pas du tout mais... pour une fois qu'en dis tu, si tu pouvais en rire hein ? » Un pas de plus en arrière, la couche glacée se fendille et les fissures s'étendent. Tombe là dedans Jason et tu es mort. Et alors ? Si ça tombe, ça pourrait tenir et il pourrait même traverser toute la zone en s'en sortant à merveille. La folie est folle, a-t-il un jour dit à une certaine flic. Se mettre en danger a quelque chose d'amusant et tenter le diable ne réserve pas que le pire. Un autre sourire radieux et Lecter lève les bras, forçant sur celui brisé en osant un mouvement de tête entre l'invitation et la provocation. « Dans mes bras, chéri ! »

Acte 2. Scène 1...

© Jason L.

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