Flame Turns Blue /!!!\ CLOS
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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Dim 2 Nov - 19:26

" Ice Road "

Il paraît qu’on ne récolte rien de plus que ce que l’on sème. Du moins, c’est ce qu’on lui a dit et à plusieurs reprises. Ce qu’il sème présentement est une plante vénéneuse qui ne tardera pas à l’étrangler d’un kilomètre de ronces. Bien sûr, il l’a voulu et ce Clown là n’est pas du genre à regretter ses décisions quand bien même elles le mènent aux pires finalités. Parlant du pire, Jason ne rend pas la poursuite bien compliquée pour l’heure et très franchement l’idée de le faire ne l’a pas effleuré ne serait-ce que dans un bref élan de lucidité ou éventuellement d’instinct de survie. Sa survie... elle lui importe si peu alors. La présence de l’autre se rapproche sans cesse, telle une ombre tendant ses doigts crochus le long d’un mur, telle les mâchoires d’un piège luisant à peine en attente de broyer un pied. Être la proie ; qui l’aurait cru hein ? Lui, le tyran maître de foire ne supportant rien d’autre que ses propres idées, ne supportant personne d’autre que ceux qu’il choisi avec plus ou moins (aucun?) discernement. La bonne blague que de le trouver ici à « fuir » son comparse de dix ans comme un banal gibier, un vulgaire numéro comme tant d’autres qu’ils ont mené au trépas. Cocasse situation, il faut bien l’avouer.

Et lorsque le fauve noir surgit, c'est dans une toute autre idée que celle de faire du balafré une jolie dentelle. Non le premier coup porté ne laisse aucune opportunité de riposte, pas la moindre chance d'esquive. Couche toi donc et ferme la semble dire le geste et aussitôt Lecter pouffe de rire malgré un souffle soudain court, un poids sur le torse en prime. Est-ce là ce qu'il souhaite questionne le Croque Mitaine ?! Oui, oh ça oui et plus encore ! Le rire résonne, saute comme un disque rayé mais aucun mot ne traverse ses lèvres, retenus qu'ils sont au moment même par une douleur vive, aussi poignante que ces mains venues le bousculer sans ménagement. Le dos claqué contre des branchages raides, le sang aux lèvres il rit encore, plus fort. Aucune moquerie, pas la moindre car malgré tout ceci il est heureux. Heureux d'être à moitié mort ? Bof, il en aura vu tellement d'autres et ne se formalisera pas de voir un os supplémentaire réduit en morceaux. Chose faite actuellement, cassure exécutée par l'homme qui l'a tant et tant soigné en d'autres occasions. C'est dérisoire, un détail en comparaison du plaisir que Lecter retire à ce jeu là.
Éloigné, parti ramassé son arme improvisée le Croque Mitaine ordonne, méprisant comme jamais au Clown de se lever et si la « proie » manifeste clairement sa douleur en serrant plusieurs secondes contre elle ce membre brisé, le ton de sa voix et son regard ne laissent entendre qu'une joie malsaine. « Sac à viande... oh Boogie allons. Tu pourrais faire preuve d'un semblant de... respect hm ? Tu sais que je suis très à cheval sur le respect. » Glousse-t-il, s'aidant d'un autre tronc pour se tenir à nouveau debout, un bras inerte laissé pendant le long de son corps. Déjà oublié qu'il est celui-là, une simple patte folle dont il ne fait plus cas. « Définitivement... tu es un sacré chasseur, c'est assez impressionnant. Même pour moi ; j'avoue. » Un sourire aux lèvres, flottant entre tendresse et admiration car il en a réellement. Le surprendre est un fait rare, car Jason a l'art de la mauvaise surprise en toute occasion possible mais en ces lieux dont il n'est pas maître, dont il ne connaît pas les astuces il devient fatalement vulnérable et pourrait tout aussi bien porter une cible fluorescente accrochée dans le dos. Toutefois n'est-il pas autrement plus coriace que les campeurs novices ? N'est-il pas tellement plus dangereux que lesdits sacs à viandes qu'ils ont chassé par dizaine au cours de leur monstrueuse carrière ? Ne l'oublie pas cher fauve, ce n'est pas un bouffon gonflé d'orgueil et présumant de ses capacités qui se tient là, assez fou pour lever de lui même la lame de guillotine au dessus de sa tête. C'est un autre Monstre, chasseur d'une catégorie et d'un univers bien différent mais animé des mêmes instincts primaires une fois lâché.

L'obscurité n'est pas un problème pour l'homme qui a passé la majorité de son existence à la fendre, pas plus que la souffrance à laquelle il s'est habitué jeune, trop jeune pour son bien et sa santé mentale. Le sadisme serre en Lecter la main au masochisme et comme toujours il relativise : de ça comme du reste mieux vaut en rire. L'adrénaline lui monte à la tête, le froid s'estompe dirait-il et le temps d'une inspiration son dos se déroule au rythme du craquement de ses articulations. La Bête jubile, siffle, grisée par cette sensation que jamais auparavant elle n'a connu plus bel affrontement. Cependant le Clown est loin d'être arrivé à ses fins, au chemin sur lequel il compte poussé son alter ego une bonne fois pour toute. Le temps de replacer sa mâchoire et il soupire tout en massant la zone bleuie du bout des doigts. « Pour te répondre... c'est l'idée oui, ce que je veux. Mais ! Mais pas tout à fait encore. En fait Boogie, tu n'as pas encore la moitié de ce que j'attends. » Persiflage mauvais des idées noires, souffle corrosif du suicidaire qu'on espère ne jamais voir à l'oeuvre lorsqu'une telle folie s'empare de lui. La tête penchée sur le côté, l'esquisse d'un rictus à la bouche il ajoute simplement. « Je m'ennuie. »

Taré. Taré qui s'élance de plus belle mais d'une façon bien différente. Le chat à la chasse a pris son temps pour lui tomber dessus et si ce fut diablement douloureux en conséquences cela a laissé au balafré un temps suffisamment long pour saisir les ficelles les plus évidentes -et précieuses- de la chasse en forêt. Au pas de course le Serpent slalome, bondit par dessus ce qu'il estime être un obstacle et plus perturbant encore ; il se tait. Amoindrit, il ne saurait plus réellement se défendre au corps à corps certes mais on est pas sans savoir que cet individu est horriblement réactif et capable d'adaptation en un temps record. Les Monstres ne meurent pas, n'est-ce pas ? Et encore moins lorsqu'il s'agit d'une mise en scène dont ils sont auteurs ou acteurs. Tout le monde le sait, que leur donner du temps, c'est leur donner une chance énorme de réagir au quart de tour. Alors derrière on se doit de réagir plus rapidement encore pour ne pas les perdre de vue, ne pas les laisser se tapir dans l'ombre... Peine perdue en général.
La course de Lecter cesse au bord d'une étendue de glace, un plan d'eau glacée peut-être dont les frontières demeurent floues, incertaines et il ne lui faut qu'une malheureuse seconde au suicidaire pour y jeter un regard, poser un pied, l'autre et avancer. Sans même se retourner il sent la présence de Boogie ; est-elle proche ou lointaine il ne saurait le dire mais persuadé que l'autre entendra il ricane, la voix portée en un écho grinçant à travers les arbres. « Ce qui te manque, tu sais ce que c'est ? » La glace geint, il avance toujours. « Tu fonces, c'est très bien et je suis vraiment honoré parce que... tu ne me ménages pas. Cependant mon petit chat dis moi un peu... tu t'amuses ? »

Lentement le Clown pivote, scrutant la berge en attente d'une silhouette familière tout en allumant une cigarette. Il sait que son second prend plaisir à la chose pour avoir déjà chassé l'humain en sa compagnie mais le glacial Boogie aime prévoir, il aime avoir un semblant de stratégie là où Lecter la piétine et improvise. Tu penses trop, fauve. Tu prévois trop. Le ton s'adoucit, oubli un moment l'acide et se fait velours. « Dis moi tu te souviens du palais des glaces ? Tu as oublié quelques minutes cette logique et ces observations, tu as juste... lâché tout ça. Tu t'es un peu perdu et... tu te souviens ? Tu as ris. C'était sans doute la première fois en dix ans que je t'entendais rire de cette façon... » Parce que c'était risible, c'était clownesque et irréfléchi mais c'était drôle en un sens. Fixant la glace sous ses pieds Jason soupire lentement, un nuage blanchâtre lui caressant le visage avant qu'il lève à nouveau les yeux, croisant au loin ceux qui semblent une fois de plus tellement trop sérieux. « Ce qui te manque, c'est de lâcher prise. Un peu de désorganisation. Ça ne te rendra pas moins bon à l'ouvrage, crois moi. Ça n'enlèvera rien à ta valeur. »
Dans les bureaux de polices lorsque vient le temps de poursuivre un tueur en série la course contre la montre est toujours valable mais c'est un fait avéré que le pire pour ces enquêteurs même les plus chevronnés, reste un tueur désorganisé. Car le féru d'organisation, le monstre de méthode -pas moins dangereux- finira tôt ou tard par commettre une erreur. Le contrôle a ses limites quoi qu'on en dise, la perfection avec. Un jour un détail manque ou dérange et là il est juste trop tard. Dans le cas inverse lorsqu'on est en mesure de ne rien prévoir, lorsque aucune pièce du puzzle ne s'emboîte et que la logique manque seule la panique domine et on ne compte plus sur les preuves ; on prie pour un miracle. Parce qu'au final ; on a rien de solide.      

« Je ne t'invite pas à me ressembler ; pas du tout mais... pour une fois qu'en dis tu, si tu pouvais en rire hein ? » Un pas de plus en arrière, la couche glacée se fendille et les fissures s'étendent. Tombe là dedans Jason et tu es mort. Et alors ? Si ça tombe, ça pourrait tenir et il pourrait même traverser toute la zone en s'en sortant à merveille. La folie est folle, a-t-il un jour dit à une certaine flic. Se mettre en danger a quelque chose d'amusant et tenter le diable ne réserve pas que le pire. Un autre sourire radieux et Lecter lève les bras, forçant sur celui brisé en osant un mouvement de tête entre l'invitation et la provocation. « Dans mes bras, chéri ! »

Acte 2. Scène 1...

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Ven 21 Nov - 9:16



Du respect? Ca ne tient qu'à toi. Donnes moi autre chose qu'une balade au galop dans les bois. J'ai fait un gros travail sur moi-même pour ne pas te voir comme un ami. énonce-t-il d'un ton léger en baissant les yeux sur le rondin de bois sec qu'il tient en main. Le but du jeu n'était-il pas de ne pas ménager le Clown? Ne voulait-il pas voir ce qu'il était quand il s'élançait à la poursuite d'un intrus? Ne désirait-il pas devenir la proie et son Croque-Mitaine l'ombre lâchée sur ses talons? Balayer les statuts, ignorer les liens pour ne garder que le traqueur et le traqué. Neige damée par une paire de pieds et quelques pas, bruissement d'un épais anorak et craquement qui n'a rien à voir avec une branche que l'on brise redeviennent la seule bande originale de la nuit. Alors que la silhouette noire de son compagnon rejoint les ténèbres de la forêt, sa voix parvient encore à Boogie. Insatiable démon qui désire toujours plus. Le Croque-Mitaine se comporte encore comme le Croque-Mitaine. Mais tous les animaux qui chassent ont une stratégie, même rudimentaire. Lâcher le monstre et dépouiller sa proie actuelle de son statut particulier n'est toutefois pas suffisant aux yeux de Jason. Etre considéré comme une cible et uniquement une cible ne lui convient pas. Boogie réfléchirait-il encore trop à son goût. Penchant brièvement la tête sur le côté, le Croque-Mitaine fronce le nez. Il est ici chez lui, dans un environnement qui fut sien et qu'il a appris à dominer au fil des années jusqu'à l'absorber intégralement. Le froid, les congères traîtresses, les pistes à suivre, les règles fondamentales de survie sont devenues siennes et c'est naturellement qu'il les applique. De véritable réflexion, il n'y en a pas car il n'en a pas besoin. Il sait d'instinct ce que l'on faire ou pas dans cet endroit guère hospitalier.
Des ombres lui parvient un "je m'ennuie" qui n'aura pour toute réponse qu'un lourd morceau de bois projeté avec force. Oh, Boogie n'a nulle envie que ce dernier s'écrase entre les omoplates du Clown. Le son d'un choc bois contre bois retentit avant que celui d'une course ne lui succède. Cette dernière s'avère d'ailleurs différente d'auparavant. Decrescendo, la cavalcade ne se fait plus en ligne droite mais sinue et s'entrecoupe de bonds invisibles mais encore parfaitement audibles. Ca, c'est respectable, mon cher! adresse-t-il d'une voix claire et forte aux ténèbres. Et ils furent rares, ses traqués, à essayer de le tromper. Bien généralement, ils cherchaient à mettre le plus de distance entre eux et lui. La panique décérébrée de la proie filant droit devant elle à l'allure la plus rapide...cette chasse prendrait-elle maintenant un nouveau souffle? Sans attendre plus longtemps, Boogie s'enfonce dans l'obscurité sur les traces de Jason.

Si cela avait été relativement aisé de débusquer le Clown jusqu'à maintenant, les choses prennent en effet une direction toute autre. Le chasseur doit s'arrêter à plusieurs reprises pour retrouver une piste qui s'évanouit par delà un obstacle ou pour tendre l'oreille, attentif au moindre craquement. Son compagnon se fait moins volubile, apprenant de ses erreurs et impairs précédents et c'est avec finesse qu'il en applique les enseignements. L'écart se creuse au fil des arrêts mais le fauve est loin d'être semé. Parvenu à la hauteur d'un trio de sapins morts, foudroyés par un coup de feu céleste qui avait été commenté par tous les élèves de l'école qu'il fréquentait alors, Boogie se fige. Son regard pâle parcourt le squelette noir des trois arbres et un bref rire s'échappe de ses lèvres. Il sait où il est et où Jason se dirige. C'est une certitude que le Clown va commettre quelque chose de particulièrement imprudent. Et c'est tout aussi certain qu'il va, une fois de plus, le pousser à faire quelque chose que Boogie n'apprécie que fort peu...tendre sa peau à la Faucheuse avec arrogance et provocation.
A une centaine de mètres à l'est lui parvient la voix étouffée de son compagnon. Les paroles ne se déplacent plus, le Clown a donc trouvé la rivière et il n'en bougera pas. Glissant les mains dans ses poches, Boogie abandonne la piste pour se fier à son ouïe. Sans se hâter, il se rapproche de la voix désincarnée. S'amuse-t-il lui demande-t-elle?
C'est bien plus drôle lorsque tu ne te comportes pas comme un élan à tracer droit devant toi. répond-il d'un ton légèrement railleur.

D'une allure régulière, Boogie dévale le petit talus qui mène aux berges prises dans les glaces de la rivière. C'est sans réelle surprise qu'il aperçoit Jason planté au beau milieu du cours d'eau figé. S'aventurer sur un lac gelé aurait été bien moins dangereux. Ils sont face à une rivière, de l'eau vive. Et huit cent mètres en aval, il y a la scierie dont les installations lacustres fragilisaient la moindre couche de glace. Est-ce encore valable? Boogie se penche à peine au-dessus de la végétation givrée. C'est blanc, ça devrait être bon signe, non? A peine le temps de se poser cette question que la voix de Jason l'interpelle à nouveau. Se souvient-il du palais des glaces? Un reniflement amusé s'échappe par-dessus le col de son anorak. Il s'était volontairement égaré en abandonnant l'idée de suivre pas à pas le Clown et se sentir perdu avait été en effet amusant. Mais le decorum de ce soir n'est pas si facilement comparable. Jason...nous sommes en forêt. Il me semble que c'est un tout petit peu plus étendu qu'un palais des glaces. Et un poil plus dangereux si on fait preuve de fantaisie ou si on prend des décisions farfelues...comme se poster au beau milieu d'un cours d'eau gelé. En vérité, se retrouver ici, à traquer un gibier humain, équivaut à la reconquête d'un membre trop longtemps plâtré qui vient tout juste d'être libéré. On ne désire qu'une chose...l'utiliser illico. Comme avant. Je m'amuse mais, c'est un plaisir purement égoïste. énonce-t-il d'un ton détaché.

La silhouette au milieu de la rivière écarte les bras, étrange petite croix qui flotte au-dessus de la glace. Boogie se rappelle des premiers avertissements qu'on lui avait dispensé lorsqu'il était venu ici en compagnie d'un duo de trappeurs. Parmi les morts les plus stupides qui pouvaient le faucher en ces lieux, tomber dans un trou de glace était au sommet du palmarès. D'abord, tu hyperventiles parce que tu subis un choc thermique. Tu ne peux pas retenir ta respiration dans l'eau glacée plus de quelques secondes. Même si t'es champion d'apnée. A moins d'y être foutrement habitué depuis des années, c'est un réflexe que l'on ne peut réfréner en s'y persuadant. Les yeux clairs parcourent les zébrures fines et délicates qui sont apparues sous les pas de Jason jusqu'à la silhouette de ce dernier. Ce n'est pas un lac. Le Croque-Mitaine se redresse lentement. Tendant une jambe en arrière, il effectue un premier pas de repli alors qu'un appel émane du milieu du court d'eau. Puis vient le réflexe d'immersion. Ton coeur s'affole dès que tu as le visage immergé. C'est l'arythmie qui entre immédiatement en conflit avec le réflexe d'hyperventilation. Il faut être fou pour avoir envie de sentir son coeur se prendre pour un batteur de jazz. Lentement, Boogie tourne le dos à la rivière et remonte le talus au petit trot. Avec de la chance, ton coeur explose dans ta poitrine. Sinon...

Sinon? Et bien tant pis. Il est chez lui et s'il tombait dans le courant glacé? Et bien, ça laissera perplexe toutes les autorités du comté. A part la vie, il n'a rien à perdre. Du rire, de l'imprévu et l'absence de tout calcul, c'est ce que tu veux fichu Clown? La voix moralisatrice issue d'un passé lointain se tait. La sagesse ne recommande absolument pas ce qui est en train de germer dans sa tête. Avoue que t'as toujours voulu le faire, Boogie, et que ta prudence naturelle te l'a sans cesse interdit. Avoue-le. Avoue. C'était de la prudence, avancerait-il. De la trouille, le provoquerait un certain Clown. Un sourire étire les lèvres de Boogie tandis qu'il sort les mains de ses poches et expire un long nuage blanchâtre qui se dissipe dans le vent. Et sans prévenir, il se met subitement à courir. Le froid lui griffe le visage durant la courte descente où il prend de la vitesse. C'est imprudent de se jouer ainsi de la nature mais il n'y a aucune hésitation dans sa course, il fonce droit devant lui comme un stupide élan et cette image le fait sourire de plus belle. Droit vers la rivière gelée.
Jason est déjà passé dessus sans vraiment faire attention à sa façon de se déplacer...les fissures à la surface sont étoilées...ça va se briser sous son poids...plus que trois mètres, il aborde le petit terrain plat précédant les berges qui a des airs de point de non-retour...plus que deux enjambées pour décider d'arrêter, pour juger de la puérilité de son geste, l'herbe givrée craque sous ses pieds...quitte ou double...ou plutôt "tant pis". Boogie prend un bref appel avant de passer au travers de la végétation sèche et morte. Un craquement cristallin se produit lorsqu'il atterrit sur la surface glacée. Bras tendu, il appréhende la réception, garde l'équilibre et évite la chute sans grâce. Emporté par son élan, l'espace qui le sépare de Jason se réduit par une longue glissade. La glace ne cède pas. Elle ne cédera pas et plus il s'approche du Clown, plus il ignore les craquements derrière lui qui appelle à la prudence. Se redressant en arrivant au niveau de son compagnon, l'allure ralentit et c'est sans brusquerie qu'il s'arrête face à lui. Ca? commence-t-il non sans une certaine euphorie enfantine, en jetant un oeil derrière son épaule C'était aussi sage que de se jeter dans des barbelés. Ce n'est pas au-dessus du vide qu'il se trouve mais c'est tout comme. Une couche de glace de moins d'une dizaine de centimètres les sépare d'une mort assurée et elle ne cesse de prévenir son fardeau imprévu par ses craquements qu'il ne vaut mieux s'aventurer une troisième fois sur les étoiles qui altèrent sa surface.

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    "Il n'est point dessein de bourreau qui ne lui soit suggéré par le regard de sa victime." Pier Paolo Pasolini

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Sam 27 Déc - 2:45

" Ice Road "

« Dans mes bras, Chéri ! »

Demi-tour et tu files, tu t’éloignes donc vilain chat ? Derrière toi ça gonfle les joues, affiche une moue désespérée et ce petit air boudeur. Le sale gamin fait la tête dirait-on, non ? Non. Pas tant, il ne peut pas blâmer. Pas facile tous les jours de se jeter à l’eau et il en est pour qui c’est simplement impossible. Alors il abaisse doucement les bras, allume une autre clope puis balaie du regard les fissures dessinées sous ses pieds à travers la glace. Craquera ou craquera pas ? L’envie lui prend entre deux taffes d’aligner trois pas de claquettes pour tenter le diable et voir si cette nuit signera son ultime chapitre. Ce n’est pas l’impression que Lecter a, pas la sensation qu’aujourd’hui, il est l’heure d’en finir pourtant. Ce serait tellement con, songe-t-il vaguement, de crever comme ça. Parce que oui, si ça claque tu claques avec Monsieur sourire.
Mais à quoi bon jouer seul ici ? N’est-il pas venu pour s’amuser en duo, retrouver leurs chères et bonnes vieilles habitudes ? Si et Jason ne compte pas en rester simplement là. Cours donc, méchant chat tu finiras bien par...

Une glissage surprend le Clown, le faisant toiser son second des pieds à la tête et cligner des yeux à au moins trois reprises avant que l’information daigne trouver un sens dans sa caboche quelque peu secouée. Il a osé, vraiment ? Et ne semble pas peu fier ou mécontent du résultat qui plus est. De fait Lecter éclate d’un rire léger, affiche un large sourire et se presse de serrer contre lui ce maudit alter ego seul capable de le surprendre encore dans ce monde où en temps normal il est seul à jouer ce rôle. Le nez enfouit au creux de son cou, heureux comme un gamin à Noël le balafré y soupire d’une voix amusée. « Je les aimais bien moi, les barbelés. » Parce que de son point de vue évoluer dangereusement et sans filet a toujours été comique, on ne le changera plus désormais. S’écartant il fiche à nouveau la cigarette entamée au coin de ses lèvres et désigne la berge givrée d’un mouvement de la main, un tant soit peu résigné à un mince instinct de survie. « Retournons sur le plancher des... ours. On va éviter une mort indigne de nous hein ? » Parce qu’il en est une seule de digne ? Semble se désoler une voix lointaine en lui et à laquelle il répondrait volontiers qu’en toute honnêteté... il n’en a strictement rien à faire. Le potentiel comique de la chose étant possiblement le seul facteur utile dans cette étrange équation.

Sa démarche n’a plus rien de stable et la seule chose à laquelle il ressemble doit sans doute être un pantin dont on a déjà coupé quelques fils. Muscles et articulations gémiraient si elles pouvaient s’exprimer quant à son crâne, on pourrait tout aussi bien y avoir tiré les feux d’artifices du quatorze juillet tant il a l’air de bourdonner. Mais alors pourquoi cet air trop heureux ? Pourquoi tu ne t’écroules pas enfin foutu Serpent ?  Question stupide... Ce n’est pas l’heure. Soudain arrêté au milieu de la végétation figée, un doigt levé le clown écrase le mégot et le balance, revenant à la hauteur de Boogie tout en lançant simplement. « Ah oui au fait ! » Et avant la moindre suite, sans ralentir son front percute vivement l’autre tête. Une violente douleur vrille la sienne tandis qu’il y plaque la main, renifle et jette un : «Ça fait mal hein ? » Pour sûr, un coup pareil, mais il aura été moins mordant que ceux de la lampe explosée sur son propre crâne plus tôt dans la nuit. « La lampe était pire... soit dit en passant. » La vue momentanément brouillée il poursuit sur le ton de la conversation rieuse, secouant la tête de temps à autre pour conserver une espèce de stabilité. « Voilà un cap passé, on peut dire que je suis... très fier de toi ! Maintenant la suite, si tu veux bien. » Et même s’il ne veut pas, de toute façon son scénario est écrit de longue date.

Disparu, Lecter file en courant de plus belle et ne s’arrête pas longtemps à chaque pause devenue obligatoire pour reprendre un souffle qui lui brûle la poitrine entre deux éclats de rire. Le silence domine les cinq premières minutes de cette nouvelle course jusqu’à ce que sa voix s’élève à nouveau, étrange. « Revenons à ta... copine. » Crache-t-il sans masquer tout le dégoût qu’il ressent à seulement l’évoquer. « Dis voir tu pensais quoi franchement hein ? » Reproches ? Possible. « Dix putain d’années que je te porte à bout de bras pour t’arracher à Alastor et la voilà... qui venait bousiller mon boulot en te jetant son cadavre aux pieds ! » Un rire jaune file, il tourne sur lui même et choisi au hasard une direction avant d’enchaîner, venimeux. « T’as rien compris Boogie... Elle t’aurai bouffé et toi t’as rien vu ! Toi... sérieusement. Elle revenait sous ton nez et t’as foncé droit dessus ; quoi que tu en dises tu es allé ! Tu as tué avec elle ! Tu l’as laissée dire, ce qui aurait valut à d’autres de se faire arracher la langue ! » Les octaves grimpent, retombent, ça marmonne et ça relance, comme une interférence dans une conversation que Jason pourrait tout aussi bien mener seul. Pourtant il est persuadé qu’on l’écoute, que les oreilles sont loin d’être sourdes. « Prétends tout ce que tu voudras, nie autant qu’il te plaira je le sais moi... que tu ne l’aurais pas tuée... elle aurait causé ta perte avant. » Un brin de tristesse, la voix qui racle, pleures-tu Jason Lecter ? Ses yeux non ; son âme noire si.

Un pont gelé enjambe un cours d’eau aussi blanc que le reste, au loin la maison se dessine en ombre noire. Il aura fait un tour. Pas de problème là dedans, le Clown pousse le pas jusqu’au centre de la construction craquante, serre d’une main la rampe de bois et tête basse contre son bras il souffle longuement. « Elle avait pas le droit... » Avant d’exploser, hurlant de rage. « T’entends ? Elle avait pas le droit ! C’est moi, moi seul qui te fouille à deux mains et te retourne la tête dans tout les sens ! C’est MOI ! Ça a toujours été moi ! » Je veux je prends, je ne veux plus je jette... ça me dérange, ça disparaît... elle n’est plus là. Partie et pourtant...  
« Regarde toi ! Pragmatique jusque dans la colère que tu m’as balancé à la tête, à faire... pleuvoir des coups froids comme la banquise, retranché derrière lui ! Derrière ton masque ! REGARDE TOI redevenu lui, sans un mot, c’est pas ce que j’ai crée ! Je ne t’ai pas élevé à un tel niveau pour te voir retomber à Alastor Burton ! Tu entends Boogieman ?! »

Entends donc l’appel de la bête à sa jumelle, la voix du maître d’oeuvre dont on a bafoué la plus précieuse création et qui s’indigne. Qui hurle à s’en briser les cordes vocales qu’une chose manque, qu’un nœud est à coupé sur le fil. Haletant, jetant un coup de pied qui fait voler en éclat une partie de la rambarde le Clown grogne, fulmine le sang en ébullition dans les veines malgré cette température polaire. « Ancre ça dans ton crâne, tu peux bien être un monstre... une femme est et sera toujours la pire chose qui puisse croiser ta route !Faible, bien sûr qu’elle l’était et Storm est pareille ! Tu l’as vu de tes yeux Boogie, à quel point je me suis perdu, ce que j’ai bien failli mettre en jeu à cause d’elle ! Elle a pas été la seule ! Alors oui j’ai buté cette salope qui rêvait de te tenir en laisse et je le ferai encore ! Cent fois, mille fois et si tu veux me haïr fais le ; fais le mais fais le bien ! »
Croit-il sentir la présence de son second, lorsqu’il tourne les yeux en direction des bois, secoue lentement la tête et soupire sans masquer cette désolation qui mord la bête en lui. « Tu vaux mieux, tellement mieux que ça ! Tu as tout, tout pour me surpasser putain ! Tombes pas dans un piège aussi grossier, merde Boogie ! Je sais plus en quelle langue je dois te dire ça ! » Gorge nouée, le ton tremble dirait-on. « Fallait que je le fasse, j’étais à deux doigts de craquer. Je pouvais pas laisser faire ça... Je fais quoi moi si t’es plus là hein? » La jalousie dépassée par la crainte viscérale de perdre l’autre, de le regarder sombrer seul comme on laisse un gamin faire l’expérience de ses erreurs... non il ne pouvait pas. C’était au dessus de tout le j’m’en  foutisme dont il était capable et sa capacité à fermer les yeux, son mépris de tout ce qui ne le concerne pas de près. Pas envers Boogie, il ne l’aurait pas permis. Jamais !

Un silence s’étend, voile poudreux de cendres après l’éruption et là le Clown esquisse enfin un sourire. Est-ce que tu saisis, Boogie ? « Tu vois, ça. Ça c’est ce que j’attends. Exprimes toi, Quoi tu fasses fais le avec tes tripes, lâche donc LA bête. Celle qui attend sa libération depuis trop d’années. La maîtrise ne sied pas à la colère et le froid... va mal à la haine. Il ne convient qu'au mépris. Arrête de penser, parle, agis ! Tu m’en veux, tu as des reproches à formuler ?! Bien, vas-y de bon cœur ! Ici, maintenant. C’est entre toi et moi. » Parce que ça a toujours été entre toi et moi, finalement. « J’ai craqué une allumette, ne t’avises pas de laisser le feu crever sinon je te tue ! » N’a-t-il pas dit que les causes perdues ne l’intéressaient pas et surtout pas à long termes ? « Montre moi un brasier d’enfer, montre moi enfin ton vrai visage, Boogie. » Que ce feu soit le tien, qu’il vire au bleu.

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Mar 13 Jan - 17:00



Hmm...je préférais aussi les barbelés. Parce que quitte à mourir aux côtés du Clown autant que cela se fasse de manière spectaculaire. Se faire déchiqueté par une toile de barbelés a quand même plus de panache que geler sous l'eau ou tambouriner comme un demeuré sous la surface glacée. Boogie n'a jamais été très friand de ces réflexes instinctifs incontrôlables qui font passer le plus grand génie pour le dernier des émotifs. Le sourire de Jason disparaît de la vue du Croque-Mitaine tandis qu'il se presse contre lui, la tête nichée dans son cou ou un soupir tiède et satisfait remplace le temps de deux expirations le vent froid du Canada. La glace gémit une fois de plus lorsque le Clown s'écarte de lui, désignant enfin la berge, non sans planter une nouvelle cigarette au coin de ses lèvres. On abandonne la surface lisse et suffisamment fragilisée pour retrouver un sol bien tangible incapable de les trahir au premier pas. Les mains dans les poches, Boogie se tourne alors vers la rivière figée, sourire aux lèvres. Y a plus d'ours ici depuis des années, Jason. Que des crétins d'élans... Des crétins d'élans qui foncent droit devant eux, patinent sur la glace, parviennent à la traverser ou parfois passent parfois au travers. La végétation gelée craque sous les pas de Jason derrière lui et Boogie fait volte-face pour lui emboîter le pas. L'allure est moins fringuante qu'à leur arrivée, d'ailleurs. La silhouette devant lui est moins légère, les enjambées irrégulières presque zigzaguantes. Les yeux pâles de Boogie se baissent un instant sur ses mains aux ongles soulignés d'une ligne brunâtre. Lorsqu'il les relève, c'est pour croiser les iris sombres du Clown, plongé dans l'image d'une lampe qui tombe encore et encore sur Jason, il ne l'a pas entendu l'interpeller. Il ne l'a pas entendu et reçoit sèchement le front de ce dernier au milieu de son visage. Un pas en arrière, sa vision se trouble et il a juste le temps de glisser le dos de sa main sous son nez pour éviter que le sang n'envahisse sa bouche. Immédiatement après la surprise du coup vient la douleur qui lui vrille la face et lui fait cracher un "putain" irrépressible. Oeil pour oeil, dent pour dent et nez pour nez. L'équité et la justice réduite à son strict minimum. Tandis que Boogie s'évertue à stopper le saignement son maudit compagnon a déjà disparu dans l'obscurité. Disparu mais pas silencieux, des éclats de rire retentissent en decrescendo. Pour le moment, incapable de se fier à ses yeux encore embués, le Croque-Mitaine se lance à la suite du Clown en se fiant à son ouïe. Et lorsque le silence retombe enfin, c'est pour une courte durée.

"Revenons à ta copine"...à ce mot, le visage de Boogie se crispe. Bon sang, il n'en aura donc jamais fini avec elle?! Maudite soit son indifférence d'antan. Il aurait du la traquer plutôt que de la laisser filer. Décidemment bien intarissable sur le sujet, Jason la mentionne, une fois de plus, tirant des plans sur une comète qui ne traversera plus leur ciel d'un noir d'encre. Car si Amnesia avait revêtu une forme d'intérêt il y a des années, leurs dernières entrevues ne se sont faites que dans un but purement clinique. Comme un accro aux jeux vidéos qui revient à une ancienne partie laissée en suspens. Dès l'instant où elle lui a tourné le dos pour fuir le Diable seul sait où, elle s'est ternie, fanée, jusqu'à ne devenir qu'une petite chose rabougrie tout juste bonne à être écrasée du talon ou à être oubliée (jamais prénom n'aurait été aussi bien porté). Alastor Burton se serait moqué de son retour comme de son premier meurtre mais pas le Croque-Mitaine. La déception qu'elle avait suscitée ne pouvait être étouffée que par la satisfaction de sa destruction méthodique et chirurgicale. Défaire, suture après suture, les points de la raison et de la décence. L'amener, pas après pas, au bord du précipice pour se contenter de juste souffler pour la faire chuter. Tisser un lien de verre pour mieux le briser et assister aux entailles sanglantes provoquées par des tessons effilées. Boogie est prêt à accepter cet acte manqué ou au moins s'en accomoder mais visiblement ce n'est pas le cas de son compagnon. Qui est hanté par Amnesia maintenant? Ce n'est pas le Croque-Mitaine car il n'y a qu'un mot d'ordre à avoir face à ce genre d'événement...c'est continuer à avancer. Comme ils l'ont toujours fait. Sauf qu'en ce moment, c'est Jason qui émet l'envie de rester encore un peu au bord du chemin. Boogie, lui, a déjà opéré un premier pas en avant mais une main tire son bras vers l'arrière. Non, l'épisode n'est pas clos même s'il estime qu'il n'y a plus rien à dire à son propos et qu'il est inutile de soliloquer à son sujet.
Non, il n'est pas faible et il n'a jamais été question de rendosser un ancien costume trop petit. L'actuel ne lui convient que trop bien.
Et quand bien même il n'aurait pas tué Amnesia, il lui aurait tout pris, l'aurait amenée jusqu'à un point de non retour où elle n'aurait eu d'autre choix que de s'ôter elle-même la vie.

Causer ma perte?! Amnesia? Un éclat de rire argentin résonne sous les branches des arbres. Est-ce que la disparition des rues urbaines et des buildings new-yorkais est en train de paumer son foutu Serpent sur tous les plans et ce, aussi sûrement que la couleur noire sied bien mal à son alter-ego? Boogie ne peut répondre à la litanie de son compagnon que par cet éclat de rire. Comment aurait-il pu laisser la blonde et vénéneuse Amnesia prendre le dessus sur lui? Il est évident que cette ancienne "élève" n'aurait jamais pu le surpasser. Sa désertion a jeté l'opprobe sur tout ce qu'elle avait pu faire d'intéressant. Effacés ces épisodes sanglants et réjouissants vécus ensemble, il n'en restait plus que le dépit et le mépris. Boogie n'a jamais octroyé de seconde chance et elle n'aurait pas dérogé à la règle. Glissant ses pas dans ceux d'un Jason dont la piste est en train de s'infléchir vers l'antique maison, Boogie reprend d'une voix forte, une pointe de vexation dans le ton légèrement pincé qu'il emploie. Mais tu me prends pour qui, Jason? Pour Alonso? Prêt à fondre devant des grands yeux féminins humides? Ou pour un pauvre crétin esclave de ses souvenirs? raille-t-il en direction des troncs noirs des conifères. Amnesia avait eu de bons côtés, cela avait été amusant de faire un bout de chemin avec elle mais elle s'était avérée incapable de le suivre, de marcher dans les ténèbres à ses côtés. Maintenant, s'il regarde le passé, Boogie voit qu'elle n'avait rien eu d'autre à lui offrir que sa chair et des étreintes sauvages et violentes. Et de la chair, on se lasse vite.

La poursuite le ramène au point de départ et la litanie provenant de la maison reste audible malgré la distance qui sépare le Croque-Mitaine du Clown. Portées par le vent glacial, les paroles de la Bête blessée atteignent le fauve mais il n'entend que les griefs, le manque d'assurance et cette voix presque tremblante qui commence à l'irriter au plus haut point. Est-ce-que Jason est en train de dire qu'il a douté de lui? De lui...Boogie...indigne de confiance...source de méfiance voire embryon de déception? Comment Jason peut-il envisager une seule seconde qu'il puisse se perdre dans une illusion, se diluer à cause d'une femelle qui a perdu toute saveur dès l'instant où elle a été incapable d'embrasser ses chères ténèbres? Sans se hâter, Boogie retrouve la maison et le maître du Sud de New York. La maîtrise sied mal à la colère mais le Croque-Mitaine a Oui, il voit cette colère, "ça" pour reprendre les mots de Jason, mais le spectacle ne lui donne pas envie de se trouver dans le même état. Le mufle du fauve se plisse.

Tu veux des reproches, des griefs et des doléances? Des paroles prononcées sans ménagement? Une vérité totalement nue? Une bouche débordante d'une humeur noire venant d'un coeur tout aussi sombre? Bien. lâche-t-il en haussant les épaules et en dégageant les mains de ses poches. Lentement, Boogie avance vers le Clown jusqu'à se trouver face à lui. La gifle qui fuse est retentissante, venue de nulle part et elle claque dans le silence. La main de Boogie est saisie de fourmillements et déjà la sensation d'une peau battue par sa paume s'estompe. Mais il ne s'arrête pas, il pousse sans ménagement le Clown vers l'arrière jusqu'à ce que le dos de ce dernier heurte la porte d'entrée.
Pour commencer, tu te reprends et tu arrêtes avec Amnesia parce que visiblement, ce n'est pas moi qu'elle bouffe. C'est toi. Et elle te bouffe encore et toujours. Avant d'exiger que je me regarde moi-même, fais preuve d'objectivité et penche toi sur ton propre cas. Tu as gagné. Tu m'as doublé. Tu l'as tuée. Elle est froide mais tu rappelles déjà son fantôme. Tu es le seul à lui donner une réelle consistance. Tu es le seul à te laisser grignoter par quelque chose qui n'est plus. On devrait avancer. On a toujours avancé. Même si Boogie condamne et réprouve l'acte. Car c'est bien cela qui l'agace et l'irrite. La sensation d'avoir été volé. Dupé. Trompé. Amnesia était à moi. Alors oui, je t'en veux pour t'être chargé d'elle à ma place. Et à cause de ça, à cause de toi et de ta putain d'impatience, elle restera éternellement une pseudo-menace pour ta cervelle. Quoique je dise, quoique je fasse, ton imagination débridée créera de nouveaux scénarii. Alors que si tu m'avais fait confiance, le dossier aurait été clos de manière exemplaire et définitive. Mais noooon. C'était trop long pour Monsieur Lecter qui a voulu la jouer solo et pour quel résultat, au final? Tu bades. Tu psychotes. Tu n'es même pas satisfait et en plus... Boogie écarte les bras avant de les baisser avec lassitude. Tu pourris des vacances amplement méritées. Oui, ça paraît trivial et insignifiant dit de la sorte, au beau milieu de ces reproches mais "se prendre la tête pour un macchabée" n'était pas au menu quand il s'est réveillé. Tu crois sincèrement, vraiment, que je me serais fait avoir aussi facilement? Mais quelle image tu te fais de moi? J'avais quinze ans quand je me suis fait mon premier humain domestique... Et il y a fort à parier que ce dernier, s'il est toujours vivant et s'il ne s'est pas suicidé quand il a disparu, est encore et toujours en train d'espérer, dans un célibat monacal et une vie solitaire sans saveur, le retour d'Alastor Burton. A moins que tu ne penses qu'elle aurait pu être meilleure à mes yeux que toi? énonce-t-il en plissant les paupières, l'air presque soupçonneux. Dans ce cas, le problème ne vient pas de moi mais de toi et de la valeur que tu t'accordes. Ou que tu ne t'accordes plus.

Quelques pas pour annihiler la distance qui s'est creusée entre eux. Les mains posées sur les joues scarifiées, il effleure du bout des doigts les cicatrices, ses yeux clairs s'accrochent aux abysses, sautant de l'un à l'autre. Le jour où je ne serais plus là, Jason, le seul responsable, ça sera toi. Il crèvera durant un de leurs jeux malades, ou en se jetant à corps perdu dans une bataille dont l'issue est plus qu'incertaine...ou alors, et c'est certainement l'éventualité la plus navrante, parce que le monstre ne reconnaîtra plus l'autre monstre. Un soupir file et un rideau de cils noirs masque le bleu. Les bras de Boogie s'enroulent autour du cou de son alter-ego, sa joue en frôle une autre, son souffle caresse une oreille. La voix réduite à un murmure, il poursuit. Si t'es pas capable de me voir évoluer sans laisse, remets la moi. Ici et maintenant. Si notre égalité et ma liberté d'action te rendent complètement parano au point d'être sur le point de "craquer" comme tu le dis et bien redeviens le monstre dominateur et sûr de lui qui m'écorche, me soumet, m'oblige à courber l'échine, me mate, qui ne craint rien, ni personne... Rien ne le désole plus que lorsque Jason se montre si...bouleversé? Ebranlé? Egaré? Dans ces circonstances, il préfèrerait mille fois retrouver sa laisse. Libèrant Jason, le Croque-Mitaine s'éloigne un peu de lui, ses longs doigts fins écartent les boucles collées sur le visage tuméfié de Jason par le sang, glissent sur les tempes pour se faufiler dans les cheveux emmêlés par la course et le vent froid. Tu es un si beau monstre. ronronne-t-il, sincère, la tête légèrement penchée sur le côté. Et la défaillance, même infime ou réservée à un public restreint, ne va pas aux monstres. Un chien mord rarement la main qui le nourrit mais qu'en est-il d'un fauve apprivoisé? Tu te demandes quel est mon vrai visage? Mais il est là, Jason. Tant que tu peux t'imposer à moi, tout ira bien. Mais le jour où tu n'y arriveras plus, je te dévorerais.

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Lun 23 Fév - 6:27

" Ice Road "

Un truc cloche, un truc ne tourne plus rond. Une claque a sonné, il bat des cils et affiche un air surpris. Remontrances, on l’engueule purement et simplement comme le ferait une mère, un père pour son rejeton intenable. Une seconde il songe à baisser les yeux, oubli parce que ce n’est pas son genre. La bouche sèche, le goût de son propre sang sur la langue le Clown démaquillé encaisse sans protester ce à quoi il ne s’attendait en fait pas. Il fout en l’air leurs vacances à jouer à ça … vrai ? Bien entendu … Le dos pressé contre la porte, bras ballants il ne sait plus désormais où était le but de tout ça et ce qu’il entend le bouscule de la mauvaise façon. Ça ne va pas, il y a un bug quelque part. Tout était prévu, tout était bien préparé alors quel est le problème ? Ça ne se passe pas comme prévu merde !

« … Le seul responsable ce sera toi. » Clac, ça explose enfin et tout devient clair. Jason inspire, expire et réalise cette erreur, ce détail négligé qui aurait juste du lui sauter à la figure. Mais trop dans son monde, obsédé par les roulements de sa seule mécanique il en avait oublié une autre : celle du Croque Mitaine. La tiédeur de l’autre corps pressé contre le sien et qu’il n’étreint pas lui rappelle à quel point il aurait du se souvenir des détails. Là où se cache le diable... Les derniers mots filants au rythme de doigts glissés à travers ses cheveux ont l’effet d’une caresse sur l’échine d’un chien battu et là seulement il sent renaître un semblant de vie en lui. Il avait oublié... juste oublié. Un sourire aux lèvres, les yeux ancrés à ceux de Boogie le Clown souffle doucement, rieur qui ne se moquera que de lui. « Aaah je suis d’une... bêtise ahurissante parfois. » Lâche-t-il comme une excuse tout en se redressant contre le bois. « Comment te dire ? » Nez froncé, il hausse doucement les épaules et se masse la nuque le temps de trouver une explication qu’il saurait rendre plausible après tout ça. « Et bien... je me suis... trompé ? Ou disons que... j’ai mal joué mes cartes plutôt. Oui... »

Ses os craquent lorsqu’il se déplace, chancelant jusqu’au bord des marches sur lesquelles il se laisse tomber sans élégance, grimaçant au passage. « Je n’en pensais pas le quart. Cet insecte... n’était qu’un prétexte pour te mettre en rogne. » Avoue-t-il tout en allumant une nouvelle tige dont il savoure la première bouffée qui lui arrache la gorge au passage. « Je voulais… te pousser bien plus loin mais... mes arguments n’étaient plus les bons pour ce final disons... explosif que j’attendais. » Lecter en rit, il se sent bête pour le coup. Puis il tourne la tête, assez pour croiser par dessus son épaule le regard limpide de son alter ego. « J’ai merdé. » A qui le dis tu. Mais l’explication est encore vaseuse, trop après une telle chasse et ce qui aurait pu se passer. L’heure est aux aveux et il ne compte pas filer à l’anglaise pour s’y soustraire bien au contraire. « La seule chose capable de t’ébranler... c’est moi et je l’ai négligée. » My Bad comme dirait l’autre. « J’irai pas mentir, hein ! Je tenais le bon bout au début mais ouais j’ai foiré mon final. C’est pas mon genre pourtant. » Pour un peu il bouderait bien, sa négligence et cet oubli monumental. Car sans jamais douter de la fidélité, de l’attachement de l’autre Lecter a pourtant zappé le fait qu’il puisse être le pire des combustibles aux colères du Croque Mitaine. « Plus de dix ans et … et ben ça ne m’a même pas traversé. Peut-être parce que tu passes tellement de temps à vouloir me raisonner ? Que tes éclats de voix à mon encontre ont été rares, rarissimes même ? J’en sais rien... » Il soupire, aurait aimé amener le jeu à son terme comme il le prévoyait mais il doit bien se rendre à l’évidence : c’est sa faute. « Il faut croire que... on ne se connaît peut-être pas aussi bien qu’on le croit ? Mais c’est … normal je crois. »

Comment pourrait-il en être autrement ? On a beau passer tant d’années ensemble, on ne sait rien de l’autre si on ne prend pas la peine de s’y intéresser. Leur place, ils la connaissaient et aucun n’interrogeait l’autre autrefois. Leurs confessions sont trop récentes, les aveux d’appartenances également. Cet attachement bancal, sa révélation... rien ne date. Alors oui, Jason avoue, il n’y a pas tant pensé. « Que je puisse être le déclencheur, ça ne m’a pas traversé. Je m’éparpille beaucoup il faut bien le dire. Je me fous bien de ce que pensent les... autres alors... Ouais non, j’ai juste utilisé ce qui semblait coller le mieux à ma... mise en scène. Cette garce en l’occurrence. » Achevée, la clope vole au loin d’un mouvement sec tandis qu’il se lève et Lecter frotte machinalement l’un de ses yeux qui refuse de retrouver une vision claire. La pression retombe, le froid lui rampe dessus et aucun de ses vêtements n’est assez épais pour l’en protéger. Il était bien temps qu’il commence à fatiguer même si en soit, c’est un miracle qu’il tienne encore debout. Un soupir et il jette à son unique compagnon une oeillade complice. « T’es une foutue brute quand tu t’y mets quand même hein ? » Mais pas l’ombre d’un reproche, c’est un compliment. « J’aurai eu l’air très con avec le crâne ouvert en deux tu le sais ça ? » Cinglé qu’il est, à en sourire de toutes ses dents, heureux comme un gosse finalement parce qu’il en est un. Un foutu sale gosse ingérable et épuisant. « Et puis je dois bien l’admettre... même si la note de fin n’est pas celle que j’escomptais... C’était ma plus belle chasse. » Dont il était la « victime » pourtant mais quel plaisir il en aura tiré ; incomparable aux autres fois. Parce que l’excellence le talonnait sans aucun quartier. Il y retournerait déjà s’il s’écoutait.

Tendant le bras Lecter avance, enlace ce maudit fauve qui n’en finira plus de le rendre tellement plus dingue qu’il l’est et c’est niché au creux de son cou qu’il souffle, droit et plus assuré que jamais. « Même si je n’y arrivais plus, essaie donc et tu en crèveras. Maintenant je le sais, que je ne suis plus ton maître... » Saleté de reptile que revoilà, sifflant à voix basse au creux de l’oreille la plus tristement attentive à chacune de ses paroles. « Je suis une maladie qui va te bouffer. » Et sans plus de cérémonie Lecter propulse le fauve dos contre la porte, l’y plaque de tout son poids tout en glissant sa main valide sur la poignée, frôlant ses lèvres des siennes. « A-t-on laissé une chasse se finir ailleurs qu’en Enfer ?! »
Irrécupérable cinglé...

© Jason L.

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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Ven 3 Avr - 23:22


Le maître du chaos qui se fait avoir par l'imprévisible. Admets que la formulation a quelque chose d'irrésistible. murmure le Croque-Mitaine d'une voix douce une pointe d'amusement dans la voix. D'un pas, il s'écarte du trajet du Clown qui échoue sur les marches du perron, une cigarette rapidement fichée à la bouche. Sans plus attendre, Boogie rejoint son alter-ego, s'adosse un peu en retrait de ce dernier à la rambarde, bras croisés sur la poitrine et regard rivé devant lui. On évoque ces remarques acides que Boogie a tellement pris comme des affronts, on frôle de nouveau Amnesia, petite nécrose agaçante dont on gratte sans cesse la croûte dès qu'elle se forme. Tu as mal joué tes cartes, imbuvable compagnon de toujours. La main de Boogie se tend pour se refermer sur l'épaule de Jason qu'il étreint à peine. La vanité offensée du Croque-Mitaine se dilue. Foutu Clown. Si son but non avoué était qu'il profère clairement cet attachement malade et destructeur qui le torture autant qu'il le comble, il a en effet fort mal joué ses cartes.
J'ai merdé... Un demi-sourire apparaît sur les lèvres de Boogie qui secoue une unique fois la tête en signe de dénégation presque indulgente. Amnesia n'était pas le bon levier. Seule, elle ne signifie plus rien. Mais Jason...ce foutu clown...voilà la seule chose capable d'ébranler l'inébranlable, d'enflammer une banquise ou de générer le zéro absolu. Le Croque-Mitaine s'écarte de la rambarde à laquelle il s'était adossé pour se planter sur la dernière marche juste derrière de son compagnon. Il prend une profonde inspiration, respirant le vent et l'odeur de nature sauvage qu'il répand. Cette soirée? Un échec? Derrière lui, sous terre, se trouve une collection qui n'a pas de prix et que Boogie a toujours rêvé pouvoir retrouver dans son intégralité. L'effroyable monstre sans coeur qui a fermé une usine qui employait des centaines de personnes et qui fut le suspect principal d'une sordide affaire criminelle est de retour, en toute impunité sur son ancien domaine. La course dans la forêt, la traversée d'une rivière gelée...tout cel, un échec? Les yeux clos, Boogie expire avant de baisser le regard sur les abysses. Les iris pâles contemplent les coups qu'il a assenés sur ce visage pour lequel il irait jusqu'au coeur de l'Enfer. Chair pâle striée de zébrures de sang pourpre. Ce bras inconsciemment gardé plié contre la poitrine. Boogie se mord une seconde les lèvres avant qu'un rire ne lui secoue les épaules. Se baissant, il s'assoit derrière Jason, les jambes de part et d'autre de celles de son compagnon. Posant le menton sur son épaule, il tourne légèrement la tête, repoussant de l'index les cheveux emmêlés masquant une oreille et d'une voix doucement chantante qui n'est pas sans rappeler celle du Clown jusque dans sa plus infime intonation, il murmure. Pourquoi ce sérieux, Jason, hm? Tendant les bras vers l'arrière et s'y appuyant, il poursuit en haussant un sourcil.Regarde-nous. A-t-on l'allure des mauvais jours ou celle des lendemains de fête? Tu n'as pas tout merdé. Cela ne s'est pas terminé comme "tu" le prévoyais mais au final, c'était franchement amusant. Non?

Un point rougeoyant vole devant eux avant de finir sa course en s'éteignant dans la neige gelée. Dans le chuintement d'un anorak, Jason Lecter se redresse, se relève avant de gratifier son compagnon d'un qualificatif qui irait bien mieux à un certain Cubain. Boogie se contente d'hausser les épaules, l'air faussement innocent. Je fais dans la dentelle macabre et superbe comme dans la toile de jute rugueuse et brute. Comme vient de le dire Jason quelques instants plus tôt, les éclats de voix de Boogie sont rares lorsqu'ils sont portés contre son alter ego et encore plus rares sont les coups volontairement assenés. Et pour la première fois, en une décennie, c'est une véritable envie de fracasser le Clown qui avait fait trembler les poings du Croque-Mitaine. Il n'a pas voulu frapper ou cogner mais bel et bien fracasser sans avoir plus aucun pilote aux commandes. Un tourbillon de violence qui ne s'éteindra que lorsque l'autre serait au mieux mort, au pire inconscient, mais dans tous les cas inerte. L'atmosphère s'allège et les propos légers reprennent leur place. Le sourire qu'affiche le Clown trouve un écho sur le visage du Croque-Mitaine. Le regard levé sur un Jason debout qui le surplombe, Boogie dresse un index dans sa direction et d'un ton docte, volontairement détaché lâche avec nonchalance. Mais tu as le crâne fendu. Tu devrais être en train de gerber tes tripes ou de convulser. Faut croire que t'as la tête foutrement dure...ou que la lampe de poche était de qualité plus que médiocre... D'un ton songeur, il se gratte le menton avant de soupirer l'air faussement affecté. Ca sent la réclamation à faire à l'agence de location.

Un bras se tend dans sa direction, invitation silencieuse à retrouver une chère proximité. Déroulant le dos et se redressant, Boogie rejoint son alter ego. Le bras se referme autour de lui en une étreinte fermement possessive. Et le Croque-Mitaine referme les siens sur le Clown, un demi-sourire aux lèvres. Un nez froid se niche dans son cou, un souffle caresse son oreille tandis qu'une sombre prémonition fait vibrer son tympan. Oh pour sûr qu'il crèverait si Jason n'était plus Jason. Il crèverait après avoir accompli son ultime acte d'éternel complice, le tuer pour conserver un glorieux souvenir. Il crèverait après avoir absorbé la seule vie qui a de l'importance à ses yeux. Et il deviendrait complètement dingue, la cervelle ravagée et en friche. Pas le temps de répliquer d'un ton sinistre que Lecter est pire qu'une maladie, un véritable virus, que ce foutu serpent le pousse sans ménagement vers l'arrière. Le dos de Boogie heurte le bois de la porte qui grince mais ne cède pas. La Bête ophidienne retrouve de cette superbe maléfique et fond sur lui, pesant de tout son poids contre lui. La poignée cliquette lorsque la main valide du Clown se referme sur cette dernière sans en actionner le mécanisme. Un souffle tiède meurt sur les lèvres du Croque-Mitaine, invitation funèbre à achever cette chasse dans leur monde déviant. Les yeux clairs croisent les abysses et c'est non sans fanfaronnade qu'il ronronne d'une voix délicate et d'un ton velouté. Un bras en moins, le crâne ouvert...es-tu seulement certain d'être capable d'en revenir? Sa main froide se glisse sur la nuque du Clown l'obligeant à pencher la tête. Ses lèvres effleurent la peau du cou tandis que ses dents la pincent à peine. Les yeux pâles s'ouvrent, se portant alors par delà l'épaule du Clown. Là, dans ces ténèbres d'un noir d'encre se dresse ce qui avait été l'antichambre de l'enfer pour Alastor Burton. Un endroit qu'il méprisait, détestait et auquel il était hors de propos qu'il s'attache jusqu'à la sclérose complète et totale de son être. Un endroit qu'il haïssait et qu'il peuplait avec les hurlements et le sang de ses victimes passées. Ses ongles s'arrachent à la chair de Jason. Il y a une chasse que l'on n'a pas achevée. La chasse à mon fantôme du passé... souffle-t-il. Doucement, Boogie écarte la tête de Jason jusqu'à croiser les iris sombres de ce dernier. La voix réduite à un murmure confidentiel, il poursuit. Tu voulais découvrir les lieux du crime, tu n'as vu que les lieux les plus paisibles de ma vie humaine. N'as-tu pas envie de voir l'endroit où le Monstre se libérait? Un sourire presque joueur et foutrement rare chez le Croque-Mitaine apparaît à ses lèvres. Je parie qu'on va trouver là-bas les restes d'une messe noire d'ado.


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Jason
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MessageSujet: Re: Flame Turns Blue /!!!\ CLOS Ven 26 Juin - 5:12

" Ice Road "

Il a la tête cassée, il est marteau, complètement cinglé. Lui fendre le crâne ne va pas l’avoir arrangé et possiblement cela pourrait réduire drastiquement son espérance de vie... est-il inquiet ? Même pas une seconde et l’affirmation de son second n’invoque qu’un autre éclat de rire de son cru ; jusqu’à la remarque dudit second concernant une lampe défectueuse cependant valorisée au détriment de la solidité de la tête folle. « Hey ! » S’indigne-t-il. « Si elle avait été... défectueuse cette lampe elle n’aurait pas survécu à plus de trois coups entre tes mains, vilain chat ! » L’évidence même. Ce n’est pas pour rien qu’il faut à Boogie une hache hors de prix (même si volée) et non un couvert en plastique pour rendre la tuerie intéressante. Encore que, l’un comme l’autre seraient capables de trucider le premier venu avec le couvert en question.

Quant au fait de revenir d’une virée infernale dans cet état, faut-il lui poser la question ? Lui répond d’un haussement d’épaules et presse d’avantage leurs corps contre la porte, goûtant à la chaleur de son comparse de dix ans faute de la trouver avec ses propres vêtements trempés. Les griffes le quittent, il grommelle entre ses dents. Que peut-il  avoir de plus intéressant qu’une visite au cœur de leur enfer ? Ou au moins, que peut-il y avoir de plus urgent ? Une autre chasse... laquelle ? A regrets Lecter s’écarte pour croiser l’azur et écouter plus attentivement la proposition soufflée sur le ton d’une affreuse petite confidence. Pas envie de voir où le Monstre oubliait sa laisse et son collier ? Jason plisse les lèvres, mordille l’inférieure comme en proie a un cruel dilemme. En lui la Bête ronronne d’impatience, sautille dans tous les sens tandis que l’homme n’aspire qu’à se laisser aller aux bras de ces vices et travers tellement trop humains. Lâcher prise, s’oublier sous les crocs, les mains d’un autre, arrêter de penser quelques heures, peut-être moins et sombrer dans un sommeil de plomb. Le choix hein... toujours une affaire de choix.

Et le Croque Mitaine sourit, et il joue...
Et le Clown abdique.

Un soupir traverse les lèvres de Lecter et le voilà deux pas en arrière, allumant une autre clope. « Je demande à voir tiens... parait que ce n’est plus une destination phare d’un point de vue touristique. Surtout à cette période de l’année. » S’en suit un claquement de langue, un grognement et il marmonne. « Ou bien... Les gens respectent même pas les propriétés privées tsss... » Parce que tu les respectes peut-être ? Pas du tout. Jamais. Mais tout de même.
Le vent cingle, crispe jusqu’au moindre nerf de son organisme jusqu’à lui donner la nausée. Une fois encore il insiste et frotte plus vigoureusement son œil rougit. Rends toi définitivement compte que tu devrais lâcher l’affaire et aller te coucher. Même pas en rêve ! À moitié mort ou non il suivra, avancera et si ses jambes refusent de le porter et bien qu’à cela ne tienne il rampera. Ramper... le Clown pouffe, ricane longuement à cette image tellement trop « digne » de lui. Car ramper il en est capable, vraiment. Véritable goule vampirisant tout et tout le monde, les doigts accrochés aux chevilles des passants pour mieux les entraîner sous terre et se faire un plaisir de taguer leur tombe ensuite. Comme il est bon d’être lui !

Sous ses talons la neige craque, il a gelé de plus belle et les flocons dansant au dessus de leur tête ne sont pas décidés à restés perchés dans les nuages. Quel drôle d’endroit. Ça manque tellement de vie, de couleurs qu’il pourrait vite se lasser, le trouver d’un ennui mortel et pourtant... pourtant c’est intriguant. Le menton enfoncé dans son col par principe plus qu’intérêt le Clown observe, curieux, ce paysage qui murmure comme une douce petite voix à son oreille : tu ne sais rien. Tu ne sais pas où tu te trouves. Non il ne peut pas savoir, parce qu’il n’a jamais quitté New York, parce qu’il ne connaît que la ville, les immeubles et leurs ruines, le béton, l’essence... Ici tout est tellement différent. La neige est-elle seulement aussi blanche chez eux ? Il s’interroge. « Petit... » Entame-t-il d’un ton léger, indifférent comme s’il parlait d’une tiers personne, d’un étranger sans valeur. « Petit je n’aimais pas la neige. Les autres... les enfants de l’orphelinat ils se précipitaient pour jouer dehors lorsqu’elle tombait mais moi... moi je n’y allais pas. Ou bien je restais loin à la regarder. » Pourquoi ? On lui demandait souvent, pourquoi lui si prompt à la bêtise n’en profitait pas, qu’il ne s’amusait pas. Du bout du pied le clown chasse la poudreuse, juste comme ça, un sourire aux lèvres. « Quand mes parents vivaient encore ils ne voulaient pas que j’y jouent, c’était une perte de temps qu’ils disaient. Ça... ça et le reste. En fait, le loisir par définition était une perte de temps... » La neige dont Jason apprit à détester la pâleur, la mer dont il abhorra l’azur, les parcs qu’il eut en horreur des années durant. Une haine enfantine, crachée sur tout ce qu’il ne pouvait observer, ce dont il ne pouvait profiter comme les autres.

A quoi bon lui dire ici, maintenant ? Lecter n’en sait rien mais il en a envie. N’est-ce pas risible au fond cette seule idée d’avoir connu la mort, le meurtre avant la joie simple et l’innocence de tant d’autres jeux d’enfants ? Il rit, se moque de l’idée mais beaucoup trouveraient matière à discuter sur ce seul point. Une façon comme une autre de justifier la folle dérive du Clown. Ça ou autre chose, ils perdraient leur temps les pauvres bougres de psy.

Assez de nostalgie, songe-t-il rudement. Il y a une heure pour chaque chose et non, ce n’est pas le moment. De fait, il tend simplement son bras brisé -grimaçant au passage- et invite le Croque Mitaine d’un petit mouvement de tête. « Tu me montres ton... jardin secret mon p’tit chat ? »

© Jason L.

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« La dernière voix qu'il faut écouter dans ce putain de monde est celle qui te dit de regarder où tu mets les pieds, qui te met en garde et qui a terme ne cherche qu'à t'entraver. Les « attention », les « non », les « prudence » je les laisse aux lâches. On ne fait pas la révolution en se souciant de demain et en se posant des limites ! Sois arrogant, sois confiant et si demain tu crèves dis toi seulement que tu n'étais pas digne des armes que tu avais en mains. »

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