Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore]
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Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

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MessageSujet: Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore] Mer 14 Jan - 0:08

La fusillade était passée, la soirée à la mairie aussi et pourtant Calypso avait l'impression que quelque chose de grandiose se préparait. Son instinct lui soufflait de ne pas baisser sa garde et de surveiller chaque indice pour ne plus être prise de vitesse. Elle aurait dû se méfier des portes-ouvertes et se faire porter pâle au lieu d'y aller joyeusement. Elle aurait également dû rester enfermée dans sa chambre et envoyer Taleh tout seul à la réception à la mairie. Mais Calypso, trop bonne trop conne, avait voulu éviter à son ami de se retrouver seul à une réunion d'hypocrites et à son amie Allegra de devoir représenter les cheerleaders en solitaire. Tout ça pour quoi ? Une balle et une furieuse envie de pleurer. Calypso avait survécu à la fusillade et Alonso l'avait aidée à se remettre sur le droit chemin. Ça ne s'était évidemment pas fait dans la joie et la bonne humeur mais la blonde avait fini par sortir de derrière sa carapace de garce et depuis, l'ambiance était redevenue normale dans le Nord. Calypso avait reprit les rênes du Quartier et retrouvé sa place officieuse de Ministère des Affaires Étrangères. Elle s'était empressée de remettre à leur place les individus qui pensaient le Nord fini, d'accueillir des personnes en qui elle avait confiance et de rejeter d'autres qui lui paraissait louches. Elle avait ensuite survécu à la réception à la mairie mais n'avait pas pu s'empêcher de se mettre à chialer lorsque Harmony Chanteloup avait commencé à chanter. La chanson l'avait touchée bien plus profondément que prévu et la blonde avait dû quitter la réception très vite, pendant que Samson se faisait virer de la scène. Bref, elle n'avait pas eu une seule minute à elle depuis qu'elle était sortie de sa chambre. L'ambiance avait beau être chaleureuse dans le Quartier, Calypso continuait de sentir ce satané malaise, comme si son bouton d'alarme interne ne cessait de sonner, encore et encore. Calypso aurait bien voulu faire confiance à son instinct mais vu son manque total d'efficacité ces derniers jours, ça puait gravement l'embrouille. Soit quelque chose de gigantesque allait arriver, soit son instinct avait officiellement deux semaines de retard. Dans tous les cas, la blonde ne pourrait rien y faire.

Claquant la porte de la banque, Calypso s'arrêta quelques instants pour humer l'air de New-York. Cette ville était décidément étrange. L'horreur de la fusillade semblait avoir laissé la place à une sorte de fanatisme du gouvernement. Les gens étaient communément d'accord pour dire que l'attaque venait de la Résistance et les morts devenaient des martyrs. Morts pour la Patrie. Morts pour une cause juste. Les phrases étaient toutes plus ignobles les unes que les autres et cette obsession pour la fusillade avait quelque chose de malsain. C'était effectivement un événement tragique mais avait-on besoin d'en parler encore et encore ? Comme si on ne pouvait pas oublier cet horrible moment. Comme si on n'avait pas le droit de le faire. Ou plutôt, comme si tout ceux qui n'y avait pas assistés regrettaient de ne pas pouvoir dire « j'y étais ! ».

« Excusez-moi... Vous êtes bien Calypso Storm ? »
« Oui. Pourquoi ? »
« J'ai entendu dire que vous avez été touchée par balle lors de la terrible fusillade de la Résistance. Cela a dû être un moment terrible pour vous ! »

Calypso observa l'homme qui lui faisait face. Il devait avoir la trentaine, peut-être un peu plus, et ressemblait à s'y méprendre à un gentil père de famille sans grand intérêt. Et pourtant, il y avait dans ses yeux comme une lueur répugnante. Une lueur de perversité sans égal.

« Vous n'y étiez pas, hein... »
« Eh bien je... »
« Ce n'était pas une question. Vous êtes un pervers. Vous vous nourrissez de la souffrance des autres pour égayer votre quotidien, pas vrai ? Vous devriez aller directement dans un asile psychiatrique, vous ne valez pas mieux que ceux qui ont ouvert le feu pendant la fusillade. Oui je me suis pris une balle mais putain, comparé à ce que disent les gens comme vous, c'était une véritable caresse. »

Ne lui laissant ni le temps de s'offusquer ni celui de rougir, Calypso se détourna et fit claquer ses talons vers une destination inconnue. Cette attitude de charognard la dégoûtait et comme pour approuver, son épaule se mit à lui faire mal. Décidément, rien de mieux qu'un gros con pour réveiller les vieilles blessures. L'hôpital n'étant pas loin, Calypso décida de s'y rendre en marchant, histoire de flâner devant les boutiques au passage. Mais, signe qu'elle était bien perturbée, aucune robe n'attira son regard et toutes les couleurs lui parurent ternes. Le monde était en train de changer pour Calypso mais elle n'était pas encore sûre de savoir dans quelle direction elle se rendrait.
Les portes de l'hôpital s'ouvrirent et la blonde se dirigea vers l'accueil. L'homme lui demanda ce qu'elle avait et un relent de fierté mal placée empêcha Calypso de dire que son épaule lui faisait mal. Elle était Calypso Storm, bon dieu de merde ! Elle s'était prit des balles autrement plus terribles et elle refusait de céder devant ces fichus résistants ! Ils lui avaient foutu une balle dans l'épaule, eh bah ils pouvaient rêver pour qu'elle avoue sa souffrance à un stupide agent d'accueil !

« Je veux voir le Docteur Traum. Immédiatement. »
« Pour quelle raison ? »
« Dites-lui que je me suis tordue la cheville. »

L'homme la regarda, perplexe, ne sachant pas trop si c'était une blague de mauvais goût ou si Calypso était sérieuse.

« Je vais attendre là-bas. Prévenez-le. »

L'homme n'eut pas besoin de demander le nom, après tout Calypso commençait à être connue dans le secteur, et il fit donc passer le mot pendant que la blonde s'asseyait tout en feuilletant tranquillement un magazine expliquant pourquoi la couleur tendance allait être le bleu.

---------------------------------------------------------------------------

Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore] Jeu 15 Jan - 20:58

Il leur fallait trouver des coupables. Un tel acte ne pouvait avoir d'autre responsable que ce groupuscule sous-marin qui gangrénait la bonne société américaine. Dépouillée de son plus petit idéal, exposée comme source de tous les maux, la Résistance était devenue une association de terroristes fanatiques qui ne reculerait devant rien pour parvenir à ses fins. Quitte à devoir assassiner des innocents. Quand à ses desseins, il était indubitable qu'il s'agissait de la destruction de la société américaine en plein âge d'or.
Les journaux s'accumulent sur le bureau de Theodore Traum et tous alimentent la haine et la méfiance, incitent à la délation, effraient la brave mère de famille et amènent les citoyens à réclamer à grands cris une politique sécuritaire renforcée. "Observez bien vos voisins, vos collègues, votre famille...ils sont peut-être des résistants. Des terroristes!" tel était le nouveau leit motiv desservi par les flashes infos de la télévision. Le bon peuple new yorkais avait besoin de plus de policiers, de plus d'arrestations et de peines exemplaires. On ne lave pas le sang avec le sang, disait un célèbre écrivain français, mais avec des larmes...malheur à ceux et celles qui osaient proférer une telle opinion en ces temps troubles, ils se voyaient aussitôt marqués par le fer rouge de la méfiance. Si vous n'êtes pas avec le Gouvernement, vous êtes forcément contre lui.

La tête entre les mains et l'estomac noué, Ted pousse du coude la pile de journaux pour la faire tomber directement dans sa corbeille. L'ignorance est le pire des fléaux et en l'absence de coupables formellement identifiés, on profite allègrement de pointer d'un doigt accusateur ceux et celles qui dérangent. L'occasion n'est que trop belle pour débarasser la grosse pomme de tous les vers qui la rongent. On arrêtait indifféremment proscrits et marginaux en mettant sur le même plan les criminels et les nécessiteux. Il devenait hautement dangereux de ne pas marcher avec le troupeau, extrêmement douteux de ne pas se comporter comme la masse. Et bien évidemment, le bon docteur Traum ne pouvait absolument rien faire si ce n'est noyer les gardiens de la paix sous un jargon médical qu'ils ne peuvent comprendre pour parvenir à leur arracher un soit-disant suspect qui n'aura eu comme seul délit que celui de ne pas être dans la norme.
C'était fondamentalement révoltant mais on entendait aucun autre son de cloche. S'il existait une quelconque opposition, elle était soigneusement muselée. La peur fait bien plus vendre que la remise en question. Un peuple terrifié est un peuple qui est prêt à accepter tout et n'importe quoi pour retrouver son petit cocon confortable.
Le voyant sur son téléphone se met à clignoter, signe que l'hôtesse d'accueil souhaite lui délivrer un message personnellement, sans passer par sa secrétaire. Ted avait eu son lot d'interrogatoires et de policiers. Il avait raconté encore et encore de quelle façon il était arrivé sur les lieux de l'attentat, comment il avait pris les choses en main et quels avaient été les actes médicaux qu'il avait accompli. Il n'avait franchement pas envie de devoir, une fois de plus, plonger dans ces souvenirs et se répéter. Toutefois, il tend la main et appuie sur le bouton clignotant.

"Docteur Traum. Une certaine Mademoiselle Storm vous attend dans la salle d'attente. Elle exige de vous voir et ne veux être approchée par personne d'autre. (...courte pause...l'hôtesse chuchote...) A la façon dont elle tourne les pages des magazines, je ne saurais vous recommander de vous hâter."
Calypso...l'image de la jeune femme fait naître un sourire sur le visage las de Theodore Traum. Il l'adore, cette gamine. Un fameux mélange de responsabilité et de frivolité. Un paradoxe juchée sur talons aiguilles. Une petite reine dont le poids du manteau d'hermine n'est jamais perceptible. Drapée dans une dignité arrachée à un destin qui n'a jamais été tendre avec elle, nul ne peut se vanter de la connaître. Nul ne peut se targuer de voir les fêlures qui se cachent derrière le visage lisse de la jeune femme. Traum décroche le combiné pour s'adresser à l'hôtesse d'accueil. Je descends, Miss Perkins. On va dire que je prends mon service un peu plus tôt.

Un dossier médical sous le bras, Theodore quitte l'aire administrative où sont situés ses bureaux pour se diriger vers le service des urgences qu'il dirige. L'horloge qui égrène les secondes lui indique qu'il ne devrait prendre son service que dans une heure mais personne ne sera surpris de le voir venir plus tôt. Miss Storm. hèle-t-il d'une voix claire avant d'indiquer d'un large signe du bras une salle d'examen libre. Veuillez me suivre. Le dossier qu'il tient est au nom de Calypso Storm et traîne dans son bureau depuis la première admission de la jeune femme. Etant donné qu'elle est "sa" patiente attitrée que personne ne conteste, il est le seul à être habilité à y jeter un oeil. Pourtant, toutes les informations s'y trouvant sont fausses, entièrement modifiées par ses soins. La position particulière de la jeune femme, son influence et les potentiels ennemis qui pourraient bien appeler la Faucheuse pour se charger d'elle nécessitent une falsification dans les règles. Le dossier de Miss Storm compte très peu d'information exacte.
Précédant Calypso dans la pièce, il referme la porte une fois qu'elle est entrée et ferme les stores. Une cheville foulée, hm? lâche-t-il avec un demi-sourire tout en jetant le dossier sur la table d'examen. Depuis quand tu ne sais plus marcher avec des talons? se moque-t-il gentiment en étreignant la jeune femme contre lui. A la plaisanterie légère succède un pli soucieux sur le front du médecin. Reculant d'un pas et croisant les bras sur sa poitrine, il poursuit. C'est rare que tu viennes ici dans de bonnes circonstances, Calypso. Seule qui plus est. Dans la salle d'attente, il n'a croisé ni Taleh ni Sven. Qu'y a-t-il?

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    " Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Créer, c'est résister. Résister, c'est créer. " Stéphane Hessel

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Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

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MessageSujet: Re: Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore] Sam 17 Jan - 20:15

La Patience... Une qualité que Calypso, de réputation, ne connaissait pas. On racontait que la Reine était capable d'entrer dans des colères noires juste parce que le thé était servi avec une demi-seconde de retard ou qu'elle pouvait déclarer la mise-à-mort d'un individu s'il avait le malheur d'arriver plus tard que ce qu'elle avait espéré. On pensait la Dirigeante du Quartier Nord incapable de patienter plus de trois minutes, on la pensait impatiente au point de se jeter sur n'importe quel individu ayant le malheur de passer à proximité d'elle. On se faisait d'elle l'image d'un animal incapable de lire l'heure. Et on était bien loin de la vérité. Calypso était, en fait, patiente. Très patiente. Elle était capable d'attendre des semaines entières avant d'avoir quelque chose, tant qu'elle était sûre de l'avoir au final, et pouvait supporter le retard tant qu'il était excusable et excusé. Loin d'être une psychopathe de l'horaire, Calypso ne vivait pas le nez collé au cadran et, étant elle-même souvent en retard, elle ne s'en prenait pas à n'importe qui dans la rue. Néanmoins, cette réputation de fanatique de la montre lui servait bien puisque tout le monde faisait son possible pour être le plus à l'heure possible ce qui lui permettait de ne pas avoir à patienter et lui faisait gagner un temps monstrueux. C'est donc par pur égoïsme que Calypso ne niait pas cette rumeur foireuse qui courait dans les esprits.
Exemple typique de réputation précédant l'individu, Calypso lisait son magazine tranquillement sans pour autant s'exciter sur les pages mais l'agent d'accueil, pensant connaître le personnage, eut l'impression que la blonde était sur le point d'exploser. Ce qui était, de plus, très loin d'être le cas car l'article sur le bleu, couleur tendance, l'intéressait grandement. Calypso aimait le bleu, certes, mais si jamais le reste de la population se mettait à en porter sous prétexte d'être à la mode, elle allait se mettre au rouge ! Calypso n'était pas comme le reste de la population, elle lançait les modes, elle ! Il était absolument inconcevable pour elle de ressembler au reste de la population, de se fondre dans la masse. Calypso avait toujours une longueur d'avance et la mode n'échappait pas à cela. On passait au bleu maintenant que Calypso avait usé la couleur alors que les new-yorkais restaient sur le vert ? Parfait ! Prochaine couleur : le rouge ! Et lorsque les new-yorkais seraient passés au rouge, eh bien elle choisirait une nouvelle couleur. Pourquoi pas le doré, tiens ? Bon certes ça ferait un peu diva mais après tout, Calypso était une diva dans l'âme...

« Miss Storm ? Veuillez me suivre... »

La voix de Theodore Traum fit lever la tête de Calypso. Son cher et tendre médecin était venu si vite qu'elle n'avait même pas eu le temps de lire pourquoi le vert était passé de mode. Boarf, elle trouverait bien la solution par elle-même. D'ailleurs sa voisine, une femme d'une trentaine d'années au teint cadavérique, était un parfait exemple du « pourquoi le vert ne peut pas aller à tout le monde ». Son pull vert pomme lui faisait un teint jaunâtre répugnant. Erk... Ni une ni deux, Calypso se leva et posa arbitrairement le magazine, ouvert à la page sur les couleurs à la mode, sur les genoux de la femme : qu'elle le lise, ça lui apprendrait des choses plus intéressantes que la Bible qu'elle feuilletait précédemment ! Les talons de dix centimètres claquèrent pendant que Calypso suivait le médecin. L'agent d'accueil pu donc se rendre compte que la blonde ne boitait absolument pas. Calypso aurait certes pu faire un effort et faire semblant de boiter, pour au moins faire croire à l'agent d'accueil qu'il n'avait pas complétement servit de pion, mais la blonde avait une fierté bien trop mal placée pour se rabaisser à boiter. Allons, elle avait une démarche divinement féline, c'était tout simplement hors de question qu'elle ajoute éléphant à trois pattes à ses surnoms !

« Une cheville foulée, hm? Depuis quand tu ne sais plus marcher avec des talons? »
« Ma démarche est parfaite, allons ! Je suis née avec des talons ! Mais que veux-tu, il fallait bien que je trouve une raison et j'ai eu peur de provoquer un attentat en disant que j'avais mal aux seins. »

Calypso sourit et s'affala joyeusement sur le fauteuil en face du bureau. Son regard fut immédiatement attiré par le dossier à son nom et si l'envie de le feuilleter lui traversa l'esprit, elle n'y fit pas long feu. Elle connaissait Theodore, ou du moins le pensait, et elle doutait qu'il soit niais au point de ne pas avoir raconté un paquet d'âneries sur son cas, pour éviter de fournir des armes aux ennemis du Nord. Calypso espérait, néanmoins, qu'il n'avait pas été jusqu'à mettre qu'elle était allergique aux kiwis ou qu'elle avait des hémorroïdes. Ça ferait mauvaise presse...

« C'est rare que tu viennes ici dans de bonnes circonstances, Calypso. Seule qui plus est. Qu'y a-t-il? »

Pour le coup, Theodore avait complétement raison. Calypso n'aimait pas les hôpitaux, elle en avait même une peur bleue. Ces grands murs blancs et cette ambiance mi-morte mi-vivante ne lui allait pas. Et le fait d'y avoir été un grand nombre de fois n'arrangeait pas la chose... Au début, Calypso était venue à l'hôpital pour soigner les blessures infligées par Andrew puis elle était venue pour soigner celles infligées par ses clients personnels, puis pour des blessures infligées pendant des rendez-vous d'affaire avec d'autres clans. Puis elle avait disparu de la circulation avant de réapparaître pour blessure par balle lors de la fusillade. Vie de merde. Elle avait réussit à ne pas se blesser gravement depuis un moment et cette fichue fusillade avait tout gâché ! Stupides résistants !
Calypso avait rencontré Theodore lorsque Matthew l'avait attiré dans son hôpital clandestin. La blonde était incapable de se rappeler pourquoi son homme avait prit autant de risques mais elle devait être dans un piteux état. Theodore l'avait soignée et Matthew avait fini par lui faire suffisamment confiance pour laisser Sven ou Taleh l'emmener à l'hôpital et exiger qu'elle soit prise en charge par le Docteur Traum. Ce dernier avait également été suffisamment imposant pour tenir ses collègues loin de la Reine et ainsi éviter une crise de nerfs inutiles. Calypso avait peur de l'hôpital et l'idée même d'être prise en charge par un parfait inconnu lui donnait des sueurs froides. Elle fuyait l'hôpital comme la peste et pourtant elle était assise dans une salle de consultation, au cœur de ce lieu qui lui foutait la chair de poule. Décidément, elle débloquait complétement...

« Je ne sais pas... J'ai mal à l'épaule mais j'imagine que ça va passer... Mais bon, dans le doute... »

Calypso prit un crayon qui trainait sur le bureau et joua avec, comme obsédée par le mouvement circulaire qu'elle lui faisait faire.

« Non. En fait j'ai peur. C'est aussi simple que ça, j'ai peur. »

Calypso leva les yeux et observa la réaction de Theodore avant de continuer.

« Chaque fois que je ferme les yeux, je me prends une nouvelle balle. Et bordel ça fait encore plus mal que toutes celles que je me suis prise avant... Je me sens traquée, observée et j'ai peur à chaque tournant. Je ne sais même pas de quoi j'ai peur finalement, mais j'ai ce putain d'instinct qui me dit que quelque chose va mal et que quelque chose d'énorme va arriver. Et j'ai aucun moyen de faire changer les choses. Si la Résistance décide de refaire une fusillade pendant que je suis là, j'ai aucun moyen de l'en empêcher. Alors j'ai peur et ça me bouffe. »

Calypso soupira, comme épuisée par cette terrible vérité.

« Je suis désolée de t'emmerder avec ça, Theodore. Je sais bien que t'es pas psy' mais honnêtement, t'es le seul avec qui je me sens bien en ce moment. Partout je vois des gens avec des armes, avec des slogans qui me font peur mais toi tu soignes. Quelque soit le patient, tu lui accordes les soins qu'il mérite. J'ai tué, je me suis vendue, j'ai jugé et j'ai fais des choses dont je ne suis pas fière mais tu continues de prendre soin de moi malgré tout ça. Putain Theodore, t'es le seul mec bien de mon entourage ! »

C'était faux. Sven était un homme bien. Taleh était un homme bien. Mais ils portaient des armes et ils se battaient pour une cause qu'ils estimaient juste. Et Calypso, neutralité pure, n'arrivait plus à accepter cet usage de violence ayant pour seul but de forcer l'autre à plier. Bon dieu qu'un monde sans arme et où on parlerait au lieu de se frapper serait salvateur.
Calypso parlait d'une voix douce et posée mais les mots qu'elle utilisait étaient choisis avec minutie. La Reine était épuisée. Après la fusillade, elle avait dû se reconstruire entièrement et l'ambiance malsaine qui régnait en ville ne l'aidait pas à emboîter les pièces du puzzle correctement. Trop de fausseté, de violence, d'hypocrisie, de charognards en tout genre et de manipulateurs. Et pas assez de douceur, de générosité et de bonté. Monde de merde.

« Je ne sais plus quoi penser... Je ne suis même plus sûre de vouloir être neutre avec tout ce qui m'arrive. L'avenir de mon Quartier repose sur moi et je ne suis même pas capable de faire un choix. Bordel, j'ai l'impression d'être retombée en enfance ! »

Et par enfance elle entendait les années qu'elle avait passé avec Andrew, à se prostituer contre son gré. Elle avait eu des possibilités de fuite mais elle n'avait jamais réussi à aller jusqu'au bout. Et elle finissait par souffrir de ce choix trop tardif. Toujours. Pour survivre il fallait réfléchir vite et bien et Calypso, dans l'état actuel des choses, n'en était plus capable. Ou plutôt, n'avait plus envie d'en être capable.

« J'espère que je ne te gêne pas. Tu as sans doute une liste de patient à voir longue comme mon bras, non ? »

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
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MessageSujet: Re: Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore] Lun 2 Fév - 11:13

Calypso ne vient jamais ici seule. Theodore sait à quel point elle déteste les hôpitaux, ses arrivées ici se font toujours par l'entremise d'un tiers et uniquement qu'en dernier recours...ou lorsqu'il n'est pas joignable ailleurs. La raison que la blonde étudiante avait invoqué à l'accueil était bien évidemment factice alors, si ce n'est pas pour une blessure physique pourquoi est-elle là? Et Theodore se met sombrement à penser que c'est tout bonnement pour une plaie qui ne se voit pas, qu'on ne devine pas et qu'on ne peut pas soigner avec des points de suture. C'est une rescapée, une survivante de l'attentat qui a frappé Weins, une des nombreuses blessées et une des rares à y avoir survécu. Même si Calypso occupe officieusement une position hautement dangereuse, l'Académie n'a jamais été perçu comme un endroit où on pourrait porter atteinte à sa vie. Durant ce dramatique événement qui a vu l'irruption de terroristes au sein de l'établissement, la Reine du Nord s'y est découverte petite humaine fragile et délicat assemblage de cellules vivantes qui peuvent s'éteindre brusquement à cause d'une stupide balle. Toute influente et orgueilleuse qu'elle puisse l'être, Calypso reste une humaine dont l'existence ne tient qu'à un fil bien frêle. Cette mort qui a frôlé la tête blonde aurait été une mort injuste, aléatoire et terriblement navrante pour le personnage flamboyant que Calypso entretient avec grand soin. L'Académie n'est plus un lieu de répit où les manigances que Miss Storm peut bien tisser ne sont que vétilles face à l'influence qu'elle exerce en dehors des murs de l'école.

Adossé au mur et les bras croisés sur sa poitrine, Ted écoute. Il écoute cette marée de parole qui renverse les digues que Calypso érige entre ce chaos émotionnel et l'image qu'elle se doit de renvoyer. Peu importe ce que la jeune femme a pu vivre dans son passé, elle n'a jamais été aussi nue qu'en ces instants. Mais c'est une peur et un égarement bien dignes qui se révèlent alors. Pas de cris hystériques, pas de larmes, pas de sanglots. Juste une très longue tirade où la voix s'influe où le ton se fendille sans jamais se briser.
Il sourcille à peine lorsque Calypso avance que l'attentat a été perpétré par la Résistance. Theodore sait pertinemment qu'il n'en est rien, mais comment croire en un autre coupable que celui-ci lorsque l'on a aucune piste? Son appartenance à ce mouvement, Traum l'a toujours gardée secrète et à part les résistants qu'il a été amené à soigner ou à croiser, tout le monde ignore que le gentil docteur Traum, que cet humaniste formidable et apprécié, que ce visage coutumier des projecteurs est en fait un profond opposant au gouvernement en place.

Est-il un type bien? Calypso semble le penser. Mais Theodore porte un oeil bien plus critique sur lui-même. Au moins, elle a raison, il ne porte pas d'armes et s'il aide dans l'ombre une organisation illégale considérée comme terroriste par le Gouvernement en place, il se voit plus comme un hacker social que comme un militant armé. Theodore ne s'est jamais caché d'être un humaniste convaincu et il n'a jamais rechigné à soigner qui que ce soit. Ce que respecte le docteur va au-delà de la "respectabilité" d'un home. Il sait mieux que quiconque à quel point l'enfer est surtout pavé de bonnes intentions et que les êtres dont il faut se méfier ne sont pas ceux qui arborent avec ostentation leur monstruosité mais bel et bien ceux qui la cache derrière les sourires. La vie seule lui importe. Il a prêté un serment qui va au-delà de toute allégeance et de toute religion, qui a traversé le temps et les civilisations pour leur parvenir.
Silencieux, il s'éloigne du mur contre lequel il s'appuie pour tirer une chaise derrière lui et la poster devant la jeune femme. Les yeux levés sur le visage de Calypso, il s'assoit sur le siège tendant la main pour retirer le stylo qu'elle fait tourner entre ses doigts. Un soupir avant une profonde inspiration et Ted secoue lentement la tête. C'est une voix sincère et calme, tempérée et modérée qui prend le relais à la tirade de la blonde.

J'aimerais pouvoir te rassurer, Calypso, te dire que tout ira bien maintenant, que le monde n'est pas si dangereux, qu'après la pluie vient le beau temps, que la vie... Ted esquisse une brève grimace. Cette triste ritournelle, combien de fois se l'est-il répété jusqu'à parvenir à le croire? Il y a des scènes qui ne s'effaceront jamais de sa mémoire. Les souvenirs peuvent devenir indolores avec le temps...mais c'est bien loin d'être une loi gravée dans la roche. D'une voix calme, il reprend sa phrase laissée en suspens. Que la vie continue. Mais je ne veux pas te mentir et tu n'es plus en âge d'entendre de jolies fables depuis des années. A une époque qui lui paraît terriblement lointaine, il se serait glissé dans le costume d'un père, il lui aurait dit les mots qu'elle aurait voulu entendre pour se sentir rassurée et protégée, il lui aurait fait des promesses desécurité et de félicité parce que c'est ce que doivent faire les adultes avec les plus jeunes. Mais Calypso n'était plus une enfant...l'a-t-elle seulement été, songe-t-il avec une pointe d'amertume? Tu te sens perdue? Raccroches-toi aux éléments stables de ton entourage, Taleh et Sven ne sont pas les seuls, j'en suis certain. Des gens te suivent non pas pour ce que tu peux leur apporter mais parce qu'ils croient en toi et en ta force. Tu dois être patiente avec toi-même. Les yeux rivés à ceux de Calypso, Theodore esquisse un demi-sourire confiant. Tu digèreras cet événement parce que tu n'es pas de celles qui laissent le passé et les drames les abattre. Tu ne t'accordes pas ce droit. De ce point de vue là, Calypso et lui se montrent similaires. Ils ne peuvent pas s'effondrer alors que des gens comptent sur eux. Ils ne peuvent pas baisser les bras alors que d'autres attendent qu'ils gardent la tête haute. Ils ne peuvent pas tomber à genoux alors qu'on attend d'eux qu'ils restent inébranlables. Ton épaule va très bien, Calypso. C'est ce statut de "victime" ou de "rescapée" qui te fait souffrir parce que ce n'est pas le genre d'étiquette dont tu as l'habitude. Cette blessure, ne la voit pas comme la marque d'une défaite ou d'un échec. On a tenté de te tuer, tu as survécu et tu as gagné. Mais, si je puis me permettre, tu te trompes sur un point essentiel. Cet acte abominable à Weins n'est pas du fait de la Résistance.

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    " Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Créer, c'est résister. Résister, c'est créer. " Stéphane Hessel

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Calypso
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Calypso R. Storm
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AVATAR : Lindsay Ellingson

ANNÉE D'ÉTUDE : 5ème année

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  • Disponible


COMMENTAIRES : Sachez mes chers que vous vous trouvez face à la Reine de l'Académie. Reine que vous devrez acclamer, admirer parce que j'ai été élue par tout le monde comme étant la plus belle de cette fichue Académie. Mais ne vous réjouissez pas : beauté ne veut pas dire stupidité...
Ça fait six ans que je suis réélue, et je compte bien continuer jusqu'à mon départ.
Je suis également la Dirigeante en chef du Quartier Nord et je peux vous faire décapiter d'un simple claquement de doigt. Je suis également une prostituée de luxe et mes clients me sont entièrement dévoués alors dis un seul truc de travers sur moi et j't'envois en prison jusqu'à la fin de ta vie !

Allez sans rancune : je suis magnifique et intelligente, t'es rien face à moi !


CRÉDITS : Shiya

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Date d'inscription : 05/05/2011

CASIER JUDICIAIRE
ÂGE: 22 ans
CAMP: Sans idées fixes
JE SUIS: un incertain, je peux basculer d'un côté comme de l'autre


MessageSujet: Re: Dis-moi que tout va bien et je te dirai que tout va mal [PV-Theodore] Ven 13 Mar - 0:44

L'Académie Weins avait été son point d'ancrage, son jardin secret. Calypso y était entrée après avoir tabassé une fille quelconque qui avait croisé son chemin. Pourquoi avait-elle fait ça ? Pour entrer à l'Académie ? Pour avoir la possibilité de s'offrir un avenir plus lumineux malgré son passé douteux ? Non. Ou peut-être que si, finalement. Calypso elle-même n'était pas sûre de comprendre pourquoi elle avait défiguré cette fille. Elle était violente à l'époque, certes, mais pas au point d'agresser n'importe qui dans la rue. Ou peut-être que si. Ha... tant d'interrogations sans réponses. Calypso se demandait de plus en plus souvent si un rendez-vous avec Hunter n'arrangerait pas les choses. L'homme était calme, attentif et la blonde savait qu'elle pouvait compter sur lui. Puisqu'elle n'arrivait pas à comprendre son cheminement de pensées, peut-être y arriverait-il, lui ? Hunter avait toujours su trouver les bons mots pour calmer les pensées de Calypso. Il avait toujours été là pour l'empêcher de sombrer et il ne l'avait jamais jugée pour ce qu'elle avait fait. Lorsqu'elle était venue le trouver après avoir blessé physiquement Frederic et soit-disant tué sa mère, elle s'était ouverte à lui et lui avait tout avoué. Sa peur de voir ressurgir Andrew, sa haine d'avoir été une nouvelle fois trahie et surtout son envie de disparaître pour ne plus jamais avoir à souffrir. Hunter l'avait écouté, l'avait laissé parler puis avait dit les mots qu'elle avait eu besoin d'entendre : il lui avait dit qu'elle n'était pas un monstre et Calypso s'était sentie comme libérée d'un fardeau gigantesque. On pensait à tord qu'elle avait assassiné de ses propres mains la mère de Frederic, qu'elle l'avait décapitée puis découpée en morceaux avant de fermer la porte derrière elle, comme si elle était simplement passée récupérer du courrier. Mais Calypso n'était pas Jason Lecter : elle n'était pas capable de décapiter et de découper un à un les membres d'une femme dont le seul crime avait été d'être la mère d'un imbécile. Calypso n'était pas mauvaise et avait, contrairement à d'autres, une conscience qui l'empêchait d'assassiner des innocents. S'il lui arrivait de tuer, les meurtres la poursuivait pendant des semaines entières alors décapiter une femme innocente et qu'elle avait apprécié ? Non. C'était tout simplement impossible pour elle. Les rumeurs avaient tout faux : Calypso n'avait tué personne. Enfin du moins pas la mère de Frederic. C'était un assassin du Nord qui s'en était chargé à sa place. Calypso s'était contentée d'être l'organisatrice et aujourd'hui encore, le visage de la femme l'empêchait de dormir tranquillement. Elle n'avait peut-être pas tué mais elle avait organisé et au final, qu'est-ce qui était le pire ? Calypso n'avait pas les mains blanches : elles étaient maculées de sang.
Elle s'était enfoncée dans le crime et la bestialité tout en gravissant les échelons. Elle était devenue Reine et Dirigeante en Chef du Quartier Nord mais elle avait traversé tant d'épreuves pour y arriver. Est-ce que tout ce sang, toutes ces trahisons et tous ces mensonges étaient vraiment nécessaires ? Peut-être que oui, peut-être que non. Calypso avait pris un chemin et préféré la ligne droite aux sentiers ondulants sur les côtés. Elle avait préféré la vitesse à la sûreté, l'illégalité à la légalité, les meurtres aux discussions. Et parmi toutes ces horreurs, elle avait tabassé à mort une fille pour entrer à l'Académie. Pour sauver son âme ? Non, sûrement pas. Pour s'enterrer encore plus profondément dans la criminalité ? Non plus. Alors pourquoi ? Calypso n'en savait toujours rien. Qu'est-ce qui l'avait poussé à vouloir entrer à l'Académie ? Ce sentiment d'être en sécurité derrière ces larges murs ? Cette volonté d'avoir un lieu à soit où elle n'aurait rien à prouver ? Cette tentation de pouvoir se fondre parmi des gens de son âge sans pour autant parler stratégie ? Peut-être. La vie de Calypso était jonché de peut-être mais jusqu'à la fusillade, il n'y avait eu qu'une chose sûre pour la blonde : elle était en sécurité à l'Académie. Et la fusillade avait tout changé. Elle avait été attaquée dans son cocon et on lui avait tiré dessus pour des raisons extérieures à Weins. Si la balle l'avait atteinte parce qu'elle était blonde ou parce qu'elle avait une tête à se faire tirer dessus, l'effet n'aurait pas été le même. On lui avait transpercé l'épaule à cause d'une rumeur circulant dans la ville. Pas dans l'Académie, non, mais dans la ville. Et le petit cocon protecteur s'était enflammé et désormais, Calypso n'était plus sûre de trouver sa place à l'Académie. Les murs lui paraissaient immensément larges mais si peu sûrs ; les autres élèves lui paraissaient être si jeunes et elle si vieille. Calypso avait prit un coup de vieux et si ça ne se voyait pas physiquement, mentalement elle se sentait presque mourante. On avait détruit le rempart qui la maintenait éloignée de New-York et maintenant elle devait vivre avec. Elle devait accepter le fait que New-York la possédait et qu'elle ne pourrait rien faire pour changer ça. Elle avait eu un lieu où se réfugier, où oublier sa position et ses questions... désormais il lui faudrait grandir au point de ne plus avoir besoin de ce lieu. Il lui fallait devenir suffisamment nomade pour ne plus avoir besoin de « chez soi », de « lieu pour se protéger ». Elle devait devenir le vent alors qu'elle aurait voulu être la terre. On ne choisit pas tout dans la vie, et assurément son destin n'était pas entre ses mains...

« J'aimerais pouvoir te rassurer, Calypso, te dire que tout ira bien maintenant, que le monde n'est pas si dangereux, qu'après la pluie vient le beau temps, que la vie... Que la vie continue. Mais je ne veux pas te mentir et tu n'es plus en âge d'entendre de jolies fables depuis des années. »

Pourquoi ? Pourquoi ne lui parlait-on plus comme à une enfant ? Au plus profond d'elle-même, Calypso rêvait de comptines et de phrases destinées à faire oublier la dure réalité. Elle aurait voulu qu'on la berce comme une enfant, qu'on lui chuchote des phrases pour la faire rire, qu'on lui mente en lui disant que tout était beau et que la noirceur n'existait que sur les peintures. Mais elle avait passé l'âge et son entourage ne parvenait pas à la considérer comme une enfant. Elle était passée par trop d'épreuves et avait une fierté bien trop élevée pour demander à ce qu'on la considère autrement que comme une adulte. Si un individu quelconque s'était mis à lui parler comme à une enfant, Calypso se serait sûrement énervée : pensant, à tord ou non, qu'on la prenait pour une idiote. Mais si quelqu'un proche d'elle, comme Theodore ou Sven, s'était mis à lui parler comme à une enfant : elle y aurait cru. Aveuglement. Elle aurait retrouvé toute la naïveté qui avait originellement fait parti de son caractère et elle se serait barricadée derrière les belles paroles destinées à cacher l'horreur de la ville. Mais personne ne voulait lui parler comme à une enfant. Et si au fond d'elle, Calypso rêvait de redevenir enfant, elle savait également qu'on ne pouvait pas revenir dans le temps. Elle avait été enfant mais ne l'était plus et il était illusoire de penser qu'elle pourrait tout simplement se mettre à agir comme avant. Elle avait vécu trop de choses pour penser comme elle le faisait à dix ans. Les retours en arrière ne fonctionnaient que dans les films et Calypso n'avait pas de télécommande pour faire un retour-rapide. Le passé devait rester le passé, qu'importe qu'il ait été trop court ou qu'il soit trop lointain. Il fallait vivre au présent mais ça, Calypso en était incapable. Un tas de regret et de peur de l'avenir, voilà ce qu'elle était. C'était facile de se dire Reine et de prétendre agir pour le futur mais à l'intérieur, Calypso savait qu'elle ne parviendrait pas à s'auto-persuader de faire un trait sur le passé. Il fallait qu'on l'aide à tourner définitivement dos au passé et à embrasser l'avenir du regard. Sauf que pour cela, il fallait se rendre compte de l'état d'esprit de la blonde et ça ne serait jamais chose facile. Calypso avait grandit en faisant semblant alors percer la carapace d'illusions ne serait pas aisé. Même pour son entourage proche.

« Tu te sens perdue? Raccroches-toi aux éléments stables de ton entourage, Taleh et Sven ne sont pas les seuls, j'en suis certain. Des gens te suivent non pas pour ce que tu peux leur apporter mais parce qu'ils croient en toi et en ta force. Tu dois être patiente avec toi-même. Tu digèreras cet événement parce que tu n'es pas de celles qui laissent le passé et les drames les abattre. Tu ne t'accordes pas ce droit. »

Si seulement... Si seulement Theodore savait à quel point il se trompait. Mais Calypso ne lui dirait sûrement jamais la vérité. Avouer qu'elle faisait semblant de se relever alors qu'elle restait à terre ? Jamais. Il est des choses qu'on ne peut pas dire à n'importe qui, même si ce n'importe qui est quelqu'un en qui on a une confiance infinie.

« Patiente ? Mais je n'ai pas le temps d'attendre. Le Quartier a besoin de moi et j'ai déjà trop laissé trainer les choses. Je veux oublier cette fichue fusillade. Je veux oublier qu'on m'a humiliée et qu'on m'a prise pour la putain de Gordon. Je voudrais effacer tout ça de ma mémoire mais je n'y arrive pas. Visiblement, ça ne fonctionne que dans les vieux films... » Calypso eut un petit rire et haussa les épaules « Mais tu as raison. Il faut que je m'accroche à ceux qui m'entourent et qui ne me laisseront pas tomber. Mais j'ai peur de trop m'accrocher, justement. En fait j'ai peur de tout... Y compris de ce que tu as marqué dans mon dossier : promets-moi que tu n'as pas mis que j'avais soit-disant des mycoses... Ma réputation est finie sinon... »

Et hop une petite trace d'humour pour cacher ce qui fait mal. La plus grande qualité et le plus grand défaut de Calypso : savoir passer du coq à l'âne pour oublier la souffrance. Courageuse ? Elle ne l'était assurément pas. Hargneuse au point de refuser d'abandonner un combat, certes, mais pas courageuse au point d'affronter ses démons et sa douleur. Ce qui l'effrayait et qui la blessait, Calypso le fuyait. Et si elle avait réussi à s'ouvrir à Theodore, elle se referma comme une huître lorsqu'elle comprit qu'elle avait atteint un point sensible. C'était une chose de confier sa peur à quelqu'un, c'en était une autre de se rendre compte qu'elle pouvait s'en débarrasser. C'était tellement plus simple de ne rien faire et de continuer à avancer avec un boulet au pieds. Et pendant que Theodore essayait de la rassurer en lui disant qu'elle n'était pas non pas une perdante mais bien une gagnante, Calypso enterrait lâchement sa douleur et ses peurs. Elle les recouvrait de terre et tentait par ce moyen de les oublier. Elle y arriverait sûrement et puis un jour tout lui retomberait sur la face. Mais Calypso n'était pas capable de penser sur le long terme : l'avenir était un concept trop abstrait alors elle continua d'enterrer ce qui la faisait souffrir. Elle irait mieux et vivrait de nouveau. Jusqu'à ce qu'un événement ou une phrase fasse ressortir ce jour abominable de sous terre... Et à ce moment-là, elle regretterait de ne pas avoir appliqué les conseils de Theodore.

« Mais, si je puis me permettre, tu te trompes sur un point essentiel. Cet acte abominable à Weins n'est pas du fait de la Résistance. »

Calypso tiqua et fronça les sourcils en signe d'interrogation. Que venait-il de dire ? Que la Résistance n'y était pour rien ?

« Mais les autorités ont affirmé que les tueurs avaient avoué leur appartenance à la Résistance... Gordon a... »

Elle ne termina pas sa phrase et se racla la gorge. Les autorités ? Gordon ? Depuis quand est-ce qu'elle prenait ce qu'ils racontaient pour argent comptant ? Depuis quand répétait-elle aveuglement ce qu'on lui racontait ? Calypso leva la tête vers Theodore et le regarda de ses grands yeux bleus. Elle était calme et attentive :

« Comment sais-tu que ce n'est pas la Résistance ? »

Et si la Résistance n'y était pour rien, qui avait commis l'atrocité ? Qui était coupable dans ce cas ? Car oui, Calypso avait besoin d'un coupable. Elle avait besoin de quelqu'un qu'elle pourrait haïr et blâmer et si dans ce cas ce n'était pas la Résistance, qui était-ce ?

Spoiler:
 

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Texte : #cc3333

« Vous m'impressionnez en fait … car dans votre humanité à souffrir du passé, votre inhumanité à tuer et à diriger un lieu à présent vous rend simplement fascinante. Retenir des larmes, brider la tristesse pour la cacher en public alors que je sais au fond qu'il existe des bras où vous aimez vous reposer … ma chère ; vous êtes une vraie Reine. Et voyez je ne serai jamais un roi ...»
Jason Lecter
© chaussette


Jason et Calypso jouant aux échecs:
 


Calypso version "game of thrones:
 

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